Solennité 2018 de l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ

The Ascension of Christ, 1958 by Salvador Dali

The Ascension of Christ, 1958 by Salvador Dali« Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68

Livre des Actes des Apôtres 1,1-11.

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis.
C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.
Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »
Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »
Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.
Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »
Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.
Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Merci à Fdesouche qui nous propose : 

Pour un appel de laïcs aux Evêques de l’Eglise de France et de Navarre [ ADDENDUM 18 h 50 ]

A l’approche de la neuvaine à saint Michel Archange, du 29 avril au 7 mai 

nous lançons un appel aux catholiques pour qu’ils créent, dans chaque diocèse où cela sera possible, une cellule johannique de 2 ou 3 membres qui ira demander à leur évêque de bien vouloir :

1 / rétablir la prière à Saint Michel Archange à la fin de chaque messe dominicale, célébrée dans leur diocèse ; 

2 / engager une démarche auprès de leurs confrères évêques, archevêques ou cardinaux afin que soit réalisée, avant le  29 septembre 2018 au plus tard, une célébration commune au cours de laquelle sera faite la prière du grand exorcisme à Saint Michel, afin de libérer la France de la gouvernance de Satan, à laquelle la République Française est actuellement soumise.

Afin que cette initiative puisse avoir une chance de succès, chaque catholique qui apporterait son concours en ayant  conscience de son appartenance au corps mystique du Royaume de France, constitué de pauvres pécheurs fracassés par le triomphe de la Révolution et deux siècles de guerres et d’invasions de tous ordres, est invité à prier de manière aussi régulière que possible le chapelet de Saint Michel Archange, comme nous avons pu le lire sur cette annonce publiée par le Salon Beige :

Du 1er au 8 mai : la statue de St Michel Archange à Paris

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Nous confions cet appel à la vénérable Madame Elisabeth de France, en vue de servir à la cause de son éventuelle  béatification, ouverte par l’accord donné par l’Assemblée plénière à Lourdes le 8/11/2017. ( CEF 8/11/2017 ) .

*** Voir La fonction royale – Essence et légitimité d’après les Tractatus de Jean de Terrevermeille – Jean Barbey ( NEL 1983 ). 

PS : Nous n’ignorons pas la demande toujours en attente de réponse faite par la Reine des Prophètes à Fatima mais, sauf erreur d’interprétation, ce n’est pas nous laïcs qui avons un droit d’initiative et le pouvoir d’y répondre autrement que par nos sacrifices et nos prières … D’où cet appel qui ne saurait bien sûr se substituer à la réponse que Rome doit apporter en y associant tous les évêques de la sainte Eglise Catholique Apostolique et Romaine …

ADDENDUM 18 h 50 Merci au salon Beige qui a accepté de valider notre commentaire sur cette page que nous avons découverte, par une curieuse coïncidence, juste après avoir posté ce billet …

L’oligarchie nous emmène vers la guerre et la dictature …/… 

Triduum pascal 2018

Joyeuse et sainte fête de Pâques ! Jésus est ressuscité ! 
Il est vivant pour les siècles des siècles ! 

vidéo découverte sur le Salon beige le 30/03/2018

Site du Saint-SépulcreFace of Jesus in negative

Images extraites du site du Saint Suaire de TurinStacks Image 571Flash de la résurrection de Notre Seigneur Jésus-ChristMarie-Madeleine rencontre Jésus ressuscité des mortsRésultat d’images pour icone descente aux enfersSamedi saint : descente aux enfers  du Fils de Dieu, fils de DavidRésultat d’images pour salvador dali crucifixtionVendredi saint : crucifixion du Christ ( Salvador Dali ) 

Última Cena - Da Vinci 5.jpg

Jeudi saint : Última Cena ( Da Vinci) 

De l’absence des « descendants du Temple » dans l’Histoire de France depuis le 8 juin 1795 …(4) [ MAJ 17 h 30 ]

Dans la suite logique de ce que nous avons publié, ces derniers jours ( voir  Face à l’islam de plus en plus conquérant … *** [ ADDENDUM – MAJ 17/02 11 h 45 ] ) voici une approche inédite qui nous est suggérée par la lecture attentive des articles cités ci-après et leur  confrontation avec la réalité d’aujourd’hui, telle que nous pouvons l’analyser à la fenêtre de notre écran d’ordinateur, en suivant le curseur de l’actualité, proposé par ces deux analyses de Riposte Laîque : 

Merah, Kouachi, Boubakeur, Muhammad, El Karoui : même islam, même combat !

