Autour d’une mèche de cheveux dite « de Reiset », ayant appartenu à l’Enfant du Temple, décédé le 20 prairial an III et inhumé au cimetière Sainte-Marguerite le 22 prairial an III, sous l’identité de Louis Charles Capet [MAJ 16/03]

ÉTUDE MICROSCOPIQUE DES CHEVEUX DE LA MECHE DE REISET

par Gérard Lucotte
Institut d’Anthropologie Moléculaire, Paris

Le mercredi 6 juin 2012 (au Palais d’Iéna à Paris) le représentant du CEHQL17 (1) achetait,  chez Pierre Bergé Associés, une mèche de cheveux de Louis XVII, mèche dite « mèche de Reiset » (2). Cette mèche, en fait constituée de trois mèches distinctes (figure 1), est d’un roux très prononcé. Parmi les papiers constituant le lot, une petite enveloppe sur laquelle de Reiset avait écrit (au crayon noir) : « cheveux de Louis XVII donnés au Cimetière de Ste Marguerite le 12 juin 1894 (3) avant l’inhumation des restes de ce pauvre enfant martyr. »
A la suite d’une première tentative restée vaine auprès d’un autre Laboratoire, Mme Laure de La Chapelle (Présidente du Cercle d’Études Historiques sur la Question Louis XVII ) m’a demandé de bien vouloir examiner les cheveux de la mèche de Reiset dont elle disposait. Je prélevais donc, avec son autorisation et devant elle, une dizaine de ces cheveux (4) , en date du 29 mars 2014 (5).

Figure 1. Photographie des mèches de cheveux de Reiset (document du commissaire-priseur). Ces mèches sont déposées sur le papier d’une petite enveloppe, écrite au crayon noir. Parmi les documents papiers fournis, une feuille de papier avec inscriptions en rouge.

lot

Figure 2. Photographie reconstituée des cheveux (numérotés de 1 à 11) prélevés (le cheveu n°1, de plus grande taille, est celui qui a été le plus étudié). M : méchelette de cheveux très courts ; V : fragment végétal. [ cliquer sur les images pour les rendre plus lisibles]

Fig2

Ces cheveux (figure 2) furent par la suite examinés et analysés par mes collaborateurs et moi-même (6), au moyen des techniques de microscopie optique (binoculaire et stéréoscopique), de microscopie électronique à balayage (MEB), et de microfluorescence aux rayons X (7). Le tableau 1 résume l’utilisation qui a été faite de ces trois outils aux cheveux prélevés de la mèche de Reiset.
Les principaux résultats obtenus sont rapportés dans les pages qui suivent.

 

 

 

Tableau 1 : Les trois sortes d’outils utilisés pour mener à bien cette étude et leurs utilisations ( =>)

1.1 Microscopie optique => Observation à faible grossissement (jusqu’à 1000 fois) ; vision de la couleur des cheveux.
1.2 Microscopie électronique à balayage => Étude détaillée de la topologie (de la surface) des cheveux. Les grossissements peuvent être très élevés (x 15 000 dans le cas de l’étude des mélanosomes).
1.3 Microfluorescence aux rayons X =>  Étude de la composition chimique des cheveux . Distinction entre les compositions chimiques des deux sortes de mélanosomes.

Aspect :
Examinés au MEB (figure 3), ces cheveux sont d’un aspect très particulier. Si le spectre en composition (8) est typique du poil (9), l’aspect des cheveux est en effet singulier :

• absence des rangées d’écailles ;
• le cheveu est réduit à son cortex (10), tubulaire et à l’aspect desséché ;

Figure 3. En haut photographie MEB (x 500) d’une portion sub-terminale de la tige d’un cheveu. En bas : spectre correspondant à l’analyse élémentaire réalisée au point noir indiqué sur la surface du cortex de ce cheveu. C : carbone ; N : azote ; S (deux pics) : soufre ; Ca : calcium.

Fig3

• il y a des crevasses le long de l’axe de la tige (11) du cortex, qui agrandissent le canal médullaire et peuvent même aller jusqu’à traverser toute l’épaisseur du cheveu (figure 4).

 

 

 

 

 

Figure 4. Photographies MEB, à deux grossissements différents (photographie du haut x 200, photographie du bas x 500) de la tige d’un cheveu dans sa portion médiane.

Fig4

Figure 5. Photographie MEB (x 500) de la pointe d’un cheveu.

