Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (45)

En nous proposant de recopier ici tout ce qui est accessible dans la Légitimité au sujet de l’inhumation de Louis Charles Capet, nous venons de découvrir une question que nous pensions totalement résolue et qu’il serait absurde de poser aujourd’hui : celle de la date exacte de l’inhumation ! Et de réflexion en réflexion une autre question surgit compte tenu des contradictions relevées même par Beauchesne !

Et si une date des divers documents officiels relatifs à l’inhumation était erronée, ne serait-il pas alors nécessaire de revoir la question de la garde autour de la fosse commune ! En l’état actuel de nos informations et avant de disséquer chacune des informations accessibles aujourd’hui, est-on sûr et certain que la garde a été mise en place la nuit même de l’inhumation ?
Est-ce que par hasard, si l’inhumation a eu lieu comme cela semble établi le 10 juin 1795, l’ordre de mettre en place la garde ne serait-il pas par hasard du lendemain ou du surlendemain, ce qui ne rendrait plus impossible la mission que Bertrancourt s’est donnée ! …

Dans un premier temps nous allons donc rassembler par un simple copié-collé, et sans chercher à l’analyser, tout ce qui a été écrit dans La Légitimité au sujet de l’inhumation de Louis Charles Capet …
On voudra bien nous pardonner les redites que nous supprimerons lorsque nous en ferons la synthèse !

Mais si un détail vous frappe particulièrement, n’hésitez pas à faire des commentaires que nous reprendrons in fine  ! Croiser nos regards devrait nous permettre de faire rapidement les arbitrages nécessaires !  

Enfin dernière observation, c’est par simple commodité que nous reprenons l’appellation  » Louis Charles Capet » ou  » Louis XVII  » utilisée dans l’étude que vous lirez ; car pour nous il est sûr et certain que ce n’était pas Louis XVII qui est mort au Temple le 8 juin 1795 ; de ce fait nous négligerons totalement la controverse sur la reconnaissance de l’identité qu’on retrouve tout au long des pages de la Légitimité …   

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La Légitimité 1883/04/08 (N10).

 » 9° Enfin, M. de la Sicotière invoque la reconnaissance du cadavre « par le commissaire de police Dussert ». Dussert a signé deux documents, la déclaration de décès et le procès-verbal d’inhumation. Il n’est question de reconnaissance que dans ce dernier. Mais le texte ne dit pas par qui le cadavre a été reconnu. On peut donc penser qu’il ne s’agit là encore que de Lasne et Gomin; en tous cas, on ne peut affirmer sûrement qu’il s’agit de Dussert.

Et puis, il y aurait bien des choses à dire sur ce procès-verbal d’inhumation.

Et d’abord Dussert dit positivement, en novembre 1814 : « Le 24 prairial an III (12 juin et non pas le 10), je fus requis de surveiller son inhumation. »

Deux ans plus tard, Voisin, conducteur des pompes funèbres, et Bureau, concierge du cimetière, interrogés par la police, donnent aussi à l’enterrement la date du 24 prairial (12 juin). Voilà trois témoins archi-compétents, et qui, interrogés séparément, et à deux ans de distance, ont répondu chacun d’après ses souvenirs personnels.

Mais il y a mieux, le Moniteur du 26 prairial an III (14 juin 1795), racontant l’enterrement, dit : « Avant-hier, à huit heures et demie du soir… il fut mis dans un cercueil de bois et transporté de suite au cimetière… » Avant-hier : donc le 12 juin, quatre jours après la mort.

M. de la Sicotière écrit (page 179) : « Il – l’enterrement – eut lieu le 10 juin. Gela est certain. » Mais il dit aussi (page 162) : «.Le 12 juin, l’acte de décès est rédigé ; le voici… Il ne restait plus qu’à procéder à l’inhumation. Le 12 juin, à huit heures du soir, le corps fut transporté au cimetière. » Puis donc que M. de la Sicotière dit tantôt d’une façon, tantôt d’une autre, suivant le besoin présent de son argumentation, il nous permettra de nous en rapporter à Dussert, Voisin, Bureau, et surtout au Moniteur.

Or, de deux choses Tune : ou bien Lasne, Gomin, Arnoult, Goddet, Dussert et Guérin ont signé le 12 un procès-verbal en blanc, et alors ce document n’a aucune valeur, ou bien ils ont consenti, le 12, à donner à leur procès-verbal la date du 10, et ils ont commis un faux. Un autre détail : la mission d’Arnoult, l’un des deux commissaires civils, est fort contestable. Le 15 mars 1816, Simon et Petit, agents de la préfecture de police, écrivaient au préfet comte Angles : « Nous nous sommés d’abord transportés auprès de M. Dussert, ancien commissaire de police de la section du Temple, qui avait dirigé l’inhumation. Nous avons ensuite recherché la demeure des sieurs Biard et Goddet, commissaires civils de la même section, qui l’avaient assisté… Les sieurs Biard et Goddet n’ont pu être consultés : le premier est mort dans son domicile, rue Chariot ; le second… est retiré à Loret. » Eh bien, si c’était Biard, ce n’était pas Arnoult, et les gens qui ont fait le procès-verbal d’inhumation ont été mal renseignés. M. de Beauchesne (II, 334) nomme, par conciliation, trois commissaires, Arnoult, Biard et Goddet. Mais alors pourquoi la signature de Biard est-elle absente ?

Les mêmes, MM. Simon et Petit, disent encore au comte Angles, et celui-ci répète au comte Decazes, ministre de la police et grand-maître de la Franc-Maçonnerie écossaise de France : «Il résulte de nos informations… qu’un procès-verbal de cette cérémonie (l’inhumation) a été dressé dans la maison par le sieur Gille, alors commissaire de police de la section de Montreuil, conjointement avec M. Dussert et d’autres fonctionnaires. »

Alors, les personnes qui ont dressé celui que M. de la Sicotière invoque, n’ont fait que des maladresses. Mais qui nous garantit alors que dans le vrai procès-verbal il était question de reconnaissance. C’est peut-être à cause de cela qu’on en fit un autre. » 

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1883/04/15 (N11). 
  » Voici enfin le récit de M. de Beauchesne (II, 333-7) :

« Le 21 prairial (9 juin), à huit heures du matin, quatre membres du Comité de sûreté générale vinrent à la tour pour vérifier le décès du Prince. Introduit dans la chambre funèbre par, Lasne et Damont, ils affectèrent la plus grande indifférence : « L’événement, répétèrent-ils plusieurs fois, n’a aucune importance ; le commissaire de police de la section viendra recevoir la déclaration du décès ; il le constatera et procédera à l’inhumation, sans aucune cérémonie. Le Comité va donner des ordres en conséquence. » 

[ A noter la remarquable argumentation qui est développée dans ce numéro contre Beauchesne sur la question de la reconnaissance de l’identité de Louis XVII par les uns et les autres et qui permet de comprendre pourquoi il existe toujours une énigme Louis XVII, deux siècles après ! …En effet Beauchesne est le seul historien à avoir vu un procès-verbal de reconnaissance de l’identité de Louis XVII à prpos duquel La Légitimité a écrit :  » Alors, si Damont n’en parle pas, si Gomin. n’en dit rien, si Lasne n’en a pas une idée, où M. de Beauchesne a-t-il bien pu prendre ses renseignements ? Car M. de Beauchesne, qui a vu tant de choses ignorées du reste des hommes, n’a cependant pas vu ce fameux procès-verbal. Il n’en peut donner et il n’en donne pas le texte. 

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Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (44)

La lecture attentive du PV d’inhumation de Louis XVII révèle ( *** voir ci-dessous *** ) : 

1 / On a recopié le texte de l’ordre du CSG, ainsi que le fait apparaître  l’expression  » signés, ainsi signé  » suivie du nom des membres du CSG, sans aucune signature.  

2 /  Et en contradiction avec l’ordre donné de demander le concours de deux membres du comité civil de la section du Temple, c’est à deux membres de la section de Montreuil qu’on a eu recours ! Pourquoi alors que la liste des sections révolutionnaires de Paris nous apprend :  » La section de la rue de Montreuil se réunissait dans l’église Sainte-Marguerite, 36 rue Saint-Bernard.  » ? 

D’où les questions et une hypothèse , générées par les diverses contradictions que nous avons pu recenser :

Pourquoi avoir repris intégralement, comme indiqué ci-dessous ***,  le texte de l’original de l’arrêté du CSG ordonnant l’inhumation de Louis Charles Capet ( qui n’aurait été détruit a priori qu’en 1871 )  au lieu d’en faire une simple mention indiquant les références de l’ordre reçu ? Pourquoi  l’original de l’arrêté du CSG n’est-il pas parvenu jusqu’à nous, à la différence de la pièce d’archive que nous étudions aujourd’hui et qui se trouve, sauf erreur, au musée de la Préfecture de Police de Paris ? 

D’où l’hypothèse :

A -t-on fabriqué un PV d’inhumation différent de l’original, dans lequel on a repris l’arrêté du CSG, ordonnant l’inhumation de Louis Charles Capet ?  

