Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (24) ERRATUM

Dans cet article

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (17) , nous avons écrit en conclusion :

[ Et ici, contrairement aux conclusions des éminentes autorités que sont Françoise Lagarde et M Fleury, nous oserons affirmer que la croix qui nous est montrée sur les photos 61 et 62,  nous semble significative de l’emplacement où Bertrancourt a inhumé Louis XVII en 1795 et d’où l’abbé Haumet a fait extraire un cercueil de plomb en  1846 ! ]   

En fait nous avons commis une confusion en raison de l’extrême difficulté de lire et d’interpréter certains croquis ou plans de fouilles, qui en raison de leur caractère très fragmenté, secteur par secteur, obligent de se reporter d’un repère topographique à un autre.

Grâce aux photos, que nous venons de publier nous sommes arrivé à la conclusion que ce qu’ont écrit Françoise Lagarde et M Fleury, nous nous devons de supprimer ce texte de notre argumentation :

[ Et ici, contrairement aux conclusions des éminentes autorités que sont Françoise Lagarde et M Fleury, nous oserons affirmer que la croix qui nous est montrée sur les photos 61 et 62,  nous semble significative de l’emplacement où Bertrancourt a inhumé Louis XVII en 1795 et d’où l’abbé Haumet a fait extraire un cercueil de plomb en  1846 ! ]   

Et nous acceptons ce texte de Françoise Lagarde et de M Fleury :

Après examen, ces traces sur la pierre ne nous ont pas parues être significatives, pas plus qu’à Michel Fleury en 1979. (voir fig. 60 et 61 ci-contre) 

Mais par contre  la phrase précédente

 « Sur le pilastre 1 à droite de la baie F1 était la croix repérée en 1979 comme la croix de Bertrancourt par les membres de la commission désignée à cet effet. « 

pose une question qu’il serait vain de vouloir traiter maintenant, car elle renvoie à une source documentaire que nous n’avons pas.  

En effet nous nous heurtons ici au problème que nous n’avions pas réussi à discerner correctement dans le rapport de la DHAAP pour les raisons déjà indiquées et qui concerne l’identification précise du lieu d’inhumation de « Louis XVII » par Bertrancourt ; nous avions écrit :

 » Et arrivé à cette étape du rapprochement entre ces ceux textes, nous croyons comprendre – sauf erreur que nous remercions la DHAAP de bien vouloir corriger – que la marque ci-dessus  décrite dans la légende de la fig 52 et située en zone I, entre les contreforts 3 et 4 peut correspond au lieu désigné par LL pour indiquer l’emplacement de la fosse Colin, c-a-d la muraille du transept gauche, à droite de l’église ! …

Aussi convient-il de préciser ceci : 

En l’état de ce que nous pouvons comprendre, il semble établi de manière certaine que la stèle Colin qui était encore visible en 1905, ***  indique le lieu de creusement d’une fosse individuelle, en mars 1802 par Bertrancourt, en présence de Decouflet, est une très forte présomption de preuve en faveur de l’identification du lieu tout proche où Bertrancourt a ré-inhumé ” Louis XVII ” dans la nuit du 10 ou du 11/06/1795 !  » 

Désormais grâce à l’ensemble des éléments et en particulier des photos que nous avons pu rassembler et confronter, tout est désormais limpide pour nous, comme nous venons de l’indiquer dans nos derniers messages, auxquels nous n’avons rien à modifier.

Par contre nous aurons à revenir ultérieurement sur la lecture qu’il convient de faire désormais de certains plans, croquis ou légendes de photos du rapport de la DHAAP 2008, par rapport aux repères topographiques utilisés pour identifier le lieu où Bertrancourt a inhumé  » Louis XVII  »  ! 

Mais en attendant, nous nous autoriserons à poser cette question, sous forme de conclusion provisoire :

n’est-il pas logique qu’au cours des fouilles du XX ème siècle, répertoriées dans le rapport DHAAP 2008, personne n’ait pu retrouver une trace significative de la croix que Bertrancourt a tracée sur le pilastre gauche de la porte d’entrée ( P7 sur le document que nous étudions ) ?

Ce pilastre n’a-t-il pas disparu en 1846, lors de la construction de l’appentis, si on en croit l’une ou l’autre des sources documentaires que nous aurons à disséquer dans le cadre du travail que nous nous proposons de réaliser, en vue de traiter cette énigme du cimetière Sainte-Marguerite de A à Z ? …

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (23)

Et maintenant ? 

1 / Fort de la certitude absolue qui est désormais la nôtre [ jusqu’à maintenant nous avions le 1 % de doute  qui s’impose dans toute démarche intellectuelle à tout esprit qui doit se demander avec humilité s’il ne se trompe pas ]  nous allons donc reprendre ce dossier de A à Z et replonger dans toutes les archives de nos forums disparus ou des sites toujours vivants [ tels celui du CEHQL17  ou de notre ami BRH que nous ne souhaitons pas oublier dans ce travail d’équipe mené sur Internet depuis mars 2004, et où chacun est intervenu avec sa sensibilité et ses convictions propres ! …] Voir en particulier
Les mystères du Cimetière Sainte-Marguerite

2 / En attendant de réaliser ce travail où nous allons disséquer tous les détails des controverses qui ont eu lieu depuis deux siècles, dans ce seul dossier de l’énigme du cimetière Sainte-Marguerite, nous oserons faire quelques hypothèses au regard des analyses ADN de la mèche de cheveux  » Louis XVII – de Reiset  » acquise par le CEHQL17.