Yasser Louati, ex porte-parole du CCIF, appelle les musulmans à l’insurrection

d’où nous extrayons la citation suivante : 

 » …/… Cette déclaration est quoi qu’il en soit celle de la guerre qui vient, et cette guerre est dans la tête des gens qui se donnent en ce moment les moyens de la faire. De NOUS la faire. Le discours qui accompagne cet article devrait, en démocratie, entrainer la réaction immédiate des autorités. Un pouvoir digne de ce nom, insulté de cette manière, se ferait respecter au nom du peuple qu’il représente. Il est hélas fort à prévoir que cette réponse se noiera dans le fatras des lâchetés aujourd’hui cumulées, grimées en masques d’autorité. Nous ne sommes plus en démocratie, pas encore en dictature. Nous sommes dans un entre-deux morbide et délétère où le hurlement empêche le discours posé, la ruse la clarté du débat, le spadassin l’édile et le coup de poignard dans le dos la confrontation loyale.

Nous avons pourtant encore la chance de nous en sortir : impatient et de plus en plus péremptoire, l’Islam, qui n’a strictement plus rien apporté d’autre au monde, depuis plus de mille ans, que son orgueil stérile et sa violence congénitale, ne manque pas de commettre les imprudences propres à sa génétique. Brutales et désordonnées, ses offensives ont de tous temps été stoppées par un minimum de volonté et d’organisation. Ces deux vertus font grandement défaut à l’heure qu’il est à nos dirigeants, mais l’on sent bien que de son côté, la France des libertés et des droits, la France profonde vomie par la volaille médiatique aux ordres de la décadence politique, s’arme moralement et mentalement. Enfin… on l’espère tant. …/… « 

Lecteur régulier des sites de référence de la patriosphère ( ou réacosphère, voire réinfosphère ) , nous ne pouvons ignorer cette interpellation de Jean Sobieski et faire comme si nous ne l’avions pas lue,  tandis que le curseur de l’actualité se trouve dans d’autres débats sur les sites des diverses nanoplanètes de la galaxie royaliste. 

Or voici que nous venons de lire, sur le blogue de La Charte de Fontevrault, pour qui le Pater Noster a été substitué aux LFR devenues obsolètes,  des arguments inédits, qui nous invitent à réagir comme à ceux de Jean Sobieski.  

Défense et illustration du duc d’Anjou par un légitimiste conscient et organisé.

Quelques anciens amis royalistes savent que nous avons cherché à servir, du mieux que nous avons pu, la cause incarnée par notre très regretté Prince de Bourbon, feu Mgr le duc d’Anjou et de Cadix, père  de l’actuel Louis de Bourbon, Mgr le duc d’Anjou.

Mais la Divine Providence a permis que cette cause ne soit révèlée au grand public, que grâce aux affiches grand format qui tapissaient les kiosques de presse, du haut en bas des Champs-Elysées, au lendemain du 30 janvier 1989, avec l’annonce de la mort accidentelle – ô combien étrange ! – de ce Prince de Bourbon, lors des Championnats du monde de ski de Beaver Creek …

C’est cet évènement et divers autres, strictement privés, qui nous ont conduit à engager une réflexion approfondie sur la Question Louis XVII. Et aujourd’hui nous avons acquis la certitude que Louis XVII n’est pas mort au Temple le 8 juin 1795, pour toutes les raisons développées dans nos deux livres, dont nous attendons  la critique historique, que nous avons sollicitée de manière explicite auprès de  plusieurs personnalités. 

