Fouilles du cimetière sainte-Marguerite (5)

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
(De
L’Art poétique (1674)  – Chant I Nicolas Boileau )
 
Voici la fin de la déposition de Pelletan auprès du chancelier Pasquier et du procureur du Roi Jacquinot Pampelune du 29/03/1817 IGNOREE par l’historien, qui a établi la traçabilité historique du coeur de  » Louis XVII  » , car elle est jointe à celles des témoins de la famille et des amis du Dr Jean-Henri Tillos …
 
Aussi voudra-t-on nous pardonner de rappeler, une fois encore, que nous devons ce document, qui prend aujourd’hui une importance tout à fait exceptionnelle, à notre ami et archiviste du Roi Louis XVII, Christian Crépin !
 
 << … arrivé chez moi j’ai mis le coeur dans un bocal rempli d’esprit de vin, que j’ai remplacé quelque temps après par un autre bocal où il est encore. 
Lecture faite au sieur Pelletan de sa déclaration il a dit qu’elle contenait vérité, y a persisté et avant de la signer, il nous a présenté  les pièces cyaprès (sic) que nous avons avec lui cotées et paraphées ne varientur ( souligné ) pour être jointes et annexées au présent procès-verbal :
 
première ( souligné )  l’arrêté du comité de sûreté générale en date du cinq juin mil sept cent quatre vingt quinze ( dix-sept prairial an trois ) par lequel le sieur Pelletan est chargé de donner des soins au jeune Roi.
 
seconde ( souligné ) la lettre du même jour écrite par le secrétaire général de ce comité et portant envoi de l’arrêté ci-dessus au sieur Pelletan 
 
troisième (souligné) la lettre du même comité  en date du
[en bas de page, on voit 3 paraphes illisibles qui doivent correspondre à ceux de ]
Pasquier, Jacquinot Pampelune et Pelletan
[ sur la page suivante on lit …]
 
huit juin ( vingt prairial ) portant autorisation de placer une garde-malade auprès du Roi. 
 
quatrième (souligné ) la lettre  par laquelle le secrétaire général a fait le même jour envoi de la précédente pièce au sieur Pelletan 
 
cinquième (souligné) l’ordre donné par le comité de sûreté générale  le même jour à quatre heures et demie de relevée pour l’ouverture du corps 
 
sixième (souligné) le procès verbal dressé le lendemain neuf juin ( vingt et un prairial )  à l’effet de constater cette ouverture et signé Dumangin ( souligné ), Ph J.Pelletan, Lassus et N. Jean Roy .
 
Le sieur Pelletan nous a enfin représenté un bocal en cristal, exactement fermé et contenant de l’esprit de vin dans lequel le coeur est plongé, nous priant de le continuer dans la garde de ce précieux dépôt jusqu’à ce qu’autrement il en soit ordonné par le Roi, ce à quoi nous avons ( rayé ) Garde des Sceaux avons  obtempéré nous réservant de prendre les ordres de Sa Majesté.
et a le sieur Pelletan signé avec nous et le Procureur du Roi 
[ suivent dans l’ordre les 3 signatures très lisibles de ] Pasquier   Pelletan  Jacquinot Pampelune
 
[ Suit ensuite en bas  de page le début de la déposition de ]
 
Marie Angélique Bernardine Guidon, âgée de 

[ suivent ensuite 3 paraphes illisibles qui doivent correspondre à ceux de Pasquier, Jacquinot Pampelune et de Marie Angélique Bernardine Guidon ( veuve du Dr Tillos et remariée au docteur en médecine William Fréderic Edwards, ainsi qu’on peut le lire sur la page suivante du PV d’audition des témoins du 29/03/1817,  glorieusement IGNORE par M Philippe Delorme dans son célébrissime ouvrage  » Louis XVII La Vérité « ( Pygmalion avril 2000)]
 

  Louis XVII la vérité

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Dans son ouvrage   » Mémoires historiques sur Louis XVII, roi de France et de Navarre «    Jean Eckard (H. Nicolle, 1818 – 496 pages )

Jean Eckard a écrit p 296  :