Pour simplifier nous envisagerons l’alternative suivante, avec une hypothèse haute ( ou idéale )  qui correspondrait à notre voeu le plus intime de chercheur amateur passionné par la seule recherche de la vérité historique sur le destin de Louis XVII et une hypothèse basse …

2.1 Imaginons qu’il soit possible de constituer un comité composé d’autorités indispensables pour obtenir une crédibilité irréfutable et définitive des résultats des analyses ADN qui pourraient être pratiquées sur TOUS les supports biologiques nécessaires (  » mèche de cheveux Louis XVII – de Reiset  » ,  » coeur de Louis XVII inhumé à Saint-Denis  »  » mèche de cheveux Damont  »  » autres reliques Louis XVII conservées ici ou là  »  et tous témoins biologiques défunts ou vivants, pouvant certifier d’une manière directe ou indirecte l’identité de Louis XVII de chaque élément examiné avec la rigueur scientifique exigée par l’enjeu !

Dans ce cas, quels pourraient être les résultats qui seraient observés ?

2.1.1 La mèche de cheveux de  » Louis XVII – de Reiset  » n’est compatible avec aucun témoin fiable attestant avec certitude l’identité de Louis XVII !
C’est le résultat qui serait observé, selon notre intime conviction ! 

Et ici, nous serions en outre confronté à une sous-alternative :
cette mèche de cheveux serait-elle compatible avec le coeur de Louis XVII inhumé à Saint-Denis ? OUI ou NON ? 

2.1.1.1 Si oui quelles conclusions ?

Si la mèche de  » cheveux Louis XVII – de Reiset « qui ne serait pas celle de Louis XVII était compatible avec le  » coeur de Louis XVII  » inhumé à Saint-Denis, nous aurions la preuve qu’il ne s’agit pas du coeur de Louis XVII !

Or selon la tradition historique de la version officielle admise au XIX ème siecle par Régis Chantelauze et Maurice Pascal, cette mèche de cheveux devrait être compatible avec  » le coeur de Louis XVII  » inhumé à Saint-Denis  !…   

2.1.1.2 Sinon, quelles conclusions ?

Si la mèche de cheveux « Louis XVII – de Reiset » qui ne serait pas celle de Louis XVII n’était pas compatible avec le coeur de Louis XVII inhumé à Saint-Denis, seul le rapprochement avec d’autres matériaux biologiques fiables, permettrait de conclure quoi que ce soit et d’arbitrer entre les diverses hypothèses qu’il serait vain de vouloir formaliser aujourd’hui …

2.1.2 Au contraire de l’hypothèse 2.1.1 la mèche de cheveux de  » Louis XVII – de Reiset  » est compatible avec un ou plusieurs témoins fiables attestant avec certitude l’identité de Louis XVII ! 

La conclusion est évidente : Louis XVII est bien décédé au Temple le 8 juin 1795 !
Il ne nous resterait plus qu’à nous couvrir la tête de cendres, à nous humilier le front contre terre, et à demander pardon à tous ceux qui auraient eu le malheur de nous faire confiance, avant de disparaître dans les abysses ou le néant d’Internet, d’où nous n’aurions jamais dû sortir ! … 

2.2 Si l’hypothèse haute ci-dessus n’est qu’une vue de l’esprit, et s’il n’est possible d’organiser que des analyses partielles de l’un ou l’autre des supports biologiques cités ci-dessus, et cela  dans des conditions susceptibles de faire l’objet de critiques plus ou moins légitimes des uns ou des autres, il est évident que les conclusions qu’on pourra en tirer seront très étroitement dépendantes du processus qui aura été mis en oeuvre … 

3 Qui vivra verra ! …

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (22)

3 / première esquisse d’une chronologie ( version 0 ) des lieux d’inhumation de  » Louis XVII  » 

10 juin 1795 :  » Louis XVII  » est inhumé dans une caisse de bois dans une fosse commune du cimetière Sainte-Marguerite

nuit du 10 ou 11 juin 1795 : Bertrancourt exhume le corps autopsié par Pelletan et après l’avoir extarit de sa caisse de bois, le ré-inhume dans un cercueil de plomb anthropomorphe, qu’il trouve dans l’église ; Bertrancourt enterre le cercueil, pour partie,  sous le pilastre gauche de la porte d’entrée dans l’église qui donne sur la Chapelle de la Communion. Le pilastre n’ayant qu’une fonction de décoration, il est évident que Bertrancourt a dû se contenter de creuser dessous, pour atteindre le sol qu’il savait vierge de toute sépulture, sans avoir à creuser en pleine nuit dans le mur de fondation pour y faire l’espace nécessaire … 

13 juin 1816 : l’exhumation prévue est brutalement interrompue sur ordre de Louis XVIII, alors que le prêtre Dubois attendait déjà vêtu des vêtements liturgiques …

novembre 1846 : l’abbé Haumet fait construire un appentis et met à jour le cercueil de plomb dont il exhume le corps, qui est examiné en particulier par le dr Milcent ; après examen, le cercueil est inhumé en terre à gauche de l’appentis, près du mur de la chapelle des Ames du Purgatoire, à l’endroit même où en 1894 on construira le caveau objet de notre réflexion. 

juin 1894 : fouilles et exhumation du cercueil.