Dès lors, à l’exemple de ce qu’a écrit Jean Sobieski sur RL, il ne nous reste plus qu’à attendre et espérer que l’élite du pays réel de France soit capable de s’organiser en constituant un réseau de cellules johanniques opérationnelles, qui se ferait, pour les uns, sous l’égide de la royauté de l’idée de la résistance absolue à l’islam ou toute autre motivation politique compatible avec elle.    

Pour notre part, il nous suffira de reprendre ce que nous avons déjà publié en le corrigeant et en le complétant comme suit, au nom de notre fidélité aux Lois Fondamentales du Royaume de France, que nous considérons scellées jusqu’à la Fin des Temps par la mission naturelle et surnaturelle de Jeanne d’Arc.

A titre de royaliste survivantiste, dans l’attente de l’avènement du Bourbon-Habsbourg dont l’existence, nous semble aussi nécessaire que celle de Neptune a pu l’être aux yeux du mathématicien astronome Le Verrier, du fait de sa connaissance des lois de la gravitation universelle, nous admettrons, que tous les royalistes de quelque courant qu’ils aient été ou qu’ils soient, aujourd’hui encore – [ à la condition sine qua non de la bonne foi de leur adhésion à la cause incarnée par tel ou tel Prince de Bourbon, fût-il même un faux Dauphin !.. – ]  ont été une expression plus ou moins erronée ou très imparfaite  de la perpétuation et donc de la survivance du corps mystique du Royaume de France, massacré par la Révolution. 

Il appartient désormais au pays réel, royaliste ou non, mais ayant conscience du péril mortel pour notre civilisation de l’emprise de l’islam sur la France, et au-delà sur l’Europe de développer les défenses immunitaires dont chacun peut disposer à son niveau de compétences et de responsabilités. 

Si ces réflexions étaient appelées à avoir un écho, aussi minime soit-il, sur l’un ou l’autre des sites que nous croyons attentifs – sauf erreur – à ce qui se publie ici, nous nous ferions un devoir de les reprendre et de les développer pour présenter ce que pourrait être l’ADN d’un projet,  visant à contribuer à l’éradication des métastases du cancer de l’islam en France, ou  à tout le moins à promouvoir la croissance du corps mystique du Royaume de France,  dont notre CRIL17 ne constitue qu’une nanocellule. 
Chrono ! Qui vivra verra ! 

ADDENDUM 17 h 30 Face au cauchemar auquel nous sommes confrontés et afin que Dieu donne la victoire à la France sur l’islam …

28 avril : rosaire aux frontières de la France

ILS ONT DONNÉ LEUR VIE POUR LA FRANCE. ET NOUS ?

Ne serait–il pas temps qu’au minimum, vous mes compatriotes du XXIe siècle, vous donniez votre énergie et votre vaillance pour sauver la patrie des graves dangers qui la menace ?

…/… Dans ce billet, le sergent Jean Soulagnes, du 75e régiment d’infanterie, s’adressait à son « seul ami »Jean Audiffen depuis la Somme, juste avant de partir au front. En voici les extraits majeurs :
« Je m’adresse à vous comme au meilleur, au seul de mes amis. Je pars dans deux heures pour une destination incertaine où doivent se passer de grandes choses. Et c’est à vous que je m’adresse pour éviter à une famille la douloureuse nouvelle […] Je connais votre cœur et je n’hésite pas à lui faire un appel suprême : vous ne refuserez pas le pénible service, en cas d’événement grave, d’avertir ma famille et ma fiancée qu’avant de mourir, après avoir donné ma vie au pays, mon âme ne pense qu’à eux et leur envoie mon adieu suprême. Je sais ce qu’est la guerre, mais je sais que de nous dépend la fin. De cette bataille viendra peut-être ma fin, mais aussi la victoire, et l’affreux cauchemar aura vécu. Dites-leur que c’est pour eux que j’ai la force de vaincre et de tout cœur je les presse sur mon cœur. Adieu mon vieux, bien fraternellement à vous. Jean. »
…/…

 Qui sait, peut-être la mise au jour de cette lettre n’est-elle pas simplement le fait du hasard mais le signal, à travers l’au-delà, de faire de nouveau face au danger ?