<< Le 9 juin lendemain de sa mort MM Dumangin et Pelletan accompagnés de MM Jean Roy oncle et Lassus procédèrent d après les ordres du Comité de Sûreté générale à l ouverture du corps de Louis XVII.Le procès verbal de cette opération dans lequel on a entièrement oublié d insérer la date de l année a été rédigé par M Pelletan qui en a conservé l original en ses mains (Pièces justificatives nos 11 et 12 )  »

Jean Eckard a écrit p 490  ( fin du PV d’ouverture du corps )

<< Le présent Procès verbal a été fait et clos à Paris au lieu susdit par les soussignés à quatre heures et demie de relevée les jour et an que dessus
Signés JBE Dumangin PJ Pelletan P Lassus N Jeanroy

[ Ici il convient de remarquer ce que nous n’avions pas encore fait – lire c’est relire ! – que cette énumération  correspond parfaitement ) à l’ordre des signatures donné par le PV d’audition du 29/03/1817 ! Suit ensuite immédiatement après dans le livre de Jean Eckard à la page 490 : ] 

Je soussigné Chevalier de l Ordre royal de la Légion d Honneur Membre de l Académie royale des Sciences Professeur de la Faculté de Médecine certifie de plus qu après avoir scié le crâne en travers au niveau des orbites pour faire l anatomie du cerveau dans l ouverture du Corps du Fils de Louis XVI qui m avait été ordonnée j ai remis la calotte du crâne en place et l ai couverte de quatre lambeaux de peau que j en avais séparés et que j ai cousus ensemble qu enfin j ai enveloppé toute la tête d un linge ou mouchoir ou peut être d un bonnet de coton fixé au dessous du menton ou de la nuque comme il se pratique en pareil cas On retrouvera cet appareil s il est vrai que la pourriture ne l ait pas détruit mais certainement la calotte du crâne existera encore enveloppée des débris de ces linges ou bonnet de coton
Paris 17 août 1817 Signé Pelletan
>>

Fouilles du cimetière sainte-Marguerite (4)

Chers amis,

Grâce à notre travail d’équipe ( numérisation des archives par notre archiviste du Roi Louis XVII, découverte par Philippe de l’information parue au Journal des débats politiques et littéraires du 5 mars 1815, contribution de notre éminent ami François-Marie dans ses derniers commentaires », le tout étayé par les travaux du CEHQL17 animé par Laure de La Chapelle ) nous sommes sur le point de faire une découverte capitale, que nous livrons à votre réflexion critique pour validation ou abandon à suivre, selon notre heuristique désormais bien établie ! 

François-Marie a écrit :

 » Je ne pense pas qu’il faille chercher dans les papiers d’Eckard la”déclaration particulière de M. le docteur Pelletan”( http://books.google.fr/books?id=WLlWAAAAMAAJ&pg=PA490&lpg=PA490&dq=Louis+XVII+Pelletan+cr%C3%A2ne&source=bl&ots=6FL2LQplII&sig=G2qBb1Uv5lGEIhXVj-bycj8g8DE&hl=fr&ei=PWTXTomsBsGUOsbmrMMO&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5&ved=0CDsQ6AEwBA#v=onepage&q&f=false)

ainsi qu’il la nomme dans la table de la 3° édition 1818 de son ouvrage où elle apparaît pour la première fois.  [***] Pelletan a précisé dans cette attestation qu’il “certifie de plus”. On en déduit que ce certificat a été rédigé à la suite du document qui le précède , c’est à dire le procès-verbal de l’autopsie de l’enfant du Temple , 

http://books.google.fr/books?id=WLlWAAAAMAAJ&pg=PA490&lpg=PA490&dq=Louis+XVII+Pelletan+cr%C3%A2ne&source=bl&ots=6FL2LQplII&sig=G2qBb1Uv5lGEIhXVj-bycj8g8DE&hl=fr&ei=PWTXTomsBsGUOsbmrMMO&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5&ved=0CDsQ6AEwBA#v=onepage&q&f=false


