De la traçabilité historique du coeur Louis XVII – Pelletan (29)[ MAJ 05/09]

Voici une information inédite qui vient de nous être communiquée par M Roch de Coligny : 

 » Le docteur Ed. Carrière était encore au service du comte et de la comtesse de Chambord en 1876. Les 11 et 19 avril de cette année, il signa (à Goritz) des « Notes sur les Santés de Monseigneur et de Madame ».

Si ce maigre renseignement vous est utile, ce sera parfait.  » 

Cher Monsieur, c’est plus que parfait ! Et nous supposons que cette découverte est le fruit des recherches dans les archives du Comte de Chambord, que vous nous aviez promis récemment !…Dix-sept mille mercis ! …

Peut-être est-il même permis d’espérer que vous fassiez d’autres découvertes qui pourraient tout bouleverser,  » gant de Lenotre  » ou  » anguille-murène de Louis XVII » oblige ?  

==========

L’information gracieusement apportée par M Roch de Coligny vient donc confirmer de façon définitive le témoignage du Dr Corlieu au sujet du rôle joué par le Dr Carrière et la pertinence de notre modèle !  

Mais que le Dr Carrière ait pu voir le comte de Chambord en personne les 11 et 19 avril 1876 à Goritz n’est pas sans conséquence au regard de la question de la date de réception à Frohsdorf du coeur  » Louis XVII de la filière Pierre Pelletan  » et de la traçabilité historique du  » coeur Louis XVII de la filière Gabriel Pelletan  » … 

1876/04/11-19 : le Dr Carrière est à Goritz aux côtés du Comte de Chambord et de Madame

1876 : le Dr Carrière quitte Frohsdorf et se retire à Paris où il meurt en 1883, peu de temps après le comte de Chambord  

…/…

 1890-09-20 Le Figaro Dr Corlieu

«   Pelletan avait gardé le silence sur son dépôt pendant tout le règne impérial, et la seule personne à qui il s’était ouvert en avait profité pour s’en emparer et avait tout naturellement gardé le plus profond secret
…{ Après avoir exposé le refus de la famille Royale ) …

«  Pelletan toutefois, s’en dessaisit et le coeur fut mis en dépôt, dans un coffret,au palais de l’archevêché. Mais lors du pillage de ce palais, le 29 juillet 1830, il disparut de nouveau, emporté par un des envahisseurs. Pelletan fils, qui était alors à l’Hôtel-Dieu, reconnut le coffret dans les mains de celui qui l’emportait, et s’en empara. J’eus l’occasion de voir le docteur Pelletan fils,qui était un vieillard ; il me raconta ces faits et me montra le cœur desséché et dur comme du bois. « Que comptez-vous en faire? Lui demandai-je. » Je l’offrirai au comte de Chambord, me répondit Pelletan, et s’il ne l’accepte pas, je le ferai mettre dans mon cercueil. »

Un jour je rencontrai le Dr Carrière, qui était alors médecin du comte et lui exposai ces faits, qui l’intéressèrent beaucoup. Il alla voir le Dr Pelletan, fit part de sa visite au comte de Chambord. J’ignore ce qui a été décidé tous les trois sont morts et si pour l’anatomiste le coeur du prince et le coeur du tribun populaire ont une valeur égale, il n’en est pas de même pour l’historien, avide d’anecdotes. »
Dr A. Corlieu.

De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(28)

Voici ce qu’on peut lire dans l’ouvrage de Philippe Delorme ( pp 172-173 ; note 80 ) à propos de l’article du Littoral de la Somme du 16 novembre 1895, attribué par notre historien à Maurice Pascal, qui l’aurait, selon toute vraisemblance  » ,  rédigé ou inspiré  » … [ et ] se fait l’écho indirect des souvenirs de Philippe-Gabriel Pelletan

 «   Il est également utile [ *** NDCRIL17 *** ] de faire remarquer [..]  qu’au moment de la Restauration (1828), après une longue et minu­tieuse  enquête, sur les désirs de Charles X et de la duchesse d’Angoulême, le coeur fut déposé entre les mains de Mon­seigneur de Quelen, archevêque de Paris ; or, en cela le coeur royal ne faisait que suivre la même filière que suivait le coeur  de son frère, le dauphin, premier fils de Louis XVI, décédé le 4 juin 1789.

« Dans la bibliothèque de l’archevêché, le coeur de Louis XVII y rencontra le coeurde son   frère aîné ; et si tous deux furent déposés en cette bibliothèque, et non en la chapelle de l’archevêché, c’est qu’ils s’y trouvaient en plus grande sûreté et en plus grande discrétion, en attendant que la décision royale leur assignât à chacun, avec des cérémonies, honneurs et prérogatives qui leur étaient dus, un lieu de repos distinct, sui­vant le rang plus ou moins élevé que la destinée leur avait attri­bué ; car si l’un des deux frères n’avait été qu’héritier, l’autre avait régné ; aussi le coeur du premier dauphin fut-il déposé avec les honneurs qui lui étaient dûs , au Val-de-Grâce, d’où il avait été enlevé à la Révolution. Ce qui retarda la remise du coeur de Louis XVII à la famille royale, ce furent les honneurs royaux qu’on voulut lui rendre pour le transporter, en grande pompe, à la basilique de Saint-Denis : au lieu du décret royal, ce fut la révolution de 1830 qui arriva. »

Peu nous importe pour l’instant de savoir en quel lieu précis auraient été déposés les deux coeurs !
De même ne retiendrons-nous des commentaires de simple bon sens de Philippe Delorme qui corrige les erreurs ou approximations de Maurice Pascal que cette observation précieuse : 

 » D’autre part, l’auteur se trompe – nous l’avons vu – en affirmant que le coeur du premier dauphin a été déposé au Val-de-Grâce. 