Dans le PV d’inhumation original –  qui, lui aussi, aurait donc disparu – aurait-il été fait mention de la présence de Renard, comme étant un des deux membres du comité civil du Temple, prescrits  par l’arrêté du CSG ? 

Et/ou est-ce que par hasard, en juin 1795 Renard, vicaire constitutionnel de la Madeleine aurait été membre de la section de Montreuil ? En effet Jacques-Claude Bernard, guillotiné le 10 thermidor an II, n’était-il pas le représentant de la section de Montreuil à la Commune de Paris en 1792 ? [   Jacques-Claude Bernard ( en 1793 prêtre  jureur ; présent à Sainte-Marguerite depuis 1791 ) a assisté à l’exécution de Louis XVI à l’échafaud, à titre de commissaire de la Municipalité de Paris, qui l’avait mandaté à cet effet !  Jacques-Claude  Bernard a abdiqué ses fonctions de prêtre conventionnel de Sainte-Marguerite le 6 frimaire an II et a été guillotiné le 10 thermidor an II ! ]
Peut-être aurons-nous la réponse à toutes ces questions en fouillant dans les ouvrages d’Albert Soboul ? …

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*** Nous reprenons le texte à partir de ce site, après avoir vérifié qu’il est conforme au fac-similé de la 1 ère page et à la transcription qu’en donne Xavier de Roche dans son « Louis XVII »  ( pp 108 et 110 )  : 

 

 

« L’an troisième de la République française, le vingt-deux prairial, sept heures du soir, nous Dominique Goddet et Nicolas-Laurent Arnoult, commissaires civils de la section du Temple, en exécution de l’arrêté du comité de sûreté générale de la Convention nationale eu datte de ce jour, dont la teneur suit:

« Du vingt-deux prairial, l’an trois de la République française. Le comité de sûreté générale arreste que le comité civil de la section du Temple se concertera avec les commissaires de garde au Temple pour faire donner la sépulture au fils de Louis Capet dans le lieu, suivant les formes ordinaires, en présence de nombre de témoins déterminé par la loi, et encore de deux membres du comité civil de la ditte section du Temple.

 

 

Les représentants du peuple, membres du comité de sûreté générale signés; ainsi signé, Boudin, Pémartin, Courtois, C.-Alex. Isabeau, Piene, J. V.Rovere, Bergoing, Président, Pierre Guyomar, Sevestre, J. B. Genevois.

 

En conséquence et pour l’exécution de la loi du 20 sept. 1792, nous avons requis le citoyen Pierre Dusser, commissaire de police de notre section, à l’effet de se transporter avec nous à la tour du Temple, pour y constater le décès du fils de Capet, où étant, les citoyens Lasne et Gomin, commissaires de garde au Temple, et le citoyen Etienne-Joseph Guérin, commissaire civil dela section de l’Homme armé, de service cejourd’huy à la tour, nous ont représenté un cadavre du sexe masculin, de l’âge de dix ans, gissant sur un lit, lequel a été reconnu pour être celui de Louis-Charles Capet, et nous avons reçu la déclaration desdits citoyens Lasne et Gomin qualifiés des autres parts, au registre des décès déposé ès mains dudit commissaire de police.

 

Nous avons de suite fait déposer dans une bierre le corps dudit enfant de Capet, et accompagné des citoyens Jacques Garnier, chef de brigade de la section de Montreuil, demeurant grande rue du faux bourg Antoine, n* 109, Pierre Vallon, capitaine de la même section, demeurant porte Antoine, n° 4, et Lasne, commissaire de garde au Temple, nous avons conduit ce corps au cimetière Sainte-Marguerite, rue Bernard, faux bourg Antoine, lieu ordinaire des inhumations de notre arrondissement, où il a été déposé dans une fosse qui a été recouverte en notre présence : le calme et la tranquillité ont régné sur notre marche.


 

 

De tout ce que dessus, nous avons fait et dressé le présent procès-verbal, heure de dix du soir, lesdits jour, mois et an que dessus, et avons signé:

Lasse. Vallon. Garnier , chef de brigade.
  Goddet, commissaire. Arnoult, commissaire.

Dusser, commissaire de police.  Gomin. GuÉrin, commissaire civil de la sectionde l’Homme armé, de service au Temple. 

 

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (43)[ MAJ 16 h 40 ]

Les réguliers de Paris devant le serment constitutionnel

Bernard Plongeron

Librairie Philosophique, 1964 – 488 pages

Page 477

Page 477

Il semblerait qu’il y ait dans ce livre, quelques informations complémentaires sur François-Sylvain RENARD, vicaire constitutionnel de la Madeleine qui a donc attesté l’inhumation de Louis XVI [ cela est définitivement établi ] et qui aurait aussi joué un rôle lors de l’inhumation de Louis XVII [ objet de notre recherche, en l’absence de toute source documentaire contemporaine … ]

A noter que selon ce livre du même auteur, il y avait environ 30 prêtres dans la paroisse Sainte-Marguerite en 1789 …

Le diocèse de Paris

Des origines à la Révolution
Bernard PlongeronLuce Pietri Couverture

Et voici une raison supplémentaire de nous intéresser de très près à la question de la présence de Renard, lors de l’inhumation de Louis XVII :

Si vous rapprochez le texte du témoignage du 22 mai 1814 publié dans

Les actes du martyre de Louis XVI, roi de France et de Navarre:

recueillis et mis en ordre d’après les témoins oculaires

et le texte du

Procès-verbal de l’inhumation de Louis Capet, le 21 janvier 1793

force est de constater les différences qui existent au sujet de la présence de PICAVEZ, curé de la Madeleine, ( ce qui est quand même curieux, compte tenu des précisions qu’ajoute Renard en 1814 … ) et des personnes présentes sur le PV d’inhumation, ce qui par contre pourrait s’expliquer par un défaut compréhensible de la mémoire …

Mais où donc Querard a-t-il pu trouver ( en 1849-1850 ) la mention de la présence de Renard, lors de l’inhumation de Louis XVII  ?…

LIRE C’EST RELIRE !  

Parce qu’on n’est jamais assez précis dans cette affaire Louis XVII, et pour mémoire :

En mai 1814, Renard semble prétendre que – contrairement à ce qu’indique le PV du 21/01/1793 – le curé constitutionnel Picavez aurait refusé d’assurer l’inhumation de Louis XVI par piété royaliste, alors que nul n’avait aimé Louis XVI plus que lui !    

Peut-être serait-il intéressant de découvrir ce qu’est devenu Picavez après le 21/01/1793 ?  

Cette affirmation est en contradiction flagrante avec ce qu’a écrit Querard en 1850, que nous reprendrons intégralement ici à partir de  sa note de bas de page et du texte qui l’introduit !

 »  II / Du Dauphin et des Pseudo Dauphins

Le dauphin est il mort au Temple ou bien est il parvenu à s en évader  ? C est là une question qui ne sera probablement jamais tranchée et qui pourra servir de pendant au mystère impénétrable du Masque de fer. En effet d un côté on trouve un acte de décès un procès verbal d autopsie signé par MM les docteurs Pelletan et Du mangin en outre le geôlier du Temple Lasne a déclaré devant la justice le 30 octobre 1834 qu il avait conduit au cimetière et vu de ses yeux mettre en terre le cadavre du dauphin ( note bas de page ) M le docteur Pelletan a fait plus il a conservé le cœur du fils de Louis XVI l a mis dans l esprit de vin et après la restauration il en a fait hommage à madame la duchesse d Angoulême La mort du duc de Normandie serait donc indubitable …/…  »

En note de bas de page, on lit :

 » Un fait jusqu à ce jour inconnu c est que le prêtre chargé de l inhumation était un génovéfain du nom de Renard qui ne tarda pas à quitter les ordres et à se marier Renard établit une maison de librairie dans la rue Caumar tin et parvint par son esprit et ses manières à se former la plus belle clientèle que jamais libraire de Paris ait possédée Non seulement il fournissait tous les membres de la famille impériale mais encore les ministres de Napoléon et les seigneurs de la Cour La première restauration lui fit perdre cette belle clientèle mais ce qui le désespéra davantage et qui lui fit perdre presque la raison ce fut la crainte qu on ne découvrit que c était lui qui avait inhumé le Dauphin il redoutait les persécutions des Bourbons Si Renard avait cru n avoir mis mettre en terre qu un simulacre de dauphin il n eût pas été aussi tourmenté Sa veuve vit encore . «  

A priori, en lisant et relisant ce texte, il semblerait qu’on puisse en conclure :

1 / Querard aurait ignoré le PV d’inhumation de Louis XVII et la déclaration de mai 1814 de Renard !    

2 / Est-ce que la source d’information de Querad aurait été la Vve de Renard, qui en 1849-1850 aurait alors confondu inhumation de Louis XVI et inhumation de Louis XVII ?  

