Alphonse de Lamartine et la Question Louis XVII

Empruntons au forum de BRH  » L’Affaire Louis XVII «  l’argumentation de Lamartine et vérifions si elle réduit à néant la raison d’être de toutes nos recherches, en nous attachant à l’essentiel de la controverse historique ! 

Selon une pratique habituelle nous allons disséquer, élément après élément, le texte de Lamartine qui nous est proposé, et si nous sommes confronté à un argument irréfutable nous nous soumettrons à son autorité ! 

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L’opinion de Lamartine sur Louis XVII

Message par BRH » Mardi 16 Juin 2015 09:23:37

Lamartine et Louis XVII

Notre collaborateur Lucien Badey, dont le nom, à l’annuaire de l’Académie de Dijon, s’accompagne de l’épithète « lamartinien », nous communique une page fort peu connue du chantre d’Elvire sur « l’enfant du Temple ». Ces quelques paragraphes contiennent les raisonnements les plus serrés qu’on aligna jamais en si court espace !

« Il expira enfin sans agonie, mais sans avoir prononcé une parole, le 9 juin 1795 au milieu du jour.

[ Erreur de date bien fâcheuse ; mais passons il s’agit peut-être d’une coquille d’imprimerie ]

Les médecins qui le soignèrent pendant ses derniers moments ne l’avaient jamais vu avant l’heure suprême.

[ Tout dépend de la définition qu’on donne à l’expression  » derniers moments  » ; s’agit-il des dernières heures ? ou bien des derniers jours ?Mais passons ]

Ils ne purent attester dans leurs rapports à la Convention qu’une chose : c’est qu’on leur avait présenté un enfant malade sous le nom du fils de Louis XVI et que cet enfant était mort sous leurs yeux, il ne paraît pas que la jeune princesse ait été admise à voir son frère dans les derniers mois de son existence, ni pendant la maladie, ni après sa mort.

[ C’est effectivement l’un des éléments historiques sur lesquels repose l’énigme Louis XVII. Il est sûr et certain que Madame Royale n’a pas revu son frère après son enfermement de janvier 1794 ]

De là des suppositions et des conjectures qui n’ont été ni justifiées, ni démenties sur la substitution d’un enfant muet et malade à un autre enfant dans la tour du Temple, sur l’évasion du véritable enfant de Louis XVI, et sur l’existence d’un roi légitime mais inconnu, qui a longtemps passionné les imaginations amoureuses de merveilles.
Bien que ces suppositions fussent invraisemblables, elles n’étaient pas néanmoins assez impossibles pour décourager les crédulités ou les fictions.

[ Nous entrons avec les lignes qui suivent dans le coeur de la controverse que nous allons examiner à la lumière de nos certitudes et des hypothèses de notre modèle toujours en vigueur de l’exfiltration de Louis XVII entre le 3 juillet 1793 au soir et la nuit du 2 au 3 septembre 1793, par Danton et Hérault de Séchelles ] 

On pourrait admettre que des conventionnels puissants, voulant se ménager un jour un titre à la reconnaissance des trônes, ou que des partisans dévoués de la famille royale cachés sous l’uniforme des gardiens du Temple fussent parvenus à remplacer dans le cachot un enfant par un autre et à renfermer leur pieuse substitution dans le secret du cercueil.

[ Lamartine admet donc la pertinence de notre hypothèse, en ce qui concerne le temps de l’exfiltration ]
Mais que cet enfant ainsi délivré des fers à l’âge où les souvenirs sont déjà invétérés dans le cœur n’eut jamais rappelé les circonstances de ses premières années et de son évasion,que les agents de cette substitution de personne n’eussent jamais revendiqué le mérite de leur dévouement, que la jeune princesse à qui ce frère retrouvé aurait donné mille témoignages irrécusables de son identité par ses traits, par sa mémoire, par les confidences d’une vie de onze ans confondue dans la vie de sa sœur, n’aient jamais parlé, ce seraient là des miracles de silence, de discrétion, d’impossibilité morale plus étonnante que le miracle lui-même de l’évasion. Le silence de tant d’agents de cette délivrance, le silence de l’enfant délivré lui-même démentent cette supposition.
Il faudrait pour l’admettre admettre d’autres invraisemblances plus improbables que la délivrance même. Il faudrait que tous les instruments de cette substitution fussent tous morts avant que l’heure de la révéler eût sonnée pour eux.Il faudrait qu’ils n’eussent confié en mourant leur précieux secret à aucun membre de leur famille ou à aucun ami.

[ N’est-ce pas le cas pour Danton et Hérault de Séchelles guillotinés en avril 1794 ? ]

Il faudrait que l’enfant délivré fût mort lui-même avant d’avoir proféré un mot sur son existence antérieure.

[Ici se pose la question historique de savoir si Louis XVII s’est manifesté ou non auprès de Madame Royale ; c’est toute l’énigme de Versailles de mai-juin 1816 … que nous avons laissée en suspens  depuis mars 2011 ; il s’agissait pour nous d’écrire notre livre, afin de savoir s’il était raisonnable ou non,  de penser que l’Affaire Louis XVII n’était toujours pas résolue … ]

Il faudrait que les personnes à qui cet enfant aurait été remis, soit en France, soit à l’étranger, n’eussent jamais elles-mêmes entretenu le monde de ce dépôt mystérieux. Tout cela est possible sans doute,