Fig5

La figure 5 montre le bout d’un cheveu ; deux crevasses traversent son épaisseur. D’après l’aspect déchiqueté des pointes des groupements de macrofibrilles (12) du cortex à l’extrémité, il s’agit d’une pointe de cheveu.
La particularité essentielle des cheveux de la mèche de Reiset est qu’ils sont dépourvus d’écailles : toute la cuticule est abrasée, de telle sorte que les groupes de macrofibrilles de kératine (orientées longitudinalement tout le long du cortex) apparaissent ainsi à nu. Cette abrasion signifie qu’il s’agit de bouts de cheveux longs.
Tous les cheveux de la mèche de Reiset étudiés sont des bouts de cheveux coupés (tableau 2, page suivante) ; la plupart d’entre eux ont des pointes. Ces cheveux correspondent donc bien à des portions de cheveux longs, situés en deçà des régions des pointes (car abrasés).

C’est enfin une chevelure mal ou pas entretenue : les pointes des cheveux sont fourchues (figure 5) et non coupées ( à tranchant net).

Tableau 2 : Caractéristiques générales des 11 cheveux étudiés

Tab2

 Épaisseur :
L’épaisseur (à mi-longueur) moyenne des cheveux étudiés est de 81,9 micromètres (ou microns : µ). Cette épaisseur est cependant très certainement sous-estimée :
• D’une part ces cheveux n’ont pas d’écaille (de cuticule) ; c’est donc au moins un à quelques microns qui doivent être rajoutés (de chaque côté) afin d’obtenir l’épaisseur réelle.
• D’autre part, et surtout, ces cheveux sont complètement desséchés (13). Tout cheveu contient une notable quantité d’eau, et l’on sait que son diamètre peut se réduire dans d’assez importantes proportions (14) en milieu sec (15).
Quoiqu’il en soit, ces cheveux appartiennent à la catégorie des cheveux épais (16). Il est possible de déduire l’âge d’une personne d’après l’épaisseur de ses cheveux (17) : après la naissance l’épaisseur moyenne des cheveux est de 24 µ ; elle est de 38 µ à 18 mois et de 54 µ à 15 ans.
Dans le cas considéré, et même s’il s’agit de cheveux épais (18), ils correspondent à des cheveux d’un individu masculin au moins adulte ou sub-adulte.
Couleur :
Il n’y a pas, à la surface des cheveux, de dépôts de substances organiques pouvant correspondre à une teinture (19). L’absence de cuticule de ces cheveux laisse le cortex à nu, ce qui permet d’observer directement en grands détails les mélanosomes (20) à sa surface ; les mélanosomes contiennent les pigments mélanines : les eumélanines et les phéomélanines (21).
A ces deux sortes de mélanines correspondent deux catégories morphologiques de mélanosomes : ceux contenant de l’eumélanine sont en forme de grain de riz, et ceux contenant de la phéomélanine (légèrement plus grands) sont de forme prismatique à triangulaire (22). La figure 6 et le tableau 3 donnent la morphologie, la taille et la composition de cinq mélanosomes particuliers, en relief, groupés sur une petite portion de surface de l’un des cheveux de la mèche de Reiset : deux d’entre eux (nos 1 et 2) sont de forme prismatique.

Figure 6. Photographie MEB (x 1500) de cinq mélanosomes particuliers (numérotés de 1 à 5), dont les longueurs sont indiquées en micromètre (µm) ou nanomètre (nm). Le spectre en rouge correspond au mélanosome n°1, le spectre en bleu au mélanosome n° 5. C : carbone ; O : oxygène ; Al : aluminium ; S : soufre ; Ca : calcium.

Fig6

La quantité relative de soufre qu’ils contiennent (exemple du mélanosome n° 1) est plus importante que celle des mélanosomes en forme de grain de riz (exemple du mélanosome n° 5). La longueur des mélanosomes prismatiques (P) est plus grande que celle des mélanosomes en forme de grain de riz (R).

 

 

 

 

Tableau 3 : Caractéristiques de cinq mélanosomes particuliers.

Tab3

Il en résulte que le seul examen morphologique permet de distinguer les mélanosomes R (à eumélanine) des mélanosomes P (à phéomélanine).

 

Figure 7. Photographie MEB (x 1500) d’une portion de surface du cheveu n° 1. De 1 à 5, les cinq mélanosomes étudiés précédemment (tableau 3 et figure 6). Tous les autres mélanosomes visibles sur cette photographie n’ont fait l’objet que d’une étude d’aspect : P (en prisme), ou R (en grain de riz).