Or, à la page 296 où Eckard fait référence à ces deux pièces (n°11 et 12), il indique que Pelletan “a conservé l’original du procès-verbal entre ses mains”

http://books.google.fr/books?id=WLlWAAAAMAAJ&pg=PA490&lpg=PA490&dq=Louis+XVII+Pelletan+cr%C3%A2ne&source=bl&ots=6FL2LQplII&sig=G2qBb1Uv5lGEIhXVj-bycj8g8DE&hl=fr&ei=PWTXTomsBsGUOsbmrMMO&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5&ved=0CDsQ6AEwBA#v=onepage&q&f=false

.Comme la “déclaration particulière” fait suite au procès-verbal, elle est elle-même demeurée entre les mains de Pelletan : Eckard en a tout au plus pris une copie. C’est donc logiquement dans la succession Pelletan que ces deux pièces originales devraient se trouver … avec tous les aléas qu’implique un tel statut quand on connaît les tribulations du coeur ! CQFD…sous toutes réserves.>>

Après avoir à nouveau vérifié la copie numérisée de la déposition de Pelletan du 29/03/1817 où il est écrit que Pelletan a remis 6 pièces originales [ dont le PV d’ouverture du corps du 9/06/1795 ] entre les mains de Pasquier, force est de constater que la pièce nommée par Eckard  » certificat de Pelletan » n’y figure pas ! 

Voilà une nouvelle et redoutable énigme qui se présente à nous …

Eckard ayant écrit que Pelletan a conservé par devers lui le document original qui sera remis à Pasquier le 29/03/1817, il s’en suit inéluctablement, compte tenu du crédit à accorder à Eckard et au PV d’audition des témoins par Pasquier et Jacquinot Pampelune en date du 29/03/1817, qu’Eckard a rencontré Pelletan AVANT LE 29/03/1817 !

DANS LA LOGIQUE DE L’OBSERVATION FAITE PAR FRANCOIS-MARIE IL EST DONC IMPOSSIBLE QUE LE CERTIFICAT DE PELLETAN SOIT DU 17 AOÛT 1817 ! 

Pour vous remercier,cher François-Marie, de la découverte que nous sommes en train de faire ensemble, nous allons transcrire les 2 pages terminales de la déposition de Pelletan du 29/03/1817, faisant l’inventaire des pièces originales remises entre les mains de Pasquier ! …
[ *** : Merci, très cher François-Marie, d’avoir certifié que je suis dans la bonne … perspective … ; qu’il me soit permis d »écrire combien un tel certificat, venant de vous, me fait chaud au coeur, à l’esprit et à l’âme, alors que nous sommes à un moment ABSOLUMENT CRUCIAL de nos recherches  … et Ô COMBIEN REDOUTABLE pour vous et votre intime conviction !… Dix-sept mille mercis !]

Fouilles du cimetière sainte-Marguerite (3)

LIRE C’EST RELIRE !

Incroyable découverte en faisant un point de situation au téléphone avec notre ami et archiviste du Roi Louis XVII !

Nous avons écrit dans le message précédent de cette rubrique : 

<< Pour notre part, nous nous bornerons à rappeler que les fouilles en vue de l’exhumation des restes de l’enfant décédé au Temple le 8 juin 1795, ont été suspendues SINE DIE sur ordre de Louis XVIII, parce que :

1 / on aurait dû extraire un corps qu’il aurait été très facile de reconnaître,  grâce à la marque laissée sur le crâne, telle qu’elle a été décrite par Pelletan dans cette déposition, qui aurait été faite le 17 août 1817, d’après la transcription donnée par Jean Eckard ! ***

…/…

*** Au sujet de ce certificat de Pelletan, la date qui est indiquée par Jean Eckard nous semble bien étrange et nous souhaiterions pouvoir contrôler ce document pour trois raisons : 

* il fait immédiatement suite à un des 4 PV d’autopsie du 9 juin 1795 ( celui que Pelletan a remis au Chancelier Pasquier le 29/03/1817 et dont Jean Eckard a eu connaissance à titre d’historien – écrivain agréé par la famille Royale ) ;