…/…

Alors,  qu’est devenu le coeur de Louis-Joseph – et sa boîte de vermeil ? Pour ma part, je perds sa trace en 1817, à la mai­rie du XII eme arrondissement de Paris (cet ancien XII’ correspond à l’actuel V’). Si le reliquaire a été effectivement déposé à l’archevêché – ce dont je doute -, il est à craindre que le coeur du fils aîné de Louis XVI y ait été détruit lors du sac. Il est peu probable qu’il ait bénéficié d’un sauvetage miraculeux, à l’instar de celui de son jeune frère. Un émeutier a pu voler le coffret en métal précieux, et jeter son contenu à la Seine ou dans le brasier allumé sur les quais …  »  

=====

[ *** NDCRIL17 *** : il convient de remarquer ici que les deux expressions différentes employées par Laure de La Chapelle et Philippe Delorme peuvent peut-être s’expliquer par une erreur d’interprétation ou de lecture d’un texte très  obscurci dont notre archiviste du Roi Louis XVII – dont nous ne devrions pas tarder à avoir des nouvelles – nous avait transmis une copie.
Afin de ne prêter le flanc à aucune critique de mauvaise foi de notre part à l’égard de l’auteur du livre  » Louis XVII La vérité  » nous adopterons donc sa version libellée ainsi, car l’important est ailleurs  :

 » Il est également utile de faire remarquer [..]  qu’au moment de la Restauration (1828), … [  le reste de la transcription du texte de Maurice Pascal étant identique chez LDLC et PhD  ]  

De la traçabilité historique du coeur Louis XVII – Pelletan (28)

Voici ce qu’on peut lire dans l’ouvrage de Philippe Delorme ( pp 172-173 ; note 80 ) à propos de l’article du Littoral de la Somme du 16 novembre 1895, attribué par notre historien à Maurice Pascal, qui l’aurait, selon toute vraisemblance  » ,  rédigé ou inspiré  » … [ et ] se fait l’écho indirect des souvenirs de Philippe-Gabriel Pelletan

 «   Il est également utile [ *** NDCRIL17 *** ] de faire remarquer [..]  qu’au moment de la Restauration (1828), après une longue et minu­tieuse  enquête, sur les désirs de Charles X et de la duchesse d’Angoulême, le coeur fut déposé entre les mains de Mon­seigneur de Quelen, archevêque de Paris ; or, en cela le coeur royal ne faisait que suivre la même filière que suivait le coeur  de son frère, le dauphin, premier fils de Louis XVI, décédé le 4 juin 1789.

« Dans la bibliothèque de l’archevêché, le coeur de Louis XVII y rencontra le coeurde son   frère aîné ; et si tous deux furent déposés en cette bibliothèque, et non en la chapelle de l’archevêché, c’est qu’ils s’y trouvaient en plus grande sûreté et en plus grande discrétion, en attendant que la décision royale leur assignât à chacun, avec des cérémonies, honneurs et prérogatives qui leur étaient dus, un lieu de repos distinct, sui­vant le rang plus ou moins élevé que la destinée leur avait attri­bué ; car si l’un des deux frères n’avait été qu’héritier, l’autre avait régné ; aussi le coeur du premier dauphin fut-il déposé avec les honneurs qui lui étaient dûs , au Val-de-Grâce, d’où il avait été enlevé à la Révolution. Ce qui retarda la remise du coeur de Louis XVII à la famille royale, ce furent les honneurs royaux qu’on voulut lui rendre pour le transporter, en grande pompe, à la basilique de Saint-Denis : au lieu du décret royal, ce fut la révolution de 1830 qui arriva. »

Peu nous importe pour l’instant de savoir en quel lieu précis auraient été déposés les deux coeurs !
De même ne retiendrons-nous des commentaires de simple bon sens de Philippe Delorme qui corrige les erreurs ou approximations de Maurice Pascal que cette observation précieuse : 

 » D’autre part, l’auteur se trompe – nous l’avons vu – en affirmant que le coeur du premier dauphin a été déposé au Val-de-Grâce. 

…/…

Alors,  qu’est devenu le coeur de Louis-Joseph – et sa boîte de vermeil ? Pour ma part, je perds sa trace en 1817, à la mai­rie du XII eme arrondissement de Paris (cet ancien XII’ correspond à l’actuel V’). Si le reliquaire a été effectivement déposé à l’archevêché – ce dont je doute -, il est à craindre que le coeur du fils aîné de Louis XVI y ait été détruit lors du sac. Il est peu probable qu’il ait bénéficié d’un sauvetage miraculeux, à l’instar de celui de son jeune frère. Un émeutier a pu voler le coffret en métal précieux, et jeter son contenu à la Seine ou dans le brasier allumé sur les quais …  »  

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[ *** NDCRIL17 *** : il convient de remarquer ici que les deux expressions différentes employées par Laure de La Chapelle et Philippe Delorme peuvent peut-être s’expliquer par une erreur d’interprétation ou de lecture d’un texte très  obscurci dont notre archiviste du Roi Louis XVII – dont nous ne devrions pas tarder à avoir des nouvelles – nous avait transmis une copie.
Afin de ne prêter le flanc à aucune critique de mauvaise foi de notre part à l’égard de l’auteur du livre  » Louis XVII La vérité  » nous adopterons donc sa version libellée ainsi, car l’important est ailleurs  :

 » Il est également utile de faire remarquer [..]  qu’au moment de la Restauration (1828), … [  le reste de la transcription du texte de Maurice Pascal étant identique chez LDLC et PhD  ]  

De la traçabilité historique du coeur Louis XVII – Pelletan (27) [ ADDENDUM ]

[ ADDENDUM  13 h 35 ] 

Nous venons de retrouver ce que Philippe Delorme  a écrit dans son livre  » Louis XVII La Vérité  » ( p 172 – 173 ) dans sa note 80,  que nous reproduirons dans l’après-midi et que vous pouvez d’ores et déjà lire si vous avez le livre  et qui commence par 

 » Il est également utile de faire remarquer [ …] qu’au moment de la Restauration …. »

à rapprocher de la transcription ci-dessous qu’en a faite Laure de La Chapelle …

=====

Chers amis,  

Hier soir nous n’avions pas eu le temps de rechercher LA SOURCE DOCUMENTAIRE CAPITALE, qui est lDOCUMENT DE REFERENCE DANS CETTE AFFAIRE, que Laure de la Chapelle a découverte et que nous extrayons de son étude historique, dans la  version accessible sur le musée Louis XVII !

Et que découvrons-nous aujourd’hui ? Un détail sans importance, qui ne fait qu’ajouter à la confusion générale ou un  » SCOOP AFFOLANT  » , pour paraphraser notre ami CSQHB  ?

Rapprochons en effet les deux textes écrits par Maurice Pascal, deus ex machina de l’opération de remise du coeur de Louis XVII au duc de Madrid en juillet 1895 …  

Le  20 février 1898 Maurice Pascal a écrit au rédacteur du quotidien « Le gaulois » selon la copie reproduite dans l’ICC  1898/01 (VOL37 = A34)-1898/06 p 793 : 

 

” …

Lorsque le coeur de Louis XVII fut surpris par la Révolution de 1830 à l’Archevêché, il était à la veille de connaître les honneurs funèbres de Saint – Denis  de Paris ; il y a près de deux ans j’ai remis à M Sardou  des gravures de l’armoire des coeurs à saint-Denis indiquant la place qui y avait été assignée pour recevoir le coeur du petit Roi  [** NDCRIL17 ***]; et en étant à l’Archevêché de Paris, le coeur de Louis XVII ne faisait que suivre la même filière qu’avait suivie le coeur du premier Dauphin, fils de Louis XVI, avant d’être réintégré au val de Grâce, coeur sauvé aussi pendant la Révolution et sur l’authenticité duquel jamais aucun doute ne s’éleva. “ 

[ *** NDCRIL17 : ce qui nous renvoie incidemment à  notre étude …

Le caveau des Bourbons à Saint-Denis (23) *** ]

Et que lit-on dans l’article du Littoral de la Somme du 16 novembre 1895 ?  Ceci, d’après la transcription qu’en a faite Laure de La Chapelle :

…/….