Exhumed coffin purported to be that of Louis XVII. © Albert Harlingue/Roger-Viollet. [*** notes 1 et 2 ***]

 

 

Le 5 juin 1894, plusieurs spécialistes examinèrent le corps supposé de Louis XVII(déjà exhumé en 1846) et l’attribuèrent à un sujet masculin âgé de plus de 16 ans2.   source

A l’issue de l’examen sur l’emplacement où a été exhumé le cercueil on construit un caveau dont le rapport DHAAP nous donne une photo ( fig 106 ; p 69/94 )  avec cette légende :

 » Fig. 106 : Zone III, sud (sic !  ) de la Chapelle des Âmes du Purgatoire, le caveau en construction.

Cette photographie signée Nadar provient du dossier de fouilles du DHAAP n° 85 daté de 1922.

Derrière est écrit à l’encre noire le texte suivant. Caveau de briques, en construction, où fut déposé le 12 juin 1894, la caisse en sapin, doublée de zinc intérieurement et extérieurement renfermant les ossements de L…XVII, trouvés en cette même place et à la même profondeur le 6 juin 1894 : ce caveau renferme le cercueil de plomb roulé autour de la caisse : tout de suite, après le pavage, se trouve la dalle ouvrant le caveau, au dessous du soupirail de la Chapelle des Âmes.

Ce n’est qu’en 1846 que les ossements de Louis XVII furent transportés en cet endroit. 

Don de Mr Maurice Pascal au Musée Carnavalet, le Mars 1895.  » 

2004-2005 : fouilles du cimetière par l’INRAP   ;

2008 : rapport d’opération par Françoise Lagarde de la DHAAP ( Direction Département  Histoire  de l’Architecture  et Archéologie – Commission  du Vieux Paris ) d’où nous extrayons ces deux photos, après autorisation :  

Caveau fig 113

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (21)

Nous nous proposons de rassembler ici les photos qui devraient permettre à tous nos lecteurs de comprendre la question de l’inhumation de  » Louis XVII  » au cimetière Sainte-Marguerite ; nous vous invitons à vous reporter au livre de Lucien Lambeau,  désormais accessible grâce à Philippe, notre webmestre du Roi Louis XVII, Internet aidant !….

1 / Voici la photo du fameux appentis construit par l’abbé Haumet en 1846, grâce auquel a été mis à jour le cercueil de plomb, dans lequel Bertrancourt avait ré-inhumé le corps de  » Louis XVII  » dans la nuit du 10 ou du 11/06/1795.
Le cercueil se trouvait pour une part sous le pilastre gauche de la porte d’entrée dans l’église, par la Chapelle de la Communion. Cette photo a été prise – semble-t-il – en 1905 avant la démolition de l’appentis qui a eu lieu en 1924 ( source Xavier de Roche  » Louis XVII  » )

CIMETIERE DE L’EGLISE SAINTE-MARGUERITE (DISPARU), 40 RUE SAINT-BERNARD, 11EME ARRONDISSEMENT, PARIS

Cimetière de l’église Sainte-Marguerite (disparu), 40 rue Saint-Bernard, Paris (XIème arr.), 1905. Photographie de Jean-Eugène-Auguste Atget (1857-1927). Paris, musée Carnavalet.

© Eugène Atget / Musée Carnavalet / Roger-Viollet 

2 / On lit dans le rapport de la DHAAP ( p 29/94 ) 

 »  Deux dalles de pierre sont fixées au mur nord de la Chapelle de la Communion, l’une à droite de la porte présente une inscription dédiée au sieur Colin ( L. Lambeau, Commission du Vieux Paris, Procès verbal de la séance du 11 février 1904 p. 86 ) l’autre dalle à gauche de la porte se réfère à une tombe familiale en ces termes : Ci-gissent les Citoyens Bourlon Pèreeteils (père et fils). ( L. Lambeau, Commission du Vieux Paris, Procès verbal de la séance du 11 février 1904 p. 643- 64. Ci-gissent Les Citoyens Bourlon pèreeteils anciens marchands De bois carré A la Rapée Décédés les II Vendémiaire et 29 Messidor An II De profundis. )  » 

La dalle de pierre dédiée à Colin [ *** ] et correspondant à la fosse Colin que Bertrancourt était en train de creuser en 1802 lorsqu’il a fait part de son secret à Decouflet, se trouve donc à droite de l’appentis et est cachée par la croix au centre de la photo ci-dessus. 

[ *** Lucien Lambeau en donne le texte complet  ; vous pouvez en voir la photo sur ce site ] Et mieux encore sur cette page du diocèse de Paris ( que nous avions déjà citée à l’occasion de nos recherches sur le coeur de Louis XVII et Mgr de Quelen ] où on peut voir la stèle funéraire dédiée à « Louis XVII » , qui est adossée au mur de la Chapelle des Ames du Purgatoire ( à gauche de la Chapelle de la Communion sur la photo ci-dessus ) : 

l'enfant du temple

Du 9 au 12 juin 1794, les 73 personnes guillotinées place de la Bastille et celles qui furent décapitées à la barrière du Trône en attendant l’ouverture du cimetière de Picpus, furent mis dans les fosses communes de Sainte Marguerite. Le 10 juin 1795, vers 5 heures du soir, l’enfant mort au donjon du Temple le 8 juin sous le nom de Louis XVII est enterré à Sainte Marguerite. La bière fut déposée à la suite des fosses communes. La nuit, le fossoyeur Valentin Bertrancourt retira le cercueil, décloua une planche et constata que le crâne avait été scié. Il plaça le cercueil dans une bière en plomb, qu’il marqua d’une fleur de lys et l’enterra le long de l’église. L’exhumation de 1864 [ sic ! erreur pour 1846 ] montra que le corps était celui d’un jeune de 15 à 18 ans alors que le Dauphin n’avait que 10 ans. Le corps fut ré inhumé avec une discrète inscription L… XVII 1785-1795. 

