Vers la résolution de l’énigme Naundorf (9) ?

Voici, pêle-mêle, quelques échanges de 09/2009 retrouvés dans les archives de l’un de nos défunts forums et qui ont le mérite de mettre immédiatement en valeur deux questions clefs, concernant Mme Vigée Le Brun.  Merci de noter que l’hypothèse avancée un moment d’une filiation Condé-Naundorf est totalement erronée  et a été abandonnée et rayée

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Cher Charles,
Ayant eu un petit moment de libre, j’ai recherché quelques indices au sujet du « petit domestique allemand de Mme Vigée Lebrun dans son livres « Souvenirs de Mme Vigée Lebrun ».
Pour le moment je n’ai trouvé que ce que notre forum connaît déjà, à savoir : A Saint-Petersbourg :
que, dans sa lettre à sa belle-soeur, Suzette, moins de 2 mois après  son arrivée à Saint-Petersbourg, elle écrit le 10 septembre 1795, au  sujet du vol dont elle a été elle-même la victime,  je cite :
 » …Cependant, ce n’était pas cela qui m’inquiétait le plus alors, c’était ce malheureux enfant, qui, selon la loi du pays, allait être pendu. Il est fils des concierges de ce couvent de Caltemberg, que le prince de Ligne m’a prêté à Vienne. L’homme et la femme sont les plus honnêtes gens du monde, ils ont eu mille soins de moi, en sorte que je ne pouvais supporter l’idée de voir pendre leur fils ».
Puis plus loin :
 » …Je ne puis te dire ce qu’il m’en a coûté de prières, de démarches, pour obtenir enfin la certitude qu’on le ferait partir par mer, ce qui fut exécuté ».
Il a donc été expulsé par mer de Saint-Petersbourg. Il n’est pas impossible qu’il ait pu débarquer dans un port allemand de la Baltique non loin de là, puis se diriger vers Berlin ou aux environs. A Vienne :
 » …Je m’occupais de mes préparatifs pour quitter Vienne (note > pour Saint-Petersbourg), et j’allais me mettre en route dans peu de jours, quand le prince de Ligne vint me voir. Il me conseilla d’attendre la
fonte des neiges, et pour m’engager à rester encore, il m’offrit d’aller habiter, sur la montagne de Caltemberg, l’ancien couvent qui lui avait été donné par l’empereur Joseph II. Connaissant mon goût
pour les lieux élevés, il me tenta en me parlant de Caltemberg comme de la plus haute montagne des environs de Vienne, et je ne résistai pas à l’envie d’y passer quelque temps.
J’allai donc prendre avec ma fille, sa gouvernante et M. de Rivière, le chemin horrible et rocailleux qui conduit à ce couvent. Nous le fîmes à pied, les cahots de la cariole n’étant pas supportables, en
sorte que nous arrivâmes très fatigués. Le gardien et sa femme, à qui le prince nous avait fortement recommandés, eurent pour nous les soins les plus empressés ».
Puis plus loin :  » …Je suis restée trois semaines dans ce beau lieu ».
Question : Pourquoi le Prince de Ligne a FORTEMENT recommandé la petite équipe de Mme Vigée Lebrun aux concierges du couvent ?
De plus, on apprend dans les souvenirs de Mme Vigée Lebrun qu’au début des années 1780, qu’elle a été reçu chez le Prince de Condé :
 » …Il m’était impossible, à mon grand regret, de rester long-temps à la campagne; mais je ne me refusais pas le plaisir d’y passer souvent plusieurs jours de suite, et j’étais invitée dans les plus beaux lieux voisins de Paris. J’ai pu voir, par exemple, les fêtes magnifiques de  Chantilly, que le prince de Condé (celui que vous avez vu revenir en France avec Louis XVIII) savait si bien ordonner, et dont il faisait si bien les honneurs. »
Puis :  » … aussi les étrangers s’y rendaient-ils en foule, à l’époque dont je vous parle, à cette heureuse époque où le maître de ce beau lieu y vivait, adoré de tous les habitans, qu’il comblait de ses bienfaits et
qui l’ont si vivement regretté ». Enfin, Mme Vigée Lebrun a séjourné au château du Raincy :
 » …En 1782 j’ai séjourné quelque temps au Raincy. Le duc d’Orléans, père de Philippe-Égalité, qui l’habitait alors, m’y fit venir pour y faire son portrait et celui de madame de Montesson. Pour le moment, c’est tout ce que j’ai pu glaner.
Chouandecoeur.
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merci cher « chouandecoeur » d’avoir distrait quelques instants de votre emploi du temps fort chargé, pour nous confirmer votre intérêt pour cette hypothèse inédite, que nous vous devons à partir de nos
réflexions et recherches sur la nature précise de l’implication de Robespierre dans l’Affaire Théos … Voici en résumé quelles sont les recherches prioritaires que nous devrions mener avec les internautes qui pourraient nous lire et qui, une fois leur surprise passée, souhaiteraient nous apporter leur
concours : * 1 ! la théorie d’H Royet sur l’identité  » Naundorff = petit domestique « allemand » »   proposé à Mme Vigée Le Brun par le Prince de Ligne est en béton armé pour toute la période postérieure au départ de
Mme Vigée Le Brun de Vienne à St Petersbourg à cause des 2 arguments clefs suivants :
  • Naundorff na pas cherché à se faire reconnaître comme étant le fils de Louis XVI par Mme Vigée Le Brun, comme la logique la plus élémentaire l’aurait EXIGE s’il avait été Louis XVII !
  • le silence incompréhensible dans les « Souvenirs de Mme Vigée Le Brun » sur la mort de Louis XVII au Temple, qu’elle a obligatoirement appris durant son voyage de Vienne à St Petersbourg … Il nous faut donc rechercher en priorité :
    1 / s’il est vrai que le duc de Bourbon – et non son père, le Prince de Condé, grand père du duc d’Enghien – a pu avoir un fils naturel  après sa séparation d’avec son épouse la duchesse de Bourbon, née  Bathilde d’Orléans … [ Hypothèse erronée, aujourd’hui abandonnée, née de nos recherches sur l’affaire Théot …]