Fig7

La photographie de la figure 7 (couvrant une surface de 10 µ x 80 µ = 80 µ²), visualisant un champ supplémentaire autour des cinq mélanosomes précédemment analysés (figure 6), permet de dénombrer dans cette surface 32 mélanosomes P et 14 mélanosomes R ; le rapport du nombre de mélanosomes P à celui des mélanosomes R est tel qu’il existe donc à peu près deux fois plus de mélanosomes à phéomélanine que de mélanosomes à eumélanine. Ceci confère aux cheveux la couleur rousse observée à l’œil nu (23).

DISCUSSION

Il est donc établi ici que les cheveux de la mèche de Reiset sont :
1°/ Des bouts de cheveux longs, mal entretenus.
2°/ Qu’ils correspondent à un individu de sexe masculin ( de par l’examen du squelette) , au moins sub-adulte.
3°/ Qu’ils sont, de par nature, roux.

Voilà donc qui contraste singulièrement avec ce que chacun sait : le véritable Louis XVII, qui aurait dû avoir dix ans et deux mois le 8 juin 1795 (et qui de plus était de petite taille pour son âge), avait les cheveux blonds (24).
La comparaison entre les aspects d’un cheveu roux de la mèche de Reiset et d’un cheveu blond du véritable Louis XVII (25) est donnée sur la photographie MEB de la figure 8, où deux de chacun des cheveux ont été disposés côte-à-côte ; on peut dire que tout les distingue :

Figure 8 Photographie MEB (x 300) d’une portion du cheveu de la mèche de Reiset (R) et d’une portion de cheveu de Louis XVII (D = Dauphin), disposées côte-à-côte. Les points noirs au milieu des portions de cheveux indiquent les endroits où les analyses élémentaires ont été réalisées (dans les deux cas, la composition chimique est bien celle d’un cheveu).

Fig8

• L’épaisseur : 112 µ pour ce cheveu roux, contre 37,3 µ pour un cheveu de Louis XVII ; les cheveux du petit roi sont donc très fins.
• L’aspect de la surface des cheveux : lisse pour le cheveu de Louis XVII (26), et rugueuse et tourmentée (trous, crevasses, aspérités, contours déchiquetés) pour le cheveu roux.
• Des rangées d’écailles bien visibles pour le cheveu de Louis XVII, alors que le cheveu roux est complètement dépourvu de cuticule.

• Très peu de dépôts visibles à la surface du cheveu de Louis XVII (qui ont été lavés, séchés et nettoyés), alors qu’il y a de très nombreux dépôts (27) sur toute la surface du cortex du cheveu roux ; la densité de ces dépôts (28) est telle à certains endroits qu’ils constituent de véritables plaques.
Le contraste entre les couleurs des deux sortes de cheveux est bien visible sur la photographie (en microscopie optique) de la figure 9 : blond clair pour le cheveu de Louis XVII, et roux foncé pour l’autre.

2 cheveuxFigure 9. Photographie en optique (grossissement approximatif de l’ordre de 75 fois) d’un cheveu de la mèche de Reiset (R) et d’un cheveu du Dauphin (D).

 

Il est tout a fait impossible que ces deux sortes de cheveux soient du même individu (29) : c’est donc que le garçon aux cheveux roux est un substitué.

Nous avons vu (30) quand G. de Reiset avait obtenu les cheveux. Qui les lui a donnés ? Il le relate sur un autre papier (même écriture, au crayon rouge et daté du 12 juin 94 Ste Marguerite) dans le dossier annexé à la mèche (photographie de la figure 1), sous la rubrique Exhumation du corps de Louis XVII : « cheveux du pauvre petit Louis XVII qui m’ont été donnés par le sacristain de Ste Marguerite, gardien du corps du martyr. » ;  le curé chanoine à Ste Marguerite était alors Auguste Paradis (31).

Comment A. Paradis avait-il eu les cheveux qu’il donna [ ou fit donner NDLR ? ] à G. de Reiset ? Il y a au moins deux possibilités :

1°/ A. Paradis aurait pu les obtenir – c’est le plus vraisemblable – entre le 5 (date de l’exhumation) et le 12 juin (date du don). Dans son rapport détaillé des constatations et études faites, le Dr de Backer (32) écrivait juste avant sa conclusion : « Nous ne devons pas oublier de mentionner une certaine quantité de cheveux dont la plus longue mèche a douze centimètres : ils sont bouclés, d’un blond roussâtre, extrêmement fins. » Ces cheveux étaient clairement « hors ossements », et il était facile pour l’autorité que représentait A. Paradis de les obtenir à ce moment, notamment pour en dispenser.
2°/ Le Dr Milcent a déclaré (29) avoir gardé des cheveux (« J’en ai conservé quelques uns ») de la première exhumation ; il est possible que l’abbé Haumet, curé de Ste Marguerite à l’époque, en ait fait de même. Dans ce cas – et ceci représente une seconde possibilité – A. Paradis aurait obtenu ces cheveux dans les archives conservées de son prédécesseur.