Ancien officier de Gendarmerie
Diplômé de criminologie et de criminalistique

Louis XVII Au coeur de l’imposture ( suite 1)

Chers amis lecteurs, 

Vincent Le Dix-Septième Louis de Georges PlasAprès la publication de notre page spéciale «   Louis XVII Au coeur de l’imposture de l’argumentation de Philippe Delorme, «  nous avons le plaisir de vous proposer une synthèse critique de notre ouvrage, reçue de Georges Plas, auteur de «  Vincent Le dix-septième Louis « ;  nous vous avons déjà présenté ce livre, à plusieurs  reprises, sans pouvoir partager ses conclusions, malgré la force probante, ou à tout le moins troublante, d’arguments tirés de l’étude des archives disponibles, associée à une approche probabiliste de l’énigme, en l’absence de la preuve irréfutable de l’exfiltration de  Louis XVII, toujours manquante à ce jour, … tout comme l’est celle de la mort de Louis XVII au Temple, le 20 prairial an III ou 8 juin 1795 …  
Bonne lecture de cette analyse faite avec toute la sincérité du regard, exigée par l’amitié intellectuelle, née de l’enjeu du débat et de notre position commune, défendue lors de la récente controverse sur une interprétation du cryptage de la dernière lettre de la Reine Marie-Antoinette à Fersen, objet d’un véritable tsunami médiatique, sur lequel nous allons devoir revenir prochainement. …

 » Commentaire général

Se plonger dans l’odyssée des cœurs attribués à Louis XVII, inimaginable imbroglio, relève soit de l’inconscience soit de la confiance absolue en ses capacités d’analyse et de synthèse des documents découverts et des témoignages. C’est le défi que s’est lancé Charles Barbanès. Pour parler plus abruptement de cette odyssée, je dirais que c’est une histoire de fou. Mais patiemment l’auteur dévide le fil d’Ariane et évite de se perdre sur un chemin aux innombrables méandres. Déchirer le voile qui a été tiré sur le destin de Louis XVII depuis que cet enfant a été séparé de sa famille en juillet 1793 est devenu pour lui une impérieuse nécessité, presque un sacerdoce.

Retrouver la preuve authentique parmi les preuves falsifiées ou créées de toute pièce tout en tenant compte de celles qui furent détruites par les révolutionnaires, les historiens peu scrupuleux, les écrivains en mal de reconnaissance est une tâche vraiment ardue.

En résumé :

C’est sur la seule bonne foi du docteur Philippe-Jean Pelletan que la substitution du cœur de l’enfant du Temple pendant l’autopsie dont il avait la charge est attestée. Aucun des médecins présents ni des nombreux témoins ayant participé ou assisté à l’autopsie n’a jamais témoigné en ce sens.

En 1831, Antoine de Saint-Gervais fait état de la virulente contestation de ce vol, par le docteur Dumangin ayant collaboré à l’autopsie. Ce même Saint-Gervais fait mention d’une note de Dumangin, après le décès de ce dernier, attestant la réalité du vol. Cependant, nul n’a jamais vu cette note et nul ne sait où elle est conservée. Donc en l’état actuel des choses, il n’existe aucune preuve que le cœur a bien été dérobé par Pelletan.

Pour ce qui est des cheveux prélevés lors de l’autopsie, Pelletan reconnait en 1817 avoir donné au commissaire municipal Damont une poignée de cheveux de l’enfant. Mais ce n’est qu’en 1836 que Lafont d’Aussonne, l’un de ces « faussaires historiques » (qui malheureusement sévissent encore aujourd’hui) affirmera que Pelletan avait conservé pour lui une partie des cheveux. Ce dernier est mort le 26 septembre 1829 sans n’en avoir jamais fait état.