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (42)

Notre archiviste dub Roi Louis XVII a écrit dans 4 commentaires » :

 » Vous avez en page 107 du livre de Mr De Roche le fac similé de l’arrêté du CSG du 22 prairial an II concernant la sépulture de l’enfant mort au Temple,
et en page 108 la 1ère page en fac similé du PV d’inhumation de ce même enfant, ainsi qu’en page 110 le texte complet de ce PV

Les originaux de ces 2 documents sont aux archives de la préfecture de Police de Paris et d’après ma souvenance sont exposés à son musée.

Le PV d’inhumation indique que Jacques GARNIER chef de brigade de la section de Montreuil demeurant grande rue du faubourg Antoine 109, Pierre VALLON capitaine de la même section demeurant porte Antoine N°4 et LASNE commissaire de garde au Temple ont assisté à cette inhumation.

Le PV comporte en plus les signatures de GODDET commissaire, ARNOULT commissaire, DUSSER commissaire de police, GUERIN commissaire civil de la section de l’homme armé de service au Temple et GOMIN.

Il a été aussi publié par Beauchesne TII p340 à 341 éd de 1882. Il se trouve en copie au château de la Grave propriété de la famille DECAZE et publié par Ernest Daudet.


Mr De Roche indique que les journaux dont le Moniteur officiel donnent le 24 prairial au lieu du 22 prairial comme date d’inhumation.


Dans ce PV nous ne voyons pas le nom de RENARD mais il est vrai qu’on ne voit pas aussi les noms des porteurs du cerceuil et du fossoyeur qui n’étaient pas obligés de signer étant donné que le nombre de témoins requis par la loi était suffisant.

Christian CREPIN «  

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Et voici ce que nous lisons  dans  » Louis XVII, sa vie, son agonie, sa mort: captivité de la famille …, Volume 2″  Par Alcide Beauchesne,Félix Dupanloup ( p 349 )

 » C’est le 22 prairial 10 juin que l inhumation eut lieu et non le 8 juin comme le disait tout à l heure la lettre du ministre de la police ou le 24 prairial comme l affirme ici le préfet de police. A des récits contradictoires se mêlent même dans des pièces officielles des erreurs de date. Ajoutons que le nom du sieur Gille commissaire de police qui figure en la présente pièce ne se trouve ni dans la déclaration du décès de Louis XVII, ni dans l’acte mortuaire ni dans l acte d’ inhumation. Ce n’ est pas sans peine qu’on arrive à la vérité.  »   

Et aujourd’hui à toutes ces contradictions relevées par de Beauchesne  dans son édition de 1868 s’en ajoute une autre qui n’est pas sans importance, non seulement du fait de son contenu, mais aussi du fait de l’autorité de son auteur que nul ne saurait prendre le risque de contester d’un clic de souris et sans avoir une preuve irréfragable contraire ! 

Or en regardant de près le fac-similé du PV d’inhumation conservé dans les archives de la Préfecture de Police à Paris ( p 108 du  » Louis XVII  » de XdR ) et en consultant le texte qui suit ( p 110 ) , dont on peut lire une copie sur ce site que nous avons découvert hier , la construction  de cette pièce nous semble particulièrement étrange et nous rappelle bien des interrogations passées, lorsque nous avions eu à étudier, par exemple, les PV des 6 et 7 octobre 1793 ou d’autres tout aussi précieux pour fonder notre intime conviction !

Mais avant d’ouvrir ce dossier du PV d’inhumation de Louis XVII pour essayer de comprendre, nous tenons à préciser que notre recherche porte sur Renard et non sur une quelconque piste naundorfiste, d’une susbstitution qui aurait été réalisée entre la constatation de la mort de  » Louis XVII  »  au Temple et son inhumation au cimetière sainte-Marguerite le 22 prairial an III ou 10 juin 1795 … 

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (41)

Dix-sept mille mercis à Sylvia qui vient de nous offrir une véritable pépite ( 7 commentaires » ) grâce à la  transcription de cette pièce d’archive, extraite de 

Les actes du martyre de Louis XVI, roi de France et de Navarre:

recueillis et mis en ordre d’après les témoins oculaires 

F. Jamonet, 1837 – 424 pages 

En effet c’est en contradiction ( apparente ) radicale et absolue avec l’interprétation que fait Quérard ( ou son éditeur ) du fait que Renard aurait aussi été présent lors de l’inhumation de Louis XVII au cimetière de Sainte-Marguerite !

Ou alors la seule explication qui vient à l’esprit ( « à brûle-mel » ) est la suivante ( HYPOTHESE PURE ET SIMPLE qui si elle était confirmée bouleverserait toute l’approche de l’énigme du cimetière sainte-Marguerite et par là même de l’énigme Louis XVII …)

Renard aurait été effectivement présent lors de l’inhumation de Louis XVII, car il nous semble hallucinant que Querard ait pu commettre une aussi grave erreur historique en inventant un tel évènement ET  ON A SUPPRIME LE PV d’audition de Renard en 1815-1817 au sujet de l’inhumation de Louis XVII, lors de l’enquête officielle !

Il est en effet invraisemblable que Renard n’ait pas été invité à apporter son témoignage au sujet de l’inhumation de « Louis XVII » , comme il l’a fait pour Louis XVI !  

Et ceux qui ont supprimé la pièce d’archive ont raconté à Querard l’histoire selon laquelle il avait perdu la raison avant de perdre la vie …

Si cette hypothèse est fausse, il faut que nous comprenions pourquoi et comment Querard a pu commettre une aussi grave erreur en TOUTE BONNE FOI !

Et s’il n’y a pas erreur en toute bonne foi, nous vous laissons imaginer les conséquences que nous pourrions en tirer, compte tenu de la prise de position anti-survivantiste prise par Querard …

[ n’est-ce pas, très cher François-Marie, si vous avez le loisir de nous lire de temps à autre ! … Et à bien y réfléchir, SI Querard a dit la VERITE, nous pourrions répondre aujourd’hui au défi que vous nous avez lancé un jour et vous devriez, très cher François-Marie, à commencer à réserver la salle de la brasserie du Louis XVII …  )   

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INHUMATION DE LEURS MAJESTÉS TRES CHRETIENNES LOUIS XVI ET MARIE ANTOINETTE FAITE PAR ORDRE DE SA MAJESTE LOUIS XVIII LE 21 JANVIER 1815 CHANCELLERIE DE FRANCE

Information faite en exécution des ordres du Roi par M le Chancelier

Le 22 mai 1814 par devant moi Charles Henri Dambray chancelier de France chargé par Sa Majesté personnellement de constater les circonstances qui ont précédé accompagné et suivi l inhumation de Sa Majesté Louis XVI et de la Reine ont comparu les témoins ci après dénommés que j ai mandés chez moi sur l indication qui m avait été donnée de leurs noms par Sa Majesté

1 Le sieur François Sylvain Renard ancien vicaire de la Magdeleine domicilié rue de Caumartin N 12 lequel après serment de dire la vérité a déposé ainsi qu il suit :

Le 20 janvier 1793 le pouvoir exécutif manda M Picavez curé de la paroisse de la Magdeleine pour le charger de l exécution de ses ordres relativement aux obsèques de Sa Majesté Louis XVI M Picavez ne se sentant pas le courage nécessaire pour remplir une fonction aussi pénible et aussi douloureuse prétexta une maladie et m engagea comme son premier vicaire à le remplacer et à veiller sous ma responsabilité à la stricte exécution des ordres intimés par le pouvoir exécutif Ma réponse fut d abord un refus positif fondé sur ce que personne n avait peut être aimé Louis XVI plus que moi mais sur l observation juste que M Picavez me fit que ce double refus pourrait avoir des suites fâcheuses et incalculables pour nous deux j acceptai.

En conséquence le lendemain 21 après m’ être assuré que les ordres prescrits par le pouvoir exécutif et relatifs à la quantité de chaux ordonnée et à la profondeur de la fosse qui autant que je puis me le rappeler devait être de dix à douze pieds avaient été ponctuellement exécutés j attendis à la porte de l église accompagné de la croix et de feu M l abbé Damoroau que l on nous remit le corps de Sa Majesté.

Sur la demande que j en fis les membres du département et de la commune me répondirent que les ordres qu ils avaient reçus leur prescrivaient de ne pas perdre de vue un seul instant le corps de Sa Majesté. Nous fûmes donc obligés M Damoreau et moi de les accompagner jusqu au cimetière situé rue d Anjou Arrivé au cimetière je fis faire le plus grand silence l on nous présenta le corps de Sa Majesté elle était vêtue d un gilet de piqué blanc d une culotte de soie grise et les bas pareils Nous psalmodiâmes les vêpres et récitâmes toutes les prières usitées pour le service des morts et je dois dire la vérité cette même populace qui naguère faisait retentir l air de ses vociférations entendit les prières faites pour le repos de l ame de Sa Majesté avec le silence le plus religieux.

Avant de descendre dans la fosse le corps de Sa Majesté mis à découvert dans la bierre il fut jeté au fond de ladite fosse distante à dix pieds environ du mur d après les ordres du pouvoir exécutif un lit de chaux vive Le corps fut ensuite couvert d un lit de chaux vive d un lit de terre et le tout fortement battu et à plusieurs reprises.