ébéniste Jacob curé tombe ancien curé éducateur

Dans ce cimetière on voit encore la tombe de l’ébéniste Georges Jacob décédé en 1803. [***] . Le cimetière fut désaffecté en 1804 et fermé en 1806.

Par permission spéciale du Roi, l’abbé Dubois, curé de Sainte Marguerite de 1802 à 1817 fut encore inhumé dans le cimetière où figure sa pierre tombale. et celle de l’éducateur Marc Dieu Donné Colin. 

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*** Il convient de noter qu’à la différence de la stèle Colin,  la stèle dédiée à l’ébéniste Jacob est placée non pas sur le mur de la Chapelle de la Communion, mais sur le mur qui longe la rue Saint-Bernard. On lit dans le rapport DHAAP 2008 ( p 29/94 ) le texte suivant que nous reprenons dans son intégralité, suite à l’affichage des photos extraites du site du diocèse de Paris  dédié au cimetière Sainte-Marguerite:  

 Contre la façade nord de la Chapelle des Âmes du Purgatoire est posée sur une pierre la petite croix témoin de l’emplacement du caveau construit en 1894 et renfermant les restes du cercueil de plomb et du squelette mis au jour lors des fouilles de 1846. (voir fig. 26)

Une pierre tombale sans signe distinctif est posée à l’extrême est de l’enclos dans un renfoncement de cette chapelle. Une plaque y est fixée au mur à la mémoire d’un ancien de la paroisse : « messire Jean Jacques Dubois ».

Deux dalles de pierre sont fixées au mur nord de la Chapelle de la Communion, l’une à droite de la porte présente une inscription dédiée au sieur Colin (26), l’autre dalle à gauche de la porte se réfère à une tombe familiale en ces termes : Ci-gissent les Citoyens Bourlon Pèreeteils (père et fils). (27) [ Voir le commentaire que Lucien Lambeau fait de cette erreur ]

 Dans l’allée est-ouest qui conduit de l’ancienne maison du gardien *** à la chapelle du catéchisme, la stèle au nom du fils aîné du célèbre ébéniste Georges Jacob 28 est encore en place contre le mur des anciens charniers ainsi qu’une dalle horizontale aux inscriptions effacées aujourd’hui.  

Beaucoup de pierres tombales en place ou fixées/posées contre les murs ont disparu de l’enclos à ce jour, en particulier celles dressées contre le mur longeant la rue Saint-Bernard.

*** [ On peut voir sur ce site une photo de ce qui a été un moment la maison du fossoyeur Bertrancourt, entre deux autres de la rue Saint-Bernard  :]

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Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (20)

 SCOOP ! L’ouvrage de Lucien Lambeau à portée de clic, grâce à notre ami Philippe que nous nous permettrons d’appeler désormais  » le webmestre du Roi Louis XVII »  ! 

Extrait de 4 commentaires »

Je fais mieux que ça, je mets à disposition de tous cet important ouvrage de Lambeau en téléchargement à cette adresse : http://5609d1.1fichier.com/fr/ L’ouvrage sera disponible pour une durée d’au moins 60 jours à partir d’aujourd’hui. Profitez en !

Philippe

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Arrivé au terme de cette première analyse critique du rapport de la DHAAP 2008, peut-être est-il nécessaire de résumer l’essentiel du débat qui, pour nous est clos, mais qui ne peut probablement pas l’être pour l’ensemble de nos lecteurs, à qui nous ne demandons pas de nous faire une confiance aveugle, car ils ne peuvent pas disposer des sources documentaires de référence, telles que l’ouvrage de base de Lucien Lambeau et les diverses archives de la Commission du Vieux Paris.

1 / Notre intention n’était pas de ré-ouvrir le dossier des fouilles de Sainte-Marguerite que nous avons eu l’occasion de traiter maintes fois depuis mars 2004 ; si nous voulons arriver à résoudre cette énigme Louis XVII il nous faut reprendre le chemin du Temple et des diverses pistes que nous avons pu ouvrir dans le cadre de notre hypothèse d’une exfiltration de Louis XVII durant la période du 3 juillet 1793 au 6 octobre 1793 !

2 / C’est l’acquisition récente par le CEHQL17 de la mèche de cheveux  » Louis XVII-de Reiset  » qui nous a conduit à nous interroger sur les fouilles qui ont eu lieu en 2004/2005 et à répondre à cette question capitale, centrée de manière exclusive sur le rapport DHAAP 2008 :

cette nouvelle pièce apporte-t-elle la moindre preuve sérieuse qui obligerait à révoquer en doute la tradition historique selon laquelle la stèle funéraire dédiée à la mémoire de Louis XVII indique le lieu où sont inhumés les restes de l’enfant décédé au Temple le 8/06/1795, sous l’identité de Louis Charles Capet, et qui selon notre intime conviction correspondent à l’adolescent qui lui a été substitué avant d’être inhumé le 10/06/1795 au cimetière Sainte-Marguerite ?

3 / Malgré les difficultés de lecture et d’interprétation de certains plans et croquis, en raison de l’absence de repères topographiques précis qui indiqueraient les divers lieux d’inhumation  du cercueil de  » Louis XVII  » dans l’ancien cimetière, avec la chronologie correspondante, notre étude du rapport nous permet d’affirmer :  

*** Rien n’oblige à faire l’hypothèse que les restes inhumés en 1846 dans le caveau seraient ceux d’un enfant ( ou adolescent ) inconnu, sans aucun rapport avec l’affaire Louis XVII !