En mai 1829, peu de temps avant la mort de Pelletan, Mgr de Quelen , embarrassé par ce dépôt, demanda au roi Charles X de bien vouloir ordonner une enquête (La confiance ne régnait toujours pas au sujet du médecin) et de faire déposer le coeur soit à Notre-Dame, soit à Sainte Geneviève, soit à Saint Louis. Notez qu’il n’est pas question de Saint Denis ou du Val de Grâce, qui accueillaient les dépouilles royales.

Il n’y eut aucune décision de la Cour. Que devint le coeur du Premier Dauphin ?
Il avait très probablement précédé le coeur Pelletan à l’Archevêché.

Entrée en scène du petit neveu de Monseigneur de La Fare

C’est ce que nous apprend un certain Maurice Pascal dans un article publié dans un supplément du Littoral de la Somme du 16 novembre 1895 :

Il est inutile de faire remarquer, qu’au moment de la Restauration, après une longue et minutieuse enquête ; sur les désirs de Charles X et de la duchesse d’Angoulême, le Coeur fut déposé entre les mains de monseigneur de Quelen, archevêque de Paris ;
or, en cela le Coeur Royal ne faisait que suivre la même filière que suivait le Coeur de son frère, le Dauphin, premier fils de Louis XVI, décédé le 4 juin 1789.
Dans la bibliothèque de l’Archevêché, le Coeur de Louis XVII y rencontra le coeur de son frère aîné ; et si tous deux furent déposés en cette bibliothèque, et non en la chapelle de l’Archevêché, c’est qu’ils s’y trouvaient en plus grande sûreté et en plus grande discrétion, en attendant que la Décision Royale leur assignât à chacun, avec les cérémonies, honneurs et prérogatives qui leur étaient dus, un lieu de repos distinct, suivant le rang plus ou moins élevé que l’histoire leur avait attribué ; car si l’un des deux frères n’avait été qu’héritier, l’autre avait régné ?

De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(27) [ ADDENDUM ]

[ ADDENDUM  13 h 35 ] 

Nous venons de retrouver ce que Philippe Delorme  a écrit dans son livre  » Louis XVII La Vérité  » ( p 172 – 173 ) dans sa note 80,  que nous reproduirons dans l’après-midi et que vous pouvez d’ores et déjà lire si vous avez le livre  et qui commence par 

 » Il est également utile de faire remarquer [ …] qu’au moment de la Restauration …. »

à rapprocher de la transcription ci-dessous qu’en a faite Laure de La Chapelle …

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Chers amis,  

Hier soir nous n’avions pas eu le temps de rechercher LA SOURCE DOCUMENTAIRE CAPITALE, qui est lDOCUMENT DE REFERENCE DANS CETTE AFFAIRE, que Laure de la Chapelle a découverte et que nous extrayons de son étude historique, dans la  version accessible sur le musée Louis XVII !

Et que découvrons-nous aujourd’hui ? Un détail sans importance, qui ne fait qu’ajouter à la confusion générale ou un  » SCOOP AFFOLANT  » , pour paraphraser notre ami CSQHB  ?

Rapprochons en effet les deux textes écrits par Maurice Pascal, deus ex machina de l’opération de remise du coeur de Louis XVII au duc de Madrid en juillet 1895 …  

Le  20 février 1898 Maurice Pascal a écrit au rédacteur du quotidien « Le gaulois » selon la copie reproduite dans l’ICC  1898/01 (VOL37 = A34)-1898/06 p 793 : 

” …

Lorsque le coeur de Louis XVII fut surpris par la Révolution de 1830 à l’Archevêché, il était à la veille de connaître les honneurs funèbres de Saint – Denis  de Paris ; il y a près de deux ans j’ai remis à M Sardou  des gravures de l’armoire des coeurs à saint-Denis indiquant la place qui y avait été assignée pour recevoir le coeur du petit Roi  [** NDCRIL17 ***]; et en étant à l’Archevêché de Paris, le coeur de Louis XVII ne faisait que suivre la même filière qu’avait suivie le coeur du premier Dauphin, fils de Louis XVI, avant d’être réintégré au val de Grâce, coeur sauvé aussi pendant la Révolution et sur l’authenticité duquel jamais aucun doute ne s’éleva. “ 

[ *** NDCRIL17 : ce qui nous renvoie incidemment à  notre étude …

Le caveau des Bourbons à Saint-Denis (23) *** ]

Et que lit-on dans l’article du Littoral de la Somme du 16 novembre 1895 ?  Ceci, d’après la transcription qu’en a faite Laure de La Chapelle :

…/….

En mai 1829, peu de temps avant la mort de Pelletan, Mgr de Quelen , embarrassé par ce dépôt, demanda au roi Charles X de bien vouloir ordonner une enquête (La confiance ne régnait toujours pas au sujet du médecin) et de faire déposer le coeur soit à Notre-Dame, soit à Sainte Geneviève, soit à Saint Louis. Notez qu’il n’est pas question de Saint Denis ou du Val de Grâce, qui accueillaient les dépouilles royales.

Il n’y eut aucune décision de la Cour. Que devint le coeur du Premier Dauphin ?
Il avait très probablement précédé le coeur Pelletan à l’Archevêché.

Entrée en scène du petit neveu de Monseigneur de La Fare

C’est ce que nous apprend un certain Maurice Pascal dans un article publié dans un supplément du Littoral de la Somme du 16 novembre 1895 :

Il est inutile de faire remarquer, qu’au moment de la Restauration, après une longue et minutieuse enquête ; sur les désirs de Charles X et de la duchesse d’Angoulême, le Coeur fut déposé entre les mains de monseigneur de Quelen, archevêque de Paris ;
or, en cela le Coeur Royal ne faisait que suivre la même filière que suivait le Coeur de son frère, le Dauphin, premier fils de Louis XVI, décédé le 4 juin 1789.
Dans la bibliothèque de l’Archevêché, le Coeur de Louis XVII y rencontra le coeur de son frère aîné ; et si tous deux furent déposés en cette bibliothèque, et non en la chapelle de l’Archevêché, c’est qu’ils s’y trouvaient en plus grande sûreté et en plus grande discrétion, en attendant que la Décision Royale leur assignât à chacun, avec les cérémonies, honneurs et prérogatives qui leur étaient dus, un lieu de repos distinct, suivant le rang plus ou moins élevé que l’histoire leur avait attribué ; car si l’un des deux frères n’avait été qu’héritier, l’autre avait régné ?