Nous nous retirâmes ensuite en silence après cette trop pénible cérémonie et il fut autant que je puis me le rappeler dressé par M le juge de paix un procès verbal qui fut signé de deux membres du département et de deux de la commune Je dressai aussi un acte mortuaire en rentrant à l église mais sur un simple registre lequel fut enlevé par les membres du comité révolutionnaire lors de la clôture de cette église.

Ce qui est tout ce que le témoin a dit savoir et a signé après lecture faite

Signé Renard

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (40)[ MAJ 17 h 20 ]

==== MAJ 17 h 20 ==== 

En résumé, suite aux nouvelles informations postées dans les commentaires, qui corrigent ou complètent toutes les sources documentaires que nous avons citées,  il est désormais établi, sauf preuve contraire nouvelle, et en l’état de nos connaissances que :

* Jacques-Claude Bernard ( en 1793 prêtre  jureur ; présent à Sainte-Marguerite depuis 1791 ) a assisté à l’exécution de Louis XVI à l’échafaud, à titre de commissaire de la Municipalité de Paris, qui l’avait mandaté à cet effet !  Jacques-Claude  Bernard a abdiqué ses fonctions de prêtre conventionnel de Sainte-Marguerite le 6 frimaire an II et a été guillotiné le 10 thermidor an II !

 

Cote

AE/II/1342

Procès-verbal manuscrit de deux membres du directoire du département de la Seine relatant comment ils ont assisté à l’exécution de Louis XVI, conformément au décret de la Convention.
Fait à Paris, le 21 janvier 1793.
Signé par Bernard, Roux, Momoro, Lefebvre, Sallais et Ysabeau.

    

Louis XVI (1754-1793) (roi de France) ; Ysabeau, Claude-Alexandre (1754-1831) (député) ; Roux, Jacques (1752-1794) (officier municipal) ; Bernard, Jacques-Claude (officier municipal) ; Lefèvre, Jean-Antoine (membre du directoire du département de la Seine) ; Momoro, Antoine-François (1756-1794) (membre du directoire du département de la Seine) ; Santerre, Antoine-Joseph (1752-1809) (commandant général de la Garde nationale) ; Conseil exécutif provisoire

Source

François Sylvain RENARD,  prêtre génovéfain jureur, qui a accompagné le corps de Louis XVI de l’échafaud à la fosse, est absent du répertoire connu de Sainte-Marguerite, et aurait  aussi été présent lors de l’inhumation de Louis XVII au cimetière de Sainte-Marguerite le 10 juin 1795 ( 22 prairial an III ).
… François Sylvain Renard a quitté les ordres, s’est marié et s’est installé comme libraire, Rue Caumartin, où sa présence est constatée dès 1797.

Et par téléphone ( sauf erreur ou malentendu ), notre archiviste du Roi Louis XVII vient de nous apprendre que François-Sylvain Renard est décédé le 23/08/1818 dans le 1er arrondissement à Paris.
Sa femme, 
née PIERREDHOURY (Euphrasie), libraire, lui a survécu et était encore vivante en 1850, lors de la publication du Querard Vol 3 !  

Notre recherche consiste désormais à trouver le plus d’informations possibles sur la vie de François-Sylvain Renard, afin d’identifier de manière précise le lien qui a pu exister entre lui et l’affaire Louis XVII !… Et si cela est avéré, il conviendra de comprendre et d’établir pourquoi Renard n’a pas été interrogé en 1816, lors de l’enquête officielle de police, tout comme cela a été le cas pour le  Dr Philippe Jean Pelletan …  

=== =MAJ 13 h 50 ==== 

En attribuant un rôle à Renard dans l’inhumation de Louis XVII, Quérard ( ou son éditeur ) nous confronte à l’alternative suivante :

*** ou bien l’information est VRAIE  ! Dans ce cas, pourquoi Renard n’apparaît-il, ni dans le répertoire du clergé constitutionnel de Sainte-Marguerite que notre archiviste du Roi Louis XVII a consulté à la BNF, ni dans aucune autre source documentaire connue à ce jour, après exploration tous azimuts sur Internet par Philippe  ? … 

*** ou bien l’information est FAUSSE ! Querard aurait donc commis une erreur colossale ! Mais comment est-ce possible, alors que sa note de bas de page , parfaitement circonstanciée, met en exergue son caractère absolument inédit ?   ….

==== MAJ 13 h 30 ====

Il n’y a presque plus d’énigme !

Grâce à une observation très technique faite à l’instant par Philippe, au sujet de la glanure que nous avons publiée hier soir, nous venons de découvrir que Renard n’a pas conduit Louis XVI à l’échafaud mais qu’il a été chargé de conduire son corps à la fosse commune !

Procès-verbal de l’inhumation de Louis Capet, le 21 janvier 1793

ARCHIVES NATIONALES.

Inhumation.

Procès-verbal.

Le vingt-un janvier mil sept cent quatre-vingt-treize, l’an deux de la République française, Nous, soussignés, administrateurs du département de Paris, chargés de pouvoirs par le conseil général du département, en vertu des arrêtés du conseil exécutif provisoire de la République française,

De là, accompagnés des citoyens Renard et Damoureau, tous deux vicaires de la paroisse de Sainte-Madelaine, chargés par le citoyen curé de procéder à l’inhumation de Louis Capet, nous nous sommes rendus au lieu du cimetière de ladite paroisse, situé rue d’Anjou-Saint-Honoré, où étant, nous avons reconnu l’exécution des ordres par nous signifiés la veille au citoyen curé, en vertu de la commission que nous avions reçue du conseil général du département. Nous sommes transportés à neuf heures du matin en la demeure du citoyen Picavez, curé de Sainte-Madelaine, lequel ayant trouvé chez lui, nous lui avons demandé s’il avait pourvu à l’exécution des mesures qui lui avaient été recommandées la veille par le conseil exécutif et par le département pour l’inhumation de Louis Capet. Il nous a répondu qu’il avait exécuté de point en point ce qui lui avait été ordonné par le conseil exécutif et par le département, et que le tout était à l’instant préparé.

Peu après a été déposé, dans ledit cimetière, en notre présence, par un détachement de gendarmerie à pied, le cadavre de Louis Capet, que nous avons reconnu entier, dans tous ses membres, la tête étant séparée du tronc. Nous avons remarqué que les cheveux du derrière de la tête étaient coupés, et que le cadavre était sans cravatte, sans habit et sans souliers. Du reste il était vêtu d’une chemise, d’une veste piquée en forme de gilet, d’une culotte de drap gris et d’une paire de bas de soie gris. Ainsi vêtu, il a été déposé dans une bière, laquelle a été descendue dans la fosse qui a été recouverte à l’instant.

Le tout a été disposé et exécuté d’une manière conforme aux ordres donnés par le conseil exécutif provisoire de la République française.

Et avons signé avec les citoyens Picavez, Renard et Damoureau, curé et vicaires de Sainte-Madelaine.

PICAVEZ, RENARD, DAMOUREAU, LEBLANC et DUBOIS.

…/…

======   

Et voici une nouvelle énigme dans l’énigme !

Querard, dont nous ne saurions mettre en cause l’autorité, quant à la pertinence de ses sources [ à moins que ce soit une note en bas de page 30 erronée, ajoutée  par L’Editeur, 62  rue de Seine, à l’insu de Querard ??? …] l nous a donc appris :

 » Un fait jusqu à ce jour inconnu c est que le prêtre chargé de l inhumation [ de Louis XVII ]  était un génovéfain du nom de Renard qui ne tarda pas à quitter les ordres et à se marier …/…  »

Or par courrier privés, notre archiviste du Roi Louis XVII et Philippe nous ont informé qu’ils n’avaient pu retrouver la moindre trace de Renard, dans les ouvrages qu’ils ont pu consulter, dont celui-ci dont les pages sont inaccessibles sur google books :

” Le clergé paroissial de Paris de 1789 à janvier 1791: répertoire bibliographique”  ( p 157 et suivantes )

Comme nous ne savions pas ce qu’était un prêtre génovéfain, [ détail qui, en passant,  permet de prendre la mesure de l’effondrement spirituel catholique de la France depuis la Révolution ..] , nous avons donc consulté google books et sur le livre ci-dessous, qui appartient à la Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, il n’apparaît aucun prêtre du nom de Renard pour la paroisse sainte-Marguerite !   Une recherche avec le critère  » La Madeleine  » ( si on prend en considération l’inhumation de Louis XVI ) fait apparaître un trop grand nombre de résultats pour autoriser une démarche plus détaillée … 

A tout hasard, voici l’ouvrage qui concerne les chanoines, état qui n’aurait donc pas été celui de Renard, qui était donc simple prêtre si on en croit les sources que nous avons pu consulter jusqu’à maintenant ; dernière précision : c’est par simple intuition et compte tenu de l’expérience acquise dans cette affaire Louis XVII que nous cherchons à savoir d’où vient cette erreur, sous laquelle pourrait se cacher … une  » anguille – murène  » d’une espèce bien spécifique …  

Prosopographie génovéfaine:

répertoire biographique des chanoines réguliers de Saint Augustin de la Congrégation de France, 1624-1789

Couverture

 


Nicolas Petit

Librairie Droz, 2008 – 596 pages

 

 

Répertoire biographique alphabétique de 5.352 génovéfains, du nom de l’abbaye chef d’ordre, Sainte-Geneviève de Paris. Chaque notice présente les éléments essentiels de la vie d’un chanoine (naissance, profession, décès, activité lors de son décès) et les grands traits de sa carrière. Avec un tableau chronologique des professions génovéfaines, un index des lieux et un index des noms.