*** Au contraire tout porte à conclure que ce caveau [ dont nous vous offrons une deuxième image, grâce à l’autorisation que nous venons d’obtenir de l’autorité administrative compétente ] contient les restes de  » Louis XVII  »  , décédé au Temple le 8/06/1795.

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RIEN DANS CE RAPPORT DHAAP 2008, NE MET EN DOUTE, N’INFIRME OU NE DETRUIT LES CONCLUSIONS DE Paul SAINTE-CLAIRE DEVILLE dans son livre  » A la recherche de Louis XVII  » ( Flammarion 1946 ) , reprises ensuite par la tradition survivantiste, dans les livres de Jean-Pascal Romain  » Louis XVII Roi de Thermidor  » et de Xavier de Roche  » Louis XVII  » .

En outre, dans sa critique du livre de Lucien Lambeau, Paul Sainte-Claire Deville met en exergue le défaut de conclusion logique de l’auteur, qui ne donne aucune raison sérieuse de son refus d’adhérer à la tradition historique du XIX ème siècle, selon laquelle le caveau du cimetière Sainte-Marguerite contient les restes de l’adolescent, décédé le 8 juin 1795 sous l’identité de Louis Charles Capet.

Mais en fait, ne serait-ce pas parce que cette tradition iconoclaste était confirmée en tous points par les fouilles entreprises en 2004/2005 [ sous le prétexte de travaux de drainage indispensables pour sauver les fresques de Brunetti, opération qui n’est pas sans suggérer une analogie avec la construction d’un appentis par l’abbé Haumet en 1846 … ] que tout a été brutalement interrompu, ( le caveau à nouveau scellé pour un motif fallacieux de sécurité, sans que le moindre inventaire ait été fait ) , à l’instar de la suspension par Louis XVIII en 1816 des recherches du corps de l’enfant décédé au Temple, qu’il savait ne pas être celui de son neveu et qui aurait pu être très facilement identifié par le Dr Pelletan, alors soigneusement tenu à l’écart ? …  

Et aujourd’hui grâce à la mèche de cheveux  » Louis XVII – de Reiset  » acquise par le CEHQL17 ET SI des analyses ADN s’avèrent possibles dans les conditions de rigueur scientifique exigées par l’enjeu, nous serons en mesure d’apporter la preuve que le caveau de l’ancien cimetière Sainte-Marguerite contient les restes de l’adolescent substitué à Louis XVII et décédé au Temple le 8 juin 1795 sous l’identité de Louis Charles Capet. 

CHRONO !

PS : Au nom de tous nos lecteurs, nous tenons à exprimer notre plus vive reconnaissance à l’autorité compétente qui nous a autorisé à publier ces deux photos extraites du rapport DHAAP 2008, établi par Mme Françoise Lagarde et qui rend compte de l’opération de fouilles qui a eu lieu en 2004/2005 au cimetière Sainte Marguerite ! …

Caveau fig 113

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (19)

Examinons maintenant la question de la traçabilité historique du contenu du caveau pour la période 1894 – 2004, avant de pouvoir conclure ! 

Si on se réfère au livre de Lucien Lambeau qui rend compte à la dernière page de son livre des fouilles qui ont eu lieu dans l’ancien cimetière en février 1904, on lit à la dernière ligne de son livre ( p 235/239 ) , avant la table des matières :

 » On ne toucha pas à la sépulture vérifiée en 1846 et en 1894  » 

Et dans le rapport de la DHAAP 2008, il n’est fait état d’aucune ouverture du caveau, après l’opération de fouilles de juin 1894 ; seule est citée la fouille de 1970 à l’occasion de la présentation des résultats des exhumations de 2004/2005 qui ont eu lieu dans la même zone, ou à proximité.

Aussi en reprendrons-nous le texte de la p 72/94 que nous avons déjà cité :

 » En septembre 2004, le caveau, dont on ne répertorie pas le contenu, pour le comparer à celui des textes issus des investigations de 1894, est scellé pour des raisons de sécurité … Puis sans l’avoir étudié et sur ordre de notre direction d’alors, nous sommes contraints de clore et « ré-enterrer » définitivement ce caveau avec son contenu inviolé en 2004, dont demeurent comme seuls témoignages les photographies présentées ci-contre.

Nous rappelons qu’à l’origine des travaux nous étions convenus de démolir ce caveau édifié en 1846, de pratiquer les analyses ADN sur le contenu et de transférer ces restes à l’intérieur de l’église dans un caveau existant plus approprié.

Suite aux ordres reçus le caveau est maintenu en place comme « témoin de l’histoire du XIXe siècle » (sic) …  » 

En l’état de nos informations, il n’existe aucun élément permettant de douter que l’identité des ossements,  contenus dans le caveau dont nous vous avons présenté une photo ( extraite du rapport DHAAP 2008 ) soit différente de celle des restes exhumés en juin 1894 !   

D’où la conclusion opérationnelle qui nous renvoie à la récente et providentielle acquisition par le CEHQL17 de la mèche de cheveux  » Louis XVII – de Reiset » ! 

A titre de rappel, voici le communiqué publié par Mme Laure de La Chapelle ( voir  le site du CEHQL17 )  

 » Un représentant du CEHQL17 a pu bénéficier de l’occasion exceptionnelle offerte par la vente du 6 juin 2012 d’acquérir des cheveux provenant de l’exhumation autorisée du corps de l’Enfant du Temple en juin 1894.