De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(26)

Lire c’est relire !

Le document que nous vous avons présenté  où est transcrit le texte de la lettre de Maurice Pascal au Gaulois du 20 février 1898 est en fait inédit pour nous !… 

En attendant de pouvoir revenir sur les nombreuses observations qu’il appelle, SVP est-ce que vous pourriez nous dire comment vous comprenez cette phrase, à rapprocher de LA REFERENCE qui est habituellement citée,  extraite du Littoral de la Somme du 16 novembre 1895

 » … et en étant à l’Archevêché de Paris, le coeur de Louis XVII ne faisait que suivre la même filière qu’avait suivie le coeur du premier Dauphin, fils de Louis XVI, avant d’être réintégré au val de Grâce, coeur sauvé aussi pendant la Révolution et sur l’authenticité duquel jamais aucun doute ne s’éleva.  »  

De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(25)

 Nous lisons sur cette page :

Actes du second Colloque International

de Saint-Georges-de-Didonne

des 6 et 7 juin 1998, Organisé par l’A.E.C.P.

(Association des Amis d’Eugène et Camille Pelletan)

 Baquiast Paul: né le 26 novembre 1964. Président de l’A.E.C.P. Professeur d’histoire-géographie au collège Jean Moulin de Meudon-la-Forêt (Hauts-de-Seine), chargé de cours à l’Institut Catholique. Docteur en histoire de l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), il est l’auteur d’une thèse sur Une dynastie de la bourgeoisie républicaine: les Pelletan (L’Harmattan, 1996). Arrière-petit-neveu de Camille Pelletan, il est en possession de ses archives privées, ce qui lui a permis de disposer d’une riche documentation inédite, dont il a exhumé les Poèmes secrets de Camille Pelletan, publiés par la maison de poésie. Egalement auteur de nouvelles, il a remporté en 1989 le coucours littéraire de l’Office franco-québécois pour la jeunesse, pour une nouvelle historique consacrée à la statue d’Eugène Pelletan de Royan: Les aventures statuaires d’Eugène Pelletan (L’Atelier du gué-L’Instant même).

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Est-ce qu’un de nos lecteurs  ayant un accès privilégié auprès de cet auteur ou de son entourage, pourrait interroger Paul Baquiast sur la question du coeur de « Louis XVII » , dont Eugène Pelletan aurait été un moment le dépositaire, après l’avoir reçu de Pierre Pelletan et avant qu’il ne soit transmis, dans des circonstances qui nous sont encore inconnues, au comte de Chambord, avant le 24/08/1883 ?

A toutes fins utiles, voici une autre source d‘archives privées découvertes sur cette page :

61 J 1-6 Fonds des familles Beraud, Bourdeleau, Arnaud et Pelletan, établies dans la région d’Archiac (Charente-Maritime)

Dates extrêmes : XVIIe siècle – XIXe siècle

Importance matérielle : 0,15 ml

Lieu de conservation : Archives départementales – Deux-Sèvres

…/…

Pièces intéressant les familles Beraud, Bourdeleau, Arnaud et Pelletan, établies dans la région d’Archiac (Charente-Maritime) : titres de famille, titres de propriété, correspondance privée.

 

Mots matières : famille, propriété, bien mobilier, correspondance privée

Familles : Beraud (famille), Bourdeleau (famille), Arnaud (famille), Pelletan (famille)

Lieux géographiques : Charente-Maritime (département), Archiac (Charente-Maritime)

==== ADDENDUM ====

Vous avez dit ARCHIAC ?  Et aussitôt s’est  allumé un voyant  » alerte rouge  » dans notre mémoire !

1898 – Bulletin de la Société des Archives Historiques de Saintonge et 

5 janv. 2007 90 ; Merlet, 9 ; Meyer, 90 ; Jean et Louis Musset, 213 ; général Niox, Pelletan d’Archiac et le cœur de Louis XVII, 201 ; Les Pénétreau de

Et en frottant d’un petit clic sur la lampe d’Aladin du XXI ème siècle, il ne vous reste plus qu’à lire les pages 201 à 203 , que vous trouverez ici grâce à l’Université Harvard et à Google  

Revue de Saintonge & d’Aunis. Bulletin de la Société des archives historique .. (1879)

Où on lit qu’il est question d’un article d’Ernest Daudet et surtout ceci :

 » Il n’est pas admissible qu’en 1898 on ne puisse pas savoir qui sont les héritiers de Pelletan fils, mort en 1879 et ce que sont devenus les papiers de famille ! »

 Interessant ! N’est-il pas, Mme la Présidente du CEHQL17 ?  

 

De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(24)

De la confrontation de toutes les informations présentées dans nos derniers messages il ressort le nouveau modèle d’hypothèses suivant :

0 / Nous ne pouvons faire que les conjectures les plus diverses au sujet de la mission du Dr Carrière à Paris en 09/1868 ! …

1 / Le Dr Carrière a ignoré la remise du  » coeur L17-PP  » à Frohsdorf, quelle qu’en ait été la date  !

2 / La remise très discrète de ce coeur a été faite, soit durant l’une de ses absences de Frohsdorf, soit plus probablement après la mort du Dr Gabriel Pelletan le 11/10/1879 et avant le 24/08/1883, pendant la retraite du Dr Carrière à Paris ! 

3 / Quant au  » coeur L17-GP  » que le comte de Chambord a refusé, malgré les propositions qui lui ont été faites du vivant de Gabriel Pelletan et ensuite par X,Y ou Z , comment ne pas faire l’hypothèse qu’il a été présenté publiquement pour la première fois en fin d’année 1892, lors d’une mise en vente aux enchères de Drouot qui finalement n’a pas eu lieu ?

Nous réfléchirons ultérieurement à la question de l’apparence du coeur et de son contenant ! Essayons tout d’abord d’établir un modèle cohérent que nous confronterons ensuite aux diverses descriptions faites par les uns et les autres et après avoir osé cette dernière question iconoclaste [ fort de la fameuse expérience du canal médullaire des cheveux de Louis XVII du Dr Locard …] :

et si le  »  coeur L17-GP  » n’était qu’un coeur tiré en 1852-1853 de la collection personnelle du Dr Gabriel Pelletan, tandis que l’autre  » coeur L17-PP  » aurait été effectivement récupéré par Pierre Pelletan au moment même de l’émeute et du sac de l’archevêché de Paris en juillet 1830, sans que ce soit pour autant le coeur de l’enfant décédé au Temple ou même le coeur du premier Dauphin ?