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (39) [ MAJ 22 h 50 ]

Dans un de ses derniers commentaires, Philippe vient de nous offrir cette pépite extraite de ce qui est pour nous la bible bibliographique de l’Affaire Louis XVII pour la 1 ère moitie du XIX ème siècle : 

Les supercheries littéraires dévoilées: Galerie des auteurs …, Volume 3

 Par Joseph Marie Quérard 1850, page 30 note de bas de page :

 »  Un fait jusqu’ à ce jour inconnu c est que le prêtre chargé de l inhumation [ de Louis XVII ]  était un génovéfain du nom de Renard qui ne tarda pas à quitter les ordres et à se marier. Renard établit une maison de librairie dans la rue Caumartin et parvint par son esprit et ses manières à se former la plus belle clientèle que jamais libraire de Paris ait possédée Non seulement il fournissait tous les membres de la famille impériale mais encore les ministres de Napoléon et les seigneurs de la Cour La première restauration lui fit perdre cette belle clientèle mais ce qui le désespéra davantage et qui lui fit perdre presque la raison ce fut la crainte qu on ne découvrit que c était lui qui avait inhumé le Dauphin, il redoutait les persécutions des Bourbons Si Renard avait cru n avoir mis mettre en terre qu un simulacre de dauphin il n eût pas été aussi tourmenté Sa veuve vit encore  » 

=====

S’il est vrai qu’on peut faire l’interprétation proposée par Quérard, il est tout aussi évident qu’on peut en faire d’autres si on sort de  » la boîte logique   » de la version officielle de l’histoire ! 

En effet Renard pouvait tout simplement avoir honte de son apostasie, et on peut concevoir que ce soit elle qui lui aurait fait perdre la raison !

Mais on peut aussi faire des hypothèses un peu plus sophistiquées !

En effet, quel que soit le regard qu’on porte sur l’action personnelle de Louis XVIII, il est désormais établi qu’il a pour le moins composé avec la réalité politique qu’il a trouvée lors de la seconde Restauration !

Si, comme on peut le supposer, Renard connaissait le lieu précis où  » Louis XVII  » avait été inhumé, on peut imaginer qu’il aurait pu, repentant et tremblant, aller trouver les commissaires Simon et Petit, lors de leur enquête de mars 1816, en espérant pouvoir se faire pardonner, grâce à la volonté affichée par le Roi de retrouver les restes de son neveu …

Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Pourquoi la police qui avait les moyens de savoir en 1816  quel était le clergé constitutionnel en fonction en juin 1795 n’a-t-il pas interrogé Renard, alors que Quérard a su retrouver sa trace en 1850  ? Voilà une nouvelle piste de recherches et de réflexion qui s’ouvre devant nous !

Et imaginez que notre archiviste du Roi Louis XVII retrouve dans ses archives une trace de ce Renard !   …  

===== MAJ 12 h 25 ==== 

Incroyable ! Et voici que Philippe vient de nous faire découvrir cette information extraite  de 

 

Les actes du martyre de Louis XVI, roi de France et de Navarre

recueillis et mis en ordre d’après les témoins oculaires ( p 303 et suivantes ) 

INHUMATION DE LEURS MAJESTÉS TRES CHRETIENNES LOUIS XVI ET MARIE ANTOINETTE FAITE PAR ORDRE DE SA MAJESTE LOUIS XVIII LE 21 JANVIER 1815 s CHANCELLERIE DE FRANCE

Information faite en exécution des ordres du Roi par M le Chancelier

Le 22 mai 1814 par devant moi Charles Henri Dambray chancelier de France chargé par Sa Majesté personnellement de constater les circonstances qui ont précédé accompagné et suivi l inhumation de Sa Majesté Louis XVI et de la Reine ont  comparu les témoins ci après dénommés que j ai mandés chez moi sur l indication qui m avait été donnée de leurs noms par Sa Majesté

1 Le sieur François Sylvain Renard ancien vicaire de la Magdeleine domicilié rue de Caumartin N 12 lequel après serment de dire la vérité a déposé ainsi qu il suit Le 20 janvier 1793 le pouvoir exécutif manda M Picavez curé de la paroisse de la Magdeleine pour le charger de l exécution de ses ordres relativement aux obsèques de Sa Majesté Louis XVI M Picavez ne se sentant pas le courage nécessaire pour remplir une fonction aussi pénible et aussi douloureuse prétexta une maladie et m engagea comme son premier vicaire à le remplacer et à veiller sous ma responsabilité à la stricte exécution des ordres intimés par le pouvoir exécutif Ma ré ponse fut d abord un refus positif fondé sur ce que personne n avait peut être aimé Louis XVI plus que moi mais sur l observation juste que M Picavez me fit que ce double refus pourrait avoir des suites fâcheuses et incalculables pour nous deux j acceptai En conséquence le lendemain 21 après nl être assuré que les ordres prescrits par le pouvoir exécutif et relatifs à la quantité de chaux ordonnée et à la profondeur de la fosse qui autant que je puis me le rappeler devait être de dix à douze pieds avaient été ponctuellement exécutés j attendis à la porte de l église accompagné de la croix et de feu M l abbé Damoroau que l on nous remit le corps de Sa Majesté Sur la demande que j en fis les membres du département et de la commune me répondirent que les ordres qu ils avaient reçus leur prescrivaient de ne pas perdre de vue un seul instant le corps de Sa Majesté Nous fûmes donc obligés M Damoreau et moi de les accompagner jusqu au cimetière situé rue d Anjou Arrivé au cimetière je fis faire le plus grand silence l on nous présenta le corps de Sa Majesté elle était vêtue d un gilet de piqué blanc d une culotte de soie grise et les bas pareils Nous psalmodiâmes les vêpres et récitâmes toutes les prières usitées pour le service des morts et je dois dire la vérité cette même populace qui naguère faisait retentir l air de ses vociférations entendit les prières faites pour le repos de l ame de Sa Majesté avec le silence le plus religieux Avant de descendre dans la fosse le corps de Sa Majesté mis à découvert dans la bierre il fut jeté au fond de ladite fosse distante à dix pieds environ du mur d après les ordres du pouvoir exécutif un lit de chaux vive Le corps fut ensuite couvert d un lit de chaux vive d un lit de terre et le tout fortement battu et à plusieurs reprises Nous nous retirâmes ensuite en silence après cette trop pénible cérémonie et il fut autant que je puis me le rappeler dressé par M le juge de paix un procès verbal qui fut signé de deux membres du département et de deux de la commune Je dressai aussi un acte mortuaire en rentrant à l église mais sur un simple registre lequel fut enlevé par les membres du comité révolutionnaire lors de la clôture de cette église Ce qui est tout ce que le témoin a dit savoir et a signé après lecture faite Signé Renard  »

=====

Toute la question est de savoir si ce sieur Renard serait le même Renard dont il est question dans le vol 3 de Querard et si en 1795 Renard faisait partie du clergé constitutionnel de Sainte Marguerite.