* nous n’avons aucune connaissance d’une quelconque déposition officielle de Pelletan à la date du 17/08/1817, alors que les enquêtes officielles diligentées sur ordre de Louis XVIII ont conduit Pelletan à faire ses 2 dépositions solennelles du 13 juin 1816 devant le comte Anglès, préfet de police de Paris et du 29 mars 1817, auprès de Pasquier, Garde des Sceaux et de Jacquinot Pampelune, procureur du Roi ! …

* nous ne savons pas où est actuellement conservée cette archive et sous quelle cote  ! … >> 

Or en relisant le document à la demande de notre ami, nous avons  » percuté  » sur  l’expression suivante : 

 << Je soussigné Chevalier de l Ordre royal de la Légion d Honneur Membre de l Académie royale des Sciences Professeur de la Faculté de Médecine certifie de plus …/…>>

( lire la suite de la déposition sur google books )

La transcription de cette déposition venant juste après celle du PV d’autopsie, réalisé le 9 juin 1795, comment ne pas faire l’hypothèse que Jean Eckard ( ou l’éditeur ? ) s’est trompé ( volontairement, pour des raisons évidentes, ou non ) en donnant le jour du 17 août 1817, comme date de composition de ce document absolument capital et sans lequel il n’y aurait certainement plus aujourd’hui de mystères du cimetière sainte-Marguerite ?…

Ce ne serait pas la 1 ère fois que nous prendrions Jean Eckard en défaut dans un de ses livres ! 

Nous avons vérifié les sur les dépositions solennelles des 13 juin 1816 et 29/03/1817 de Pelletan qui seules aujourd’hui peuvent faire foi ! Il n’y est fait aucune mention de ce certificat de Pelletan attestant l’opération qu’il a réalisée sur le crâne de l’enfant autopsié ! 

Dans quelles circonstances Pelletan a-t-il donc fait cette déclaration écrite dont Jean Eckard a eu connaissance avant de publier son livre en 1818 ?
Nous l’ignorons, de même que nous ignorons pour l’instant où est conservée cette archive !…  

Ce n’est que dans son Mémoire publié en 1894 que Pelletan fait état du questionnement en 1815 de la duchesse d’Angoulême au sujet de la marque qui aurait permis de reconnaître le corps de Louis XVII ! Mais comme nous tenons désormais ce document comme apocryphe nous ne pouvons donc plus nous en servir pour établir quoi que ce soit de certain, sauf à admettre que ce serait la part de vérité indispensable ( et pour l’instant invérifiable ) pour rendre crédible tout faux témoignage ! …

===== ADDENDUM pour notre ami François-Marie

p 490

Le présent Procès verbal a été fait et clos à Paris au lieu susdit par les soussignés à quatre heures et demie de relevée les jour et an que dessus Signés JBE Dumangin PJ Pelletan P Lassus N Jeanroy

Je soussigné Chevalier de l Ordre royal de la Légion d Honneur Membre de l Académie royale des Sciences Professeur de la Faculté de Médecine certifie de plus qu après avoir scié le crâne en travers au niveau des orbites pour faire l anatomie du cerveau dans l ouverture du Corps du Fils de Louis XVI qui m avait été ordonnée j ai remis la calotte du crâne en place et l ai couverte de quatre lambeaux de peau que j en avais séparés et que j ai cousus ensemble qu enfin j ai enveloppé toute la tête d un linge ou mouchoir ou peut être d un bonnet de coton fixé au dessous du menton ou de la nuque comme il se pratique en pareil cas On retrouvera cet appareil s il est vrai que la pourriture ne l ait pas détruit mais certainement la calotte du crâne existera encore enveloppée des débris de ces linges ou bonnet de coton Paris 17 août 1817 Signé Pelletan

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La page 496 est une page de sommaire qui renvoie à la p 490

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p 290

parce qu il avait disaient elles refusé de prêter son ministère aux desseins criminels qu on supposait lui avoir été confiés au sujet du Fils de Louis XVI Cette opinion se fortifia aussi par la mort subite de Choppart Pharmacien qui avait commencé avec son ami Desault le traitement du jeune Malade et surtout par la mort de cet infortuné Prince qui comme on l a vu suivit de près celle de ses deux Chirurgiens Le 9 juin lendemain de sa mort MM Dn mangin et Pelletan accompagnés de MM Jean roy oncle et Lassus procédèrent d après les ordres du Comité de Sûreté générale à l ouverture du corps de Louis XVII Le procès verbal de cette opération dans lequel on a entièrement oublié d insérer la date de l année a été rédigé par M Pelletan qui en a conservé l original en ses mains Pièces justificatives nos 11 et 12 L autopsie scrupuleusement détaillée de l En fant Roi faite par des hommes dont le savoir

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Bonne nuit à tous ! 