Cette relique provient du fonds du comte de Reiset .( Gustave Armand Henri de Reiset, 1821-1905, diplomate, ministre plénipotentiaire de la France à Hanovre, historien et écrivain).

Les cheveux,- environ quatre mèches pourvues de plus d’une dizaine de cheveux  chacune- sont contenus dans une petite enveloppe sur laquelle G. de Reiset a écrit au crayon noir :cheveux de Louis XVII donnés au cimetière de Ste Marguerite le 12 juin 1894 avant la réinhumation des restes de ce pauvre enfant martyr.

De la même écriture, sur un papier plus important et au crayon rouge, M. de Reiset a ajouté en titre  : 12 juin 1894 Ste Marguerite . Exhumation du corps de Louis XVII. Et au-dessous : cheveux du pauvre petit Louis XVII qui m’ont été donnés par le sacristain de Ste Marguerite, gardien du corps du martyr.

Il est inutile d’ajouter que Gustave de Reiset pensait  que le corps exhumé appartenait bien au fils de Louis XVI.

Et sur ce point, il n’est pas inutile non plus de rappeler l’opinion du docteur Milcent, lors de l’exhumation précédente de 1846, opinion partagée par ses confrères :

“Cette lettre (l’analyse du squelette) est le résultat d’une première impression, telle qu’elle est rédigée dans la pensée partagée et inspirée par le curé de Ste Marguerite, que le squelette était celui de Louis XVII. Elle démontre au moins une chose : l’identité des restes retrouvés et du corps de l’enfant mort au Temple.

Mais elle indique déjà quelques doutes au sujet de cette longueur des membres tout à fait extraordinaires pour un enfant de l’âge du prince.

Une fois la première question résolue par l’affirmative ( ces ossements sont-ils bien ceux de l’enfant mort au Temple et enterré dans le cimetière Ste Marguerite ?), il en surgit une autre que je ne prévoyais pas au premier abord.

Est-il possible que ces ossements aient pu appartenir à un enfant d’un peu plus de dix ans ? Cette question était résolue par la négative, dans le rapport détaillé qu’on n’a pas retrouvé dans les papiers du curé de Sainte Marguerite, mais dont je puis donner les conclusions, en étant moi-même l’auteur, en ayant conféré avec les docteurs Tessier et Davasse.

Au reste, ces conclusions sont conformes à celles qu’on trouve dans la pièce suivante, où est consignée l’opinion de M. Récamier et des Drs Andral, Lallemand, Bayle etc… Je conclus en disant :

“Qu’il me paraissait démontré que ces ossements étaient bien ceux de l’enfant détenu au Templeau moment de la visite du commissaire Harmand ( de la Meuse) , de l’enfant dont l’autopsie avait été faite peu de temps après par les Drs Dumangin, Pelletan, Lassus et Jeanroy, et qui avait été enterré dans le cimetière Ste Marguerite.

“Mais qu’il était absolument impossible d’admettre que le squelette fût celui d’un enfant de dix ans et quelques mois, et qu’il ne pouvait avoir appartenu qu’à un jeune garçon de 15 à 18 ans” Signé Alph. Milcent 21 mai 1853.

(Notez que le docteur Milcent ne prend pas parti sur l’identité historique de l’enfant. Les surlignages sont dans le texte.)

Laure de La Chapelle

Présidente du CEHQL17

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Nous espérons pouvoir publier très prochainement des informations sur la suite qui sera donnée par le CEHQL17 à cette acquisition !  

Nous laissons le soin à chacun de nos lecteurs d’imaginer toutes les hypothèses pertinentes si, comme nous l’espérons, des analyses ADN complètes de tous les supports biologiques accessibles étaient réalisées au cours des prochains mois ! CHRONO SVP ! 

En attendant, vous pouvez parcourir toutes les archives de cette analyse critique du rapport DHAAP 2008, rendant compte de l’opération menée au cimetière Sainte-Marguerite en 2004/2005  et celles-ci  qui lui sont donc in fine  étroitement liées, car pour nous il n’y a pas le moindre doute :

les cheveux  » Louis XVII – de Reiset  » sont ceux de l’enfant décédé au Temple le 8 juin 1795,  sous l’identité de Louis Charles Capet, autopsié le 9/06/1795 par le Dr Jean-Philippe Pelletan et inhumé le 10/06/1795 au cimetière Sainte-Marguerite,dans un premier temps dans une fosse commune et ensuite par Bertrancourt, dans un cercueil de plomb dans une fosse, près de laquelle sera ouverte en 1802 celle  Colin, selon le témoignage de Decouflet … 

Vers la découverte de la vérité sur Louis XVII, grâce aux futures analyses ADN de la mèche de cheveux ” Louis XVII – de Reiset ” ? …

 

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (18)

Pour en terminer avec la question de la traçabilité du contenu du caveau durant la période 1795-1846, il ne nous reste plus qu’à examiner le problème posé par la présence d’un cercueil de plomb ! 

Et là on ne peut qu’être très surpris de constater que Françoise Lagarde ait omis de rappeler l’argumentation de Lucien Lambeau, qui apporte la preuve qu’il existait des cercueils en plomb dans l’église Sainte-Marguerite auxquels le fossoyeur Betrancourt a pu très facilement avoir accès dans la nuit du 10 ou du 11/06/1795 !