( note en passant hors sujet pour l’instant ici ; nous avons aperçu en lecture TGV le nom du prêtre Dubois dans le volume précédemment cité de Pisani … ) 

=== MAJ 14 h 45 ===

 Voici le jugement de Paul Sainte-Claire Deville ( extrait de  » A la recherche de Louis XVII  » ) sur le travail de Simien-Despréaux

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==== MAJ 22 h 50 ==== 

 

L’église de Paris pendant la révolution française, 1789-1801 

, Volume 3

 Odon Jean Marie Delarc  Desclée, de Brouwer et cie, 1897 ( p 553 ) 

 

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (38)

Suite à aux échanges publiés dans 8 commentaires » , et sous toutes réserves de confirmation par notre archiviste du Roi Louis XVII, qui jugera peut-être opportun d’aller consulter les documents d’archives aux AN, selon les cotes données dans ce livre, et s’ils sont encore accessibles et n’ont pas été transférés à Pierrefitte-sur-Seine … 

 » Le clergé paroissial de Paris de 1789 à janvier 1791: répertoire bibliographique »  ( p 157 et suivantes )

n°3101 : En 1791, le curé de la paroisse Sainte-Marguerite était de Laugier de Beaurecuil qui, non jureur, a émigré à Rome … 

Parmi les prêtres qui – semble-t-il – auraient été présents en 1795, dans la paroisse de Sainte-Marguerite et auraient donc pu être des témoins directs ou indirects de l’inhumation et de la ré-inhumation de  » Louis XVII  » par Bertrancourt – au sujet de laquelle nous attendons désormais qu’on nous apporte des preuves qui nous obligeraient à douter de sa réalité …- nous relevons les noms suivants, après avoir découvert une information absolument inédite, relative à la mort de Louis XVI, que nous donnerons in fine  !  

n° 3110 : de Buffevent ; 1795 rentre à sainte-Marguerite après une émigration en Suisse ;  est arrêté et déporté à Cayenne en 1798 ; revient en 1801 …

n° 3112 : Chavinier fait partie du clergé constitutionnel de  Sainte-Marguerite à partir d’avril 1791 … 

n°3114 : Folain ou Follain Nicolas ( 1739-1811 ) fait partie du clergé constitutionnel de Sainte-Marguerite en 1791 ; 1804 : vicaire à saint-Ambroise 

n°3117 : Guillemette, Jean Jacques ; avril 1791 second vicaire constitutionnel à Sainte-Marguerite 

n°3118 : Joubert, Antoine-François ; jureur – reste à Sainte-Marguerite

n°3120 : Lemaire, Louis ( 1748-1810 ) ; 1791 élu curé de Sainte-Marguerite … 1793 arrêté, acquitté en août 1793 ; abdique en l’an II, incarcéré en frimaire ; 1795 ; libéré, absous par le Presbytère, rouvre sainte Marguerite ; 1802 se retire

n°3123 : Mahieu, dit l’aîné ;  … ; 1805 : exerce à sainte-Marguerite 

n°3125 : Maillard, Marc -Antoine ; 1793 : abdique ; 1795 : est réintégré dans le clergé constitutionnel ( de Sainte-Marguerite ? ) ; 1796 : exerce à sainte-Marguerite, puis curé constitutionnel de Bagnolet

n°3126 : Malouin, Antoine-François ; 1791 : reste à Sainte-Marguerite

n°3129 : Pellerin, Jean ; 1791 :  jureur, fait partie du clergé constitutionnel de Sainte-Marguerite   

La suite dans les pages 161 et suivantes, inaccesibles sur google books

Le clergé paroissial de Paris de 1789 à janvier 1791: répertoire bibliographique

Société de l’histoire de FranceSégolène de Dainville-Barbiche  Librairie Droz, 1992 – 160 pages

Et voici l’une des sources documentaires citées par l’auteur ci-dessus, dans laquelle nous devrions trouver ce que nous cherchons ( mille mercis à l’Université de Toronto ! ) 

L’église de Paris et la Révolution (1908)


Author: Pisani, Paul
Volume: 2
Subject: French Revolution
Publisher: Paris, Picard

===

Hors sujet ici, nous lisons (  p 158 ) cette information stupéfiante :

n° 3106 :  Bernard (en 1793 prêtre  jureur ; présent à Sainte-Marguerite depuis 1791 ) conduit Louis XVI à l’échafaud avant d’abdiquer le 6 frimaire an II et d’être guillotiné le 10 thermidor an II ! … 

Et en complément à ce hors sujet, il nous semble très utile de citer en passant ces deux sources documentaires que nous aurons très probablement à lire et relire, dès que nous aurons retrouvé le chemin du Temple :  

Liste d’ecclésiastiques conventionnels 

LES MARTYRS XI – lepaternoster

Et Internet, étant devenu l’outil providentiel qui bouleverse l’espace-temps, nous avons le plaisir de vous offrir cette image, qui illustre à merveille une célèbre parole de Mao, pour qui une image vaut mille mots … et où on découvre en outre ( en l’honneur de la crèche voisine  ? ) un jardin ( d’enfants ? ) nommé Jardin Louis XVII, et l’appellation de « chapelle Saint-Joseph – Sainte-Marguerite  » , .. substituée à celle de  » chapelle de la Communion  »  !… 

Nous supposons enfin que les références à plusieurs numéros de page renvoient à un document qui doit être proposé sur place et qui n’est pas accessible sur Internet … 

 http://paroissesaintemarguerite-paris11.catholique.fr/sainte-marguerite-dans-son-histoire/# 

Et pour vous promener dans le quartier, comme si vous y habitiez  …

 http://www.pariswebtvquartier.fr/fr/tv-bercy/mon-quartier/monuments-161/eglise-sainte-marguerite-2829/

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (37)

Voici la copie du message que notre archiviste du Roi Louis XVII vient de poster dans les commentaires de ce message 

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CREPIN indique :

Les documents suivants ont été recueillis par Simien Despréaux qui les a donnés au garde des sceaux Ministre de la Justice. Ils se trouvent actuellement aux Archives Nationales dans le fonds de la Chancellerie

*****

Nous soussignés certifions que d’après tous les renseignements que nous avons pris sur l’endroit précis où est le corps de Louis 17, il doit se trouver en partie sous la pierre ou pilastre de droite en entrant dans le cimetière par la chapelle de la communion et en partie dans le cimetière de façon que sa tête repose dans l’église et le corps dans le cimetière.

Certifions de plus qu’ayant été déposé pour le moment dans la fosse commune il en a été tiré dans la nuit même par le nommé Bertrancourt fossoyeur et inhumé seul dans l’endroit ci dessus mentionné.

La veuve Bertrancourt une des signataires du présent certificat est si persuadée de la vérité de ce qu’elle avance qu’au mois de janvier 1815, elle a fait sur cet objet une déclaration formelle au roi, que n’entendant point parler du résultat de cette première déclaration, elle l’a renouvelée au mois de février de la même année. Elle a même eu l’honneur de parler à sa majesté et de lui dire que c’était concernant Mgr le Dauphin ce qui a paru surprendre sa majesté. Mais dans cette déclaration elle ne s’est point trompée et le nom de Louis 17 y est expressément employé.

Certifions de plus qu’on doit trouver au dessus de la tête une marque faite sur la pierre . Elle consiste dans une croix et que d’après la célérité avec laquelle le dit Bertrancourt a fait la fosse, le corps doit être tout au plus à trois pieds de profondeur.
En foi de quoi nous avons apposé notre signature .
A Paris le 30 mars 1817
Approuvé Chartrain bedaut (sic)
Veuve Bertrancourt
Rue St Nicolas N° 16 Faubourg St Antoine

*****

Je soussigné d’après les connaissances qui en ont été données par le défunt Bertrancourt fossoyeur déclare que le corps de louis dix sept ayant été exhumé par lui dans la nuit même de son enterrement a été transporté dans une fosse particulière qui donne en partie dans l’église et en partie dans le cimetière et pratiquée à droite en entrant dans le cimetière par la chapelle de la communion et par conséquent sous le pilastre droit que des marques ont été faites en forme de croix de Jésus et empreintes sur la pierre au dessus du corps.
En foi de quoi j’ai apposé ma signature
A Paris le 7 avril 1817
Approuvé l’écriture ci dessus
Decouflet sacristain laïque paroisse St Antoine aux quinze vingt demeurant Rue Lenoir N° 7 maison de Mr Carton au 4ème N°14

*****

Je soussigné vicaire de Ste Marguerite, certifie à son excellence Monseigneur le ministre de la justice avoir entendu dire très souvent à feu M. Dubois curé de cette paroisse qu’il avait la conviction que le corps de Louis dix sept reposait dans la fosse à part indiquée par le Sr Valentin Bertrancourt fossoyeur qui jouissait de probité et de véracité bien méritée : je certifie de plus avoir parfaitement connu ledit fossoyeur qui m’a toujours inspiré la même confiance ; c’est ce qui fait que je partage à ce sujet la conviction de M. Dubois qui est mort avec le regret de n’avoir pu être témoin de l’exhumation du jeune roi.
Paris le 10 août 1817
Raynaud vicaire de Ste Marguerite
Rue St Bernard N°18 Faubourg St Antoine

********

Les documents suivants  se trouvent aux Archives de la Préfecture de Police de Paris :

L’an mil huit cent seize le treize Mars devant nous Commissaires de Police ( Simon et Petit) des quartiers de l’hôtel de ville et du Temple a comparu la dame Gabrielle Lalande veuve Pierre Bertrancourt brodeuse demeurant rue St Nicolas N°16 faubourg St Antoine, laquelle interpellée de nous dire ce qu’elle sait au sujet de l’endroit où ont pu être déposées les dépouilles mortelles de Sa Majesté Louis dix sept, nous a déclaré :

avoir épousé il y a environ quinze ans feu Pierre Betrancourt jardinier et fossoyeur de la paroisse Ste Marguerite, que son mari lui a parlé fréquemment de l’inhumation du jeune monarque et lui avoir raconté que le corps ayant été mis dans la fosse commune, il n’avait pu se résoudre à le laisser confondre ainsi dans la foule des morts, que dans la même nuit vers trois heures du matin il s’était rendu au cimetière, avait fait une fosse séparée près la porte de la Communion le long du mur de l’église et perpendiculairement audit mur, que la fosse s’étendait tant à l’extérieur que sous le mur et dans l’épaisseur de manière à pouvoir y tenir la moitié de la bière, qu’étant mort il y a sept ans et ne pouvant croire que la France aurait jamais le bonheur de renaître sous la famille de ses anciens rois il n’avait pas mis toute l’importance possible à conserver la trace de la fosse qui renferme des restes aussi précieux, qu’il ne lui a jamais montré l’endroit, se contentant de lui indiquer mais qu’il l’a fait voir à un de ses amis nommé Descouflet fabricant de bas et bedeau aux quinze vingt qui l’a dit à elle déclarante il y a environ un an, sans lui montrer l’endroit, mais qu’elle sait que c’est à côté de la tombe de feu le Sieur Colin maître de pension, qu’elle a détaillé tous ces renseignements à Mr le curé de la paroisse Ste Marguerite qui a du en parler au Roi, qu’elle même en a entretenue sa Majesté avant les événements de mars mil huit cent quinze et qu’elle n’en a plus rien dit à personne depuis laquelle déclaration ladite veuve Bertrancourt après lecture faite a affirmé sincère et véritable et l’a signée avec nous .