Fouilles du cimetière sainte-Marguerite (2)

Notre ami Philippe a bien voulu accepter de devenir en quelque sorte « le chef de chantier  » des fouilles dans les sources documentaires encore accessibles  aujourd’hui !

Nous invitons tous ceux qui seraient intéressés par la reprise de nos recherches sur cette question des fouilles du cimetière sainte-Marguerite, à l’origine même de l’énigme Louis XVII, de bien vouloir intervenir dans cette tribune spécifique ! 

Pour notre part, nous nous bornerons à rappeler que les fouilles en vue de l’exhumation des restes de l’enfant décédé au Temple le 8 juin 1795, ont été suspendues sine die sur ordre de Louis XVIII, parce que :

1 / on aurait dû extraire un corps qu’il aurait été très facile de reconnaître,  grâce à la marque laissée sur le crâne, telle qu’elle a été décrite par Pelletan dans cette déposition, qui aurait été faite le 17 août 1817, d’après la transcription donnée par Jean Eckard ! ***

2 / parce que Louis XVIII savait que ce n’était pas son neveu Louis XVII qui était mort au Temple le 8 juin 1795 !

*** Au sujet de ce certificat de Pelletan, la date qui est indiquée par Jean Eckard nous semble bien étrange et nous souhaiterions pouvoir contrôler ce document pour trois raisons : 

* il fait immédiatement suite à un des 4 PV d’autopsie du 9 juin 1795 ;

* nous n’avons aucune connaissance d’une quelconque déposition officielle de Pelletan à la date du 17/08/1817, alors que les enquêtes officielles diligentées sur ordre de Louis XVIII ont conduit Pelletan à faire ses 2 dépositions solennelles du 13 juin 1816 devant le comte Anglès, préfet de police de Paris et du 29 mars 1817, auprès de Pasquier, Garde des Sceaux et de Jacquinot Pampelune, procureur du Roi ! …

* nous ne savons pas où est actuellement conservée cette archive et sous quelle cote  ! …

PS : voir aussi les informations relatives à ce dossier dans le  message « Atout coeur pour Louis XVII !(128)« 

Fouilles du cimetière sainte-Marguerite

 Ainsi que vous avez pu le lire, notre ami Philippe a été très intrigué, et nous ensuite avec lui, par la découverte qu’il a faite dans le Journal des débats politiques et littéraires du 5 mars 1815 !

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<<  On y lit également un passage en date du 4 mars 1815 qui m’a fort intrigué, et que je cite :

“On s’occupe des préparatifs de la cérémonie qui doit avoir lieu incessamment, pour la translation à Saint-Denis des restes du fils de Louis XVI, qui sont déposés dans l’église Sainte-Marguerite, faubourg Saint-Antoine.”

D’où vient cette information ? Est elle totalement farfelue ou y a-t-il quelques vérités là-dessous. Je croyais que les premières fouilles afin de retrouver le corps de Louis XVII n’avaient été entreprises qu’en 1816, et là on parle de restes déposés dans l’église ! C’est totalement aberrant !

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Si nous avons pris connaissance avec intérêt de l’avis de Laure de La Chapelle, nous croyons qu’il n’en demeure pas moins opportun de continuer à s’interroger sur cette information. 

C’est pourquoi, nous ouvrons cette nouvelle rubrique en offrant à notre ami Philippe, ce qu’a écrit Jean-Pascal Romain dans son livre de référence   » Louis XVII Roi de Thermidor » ( Ed François-Xavier  de Guibert, 1995 – p 87-89 ).

Nous remercions tout lecteur qui serait intéressé par ce dossier de se joindre à Philippe, afin de constituer une véritable équipe, qui pourrait travailler sur ce nouveau chantier !