[ il est intéressant de noter que Lamartine n’a pas pu rejeter cette hypothèse ]

mais d’une possibilité si extrême et si contre nature,

[ne serait-il pas naturel bien au contraire que ceux qui avaient intérêt à cacher son existence aient tout fait pour parvenir à ce résultat qui a été effectivement atteint ? En outre serait-il invraisemblable que Louis XVII enfant, devenu adolescent et voire même adulte, ait pu cacher son identité, en raison même des souvenirs gravés dans sa mémoire de ses père, mère et tante assassinés par la Révolution ? Quant à Madame Royale, nul ne peut nier qu’il existe un sérieux problème dont nous avons pu présenter les multiples facettes depuis l’ouverture de notre premier forum MSN en mars 2004 ! … ]

que l’existence de Louis XVII peut servir d’aliment à des imaginations et de texte à des rêves, jamais aux recherches sérieuses de l’histoire. »

Nous serions très heureux et très honoré qu’un jour ou l’autre, des esprits distingués nous disent en quoi notre livre  LOUIS XVII, AUTOPSIE D’UNE FAUSSE VERITE : l’affaire Louis XVII : réalité, uchronie ou chimère ? ne constitue pas une recherche sérieuse de l’Histoire »

MIROIR DE L’HISTOIRE
Janvier 1955

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2 thoughts on “Alphonse de Lamartine et la Question Louis XVII”

  1. Charles, cher ami.
    Je viens de terminer la lecture de la seconde édition (juin 2015) de votre livre. J’avais déjà pu prendre connaissance en avant-première de vos travaux (novembre 2013), avant de me plonger dans la lecture de la première édition (juillet 2014). Malgré une entame de livre laborieuse, sans doute en raison des aspects techniques très poussés que vous présentez, réclamant une vive attention par ces temps caniculaires, mon intérêt pour les questions soulevées a très vite pris le dessus. Le fil d’une telle lecture impose que les controverses, les arguments des uns et des autres, les références documentaires, etc., ne soient pas survolés, sous peine d’altérer son propre jugement et de s’approprier celui de l’auteur. Une lecture TGV, pour reprendre l’une de vos expressions, est impossible dans ce cas de figure.
    C’est donc du lourd que vous nous proposez, si je peux m’exprimer ainsi. Cet ouvrage devrait constituer une référence incontournable sur la question Louis XVII, plus précisément sur l’enfant mort au Temple, dit Charles Capet. Le travail documentaire est impressionnant et il convient d’associer aux louanges « l’archiviste » Christian Crépin qui vous a secondé dans votre entreprise.
    À la lecture de votre livre, je suis absolument effaré par l’absence de rigueur intellectuelle d’un trop grand nombre d’historiens et de scientifiques qui vous ont précédé sur ce chemin semé d’embûches, « toujours portés à incliner les faits dans le sens de leurs opinions » comme vous le mentionnez (page 191) en citant le Dr Milcent. Je sais par expérience que l’on aimerait pouvoir écarter certains documents qui, en faisant surface inopinément, mettent à mal une construction qui semblait des plus crédibles. Mais encore faut-il avoir présent à l’esprit que ce que l’on porte à l’attention du public, est appelé non seulement à être lu, mais aussi critiqué et vérifié, sur le champ ou longtemps après. Traçabilité devrait être un maître mot dans toute recherche de ce type et les extrapolations devraient être clairement formulées.
    Je ne crois pas que vos conclusions puissent être remises en cause de façon argumentée, par des personnes dignes de foi. Vos découvertes sont de la plus haute importance, elles accréditent les dires de l’honnête homme qu’était le fossoyeur Bertrancourt, discrédité par trop de hauts personnages : avocats, savants de l’époque ancienne devenus scientifiques, érudits, hommes politiques et historiens de tout poil.
    Après avoir confirmé de façon magistrale, que le squelette exhumé à différentes époques, dans le cimetière Sainte-Marguerite, était bien celui de « l’enfant du Temple » autopsié par le docteur Pelletan et mis en terre par Bertrancourt, il ne vous reste plus qu’à parachever ce qui pourra ressortir comme étant l’œuvre de votre vie, à savoir découvrir ce qu’est devenu (QQOQCP) Louis-Charles de France – Louis XVII, exfiltré de la forteresse qui lui servait de prison.
    Nous savons tous que vous vous êtes attelé à cette tâche depuis fort longtemps et que vous êtes conscient que seule la Providence peut vous ouvrir certaines portes restées désespérément closes à ce jour. Vous allez devoir explorer toutes les pistes apparues depuis deux siècles, qu’elles soient toujours vivaces ou éteintes depuis longtemps. Vous allez devoir analyser sans la moindre concession, la piste qui vous est chère, celle du manuscrit de Trieste. En exposer les failles, il y en a forcément, les certitudes et les blocages. Et ce, en évitant « d’incliner les faits dans le sens de vos opinions ». Bon nombre d’historiens et d’hommes de science, bardés de diplômes et de certitudes, qui se sont penchés sur cette affaire, n’ont pas eu de telles préventions.
    Je ne doute pas un seul instant que vous puissiez mener à son terme une telle entreprise et je sais que vous êtes parfaitement conscient des répercussions qu’elle pourrait avoir.
    Je vous souhaite bon courage.

  2. Cher ami,

    J’ai honte de ne découvrir qu’à l’instant même votre synthèse critique ( au sens vrai du terme ) du livre que je n’ai pu écrire que grâce au concours des archives mises à ma disposition par Christian Crépin, notre ami et  » archiviste du Roi Louis XVII  » .

    Votre argumentation me touche d’autant plus que, pour de multiples raisons et suite à divers concours de circonstances produisant le même effet, je suis actuellement dans une phase de doute terrible sur l’opportunité de poursuivre mes recherches.

    Voir par exemple le message que j’ai posté ce lundi sur http://cril17.info
     » Avis de suspension de publication de messages pour une durée indéterminée ».

    Actuellement en déplacement et disposant d’une liberté très limitée, Je vous promets donc de tenir le plus grand compte de tout ce que vous avez écrit, et je reviendrai vers vous dès que possible.

    17 000 mercis.

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