Bertrancourt
Simon Petit

*****

Par suite de la déclaration ci-dessus et ledit jour treize mars, nous commissaires de police susdits nous sommes transportés à l’église des quinze vingt et ayant demandé le bedeau, celui-ci s’est présenté et nous a dit se nommer Claude Pierre Decouflet âgé de cinquante huit ans ouvrier en bas et bedeau de la paroisse des quinze vingt depuis sept ans, demeurant rue Lenoir N°7, invité à nous faire connaître ce qu’il peut avoir appris sur le lieu où a été déposée la dépouille mortelle de feu S.M. Louis dix sept , nous a déclaré

avoir été lié depuis environ trente ans avec feu Pierre Bertrancourt fossoyeur de la paroisse Ste Marguerite , mort il y a environ sept ans, que s’étant absenté de Paris en mil sept cent quatre vingt douze et y étant revenu en mil sept cent quatre vingt seize il revu son ami Bertrancourt, que se trouvant avec lui dans le cimetière de Ste Marguerite pendant qu’il creusait la fosse de feu le Sieur Colin maître de pension à Picpus dans le mois de mars mil huit cent deux, son ami creusa à environ un pied et demi à deux pieds de profondeur le long du mur de l’église sous le pilier de la porte de la chapelle de la communion à gauche en entrant par le cimetière et lui fit voir sur une des pierres du mur de fondation d’environ un pied et demi quarré de surface une croix d’à peu près deux pouces de longueur sur autant de large et lui dit qu’au dessous se trouvait le corps de feu Louis dix sept qui avait été apporté du temple dans la grande fosse commune , ouverte alors dans ledit cimetière, qu’il l’avait retiré lui seul la même nuit ou la nuit suivante autant que lui déclarant peu se rappeler, qu’il avait creusé ladite fosse particulière au lieu qu’il nous indique , moitié dans l’épaisseur du mur et l’autre moitié dans le cimetière , que ladite fosse pouvait avoir de cinq à six pieds de profondeur ; que son ami peu s’être d’autant plus porté à cet acte de courage et de dévouement envers ses anciens maîtres que pendant tout le temps de la révolution il lui a vu manifester en secret les sentiments les plus prononcé pour la famille des Bourbons, que s’il lui a fait cette confidence c’est qu’il lui a reconnu la même opinion à lui déclarant qui avait été portier à l’ancienne abbaye de St Antoine, qu’il lui recommanda bien de ne rien dire de la révélation qu’il lui faisait, vu le danger qui en résulterait pour un d’eux, qu’il lui faisait cette confidence parce qu’il connaissait sa discrétion et qu’à cette époque il n’en avait pas encore ouvert la bouche à personne pas même à sa femme , que lui Decouflet n’ en a rien dit jusqu’à la rentrée de la famille royale.

De laquelle déclaration nous commissaires de police susdits avons rédigé le présent procès verbal qu’après lecture vfaite .
Ledit Decouflet a reconnu contenir vérité , y a persisté et va signé avec nous

Decouflet
Simon Petit

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Commentaire de Christian Crépin

:
Il ne faut pas oublier que ces témoignages sont des témoignages indirects car Bertrancourt était mort. La veuve Bertrancourt de 1816 est la seconde femme du fossoyeur et en 1795 Bertrancourt était marié avec sa 1ère femme.Les témoignages indirects sont très souvent déformés et reflètent l’interprétation erronée que le témoin indirect se fait de la chose.

La page 161 du livre de Xavier De Roche nous donne l’explication grâce à la visite que Pelletan a faite en 1816 à l’abbé Dubois

« Auprès de la petite porte par laquelle nous étions entrés (dans la chapelle de la communion) le cercueil avait dû être engagé sous une avancée que formait une des pierres de fondation du pilier ( le pilastre gauche de la même porte) de l’église voisine . 1/3 de ce cercueil était sous cette pierre et le reste couvert de terre à une assez grande profondeur ; on y avait placé une petite croix »

Cette pierre(qui pouvait être énorme et dépasser du pilastre très largement) formait comme une sorte de dalle et a été probablement cassée ou enlevée en 1846 par les ouvriers chargés d’établir les fondations de l’appentis ou hangar qu’ils ont accolé à l’église et c’est en l’enlevant qu’ils ont mis à jour le cercueil que Bertrancourt avait mis dessous.

Cette dalle faisait corps avec le pilier peut être même avec du mortier si bien qu’on avait l’impression qu’une partie du cercueil était sous le pilier. C’est comme si il y avait une dalle au niveau du sol faisant avec le pilier un angle de 90 degrés et faisant corps avec lui

C’est pour cela que sur la photo donnée par notre ami Antonio de la fouille de 1970 on ne peut voir de cavité sous le pilastre. Par contre on voit nettement comme des cassures sur ce mur de fondation du pilastre . La pierre de fondation du pilastre qui avançait a été cassée et elle est maintenant au même niveau que le pilastre .

Christian CREPIN

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Notre commentaire à  » brûle-mel  » :

nous sommes infiniment heureux que ce soit notre ami et archiviste du Roi Louis XVII, qui nous apporte ce double témoignage :

* celui de la transcription des pièces conservées aux archives nationales dont celle du témoignage du bedeau de sainte-Marguerite qui constitue pour nous une véritable découverte, en  » exclusivité mondiale « …

* celui de ses commentaires dont nous ne voyons pas très bien comment on pourrait aujourd’hui les rejeter compte tenu de tout le faisceau d’indices dont nous disposons par ailleurs et qui constitue une présomption majeure de preuve, selon laquelle le caveau de l’ancien cimetière Sainte-Marguerite  contient aujourd’hui encore les restes de l’adolescent ou du jeune adulte ( de 15 à 18 ans environ ) , décédé au Temple le 8 juin 1795, sous l’identité de Louis Charles Capet ; et contrairement à ce qu’affirme la théorie officielle défendue en particulier par la Commission du Vieux Paris, il est donc absolument invraisemblable que le caveau dont nous reproduisons ci-dessous les photographies contienne les restes d’un inconnu, totalement étranger à l’Affaire Louis XVII, qui par un simple fait du hasard se serait retrouvé à l’emplacement précis donné par la tradition historique la plus vraisemblable, ( et admise jusqu’à Me Maurice Garçon, en 1952,  par des auteurs de référence de la tradition anti-survivantiste ) tout en présentant le même stigmate de l’autopsie pratiquée par le Dr Philippe Jean-Pelletan le 9 juin 1795  et alors qu’aucun autre crâne autopsié n’a été découvert par qui que ce soit au cours de toutes les fouilles clandestines ou officielles qui ont été faites depuis 1795 !…

 

 l'enfant du temple

 

Caveau fig 113

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (35) [ MAJ 19 h 25 ]

ANALYSE CRITIQUE DE L’ARGUMENTATION DE Me Maurice Garçon

 » Louis XVII ou la  fausse énigme  »  ( pp 261 – 284 ) 

Ne soyez pas surpris si nous commençons notre exposé par le dernier argument de Me MG, qui à ses yeux aurait dû être le seul argument qui méritait quelque attention et qui aurait dû obliger tout chercheur, historien ou archiviste, professionnel ou amateur à conclure qu’il n’y avait pas d’énigme Louis XVII !  
[ Merci d’excuser les erreurs d’orthographe ou de grammaire, voire les lacunes de texte, dues aux limites des opérations automatiques de transcription du format « pdf » au format « Word  » de l’outil OCR de notre ami et ci-devant webmestree du roi Louis XVII ; nous les corrigerons ultérieurement …]

1 / DU CRÂNE SCIE  … 

A / Me Maurice Garçon a écrit :

 » Mais il reste un dernier argument qui donne la certitude qu’on a fait une lourde erreur en croyant se trouver devant le corps enterre comme étant le Dauphin, 10 juin 1795. C’est précisement la seule observation qui serait susceptible de donner un doute qui apporte la preuve de la méprise.