Nous avons déjà traité cette affaire sur nos forums précédents, qui sont malheureusement inaccessibles sur Internet ; il nous faut donc faire une recherche dans nos archives que nous afficherons dès que possible ( courant semaine prochaine si nous le pouvons ) … 

Pour notre part, nous allons faire une pause dans nos publications quotidiennes de messages, afin de pouvoir réaliser au plus vite la restructuration complète de notre Mémoire  » Atout coeur pour Louis XVII  » auquel nous allons adjoindre le sous-titre  » Autopsie d’une fausse vérité – 1 ère partie « 

ADDENDUM ! 

En attendant de pouvoir rechercher les archives de nos forums disparus, voici de la lecture, cher Philippe, sur le forum de BRH où vous retrouverez …. nos réflexions sur le dr Philippe -Jean Pelletan et la Revue Rétrospective … d’il y a 2 ans !…

Les mystères du Cimetière Sainte-Marguerite

Peut-être est-ce le prochain dossier, dont nous allons devoir nous saisir, quand nous en aurons fini avec le coeur !…

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CHAPITRE V
LES EXHUMATIONS ET LES FOUILLES
M. DE CHARETTE ET NAPOLÉON… LA BIÈRE VIDE

Y eut-il déjà des fouilles au cimetière Sainte-Marguerite dès le temps du Directoire et de l’Empire ? Oui, si l’on en croit du moins les textes suivants, relatifs à des tentatives secrètes d’« exhuma­tions », d’ailleurs infructueuses, des restes de Louis XVII.

Le premier est un passage de l’Histoire secrète du Directoire (T. I, p. 187) rapportant les paroles de Richer-Serisy, agent du Comte de Provence pendant la Révolution.

«      … J’ai assisté, il y a peu de temps, aurait affirmé celui-ci, à une fouille nocturne faite au cimetière Sainte-Élisabeth et entre­prise dans le but d’arracher à cette terre obscure un cadavre sacré ; on n’a rien trouvé dans la fosse, pas même les débris de ce corps, qu’on avait dit être celui du fils du défunt Capet.

«      … Nous devisâmes, ajoute l’auteur, sur cette mystérieuse obs­curité qui environnait les derniers instants de cette royale victime. Nous écoutâmes le récit pittoresque que Richer-Serisy nous fit de cette recherche vaine de ces reliques disparues. L’avocat Bellart était du nombre, ainsi, je crois, que son confrère Chauveau-Lagarde et Desèze ; il y avait aussi le marquis de Clermont, deux Vendéens, députés de Charette, qui prétendaient qu’on l’avait trompé, et je ne sais plus qui encore ?

«      … Cette conversation avait lieu vers le commencement de décembre (1795), peut-être même quelque temps auparavant. »

On lit, dans une note des Souvenirs de la Marquise de Créquy (T. VII, p. 131), l’indication suivante :

«      On a dit que ses restes avaient été portés dans le cimetière de Sainte-Marguerite mais comme aucunes mains n’avaient sou­tenu son corps défaillant et soulevé sa tête mourante, il ne s’est trouvé aucune main pieuse pour bénir cette misérable fosse, et pour y marquer ce coin de terre où venait aboutir tant de gloire  et d’atrocités, tant d’espérances déçues et de lâchetés féroces. Il n’est donc pas étonnant que les fouilles ordonnées par le Roi son oncle, en 1797, n’aient produit aucun résultat. »

Ces deux textes font-ils allusion à des fouilles différentes exécutées à deux ans d’intervalle ? ou bien plus probablement y a-t-il dans le deuxième une confusion de date concernant les recherches auxquelles aurait assisté Richer-Serisy ?

Quoi qu’il en soit, d’autres recherches auraient été effectuées quelques années plus tard si l’on en croit le passage suivant des Mémoires de Napoléon :

« Je fis faire des fouilles au cimetière Sainte-Élisabeth, au lieu indiqué de la sépulture du cadavre… La bière, encore assez bien conservée, ayant été ouverte en présence de Fouché et de Savary, se trouva vide. » (Mémoires de Napoléon P« , t. I, p. 211.)