En effet contrairement au modèle de Laure de La Chapelle, nous pensons que c’est Pierre Pelletan qui a présenté un coeur à la duchesse d’Angoulême ! Si ce coeur avait été celui du premier Dauphin qui aurait été remis secrètement à Mgr de Quelen sur les ordres de Louis XVIII, il nous semble impensable que la duchesse d’Angoulême n’en aurait pas été informée d’une manière ou d’une autre, soit par Mgr de Quelen lors de son entrevue avec l’Archevêque de Paris dont a fait état l’historien Pierre Laurentie, soit par ses oncles Louis XVIII ou Charles X !

Dans ces conditions, quels qu’aient pu être les doutes légitimes de la duchesse d’Angoulême sur l’identité du coeur qui lui a été proposé par Pierre Pelletan, lors de son exil à Holyrod, s’il s’était agi du coeur du premier Dauphin, la duchesse d’Angoulême n’aurait pas pu le refuser !… 

Mais pour que ce modèle, fruit d’une simple intuition étayée par toutes les sources documentaires qui ont été présentées ici, soit pertinent, il existe une CONDITION SINE QUA NON dont il nous est impossible d’apporter la preuve, car elle échappe totalement à nos compétences nulles en matière de génétique moléculaire ( si l’expression est juste ) ! 

Il est en effet nécessaire qu’il existe une probabilité significative pour qu’un coeur X, sorti on ne sait d’où, présente un profil génétique semblable à celui qui a été analysé en l’an 2000, et dont les résultats ont permis d’affirmer qu’il appartenait à la lignée féminine de la Reine Marie-Antoinette ( sous réserve là encore que cette formulation soit juste … ) ?

S’il y a bataille d’experts en la matière, peut-être apparaîtra-t-il alors indispensable d’organiser une analyse des cheveux  » Louis XVII – de Reiset  » selon les préconisations que nous avons développées dans la discussion ci-dessous ? 

Vers la découverte de la vérité sur Louis XVII, grâce aux futures analyses ADN de la mèche de cheveux ” Louis XVII – de Reiset ” ? …(16)

De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(23)

Voici un second extrait d’une esquisse de chronologie bibliographique, établie à partir des informations découvertes par Laure de La Chapelle et notre Cril17, et qui, selon nous, ne concernent que la traçabilité historique publique du coeur « L17-GP » ! Plus tard nous ferons un récapitulatif global, en fonction des certitudes que nous aurons pu établir …

En l’état actuel de nos connaissances il est particulièrement remarquable de constater que le premier auteur à avoir parlé de la possession d’un coeur Louis XVII par Gabriel Pelletan est : 

1852 Alcide de Beauchesne

 ” Louis XVII: sa vie, son agonie, sa mort, captivité de la famille …,” ( Alcide Beauchesne , Plon, Vol.2 )

” Le cœur conservé par M Pelletan fut renfermé dans un vase de cristal sur lequel étaient gravées les lettres LC monogramme de Louis Charles, dix sept étoiles aussi gravées sur le couvercle formaient une couronne surmontée d une fleur de lis dorée.

Ce vase demeura en dépôt à l archevêché de Paris d où il disparut lors du pillage de cet édifice le 29 juillet 1830.

M Gabriel Pelletan fit rechercher le cœur qui est aujourd’ hui en sa possession   “

1854 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE MICHAUD  Michaud édition de 1854 Tome XXV : page 239 dans la biographie de Louis XVII :

« Le cœur du prince, soustrait furtivement, dit on, par M. Pelletan lors de l’autopsie cadavérique, fut placé dans un vase en vermeil qui demeura plus tard en dépôt à l’archevêché de Paris. Ce vase devint, le 29 juillet 1830, la proie des insurgés qui pillèrent l’archevêché ; mais le cœur fut réclamé par la famille Pelletan, *** au pouvoir de laquelle il est encore aujourd’hui. Toutefois, quelques doutes plausibles se sont élevés sur la réalité de cet incident. »

[ *** sans autre précision ! ]

1868/09 Mission du Dr Carrière à Paris

1876 : le Dr Carrière quitte Frohsdorf et se retire à Paris où il meurt peu après le comte de Chambord  

1876 Dr Corlieu  “La Mort de Louis XVII” , par le Dr A. Corlieu,… ( Champion,1876 )

“Pelletan toutefois s’en dessaisit et le coeur fut mis en dépôt au palais de l’archevêché. Mais lors du pillage de ce palais, le 29 juillet 1830, il disparut de nouveau. Le docteur Gabriel Pelletan, son fils, fut assez heureux pour le retrouver et le possède encore.” 

1877 Joseph MICHEL

Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie ( 15 juin 1877 / n°24 ) –  p 386p 387

D’après cet article   le coeur était en 1877 chez Gabriel Pelletan, fils du Dr Pelletan ; et bien qu’il cite l’étude du Dr Corlieu de l’année 1876, notre auteur laisse entendre que Gabriel Pelletan avait dû le récupérer par simple héritage de son père, car il N’EST FAIT AUCUNE MENTION DE LA REMISE DU COEUR A L’ARCHEVECHE DE PARIS DU VIVANT DE PELLETAN ET DE TOUTE INTERRUPTION CONSECUTIVE DE SA CONSERVATION  qui s’en serait suivie ! … 

Cet épisode du dépôt du coeur de “Louis XVII” à l’archevêché de Paris se trouve bien dans l’étude du Dr Corlieu, ( voir supra ) , mais l’auteur de l’article n’a pas jugé opportun d’en faire état ! …

C’est dans cet article que le témoignage allégué de la marquise de Talaru est cité publiquement pour la 1ère fois …

1879/10/11 Décès à 87 ans de Gabriel-Philippe Pelletan (fils adultérin de Philippe-Jean Pelletan)   

1883/08/24 Décès du comte de Chambord qui a refusé le coeur  « L17-GP » vu par le Dr Carrière et proposé par le Dr Gabriel Pelletan.