Il était très troublant qu’on ait trouvé un crâne scié et sur lequel par conséquent avait été pratiquée une autopsie. Après l’exhumation de 1846, à la suite de laquelle on n’avait donne aucune représentation du crâne, on restait hésitant.

La coîncidence de cette opération indiscutablement pratiquée au Temple et dont on retrouvait la trace ne pouvait pas ne pas sembler convaincante. C’est par là pourtant que nous allons pouvoir démontrer que le crâne trouvé au cimetière Sainte-Marguerite n’est pas celui du corps autopsié au Temple.

Le chirurgien Pelletan, qui était un praticien précis et qui, dans son rapport, a décrit très exactement ce qu’il a vu et ce qu’il a fait, a écrit textuellement : 

Après avoir scié le crâne en travers, au niveau des orbites, pour faire l’anatomie du cerveau ... [ A noter qu’il n’existe curieusement aucun guillemet pour encadrer ce texte censé transcrire le témoignage de Pelletan ! ] 

Le niveau des  orbites est une précision rigoureuse. On doit entendre par là que la lame de la scie a passé juste au-dessus de l’arcade sourcillière. Or le crâne découvert et examiné a été ouvert tout à fait autrement. Le trait de scie passe très haut sur le front, presque à la suture de l’os frontal et de l’os pariétal, et la section rejoint la base de l’occipital traversant la bosse orbitaire. Au lieu d’être horizontale, comme la décrit Pelletan, la coupure est en diagonale.   

Ce crâne ne peut donc pas être celui autopsié au Temple.  Il importe dès lors très peu s’il appartient à un individu de douze, quinze, dix-huit ou vingt ans. Les ossements découverts appartiennent à plusieurs individus et le crâne n’est certainement pas celui qu’on cherchait.

[ Suit une argumentation qui tend à prouver qu’]

 » il n’y a rien d’extraordinaire qu’on ait trouvé dans la multitude des ossements qui remplissent le sol du cimetière un crâne ayant servi à quelque expérience anatomique . (…) Non seulement ce ne sont pas les reliques de Louis XVII, mais ce ne sont pas non plus les restes de l’enfant du Temple.
On ne peut rien tirer des fouilles faites au cimetière Sainte-Marguerite pour éclaircir le mystère du Temple ( sic ! )   » 

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B / La réponse de la tradition survivantiste : 

Le témoignage de Pelletan recueilli par Eckard le 17 août 1817 est sur cette page 490  , où vous pourrez lire que Pelletan n’a évoqué aucune « coupure horizontale  » contrairement à ce que prétend Me MG !

Jean-Pascal Romain a écrit dans son  » Louis XVII – Roi de Thermidor «   ( p 108 ) en réponse à l’argumentation du très célèbre avocat de la seconde moitié du XX ème siècle : 

 » a / que les souvenirs du Dr Pelletan – 22 ans après l’évènement – ne paraissent pas  d’une certitude absolue quant aux détails de l’opération … { voir le doc ci-dessus ]  

b / Par ailleurs, de l’avis des spécialistes, d’accord en cela avec les traités, l’incision du crâne de Sainte-Marguerite est du type normal et seul en usage, aussi bien du temps de Pelletan qu’aujourd’hui, de sorte que l’expression assez vague employée par lui ne permet pas les déductions de Me MG. Le crâne de Sainte-Marguerite est d’ailleurs bien scié en travers , comme l’écrit Pelletan ( …etc … )  (et  comme on peut le voir en cliquant ici … ) 

A l’argumentation de Jean-Pascal Romain on peut ajouter celle ( très technique ) de Xavier de Roche dans son « Louis XVII« . 

Compte tenu de tous les autres détails de l’argumentation, qu’il nous reste à examiner, nous fermerons ce dossier en avançant que la CVP ( en 1979 ) et la DHAAP ( en 2008 ) ont entériné la conclusion de Jean-Pascal Romain qui a écrit :

 » L’affirmation de Me Maurice Garçon (…) apparaît sans valeur   »

On n’en trouve en effet aucune trace ! Par contre l’argumentation de Me Maurice Garçon sur la présence d’un crâne scié, dans le cimetière Sainte-Marguerite, qui ne serait en rien extraordinaire,  n’en paraît que plus fausse encore quand on sait que, ni en 1970, ni en 1979, ni en 2004/2005 avec les fouilles réalisées par l’INRAP, on n’en a trouvé aucun autre, qui présente une quelconque incision suite à autopsie !.. 

2 / DE LA GARDE DU CERCUEIL EN BOIS APRES INHUMATION   

A / Me Maurice Garçon prétend qu’au vu des diverses pièces d’archives parvenues jusqu’à nous – et dont il reconnait pour certaines  l’absence de certitude absolue quant à leur fiabilité – il est impossible d’admettre que Bertrancourt ait eu la   liberté nécessaire pour exhumer le corps de Louis XVII de sa bière en bois et le ré-inhumer dans un cercueil de plomb !

A l’appui de sa thèse, Me Maurice Garçon donne la transcription de divers documents qui, s’ils établissent qu’il y a eu effectivement deux factionnaires, l’un près de la fosse, l’autre à la porte du cimetière, ne permettent pas de savoir quelle a été la durée effective de cette garde.

Or en recherchant comment la tradition opposée a répondu à cette objection, nous avons découvert une hypothèse séduisante pour l’esprit d’un des experts du XX ème siècle de la question Louis XVII !

C’est Maurice Etienne qui a écrit dans la Science Historique du printemps 1982, où il communique ses observations sur les résultats des fouilles de 1979, que l’opération réalisée par Bertancourt d’exhumation – ré-inhumation de Louis XVII, a dû se faire en deux temps !    

Et s’il nous est permis – tel un nain se hissant sur les épaules des géants qui nous ont précédé -de modifier l’hypothèse avancée par Maurice Etienne, nous oserons écrire que cette opération a pu peut-être se réaliser selon le processus suivant :

a / identification de la bière de bois dès la 1 ère nuit sans surveillance des factionnaires ( soit la nuit du 11 au 12 juin 1795, en l’état de nos informations ) ; cela expliquerait les témoignages indiquant qu’une marque aurait été faite sur le cercueil ...

b / ré-inhumation de  » Louis XVII »  dans le cercueil de plomb au cours de l’une des nuits suivantes !

Et c’est ici que nous pouvons vous faire part de la découverte absolument inédite pour nous de l’existence d’un troisième témoignage sur le lieu et les modalités d’inhumation de Louis XVII par Bertrancourt ; c’est un témoignage qui a été totalement ignoré par la tradition historique, qui est cité dans le Vol 3  » Autour du Temple  » de Gustave Bord, et évoqué incidemment d’une ligne par Xavier de Roche ! Et comme on comprend que le chercheur amateur qui a établi cette pièce d’archive, en l’occurrence Simien Despréaux, ait été méprisé par les uns et les autres, jusqu’à ce que Paul Sainte-Claire Deville lui rende justice, ce qui obligera Me Maurice Garçon a évoquer son travail de recherches, mais sans pour autant citer ce document qui pourrait peut-être nous apporter des informations nouvelles !

En attendant que notre ami et archiviste du Roi Louis XVII, Christian Crépin, nous en donne la transcription intégrale, voici ce qu’on peut lire p 161 dans le « Louis XVII »  de Xavier de Roche au sujet du compte-rendu des fouilles de 1979, faites par M Pascal-Sol :

 » M Sol rapporte ensuite la déclaration de l’abbé Haumet ( le cercueil avait été retrouvé  » à une profondeur moindre que la profondeur habituelle « , qui était de 5 à 6 pieds environ ) et la déposition de CHARTRAIN, bedeau à Sainte-Marguerite en 1795, entendu en 1817 par Simien-Despréaux ( et considéré par M Sol – et par nous-même – comme témoin oculaire, sinon co-auteur de la translation «  ….

Nous aurions donc la réponse à l’objection de Me Maurice Garçon comme de la CVP, selon laquelle il est impossible que Bertrancourt ait pu manipuler seul un cercueil de plomb, s’il a été aidé en cela par CHARTRAIN, bedeau de l’église Sainte-Marguerite ; il est en effet permis de penser qu’il a été obligatoirement informé du prélèvement opéré par Bertrancourt, sur le stock de cercueils en plomb de Sainte-Marguerite …

C’est donc une piste inédite de recherches qui vient de s’ouvrir sous nos pas, et nous attendons désormais la transcription du certificat établi par Simien Despreaux, dont Gustave Bord nous dit dans son volume 3, rassemblant les pièces justificatives de son livre  » Autour du Temple » ( p 434 ) qu’il se trouve aux A.N., sous la cote BB ( 30 ) 964 – deuxième liasse – 8 ème  … » 

Cher Christian, nous sommes très heureux que ce soit vous qui nous communiquiez le texte intégral de ce document, dont nous ignorons à l’heure actuelle jusqu’où il peut nous conduire …