    • 2 / comment le Prince de Ligne, dépossédé de ses biens par la victoire des armées de la RF lors de la bataille de Fleurus a pu intégrer dans son Chateau du Kahlenberg le futur domestique « allemand » de Mme Vigée Le Brun … C’est dire si de telles recherches sont hors de notre portée, si d’autres internautes ne se joignent pas un jour à nous,  à Chantilly ou en Autriche …
  Autre réflexion par rapport à Mme Vigée Le Brun et qui vient compléter l’argumentation d’H Royet et accréditer notre hypothèse :

A la question : pourquoi Mme Vigée Le Brun n’a-t-elle pas proclamé haut et fort que Naundorff aurait été son ancien domestique que le Prince de Ligne lui aurait confié ?
on peut répondre ceci : une telle déclaration aurait incité les historiens à faire des recherches sur les antécédents de Naundorf avant avril 1795 !…

Et – comme nous en faisons l’hypothèse, en suivant les conclusions de Jean Pascal Romain – si Naundorff a vécu au Temple, proclamer une telle identité revenait à proclamer que Louis XVII n’était pas mort au Temple le 8 juin 1795 ; ce qui aurait été en contradiction absolue avec ce qu’on peut lire dans les Souvenirs de Mme Vigée Le Brun par rapport à Louis XVIII ou Charles X …

Avec notre nouveau modèle, nous aurions une explication – nous semble- t-il pertinente … – du silence incompréhensible de Mme Vigée Le Brun sur la mort de  « Louis XVII » au Temple le 8 juin 1795 et sur son absence de dénonciation de l’imposture de Naundorff, prétendant à l’identité de Louis XVII …

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PS ; Et peut-être n’est-il pas inutile de lire et relire cette récente étude publiée ICI par Renée Lescaroux ?
 Autour de l’enfant au yoyo du musée d’Auxerre

en complément de nos archives de 06/2007 que nous avons publiées tout récemment  ICI, après  :

2 / Thèse d’Hubert Royet : Autour de Madame Vigée-Le Brun ( Saint-Jean-d’Aulps : Anciens jours, 2000)

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PS 2 En relisant en TGV ce que nous avions écrit en 06/2007 et republié cet été, 

Envoyé : 09/06/2007 18:27
Avant toute autre observation que nous ferons ultérieurement, et afin de revenir au plus vite sur notre recherche prioritaire visant à apporter la preuve du caractère apocryphe de la lettre de la Reine du 16/10/1793, nous emprunterons les analyses suivantes à Jean Pascal Romain ( p 315 ) :

nous ne pouvons qu’exprimer notre profond regret que des circonstances indépendantes de notre volonté nous aient interdit d’atteindre cet objectif comme nous espérions le faire pour ce 16 octobre 2016 en revenant en même temps sur les prétendues preuves de l’adultère de la Reine ! Mais tout étant lié, nous ne manquerons de reprendre ce dossier dès que nous aurons publié tout ce qui peut l’être à propos de l’énigme Naundorf …  

Et peut-être aurons-nous l’occasion de le faire de manière encore plus opportune, grâce à l’analyse critique du livre Juger la Reine d’Emmanuel de Waresquiel, dont on nous dit le plus grand bien ici et là ! 

Lu ce soir sur le forum de Marie-Antoinette :

 » En parlant de Marie-Antoinette, bien-sûr :

Le prince de Ligne, qui l’avait si bien connue dans son intimité, gardera jusqu’à la fin de ses jours un portrait d’elle dans sa poche, comme on garderait une relique . » 

( Emmanuel de Waresquiel : Juger la reine )

One thought on “Vers la résolution de l’énigme Naundorf (9) ?”

  1. Hubert Royet souhaiterait reprendre contact avec les animateurs du CRIL17. Il a pu réunir de nouveaux arguments et sa certitude est devenue absolue. Cordiales salutations.

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