Au regard des investigations de l’auteur, on constate que Philippe-Jean Pelletan était une authentique girouette, s’orientant au grè des vents de l’Histoire. Le cœur prélevé pouvant lui apporter reconnaissance et honneurs. Quelques historiens ont constaté que ce médecin avait un rapport très particulier avec la vérité historique, rapport qui transparaît au fil des recherches de l’auteur, nous amenant à douter de la véracité du vol du cœur. Cependant, une telle probabilité subsiste et doit donc être étudiée. Le prétendu vol du cœur par Tillos, confronté à l’objectivité des faits est révélateur de l’état d’esprit de Pelletan.

Les urnes et les cœurs ! Philippe Boiry avait en son temps traité du sujet et relevé toutes les incohérences qui lui sont attachées. Laure de la Chapelle a étudié la question des deux cœurs et leur possible permutation. Charles Barbanès a le mérite d’avoir dévoilé l’étonnant problème de la colle scellant les deux parties de l’urne et d’avoir collationné et synthétisé la quasi-totalité des documents connus ayant trait à cette affaire.

Pour ce qui est de l’odyssée des cœurs, l’auteur parvient à suivre leurs parcours jusqu’à leur dépôt à l’archevêché de Paris. Puis confusion et incertitude semblent devenir la règle au point qu’il devient quasiment impossible de démêler les pistes.

Autres commentaires

Si à l’heure actuelle le mystère reste entier, c’est parce que depuis que Louis XVII a été retiré à sa famille en juillet 1793, tout a été mis en œuvre pour jeter un voile sur son existence. De plus, depuis le retour des Bourbons, rien n’a été fait officiellement pour lever ce voile.

Pour ce qui est du cœur déposé à Saint-Denis, les urnes ont été manipulées et remplacées depuis 1894, c’est une certitude absolue. Par conséquent les cœurs ont été manipulés et probablement permutés depuis cette date, effaçant dès lors toute traçabilité historique. Ce qui est lamentable, c’est que le prétendu historien Philippe Delorme évacue ce hiatus de façon cavalière, tout comme celui de l’accroche des cœurs, ne retenant que les évènements susceptibles d’aller dans le sens de sa thèse.

Certains passages du livre laissent supposer (§ surligné page 22) que l’ADNmt des cheveux de Marie-Antoinette a pu être extrait pour identification avec celui du cœur supposé de Louis XVII. Or, ce ne fut pas le cas suite à une trop forte contamination des échantillons de cheveux analysés. Vous écrivez également (page 161) : « …si on considère que le code générique (sans doute avez-vous voulu écrire génétique ?) de la Reine Marie-Antoinette serait extrêmement rare… », mais nous n’en savons rien pour l’heure puisqu’il n’a pas pu être déterminé.

Je joins donc à ce courrier 2 documents extraits du livre de Philippe Boiry : « le dossier Louis XVII – une affaire de cœurs ». ***PS*** Vous pourrez constater que le marqueur 16519 n’a pas été déterminé par le laboratoire de Münster, ou n’a pas été recherché pour le cœur. On peut donc en déduire qu’il n’a pas été déterminé pour Marie-Antoinette, par ce laboratoire. Par voie de conséquence le marqueur C pour M-A n’a été trouvé que par le seul laboratoire de Louvain. Les marqueurs HVR2 de M-A n’ont donné aucun résultat, quels que soient les laboratoires. Il est donc impossible de comparer les ADNmt du cœur analysé et des cheveux de M-A. Actuellement, l’ADNmt du cœur est comparé à ceux d’Anna et d’André de Bourbon-Parme (sœur et frère), lointains cousins de Louis XVII et de son frère, par leur grand-mère Marie-Thérèse, mère de Marie-Antoinette.