1883/10/14 La Légitimité  

LA LEGITIMITE ( 14 octobre 1883, vol 37 ) 

Cet article nous apprend quelle a été la source  de  l’information que Gruau a évoquée de manière évasive dans son livre en 1845, lorsqu’il a écrit :  

” Comment il se fait enfin , que ce coeur, objet d’un profond mépris, est devenu, en définitive, la pâture  des poissons de la Seine ? “

Il s’agit du comte Lacépède ( 26/12/1756 – le 6/10/1825 )  attaché à la maison du duc d’Aumale

[ 1884-03-22   Témoignage du vicomte d’Orcet ( voir 1890 ) ]  

1884/04/20 La Légitimité 

( La Légitimité 20 avril 1884 ) ( N°16 – p 241-242 ) : TEMOIGNAGE DE S. G. Mgr DE QUELEN  ARCHEVÊQUE DE PARIS rapporté par  ” L’ami de la vérité “

” On sait que le docleur Pelletan avait soustrait, pendant l’autopsie, le coeur de l’enfant qu’il croyait sans doute le Dauphin, ne le connaissant pas.
On sait aussi qu’il s’épuisa en vains efforts, sous la Restauration, pour faire accepter ce coeur par la famille royale.
En 1821, Mgr de Quélen, déjà coadjuteur, devint archevêque de Paris. Pelletan voulut profiter de son crédit à la cour et lui confia le « coeur de Louis XVII, » le priant, de faire enfin agréer par sa soeur cette précieuse relique de famille. Le prélat se rendit auprès de Madame et, après avoir exposé le but de sa visite avec une éloquence émue, lui présenta le coeur de son frère dans un vase d’argent ou de cristal.
Madame écouta l’archevêque avec patience, mais quand il eut,fini, loin de recueillir fraternellement l’objet présenté, elle le regarda d’un oeil sec et refusa. Ce refus étonna Mgr de Quélen, et cet étonnement se peignit sur ses traits.

Madame prononça alors ces paroles :
« HÉLAS! MONSIEUR L’ARCHEVÊQUE, NOUS NE CONNÀISSONS QUE TROP LE SORT DE MON MALHEUREUX FRÈRE !.. »

Mgr de Quélen raconta ce trait à M. Laurentie père. Nous savons que M Laurentie  fils ne nous démentira pas.”
Cet évènement est admis par la tradition historique et par Philippe Delorme lui-même, dans son livre !…

1884 Régis Chantelauze  

” Louis XVII, son enfance, sa prison, sa mort au Temple “ ( Chantelauze, 1884, Firmin Didot )

” M. Pelletan fils, dit Lafont (d’Aussonne), possède ces tristes dépouilles, en sa maison, près la cathédrale de Paris. » Le voeu du docteur Pelletan ne fut donc pas réalisé et peut-être le coeur de Louis XVII se trouve-t-il encore entre les mains de ses descendants. ”

22 avril 1887 Succession Dr Gabriel Pelletan – Déposition papiers chez Me Tollu  

Déposition entre les mains de Me Tollu, notaire à Paris, des documents originaux provenant de la succession du Dr Gabriel Pelletan  ( voir ci-après janvier 1891 )


1890-09-20 Le Figaro Dr Corlieu

«   Pelletan avait gardé le silence sur son dépôt pendant tout le règne impérial, et la seule personne à qui il s’était ouvert en avait profité pour s’en emparer et avait tout naturellement gardé le plus profond secret
…{ Après avoir exposé le refus de la famille Royale ) …

«  Pelletan toutefois, s’en dessaisit et le coeur fut mis en dépôt, dans un coffret,au palais de l’archevêché. Mais lors du pillage de ce palais, le 29 juillet 1830, il disparut de nouveau, emporté par un des envahisseurs. Pelletan fils, qui était alors à l’Hôtel-Dieu, reconnut le coffret dans les mains de celui qui l’emportait, et s’en empara. J’eus l’occasion de voir le docteur Pelletan fils, qui était un vieillard ; il me raconta ces faits et me montra le cœur desséché et dur comme du bois. « Que comptez-vous en faire? Lui demandai-je. » Je l’offrirai au comte de Chambord, me répondit Pelletan, et s’il ne l’accepte pas, je le ferai mettre dans mon cercueil. »

Un jour je rencontrai le Dr Carrière, qui était alors médecin du comte et lui exposai ces faits, qui l’intéressèrent beaucoup. Il alla voir le Dr Pelletan, fit part de sa visite au comte de Chambord. J’ignore ce qui a été décidé tous les trois sont morts et si pour l’anatomiste le coeur du prince et le coeur du tribun populaire ont une valeur égale, il n’en est pas de même pour l’historien, avide d’anecdotes. »
Dr A. Corlieu.

1891/01/03 Dr Dureau

Le Dr Dureau écrit dans ” La Chronique médicale de Paris” !

« M. le professeur Tillaux, sympathique à tous, a inauguré son cours de clinique chirurgicale par une leçon très bien faite dans laquelle il a jeté un coup d’œil sur l’histoire de cette clinique. Un détail de cette leçon nous a intéressé tout particulièrement : il s’agit du cœur de Louis XVII. L’on sait que Philippe Jean Pelletan, le grand chirurgien, émule et successeur de Desault, avait été chargé de faire l’autopsie du pauvre enfant mort au Temple et qu’il avait conservé le cœur du dauphin.

Pendant la restauration, Pelletan fit toutes les démarches nécessaires pour rendre à la famille royale le cœur conservé, mais d’une part, il n’était pas bien en cour, de l’autre il fallait démontrer l’authenticité de l’organe et Pelletan mourut en 1829, laissant à son fils, professeur comme lui, le soin de continuer les démarches.

M. le professeur Tillaux demande, avec notre confrère Corlieu, ce que le cœur de Louis XVII est devenu, je puis le leur dire

            En juillet 1830, il se trouvait sur le bureau de l’archevêque de Paris, de Quelen, et, l’archevêché ayant été pillé, la nouvelle en parvint à Pierre Pelletan, qui, pendant la bataille même, se rendit à l’archevêché occupé par la Garde Nationale.

Pelletan se fit connaître de l’officier commandant, et, accompagné par lui, se rendit de suite dans le cabinet de l’archevêque où, au milieu des papiers et objets divers qui jonchaient la pièce, il put retrouver la boîte intacte qui contenait le précieux viscère ; il le remporta chez lui, n’ayant pas le temps de chercher le volumineux dossier qui, jadis, avait accompagné la boîte .

Pelletan, pour obéir à la volonté de son père, une fois les événements politiques accomplis, se mit en devoir de reconstituer le dossier perdu, et au bout d’un certain temps, il entama avec le comte de Chambord, des négociations analogues à celles commencées avec Louis XVIII et Charles X, mais il mourut en 1845 .

Son frère Gabriel, Pelletan, que nous avons tous connu, est mort en 1879, laissant à ses héritiers, avec une belle fortune, le soin de poursuivre les négociations entamées, soin qui était une sorte de condition du legs.