Remerciements à Mme Laure de La Chapelle qui m’a généreusement fait profiter de ses conseils et sans qui cette présente étude n’aurait jamais pu voir le jour .

[ Nous prions Mme Laure de La Chapelle de bien vouloir la compléter si nécessaire et/ou de nous faire part de toute observation qu’elle souhaiterait voir publiée.  NDLR ] 

Notes :
1.  J’en ai discuté longuement avec lui ; [ voir le communiqué de presse du CEHQL17 du 6 juin 2012, publié sur cette page  NDLR
2. Le Vicomte Gustave de Reiset était l’une des plus éminentes personnalités royalistes légitimistes d’avant la guerre de 1914-18. Il était persuadé que Louis XVII était mort au Temple le 8 juin 1795 (20 prairial an II).
3. Cette date montre que l’acquisition des cheveux par de Reiset a été faite à l’occasion de la réinhumation des ossements découverts dans le vieux cimetière à Ste Marguerite, le mardi 5 juin 1894, et redéposés le 12 juin 1894 (extrait du registre de la paroisse, par A. Paradis, curé chanoine).
4. Distincts des trois mèches principales.
5. Dans la salle du fond du restaurant « La Pépinière » (6, place Saint Augustin, Paris 8ème), le nouveau lieu désormais habituel des réunions du Cercle.
6. Au laboratoire des rayons X de l’Université de technologie de Compiègne.
7. Cette technique permet l’analyse élémentaire (la composition en éléments) d’un micro-objet observé au MEB. Les résultats obtenus se traduisent sous la forme d’un spectre (kiloélectrons/volts en abscisses, hauteurs des pics de chaque élément en ordonnées) ; l’analyse est semi-quantitative.
8. Avec un grand pic de carbone, de l’oxygène et un peu d’azote (matière organique) et un pic marqué de soufre (de la kératine du poil).
9. Terme générique recouvrant les cheveux, les poils de barbe et les poils du corps.
10. Tout poil comporte, de l’extérieur vers l’intérieur : 1/ la cuticule, faite des rangées d’écailles ; 2/ le cortex, de kératine, où se trouvent les mélanosomes (contenant les pigments de mélanine) ; 3/ le canal médullaire.
11. Le cheveu est une tige, renflée à la base par le bulbe (dans la peau) et effilée à l’extrémité qui constitue la pointe.
12. Les fibres de kératine du cortex sont organisées en groupements macrofibrillaires, longitudinaux par rapport à l’axe du cheveu.
13. L’absence de cuticule y concourt : la cuticule n’est pas qu’un empilement d’écailles ; elle comporte à l’extérieur une membrane très fine, l’épicuticule, composée d’une bicouche protéo-lipidique. Cette couche intervient, notamment, lors de la régulation des échanges hydriques (en son absence, ces échanges sont perturbés).
14. Jusqu’à un tiers de son épaisseur.
15. Comme des cheveux qui ont été contenus dans une enveloppe, ce qui est le cas ici.
16. Selon les types, les cheveux sont classés en cheveux fins (< 60 µ), moyens (60-80 µ) et épais (> 80 µ).
17. Deux évidences tout d’abord : d’une part les cheveux des femmes sont plus fins (en moyenne) que ceux des hommes ; d’autre part le diamètre du cheveu augmente au cours de la croissance.
18. Il n’y a pas, à ma connaissance, de données particulières publiées sur l’épaisseur moyenne des cheveux roux.
19. Mais ces dépôts, s’ils existaient, devraient être sur la cuticule (absente). Pas non plus de particules métalliques en abondance (oxyde de fer, cinabre …) pouvant expliquer l’apparence quasi-rouge des cheveux.
20. Les mélanosomes sont des petits grains (d’environ un micron de longueur), répartis dans toute l’épaisseur du cortex. La couleur (teinte) d’un cheveu est due aux pigments des mélanosomes, les mélanines.
21. La chimie des mélanines est extrêmement complexe ; mais il en existe, en gros, de deux sortes : les eumélanines (pigments noirs et bruns) et les phéomélanines (pigments jaunes et rouges) ; celles de la deuxième catégorie sont légèrement plus soufrées.
22. Le cortex des cheveux bruns a surtout des mélanosomes à eumélanine, alors que celui des cheveux roux a un mélange de mélanosome à eumélanine et à phéomélanine. Les cheveux blonds ont des mélanosomes à eumélanine avec un peu de mélanosomes à phéomélanine.
23. La « rougeur » des cheveux est encore exhaussée par le fait que ces cheveux n’ont pas d’écailles (le rouge du cortex étant alors ainsi encore renforcé).
24. Si les petits garçons, blonds dans l’enfance, passent au châtain clair à l’adolescence pour devenir quasi-bruns à l’état adulte, on ne peut cependant (selon la formule consacrée) en aucun cas « passer du blond au roux ».
25. Don de Christian Crépin (mèche de cheveux Louis XVII, du fonds Alain Bancel).
26. En fait nettoyé soigneusement après le prélèvement à l’époque, au moyen de savon noir (à base de potassium).
27. Blancs aux électrons.
28. Principalement du carbonate de calcium, du plâtre (comme tout plâtre, à base de gypse) et du phosphate de plomb. Ces produits, tous blancs, ont été utilisés pour tenter d’atténuer (blondir) le roux des cheveux.
29. Ceci avait déjà été suspecté depuis longtemps (G. Milcent : « La question Louis XVII et le cimetière Sainte-Marguerite », H. Daragon, Librairie-Editeur Paris). On y lit page 7, avant-dernier paragraphe : « Enfin, ai-je besoin de vous faire remarquer une dernière coïncidence entre l’existence de cette belle chevelure que le rapport de M. Harmand signale et la présence, dans le cercueil, de ces cheveux longs et roux, dont le temps et la terre ont seulement altéré la couleur ? »
Puis, en note infra-paginale : « Est-il bien certain que le temps et le séjour dans la terre aient altéré la couleur des cheveux ? Ce que je puis dire, c’est que ces cheveux étaient rouges. J’en ai conservé quelques uns ; ils sont d’un rouge terne, mais très prononcé ! » Signé Alphonse Milcent.
Et plus bas : « Ces cheveux sont toujours en ma possession ; et ont conservé une teinte rougeâtre. Grâce à l’obligeance de M. G. Lenôtre et à l’amabilité de M. V. Sardou, j’ai pu les comparer aux cheveux authentiques du Dauphin, que possède ce dernier, et qui, blonds et soyeux, ne leur ressemblent ni comme couleur ni comme nature des cheveux. » G. M. (Georges Milcent, fils du Dr Alphonse Milcent selon toute vraisemblance).
30. Le 12 juin 1894 (voir note 3). l’exhumation avait commencé le 5 juin, sous l’autorité de Me G. Laguerre, avocat, partisan de la survivance. Les ossements furent examinés par les Docteurs de Backer, Magitot, Bihaut et Manouvrier. Du rapport qui en suivit, il s’avéra que : « 1°/ Le squelette est celui d’un sujet âgé de 8 à 20 ans. 2°/ Ces constatations ne se rapportent aucunement à un enfant tel que devait être le Dauphin en admettant la tradition qui place sa mort et son inhumation à dix ans et deux mois. » La redéposition des ossements eut lieu le 12 juin (registre de la paroisse, signé A. Paradis, qui relate les événements) : « Pendant huit jours, du 5 juin à aujourd’hui, les sommités de la science anthropologique, les publicistes, les photographes, les dessinateurs, les partisans des divers systèmes dynastiques, orléanistes, légitimistes, naundorfistes, etc… sont venus examiner, autopsier, manier, discuter etc… en toute liberté et avec la plus parfaite courtoisie. »
31. Le curé A. Paradis était un savant éminent, ancien élève de l’École des Chartes.