Et comme pour confirmer le sens de cette absence de toute évocation de la démonstration de Lucien Lambeau, l’auteur du rapport nous offre en lieu et place celle des cercueils anthropomorphes de l’église Notre Dame des Champs, –  au demeurant parfaitement juste – tirée d’un site dédié à défendre la mémoire de Robespierre,  dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est guère préoccupé de rechercher la vérité sur le destin de Louis XVII, et qu’il doit s’en soucier comme de sa première guillotine !  

D’où la phrase mise en exergue en introduction de ce rapport qui, au lieu d’enterrer la hache de guerre entre passionnés par la question Louis XVII, ne peut qu’aiguiser notre esprit critique, d’autant plus que l’enfermement de la famille Royale et la disparition de Louis XVII évoquent davantage l’univers de Franz Kafka et d’Eugène Ionesco plutôt que celui de Courteline ! N’est-ce pas Mme Françoise Chandernagor ? … 

“À force de vouloir chercher Louis XVII on finit par déterrer Courteline.” 

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (17)

Nous avons écrit dans notre message précédent : *

 » Or il est bien question dans le rapport de la présence de cette fosse Colin à proximité du lieu où le cercueil de plomb a été découvert en 1846 !  »

Voici ce qu’on lit p 42/94 du rapport de la DHAAP :

«  Nous avons noté la marque L F en référence au texte de l’enquête de 1816 {  L. Lambeau, Commission

du Vieux Paris,  Procès verbal de la séance du 11 février 1904 p. 85. (voir page 28) } :

« Le sieur Decouflet a déclaré… que ses occupations l’avaient lié d’amitié avec feu Bétrancourt ; que se trouvant un jour avec lui dans le cimetière en mars 1802 tandis qu’il travaillait à la fosse de feu le sieur Colin … son ami creusa environ deux pieds en terre auprès de cette fosse le long du pilastre de gauche de la porte de l’église, en entrant par le cimetière, qu’il mit à découvert une pierre  du mur de fondation … il lui fit remarquer à la surface une croix de deux ou trois pouces, paraissant avoir été faite avec un marteau; qu’il lui dit ensuite : « tu vois cet endroit, on y fera un jour quelque monument, car il y a au-dessous un cercueil du Dauphin »

[ Et le rapport nous propose, comme pour l’illustrer, une photo de la marque L F ci-dessus avec cette légende ]

Fig. 52 : Zone I, entre les contreforts 3 et 4, détail de la marque où on lit un L, une croix portant à gauche une diagonale à sa base suivi d’un F.   » 

[ Or dans l’ouvrage de Lucien Lambeau on lit à propos de la tombe Colin p 119/139 ; ]
 » Voici le texte relevé sur la tombe dont il s’agit, qui est une table de pierre appliquée sur la muraille du transept gauche, à droite de l’église  »

[ Suit une épitaphe qui doit donc toujours être visible et dont on peut regretter qu’elle ne soit pas dans le rapport comme celle qui concerne l’ébéniste Jacob !

Et arrivé à cette étape du rapprochement entre ces ceux textes, nous croyons comprendre – sauf erreur que nous remercions la DHAAP de bien vouloir corriger – que la marque ci-dessus  décrite dans la légende de la fig 52 et située en zone I, entre les contreforts 3 et 4 peut correspond au lieu désigné par LL pour indiquer l’emplacement de la fosse Colin, c-a-d la muraille du transept gauche, à droite de l’église ! …

Aussi convient-il de préciser ceci : 

En l’état de ce que nous pouvons comprendre, il semble établi de manière certaine que la stèle Colin qui était encore visible en 1905, ***  indique le lieu de creusement d’une fosse individuelle, en mars 1802 par Bertrancourt, en présence de Decouflet, est une très forte présomption de preuve en faveur de l’identification du lieu tout proche où Bertrancourt a ré-inhumé  » Louis XVII  » dans la nuit du 10 ou du 11/06/1795 !

 ( ***  et qui a priori devrait l’être aujourd’hui encore ; mille mercis à tout Parisien curieux qui accepterait d’aller le vérifier et de nous en informer … – mille mercis à tout Parisien curieux qui accepterait d’aller le vérifier et de nous en informer … ) .  

Dans l’attente d’avoir les autorisations nécessaires à la publication des photos et des diverses figures du rapport DHAAP 2008, contenant les repères topographiques,  indispensables à une bonne compréhension de cette argumentation, nous nous bornerons à suivre l’argumentation de Françoise Lagarde qui a écrit après la légende de la Fig 52 ci-dessus : ]

 » Nous verrons plus loin que d’autres croix marquent la paroi.  » 
[ Et effectivement on lit plus loin pp 44-45 :]

Sur le pilastre 1 à droite de la baie F1 était la croix repérée en 1979 comme la

croix de Bertrancourt par les membres de la commission désignée à cet effet.

Après examen, ces traces sur la pierre ne nous ont pas parues être significatives, pas plus qu’à Michel Fleury en 1979. (voir fig. 60 et 61 ci-contre) 

[ et en légende  de la photo de la base du fameux pilastre gauche de la porte de l’église en entrant par le cimetière on lit : ]

Fig. 60 : Montant gauche de la porte P5, ensemble de la base.

Fig 61 :  Montant gauche de la porte P5, détail de la croix signalée en 1979.
Fig. 62 : Plan publié dans Procès verbal de la séance du 10 décembre 1979.

Les photos et légendes correspondantes encadrent ce texte ;

 »  Le trait horizontal de la « croix » semble n’être qu’un creux  naturel de la pierre et le trait vertical une « griffure » ou « meurtrissure » et non pas un trait taillé au marteau comme l’indique le texte publié ci-dessus en page 42. 