Je rappelle également les propos du professeur Cassiman lors de sa conférence de presse du 19 avril 2000 : « les probabilités pour que les échantillons du cœur qui lui ont été confiés soient apparentés à Marie-Antoinette, sont de nonante-neuf virgule octante pour cent (99,80%), la science ne pouvant être sûre à 100% ». Dans la foulée, l’illustre historien Phi-Del (à ses principes) portait cette estimation à 99,90%, suite sans doute à quelques difficultés de traduction de la langue Belge francophone (un peu d’humour pour se détendre).

Ceci étant, je reste sincèrement admiratif devant le travail de collecte des documents et informations liées à cette énigme, leur analyse et leur synthèse. Il n’en demeure pas moins que seule la Providence nous offrira peut-être un jour, si tel est son bon plaisir, les clés qui nous permettront de déchirer le voile de ténèbres qui enveloppe l’enfant-roi.

Je ne doute pas que ce livre figurera en bonne place dans la bibliothèque de tous ceux qui s’intéressent à cette affaire.

Georges Plas
Auteur de  »
Vincent le dix-septième Louis  »   » 

*** PS *** : Nous serions très honoré que des experts – tels les généticiens cités ici – nous fassent part de leurs observations, sur l’analyse d’ordre scientifique qui nous est proposée par notre ami Georges Plas, et qui échappe totalement à nos compétences. 

 

Pour en finir avec l’énigme Naundorf

Wer war eigentlich Karl Wilhelm Naundorf ?

Description de cette image, également commentée ci-après

            Vor vielen Jahren hatte ich schon angefangen über diesen Naundorf Nachforschungen zu machen. Im Jahre 1986 ist nähmlich ein Buch über Naundorf erschienen, von Xavier Roche geschrieben. Dieser Roche hat sich sofort einen Adelstitel angeeignet, so wie Graf Koks von der Gasanstallt. Das passte sehr schön zu Naundorf der absolut König von Frankreich sein wollte.

            Viele Leute haben in Frankreich über Naundorf geschrieben. Ein kleiner Teil hat gesagt  er wäre ein Betrüger. Diese Leute hatten Recht. Man kann dabei nennen : Paul Eric Blanrue, Pierre Veuillot du 19ème siècle et Edmond Duplan. Aber es fehlte ihnen Einsicht in deutsche Dokumente die man nicht leicht haben konnte. Eine andere Gruppe war fest davon überzeugt dass Naundorf wirklich der Sohn von Ludwig XVI und von Marie-Antoinette war. Aber wie konnten diese Menschen das beweisen ? Ganz einfach : durch ständige Lügen und fasche Dokumente. Es genügte so etwas ständig zu wiederholen und am Ende wurden die Lügen eine Wahrheit. Diese Gruppe existiert heute noch.  ( https://www.louis17.com/  )

            Die meisten französischen Forscher hatten nur französische Dokumente zur Verfügung und haben viel von der konstanten Lügerei der Familie Naundorf und den Naundorfanhängern geglaubt. Ich gebe Ihnen ein Beispiel : eine Zeitschrift die « La Légitimité » genannt wird sollte genaue historische Angelegenheiten die mit Naundorf und seiner Familie zu tun haben, als historische Beweise veröffentlichen. Diese Zeitschrift ist auf Angabe der ältesten Tochter « Amalie » gegründet worden mit Hilfe  von einem katholischen Priesters, sehr schlecht angesehen von seiner Hierarchie denn er war  ein Illuminierter der sich auch Osmond nannte. Diese Zeitschrift ist sehr lange in Toulouse veröffentlich worden. Alles was darin steht stammt nur von den Erfindungen der Familie Naundorf.

            Im Jahre 1886 kam ein Berliner in Paris an der sich Otto Friedrichs nannte und ein regelrechter Anbeter von Naundorf und seiner Familie war. Er hat lange in Paris und später auch im Sommer in der Bretagne gelebt und machte eine ungeheure Propaganda für einen Sohn Naundorf  um dazuzukommen ihn als König von Frankreich erwählen zu lassen. Im ersten Weltkrieg ist dieser Otto Friedrichs nach Berlin zurück gegangen und hat den ganzen Krieg in seinem Büro verbracht : und wo war dieses Büro : bei der Geheimpolizei von Preussen in Berlin ! Und nach dem ersten Weltkrieg ist er ruhig nach Paris zurück gegangen und hat in der Bretagne gelebt wo er 1943 gestorben ist. Niemals ist er von der deutschen Besatzung gestört worden.