[ Nous croyons opportun d’insérer dans l’étude du Pr Lucotte cette image extraite du livre du doyen Boiry  » On tue encore Louis XVII «  – Lisez bien la légende qui nous renvoie au thème des commentaires en cours … NDLR]

Paradis-Laguerre-1894
32. « Louis XVII au cimetière Sainte-Marguerite – enquêtes médicales« , cité in extenso dans le très récent livre : « Louis XVII. Autopsie d’une fausse vérité«  (pages 175-179).

Toute reproduction, même partielle, du présent document et de ses illustrations est strictement interdite

Gérard Lucotte
Institut d’Anthropologie Moléculaire, Paris

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Onze années après l’ouverture sur MSN Groupes, le 7 mars 2004, de notre premier forum  dédié à la recherche de la vérité sur le destin de Louis XVII, c’est pour nous un très grand honneur de pouvoir vous proposer les résultats de cette étude scientifique du professeur Lucotte, à qui nous tenons à exprimer notre plus vive reconnaissance, au nom de tous les membres et amis de notre CRIL17 ( Cellule de Recherches sur Internet de Louis XVII

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MAJ 16/03 

Merci à nos nouveaux lecteurs – nous venons d’observer une augmentation du nombre de connexions de l’ordre de 40 %, par rapport à la moyenne habituelle, qui était la semaine dernière d’environ 1500 connexions par jour – de prendre la peine de lire les 10 Comments » déjà postés, et où se trouvent des informations de première importance que nous reprendrons et développerons très prochainement, dès que le Pr Lucotte nous en offrira la liberté. 