Dans le Procès verbal de la séance du 10 décembre 1979 le texte page 137 ne fait plus mention de « marteau  » et indique une dimension différente : « deux pouces de longueur sur autant de large ».  » 

[ Et ici, contrairement aux conclusions des éminentes autorités que sont Françoise Lagarde et M Fleury, nous oserons affirmer que la croix qui nous est montrée sur les photos 61 et 62,  nous semble significative de l’emplacement où Bertrancourt a inhumé Louis XVII en 1795 et d’où l’abbé Haumet a fait extraire un cercueil de plomb en  1846 ! ]  

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (16)

Pourquoi Lucien Lambeau n’adhère-t-il pas aux conclusions de Régis Chantelauze au sujet de l’identité des ossements  pour la période 1795-1846 ? 

A vrai dire il n’en donne aucune raison précise et s’il est sûr et certain pour lui que Louis XVII a été inhumé au cimetière de Sainte-Marguerite, et observe une prudente réserve en rapportant la prise de position de Chantelauze, c’est en fait à cause du problème révélé par la taille et l’âge de l’enfant décédé en 1795, suite à l’examen des restes, lors des fouilles de 1846 !

Face à la contradiction radicale à laquelle Lucien Lambeau se heurte du fait de son intime conviction relative à la mort au Temple de Louis XVI, il est obligé de penser qu’il a dû se passer quelque chose entre 1795 et 1846 qui interdit de conclure qu’il soit certain que le corps exhumé en 1846 soit le même que celui qui a été inhumé le 10/06/1795  dans le cimetière Sainte – Marguerite sous l’identité de Louis XVII !

Et en relisant le livre de Lucien Lambeau nous venons de faire une découverte inédite pour nous, grâce au rapport de la DAAHP 2008 !

Lucien Lambeau particulièrement honnête a rapporté un témoignage que nous avions lu distraitement dans le passé et qui prend pour nous une force nouvelle : c’est celui de Decouflet relatif à la fosse Colin sur laquelle Bertrancourt travaillait, lorsqu’il lui a révélé qu’il avait ré-inhumé Louis XVII le long du pilastre gauche de la porte d’entrée du cimetière dans l’église.

Et LL rapporte alors un témoignage d’un ami qui lui a dit avoir vu ( en 1905 ) la fosse Colin à proximité du lieu où Bertrancourt a prétendu avoir enseveli le cercueil de Louis XVII, selon le témoignage de Decouflet ! Et LL souligne que ce témoignage vient confirmer la déclaration de Decouflet !  

Or il est bien question dans le rapport de la présence de cette fosse Colin à proximité du lieu où le cercueil de plomb a été découvert en 1846 !

Et autre fait tout à fait remarquable que nous avions négligé jusque là mais que nous venons de redécouvrir à la faveur de cette étude :

pour expliquer l’apparence d’une coîncidence fortuite dans la découverte du cercueil de plomb à laquelle il ne croit pas, Lucien Lambeau évoque une hypothèse liée à un fait qui est établi par un témoignage qu’il juge digne de foi ( p 179/239 ) :   

« Tous les ans à l’anniversaire de la mort de Louis XVII au Temple, la famille de Louis-Philippe venait en voitures de gala dans la petite église du faubourg, faisait un tour dans le cimetière, visitait le curé à la sacristie, écoutait un bout d’office et regagnait les Tuileries.

Il est bien certain que dans les causeries de la sacristie, M Haumet  fit part de son idée de fouiller ; il est bien certain, encore, qu’elle ne fut pas combattue, puisqu’il la mit à exécution « 

Et Lucien Lambeau se laisse aller à envisager diverses hypothèses, qu’il qualifie par contre de romanesques, mais qui sont peut-être en fait à l’origine même du doute qu’il exprime par rapport à la certitude affichée par Chantelauze quant à l’identité du squelette de 1846 avec celui de 1795 ! 

Fouilles du cimetière Sainte-Marguerite en 2004-2005 (15)

Que lisons-nous dans l’ouvrage de Lucien Lambeau, l’auteur de référence – aux dires mêmes du rapport DHAAP 2008 – sur cette question de la traçabilité historique du contenu du caveau ?  

p 203 / 239

 » L’identité du squelette de 1894 avec celui de 1846 est indiscutable ; celle du squelette de 1846 avec celui de 1795 est affirmée par M de Chantelauze. La sciure du crâne pratiquée par une main inexperte ( sic !) est une nouvelle présomption.

Or il est évident que si nous retrouvé l’enfant inhumé en 1795, cet enfant n’était pas Louis XVII  »  

Avant de poursuivre, qu’il nous soit permis d’ores et déjà d’insister sur ce point capital pour nous au regard de la tradition historique que le rapport de 2008 n’a pu révoquer en doute par la moindre preuve sérieuse ! 

Outre Maurice Pascal, l’auteur anti-survivantiste de référence de la fin du XIX ème siècle Régis de Chantelauze était persuadé que le caveau construit en 1894, après la ré-inhumation des restes exhumés en 1846 étaient ceux de Louis XVII, décédé au Temple le 8 juin 1795 ! 

Lucien Lambeau ne faisant que rapporter la conviction de Régis de Chantelauze sans y adhérer mais aussi sans pouvoir la récuser, il nous faut donc examiner, grâce à une confrontation rigoureuse avec le rapport DHAAP 2008, les raisons des conclusions de Lucien Lambeau pour le segment historique 1795-1846 et vérifier ensuite s’il existe le moindre doute pour la période 1894-2004, au sujet de la traçabilité historique du contenu du caveau !