J’ai eu l’occasion,  à cette époque, de voir le notaire chargé de régler cette succession (M° Barre) ; devenu notaire honoraire depuis peu, il s’était chargé, comme l’un des exécuteurs testamentaires, de continuer la restitution du dossier réclamé par la famille du comte de Chambord et il a copié, à l’Académie, les divers documents du temps que je lui ai mis sous les yeux ; il paraissait satisfait de ses recherches, mais la mort du comte de Chambord est survenue sur ces entrefaites. Le cœur de l’infortuné Louis XVII est peut-être encore relégué dans quelque vieux carton d’étude de notaire. »

1892/12/03 L’Aveyron républicain

« M. le docteur Dureau a publié dans la Gazette Médicale une note sur le cours du professeur Tillaux, à propos du coeur de l’enfant décédé au Temple. M.Tillaux a demandé, comme M. Corlieu, auteur d’un livre sur « La Mort des Rois de France » ce que le coeur de Louis XVII était devenu.

« En juillet 1830, il (le coeur) se trouvait dans le bureau de l’archevêque de Paris, de Quélen, et …

1892/12/08 Communication du Dr Corlieu à l’Académie de Médecine

1892/12/09 «  La Justice » 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k773958g/f2.zoom.langFR

1892/12/11 The SUN New York

A royal heart on the auction block is the strange and gruesome spectacle which will rouse even blasd Paris into unfeigned interest in a few days. It is said to be the heart of the unhappiest ot all French princes, the Dauphin, son of Louis XVI and Marie Antoinette, and it has been preserved for ninety-seven years in a jar of spirits, where it was placed by tho famous surgeon Pelletan. who made the autopsy in the temple. The history ot the relic is authentic. The only question is whether tho boy who died in the temple In 1795 was the real Dauphin or a child who had been substituted for the prince. When the boy died Pelletan and three colleagues were assigned to make a post-mortem. During an intervall when the associates went to the window chatting Pelletan removed the heart from the body, wrapped it in a handkerchief, and slipped it into his pocket. He preserved the relic in a vessel of brandy until Louis XVIII became King, in 1817. Then he offered to give the heart to the King for royal burial. Louis

neither refused nor accepted Pelletan’s offer. Pelletan then sent the relic to the sacristy of the archbishopric of Paris. In 1833 the people of Faris sacked the Archbishop’s palace and Dr. Jules Pelletan *** son of the surgeon saved

the royal relic at the risk of his life. He has recently died.  The heart, in its reliquary, is to come to the hanmer.

 [ *** c’est la 1ère mention publique du Dr Jules Pelletan ! Il est impossible que ce soit Jules  Pelletan ! Serait-ce là l’explication à l’introduction de l’intervention d’un Jules Pelletan qui laisse à penser ensuite que Jules Pelletan de Kinkelin aurait pu être à un moment donné le dépositaire du coeur à titre d’héritier de la veuve de Pierre Pelletan et ait fait des démarches auprès du comte de Chambord après 1871 comme nous en avons fait lm’hypothèse que nous avons abandonnée ? …] 

1892/12/12 Alexandria Gazette

A Royal Heart on the Auction Block..

A royal heart on the auction block is the strange and gruesome spectacle which will rouse even blaze Paris into unfeigned interest in a few days.

It is said to be the heart of the unhappiest of all French princes, the Dauphin, son of Louis XVI and Marie Antoinette, and it has been preserved for 97 years in a jar of spirits, where it was placed by the famous surgeon Pelletan, who made an autopsy in the temple. The history of the relic is authentic.The only question whether the boy who died in the temple, in 1795, was the real Dauphin or a child who had been substituted for the prince when the boy died. Pelletan and three colleagues assigned made a post-mortem and during an interval when his associates went to the window, chatting, Pelletan removed the heart from the body,wrapped it in his handkerchief and slipped it into his pocket. He preserved the relic in a vessel of brandy until Louis XVIII became King in 1817, when he offered to give the heart to the King for royal burial. Louis neither refused nor accepted Pelletan’s offer, and Pelletan then sent the relic to the Society of the Archbishopric of Paris. In 1833 the people of Paris sacked the Archbishop’s palace, and Dr. Jules Pelletan, son of the surgeon, saved the royal relic at the risk of his life. He has recently died, and the heart in its reliquary is to come to the hammer.

1892/12/13 Semi-weekly Interior Journal Stanford

The heart of a live man is generally  speaking a worthless kind of a possession, almost as much so indeed as that of  a dead one. The commercial value of the latter is to bo decided in Paris this week,  when the heart of the Dauphin Prince, son of Louis XVI and Marie Antonnette, who has been dead over a hundred years,  will be put up at auction. A surgeon stole the heart when he made an autopsy of  the remains and it has been in the family ever since, sealed in a jar of spirits. The surgeon’s son died recently and the heart is to be sold with his other effects. How much do wo hear for the small remant of royalty ?

1892/12/15  Le Gaulois

« Sait-on où se trouve en ce moment le coeur de l’infortuné Louis XVII, l’enfant martyr ?

Tout simplement, s’il faut en croire M. le docteur Corlieu, dans un tiroir de feu M. le docteur Jules Pelletan. *** Ceci résulte d’une communication faite par M. le docteur Huchard, à la dernière séance dé l’Académie de médecine, sur un travail de M. le docteur Corlieu, attaché à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris, dans lequel ce savant, s’est attaché à retracer, avec des documents inédits, l’histoire médicale de la dernière maladie des princes qui ont régné sur la France depuis François Ier

Lors du pillage du palais archiépiscopal, le 14 février 1832, il disparut de nouveau.

…/…

Le docteur Jules Pelletan, son fils adoptif, fut assez heureux pour le retrouver,  et le fit voir au docteur Corlieu.

M. Pelletan fit savoir à Monsieur le comte de Chambord qu’il était possesseur du coeur de Louis XVII et offrit de le restituer ; en cas de refus du prince, le cœur serait mis dans le cercueil de Pelletan.

Il ne paraît pas, ajoute M. Corlieu, que Monsieur le comte de Chambord ait répondu. Pelletan est mort ; sa succession n’est  pas complètement liquidée, et le coeur desséché du pauvre Dauphin attend  sans doute encore son nouveau propriétaire.

Nos lecteurs auront remarqué comme nous qu’il existe, dans ce récit, une lacune considérable, et c’est probablement pour cela, que Monsieur le comte de Chambord ne s’est pas inquiété de l’offre du docteur Pelletan. M. Corlieu ne nous dit pas comment  M. Pelletan a retrouvé, dans Paris, le coeur disparu lors du pillage de l’archevêché.

Qu’est devenu le malheureux coeur martyr ? L’a-t-on placé dans le cercueil du docteur Pelletan conformément à la volonté qu’il avait plusieurs fois exprimée, ou bien est-il resté dans ses tiroirs ? Voilà ce qu’il faudrait savoir.