10 réflexions au sujet de « Autour d’une mèche de cheveux dite « de Reiset », ayant appartenu à l’Enfant du Temple, décédé le 20 prairial an III et inhumé au cimetière Sainte-Marguerite le 22 prairial an III, sous l’identité de Louis Charles Capet [MAJ 16/03] »

  1. Merci à Vexilla Galliae http://www.vexilla-galliae.fr/ qui a accepté nos commentaires sur la page dédiée à la vente aux enchères à Drouot de Couteau-Begarie
    Peut-être sera-t-il possible d’établir le contact avec l’heureux acquéreur du cahier d’écriture de Louis XVII au Temple et autres reliques royales ?

    http://www.vexilla-galliae.fr/royaute/vie-des-royalistes/1250-des-pieces-de-la-vie-intime-de-la-famille-royale-aux-encheres-a-drouot

  2. Cher BRH,

    Merci pour votre intervention fort légitime qui ouvre en outre la discussion sur un point important !

    1 / En guise de préalable, et avant d’en venir à la mèche Damon, il faut se résigner à admettre qu’il y a un maillon faible dans la traçabilité historique de la mèche dite  » de Reiset  » !

    Dans le document original de la vente aux enchères, il est écrit
    « cheveux du pauvre petit Louis XVII qui m’ont été donnés par le sacristain de Ste Marguerite, gardien du corps du martyr. »
    Or sans être docteur en droit canon, chacun sait, sans avoir recours à la lecture de l’article de wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Sacristain qu’un sacristain ne peut être qu’un laïc.

    Comme Mme Laure de la Chapelle m’en a fait part dans un courrier privé, il est invraisemblable que le vicomte de Reiset ait pu désigner par « sacristain  » l »éminent prêtre Auguste Paradis, ancien élève de l’École des Chartes, comme le rappelle le Pr Lucotte dans son étude.

    Et s’il semble invraisemblable que le sacristain ait pu remettre une mèche de cheveux de  » Louis XVII  » sans l’aval du curé de la paroisse, peut-être est-ce par souci de vérité, et pour rendre ainsi hommage à un obscur sacristain, [ dont nous ignorons le nom et depuis combien de temps il était en fonction ] , que le vicomte de Reiset a tenu à préciser de quelles mains il avait reçu la mèche de cheveux  » Louis XVII  » , provisoirement conservée dans un meuble de la sacristie ( entre le 5 et 12 juin 1894 ) et avec laquelle le chanoine A. Paradis ne devait pas se promener dans l’exercice de son ministère !

    Mais il ne s’agit là que d’une hypothèse, car force est d’admettre qu’il existe une question à laquelle nous sommes incapable de répondre avec certitude :

    Cette mèche de cheveux  » de Reiset  » a-t-elle été exhumée lors de l’exhumation de 1846 ( selon l’hypothèse 2 du Pr Lucotte ) ou en juin 1894 ( selon son hypothèse 1 ) ?

    Grâce à la rédaction de ce commentaire, et après réflexion, ne serait-ce pas l’hypothèse 2 du Pr Lucotte qui semblerait la plus probable ?
    En écrivant  » « cheveux du pauvre petit Louis XVII qui m’ont été donnés par le sacristain de Ste Marguerite, gardien du corps du martyr. » le vicomte de Reiset n’aurait-il pas voulu rendre hommage à un sacristain anonyme qui aurait assuré la garde de cette relique depuis qu’il était entré en fonction, à une date que nous ignorons ?
    Dans ce cas la mèche de cheveux  » de Reiset » aurait été exhumée par l’abbé Haumet en 1846-1847 ! …
    Voilà un point d’histoire à établir !

    A suivre …/…

  3. Pour résoudre ce problème de la mèche Reiset, il serait fort simple de la comparer à la mèche Damont : en principe, ça devrait correspondre puisque le malheureux enfant de Ste Marguerite est bien celui qui est décédé le 8 Juin 95 et dont ce commissaire avait obtenu des cheveux coupés par le docteur Pelletan. Si, par hasard il n’y avait pas correspondance, cela signifierait que les cheveux Reiset ne sont pas authentiques, ce qui serait très surprenant et constituerait encore une énigme supplémentaire à résoudre.
    Bref, un peu d’humour (noir) ne fera pas de mal : avec Louis XVII, on est sans cesse dans les cimetières et occupés à « couper les cheveux en 4 » !!! n’est-ce pas ! Amitié à tous.