On sait que ces ouvrages, comme la plupart des Mémoires de ce genre, n’ont pas été rédigés par leurs auteurs nominaux, c’est ainsi que l’Histoire secrète du Directoire généralement attribuée au conventionnel Fabre (de l’Aude), a été seulement rédigée d’après ses notes. On attribue dans les mêmes conditions la rédaction des Souvenirs de la Marquise de Créquy à M. le comte de Cour-champs, tandis que chacun sait que le véritable auteur des Mémoires de Napoléon n’est autre que le baron de Lamothe­Langon. On ne saurait donc accepter les témoignages de ces mémoires qu’avec prudence et, notamment, on se gardera d’attri­buer à la dernière de ces citations la valeur d’une affirmation de l’Empereur ; mais on ne saurait, toutefois leur refuser la valeur d’une tradition dont un Lamothe-Langon par exemple aurait eu connaissance.

Par ailleurs, il n’est pas inutile de préciser que si l’on doit lire évidemment cimetière Sainte-Marguerite au lieu de cimetière Sainte-Élisabeth, cette dernière appellation n’est cependant pas si erronée qu’on pourrait le croire, puisque le cimetière Sainte-Marguerite était celui de la paroisse Sainte-Élisabeth qui était la paroisse du Temple.

Aussi, malgré les réserves que nous avons exprimées plus haut, doit-on reconnaître que les faits rapportés sont parfaitement vrai­semblables, et qu’ils n’offrent même aucune contradiction avec ceux que nous connaissons déjà.

Il est hien évident, en effet, que sous la Révolution et l’Empire où le secret de l3ertrancourt était encore ignoré, le seul « lieu indiqué de

la sépulture du cadavre » était l’emplacement désigné dans le pro­cès verbal de la levée du corps, auprès du mur d’enceinte longeant la rue Saint-Bernard, et il est normal que les enquêteurs n’y aient plus trouvé le cadavre transféré par Bertrancourt près de la chapelle de la Communion : « … on n’a rien trouvé dans la fosse, pas même les débris de ce corps… »

Mais il y a mieux, les Mémoires de Napoléon, édités en 1834′, douze ans avant les fouilles de 1846, nous apportent la révélation d’un fait inattendu : « la bière encore assez bien conservée… se trouva vide ».

Ainsi Bertrancourt, s’il avait transféré le cadavre, avait laissé, si l’affirmation de Lamothe-Langon est exacte, le cercueil de sapin utilisé par Voisin, dans la première fosse, auprès du mur de la rue Saint-Bernard.

Or, ni la veuve Bertrancourt ni Decouflet, en supposant que Lamothe-Langon ait eu connaissance de l’enquête de 1816, n’avaient fait la moindre allusion à ce changement de cercueil.

Et voilà que, nous allons le voir bientôt, les fouilles de 1846 viendront authentifier l’anecdote et la confirmer d’une façon inat­tendue ; ce n’est pas, en effet, dans une bière de bois que l’on retrouva les ossements du cadavre qui se trouvait bien au lieu indiqué par Bertrancourt, mais dans un cercueil de plomb.

Quand l’abbé Raynaud écrivait que Bertrancourt avait constaté que le petit cadavre avait le crâne scié, il avait donc raison ; mais si Bertrancourt a ouvert le cercueil, ce n’était pas pour recon­naître le cadavre qu’il n’avait d’ailleurs pas pu voir auparavant, mais pour pouvoir le transférer dans un cercueil en plomb, afin de mieux assurer la conservation des restes de celui qu’il croyait être le chef de la Maison de Bourbon.

Ainsi, c’est bien l’enfant autopsié par Pelletan et ses collègues que Bertrancourt a réinhumé près de la chapelle de la Commu­nion. Et on peut penser que la découverte de la bière vide sous l’Empire, en présence de Savary et de Fouché, explique peut-être et confirme certains agissements de ce dernier (vis-à-vis d’Her­vagault par exemple) et il n’est guère possible de douter que l’initiative attribuée par Lamothe-Langon à Napoléon n’ait eu lieu en effet.

1816 – Bertrancourt et Voisin …
…/…