[ *** En fait est-ce que Le Gaulois ne se serait pas inspiré de la presse américaine  qu’il se garde bien de citer ? C’est cette erreur du Gaulois qui nous a poussé un moment à faire l’hypothèse que Jules Pelletan de Kinkelin aurait tenté de négocier avec le comte de Chambord le coeur « L17-PP  » hérité de la veuve de Pierre Pelletan et qui aurait alors été reçu à Frohsdorf par son entremise et celle du Dr Bourdon …
Or en juillet 1830, le coeur  » Louis XVII  » à supposer qu’il ait pu être récupéré n’aurait  pu l’être que par Pierre ou Gabriel Pelletan ! …
La rectification de cette erreur de la presse américaine et du Gaulois vient donc conforter l’hypothèse du coeur  » L17-PP  » reçu à Frohsdorf avant le 24/08/1883 via Eugène Pelletan ! …] 

1893/05 “Current opinion – The Independent

Volume 13 1893 page 35″   http://books.google.co.uk/books?id=UiwiAQAAIAAJ

“Selling Hearts
A curious advertisement has lately been inserted in the day papers: “A dauphin’s heart, 1792, to be sold by auction or privately disposed of” This can only refer to the unhappy son of Louis XVI, and before I became its purchaser would require a good deal of proof as to its genuineness.”

1894 janvier-juin Revue Rétrospective
 
” Désespéré de ne pas aboutir, Pelletan finit par obtenir de l’archevêque de Paris, Mgr de Quelen, qu’il accepte le dépôt de son coeur à l’archevêché , accompagné d’un Mémoire justificatif.

On ignore à ce jour où est conservé le manuscrit autographe de la décharge que Hyacinthe de Quelen a donnée à Madame Pelletan le 23 mai 1828  :

” Je, soussigné, reconnais avoir reçu comme un dépôt sacré…un vase de cristal rempli d’esprit de vin, renfermant un coeur desséché, que M. Pelletan assure par serment être celui du jeune roi Louis XVII, lequel coeur avait été soustrait et conservé par lui, ainsi qu’il en a tracé l’histoire dans un Mémoire qu’il m’a aussi remis.
Ce vase est composé de deux parties : la partie inférieure, semblable à un verre à pied, est garnie, au pied, d’un cercle de vermeil élaboré. Sur les deux côtés du vase, sont gravés, d’un côté, le chiffre de Louis XVII, surmonté d’une couronne royale ; de l’autre, un coeur entouré de rayons. La partie supérieure se compose d’un couvercle, aussi de cristal, surmonté d’un cercle formant couronne, sur laquelle sont gravées dix-sept étoiles , et d’un bouchon orné d’une fleur de lys de vermeil ; ces deux parties sont réunies par un cercle de vermeil dentelé en la partie supérieure,qui semble sceller l’endroit où les deux parties se rapprochent . L’une et l’autre partie sont enfin réunies par un ruban blanc de soie, scellé du cachet de M. Pelletan, qui empêche d’ouvrir le bocal…
M . Pelletan se trouvant indisposé, et ayant d’ailleurs épuisé tous les moyens qui étaient en son pouvoir pour remettre ce dépôt à la famille royale, m’a prié de le recevoir, mais je ne le reçois qu’à condition que je pourrai moi-même le rendre au roi, et je promets, si je ne puis réussir, de remettre ce dépôt à M. Pelletan ou à sa famille.”

***  Paul Cottin, le directeur de la Revue Rétrospective en 1894, citant Gabriel Pelletan :

« En 1831, ***après le sac de l’Archevêché, arrivé après les journées de juillet, je reçus, dans les premiers jours d’août, une lettre de M. Lescroart, ouvrier imprimeur, et un paquet à mon adresse renfermant le Mémoire que mon père avait déposé à l’Archevêché entre les mains de M. de Quélen, qui avait bien voulu garder aussi en dépôt le coeur de Louis XVII ». D’après la suite du récit, Lescroart était entré dans le cabinet du Cardinal (autre erreur), s’était emparé des papiers et du coeur ; en sortant, un émeutier lui avait disputé sa prise et avait donné un coup de sabre sur l’urne que l’ouvrier imprimeur avait dû abandonner dans la cour. Un hasard merveilleux la fit retrouver quelques jours plus tard, sur un tas de sable. Gabriel Pelletan ajoute :

« Je fis signer la véracité de ces recherches et l’exactitude de notre heureux résultat par les personnes présentes. Plus tard, j’ai rédigé une note accompagnant ce certificat, mais je l’ai si bien cachée que je ne puis remettre la main dessus. C’est ce qui m’a déterminé à écrire aujourd’hui les points principaux gravés dans ma mémoire, ce 12 février 1854. »

1895 Remise du cœur à don Carlos

1895-07-12 Lettre du Prince de Valori au prince Edouard de Looz-Block (Belgique)

1895-11-16 Littoral de la Somme Maurice Pascal

1896 juin Temple Bar

1901/09/05 Dr Corlieu
Annales de la Société historique et archéologique de Château-Thierry

” Le coeur fut offert à l’archevêché et conservé dans un coffret ”

De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(22)

Suite aux derniers  « 3 commentaires »  publiés, nous pouvons donc suspendre nos recherches et réflexions sur l’hypothèse du transfert du  » coeur L17-PP  » de Pierre Pelletan à Frohsdorf, via Eugène Pelletan et revenir à l’autre coeur  » L17-GP » et au  » carrefour  » de  notre message :  

De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(15)

Nous nous étions posé les questions suivantes : 

 » Quand l’autre coeur ” Louis XVII – Pelletan de la  filière Pierre Pelletan ” [ que nous appellerons CL17-PP ] , dont les travaux et recherches de Laure de La Chapelle, [ que nous prendrons comme support de nos réflexions ]  obligent à accepter l’existence, a-t-il été réceptionné à Frohsdorf ?

Est-ce avant cette période 1876-1879, pendant ou après et dans quelles conditions précises ? 

Est-il possible enfin d’arbitrer entre les témoignages contradictoires des uns et des autres, grâce à une critique rigoureuse  des sources documentaires ?   »

Notre réponse aujourd’hui :

Nous n’avons aucune certitude de quelque ordre que ce soit, pour compléter le témoignage apporté par la lettre du Père Bole du 17 octobre 1885 !

Aussi nous proposons-nous maintenant de reprendre l’examen de toutes les autres sources documentaires, relatives au parcours du coeur  » L17-GP  » , autour et pendant la période 1876-1879 …
( voir aussi tous les autres messages précédents et en particulier

De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(13)