  4. Chère Dame Bergeronnette,

    Si vous avez la possibilité de disposer de la mèche Damont, nous vous serions infiniment reconnaissant de la mettre à la disposition du Pr Lucotte afin qu’il puisse réaliser une étude semblable à celle qu’il a faite sur la mèche  » de Reiset  » …

    Respectueusement vôtre.

  5. Cher BRH,

     » Sinon, puis-je me permettre une question : qui était le représentant du Cercle Louis XVII qui a acheté la mèche ?  »

    Permettez-moi de ne pas vendre la mèche !

  6. Nous venons de recevoir par courrier privé les observations suivantes de la Présidente du CEHQL17, que nous nous faisons un devoir de publier, après avoir reçu son autorisation.
    =======
    Soyons précis :
    sur la très petite enveloppe qui contient les cheveux Reiset (ils y sont toujours) il est écrit au crayon noir :
    Cheveux de Louis XVII ,
    donnés au cimetière de Ste Marguerite le 12 juin 1894
    avant l’inhumation des restes de ce pauvre enfant martyre (sic)
    Sur une feuille de papier pliée en deux et au crayon rouge (gras), il est écrit :
    12 juin 1794
    Ste Marguerite
    Exhumation du corps de Louis XVII
    Inhumation
    cheveux du pauvre petit Louis XVII
    qui m’ont été donnés par le sacristain de Ste Marguerite
    gardien du corps du martyre (sic)
    J’ai respecté la faute d’orthographe de G. de Reiset.
    Quant à la supposition qu’ils viendraient de l’exhumation de 1846, c’est pure fantaisie.
    Nota: les sacristains pouvaient porter soutane sans rabat au 19ème siècle.
    Laure de La Chapelle
    ========
    PS : Par rapport à ce qu’a écrit le Pr Lucotte dans son étude
     » Très peu de dépôts visibles à la surface du cheveu de Louis XVII (qui ont été lavés, séchés et nettoyés), alors qu’il y a de très nombreux dépôts (27) sur toute la surface du cortex du cheveu roux ; la densité de ces dépôts (28) est telle à certains endroits qu’ils constituent de véritables plaques.
    …/…
     » 28. Principalement du carbonate de calcium, du plâtre (comme tout plâtre, à base de gypse) et du phosphate de plomb. Ces produits, tous blancs, ont été utilisés pour tenter d’atténuer (blondir) le roux des cheveux. »
    Laure de La Chapelle a écrit cette observation capitale à nos yeux que nous livrons d’ores et déjà à la critique historique et sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir très prochainement, dès que le Pr Lucotte nous en offrira la liberté …
    =============
     » le traitement des cheveux au phosphate de plomb prouve que c’est bien l’enfant mort au Temple dont on a tenté de blondir les cheveux roux pour qu’on puisse l’identifier à Louis XVII, nécessairement au moment de la présentation du cadavre. Voilà une preuve inédite et indiscutable de l’identité du corps exhumé en 1894 avec l’enfant du Temple mort en 1795.
    Laure de La Chapelle

    1. Je tiens à faire remarquer le sérieux du travail remarquable du professeur LUCOTTE que nous pouvons remercier.

      Gâce à cette étude c’est la 1ère fois que nous avons la preuve que l’enfant du Temple n’était pas Louis 17 et cela aussi grâce à moi en donnant les cheveux de Louis XVII au professeur comme élément de comparaison.
      Christian CREPIN

      1. Oui très cher archiviste du Roi Louis XVII et pardonnez-moi de ne pas en avoir fait déjà état comme je l’aurais dû, mais vous savez que mon emploi du temps a été quelque peu perturbé ces derniers jours !

        Mais dès que possible, nous allons revenir sur tout cela qui est le fruit d’un magnifique travail d’équipe qui seul, volens nolens, peut nous permettre d’espérer résoudre un jour cette énigme Louis XVII, ce qui serait une mission impossible pour tout internaute, quel qu’il soit, fût-il un Pic de la Mirandole de l’Affaire Louis XVII !

        Et puisque BRH m’a gratifié d’un  » sens de l’humour inépuisable  » je suggère donc à l’un ou l’autre des prétendants à l’identité avec un descendant de Louis XVII, qui nous lirait, ou à Pharamond de Bourbon-Habsbourg, cher au fou du Roi Louis XVII, s’il nous faisait l’honneur de nous lire, voire à tout autre candidat à la fonction apocalyptique de  » futur Grand Monarque  » de prendre la résolution  » in pectore ou in petto » de vous offrir l’appartement de fonction à l’Hôtel de Soubise, que vous méritez …

        1. Cette preuve physique de la couleur rousse des cheveux de l’enfant du Temple observée par le professeur Lucotte est confirmée aussi par les 2 témoignages suivants :
          1-Dans le livre de Suvigny p22 nous lisons :
          Madame Bertrand , rentière demeurant aussi rue du Temple , qu’elle connaissait beaucoup, et qui avait pour amie une dame de Vitry , croit-elle , laquelle avait été nourrice du fils de Louis XVI (il s’agit de Cécile TALON mariée avec Jean François Valentin De SAINTE MARIE ), lui raconta quelque temps plus tard, « que cette nourrice avait été mandée au Temple pour reconnaître son élève, qu’en présence de l’enfant on lui demanda : – « Reconnais-tu ton élève ?- Non, répondit-elle ; mon élève avait les cheveux blonds, celui-ci les a rouges ; mon élève avait les yeux bleus, celui-ci les a noirs.- Tu peux te tromper, nourrice, les cheveux changes, lui dit-on.- Oui répondit-elle, mais les cheveux blonds ne deviennent pas rouges et les yeux bleus ne deviennent pas noirs. »
          2- Dans La Légitimité1883 p557 PV du 16/8/1817 de la déclaration de Damont à la Police :
          Il reçut de M. Pelletan une touffe de cheveux…………Que sur la présentation de M. Roussiale ( dont la sœur épouse de M Ramier qui avait eu aussi des cheveux) au duc de Grammont il fut admis au pavillon de Flore Le duc de Grammont à l’examen des cheveux prétendit que ce n’étaient point les cheveux du Dauphin , qu’ils étaient d’un blond clair, qu’il avait eu occasion de bien connaître le Dauphin, sa belle-mère ayant été gouvernante des Enfants de France.
          Ainsi avec cette preuve physique associée à 2 témoignages ( dans la Bible 2 témoignages sont suffisants), il ne peut y avoir aucun doute. L’enfant du Temple mort le 8/6/1795 autopsié par Pelletan est le même que celui des fouilles de 1846 et de 1894. Il n’est pas Louis XVII et l’acte de décès doit être annulé.
          De plus l’acte de décès comprend une mention inexacte, (le nom de famille de Louis Charles est De France dans son acte de baptême à Versailles qui tient lieu d’acte de naissance et non CAPET) et on peut demander l’annulation de l’acte d’état civil, quand bien même l’acte serait régulier dans sa forme d’après le site documentissime.fr
          Au travail Messieurs les avocats et juges

  7. Voici le site nommé par notre ami Christian Crépin

    http://www.documentissime.fr/

    où il a présenté son idée qui va peut-être lui mériter un appartement de fonction dans un autre siège d’Archives Nationales de son choix, de Madrid à Saint Petersbourg …

    Et pour rebondir sur l’idée de notre archiviste du Roi Louis XVII, si aux travaux du Pr Lucotte sur la mèche de cheveux  » de Reiset » on peut ajouter un jour le résultat d’analyses de la mèche de cheveux Damont, n’aurait-on pas alors un motif sérieux et irrécusable pour reprendre les fouilles brutalement interrompues en 2004/2005, et dont nous faisons état dans notre livre  » Louis XVII Autopsie d’une fausse vérité  » ?

    http://www.pages-libres-limousin.fr/component/booklibrary/135/view/61/Essais/87/louis-xvii-autopsie-d-une-fausse-verite

    Compte tenu de la certitude que nous avons sur la cohérence des résultats qui seraient obtenus, qu’est-ce qui pourrait alors s’opposer à une démarche judiciaire, en bonne et due forme, d’annulation de l’acte de décès de  » Louis Charles Capet  » ?

    Par association d’idées avec un sujet d’actualité, si l’action en justice ne pouvait pas être engagée pour cause X,Y ou Z par un membre de la Maison de Bourbon, peut-être y aurait-il quelque chose d’accessible à tous les Français attachés à la recherche de la vérité sur le destin de Louis XVII, grâce à l’action de groupe, qui vient d’être introduite dans le droit français à partir de la  » class action  » américaine ?

    17 000 mercis à tout juriste qui lirait ces commentaires de nous faire profiter de ses lumières, à l’invitation de notre ami BRH !…

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