            In 1909 oder 1910 ist Naundorf in Berlin angekommen. Er kam vielleicht aus Sachsen aber man kann es nicht genau beweisen. Aber jeder Berliner, sogar die Polizei, hat bemerkt dass er mit einem fürchterlichen sächsischem Accent gesprochen hat den er sich bis an sein Lebensende nicht abgewöhnt hat. Er hatte keine Personaldokumente, noch nicht mal einen Reisepass oder eine Geburtsurkunde.  Er durfte sich als Ausländer in Berlin als Arbeiter bei einem Uhrmacher niederlassen. Zwei Jahre später durfte er nach Spandau ziehen, konnte einen kleinen Uhrmacherladen eröffnen und bekam nach einiger Zeit das Bürgerrecht wie alle Leute die einen ehrlichen Beruf ausübten.

            In Spandau hat sich der alte Bürgermeister Kattfuss sehr um Naundorf gekümmert. Er hat ihm Geld gegeben und hat ihm auch einen Lehrer besorgt für Französischstunden, deutsche Grammatikstunden, richtig Schreiben lernen usw. Naundorf war sehr faul und nicht begabt. Diese Hilfe hat nicht viel genutz. Im Jahre 1818, immer noch in Spandau, hat sich Naundorf verheiratet mit der Tochter von einem Arbeiter. Diese Heirat und das folgende Fest fand in der Wohnung von Naundorf statt. So etwas war eigentlich nur üblich für besonders vornehme Familien. Die Schwiegermutter von Naundorf war mit dieser Heirat gar nicht einverstanden. Der neue Bürgermeister und der evangelische Pfarrer haben sie bei Seite genommen und haben ihr erklärt dass der Schwiegersohn ein « von Naundorf » war der alles Gut infolge des Krieges mit den Franzosen verloren hätte und darum seinen Adelstitel nicht mehr trug.

            Aus diesen obrigen Angaben kann man genau ersehen dass Naundorf seit seiner Ankunft in Berlin unter einem gewissen Schutz von einer Organisation standt. Es handelte sich sehr wahrscheinlich um eine geheime Gesellschaft die anfing ihm eine gewisse Ausbildung zu geben damit er sich eines Tages als der Sohn von Ludwig dem 16. ausgeben könnte. Dass war natürlich sehr schwer denn dieser Naundorf hatte jahrelang mit den jüdischen Gaunern zusammengelebt von denen Thiele in seinem Buch von 1842  spricht. Diese Gauner die man auch « Rothwelsch » nennt denn das ist ihre geheime Sprache, zogen durch alle Länder wo Deutsch gesprochen wurde und Naundorf hat sogar viel in der Schweitz gelebt, und sein bester Freund war Frédéric Lechot aus Genf. Naundorf hat mindestens 10 Jahre mit den Rothwelsch gelebt aber vielleicht sogar noch länger denn er sprach fliessend Rothwelsch und kannte alle Kniffe zum Stehlen, zum Betrügen, um aus einem Gefängniss zu fliehen, und so weiter.

            Am Anfang der zwanziger Jahre ist er nach Brandenburg gezogen um dort ein Uhrmacher geschäft aufzumachen. Er hatte inzwischen mehrere Kinder und das Geld fehlte immer. Auch in Brandenburg gab es Leute die zu den Rothwelsch gehörten, besonders um gestohlene Ware zu verstecken. Mit diesen Leuten hat er verkehrt und hat bald angefangen falsche Taler herzustellen. Es hat nicht lange gedauert bis die Polizei darauf aufmerksam geworden ist, Naundorf ist von einem Rothwelsch angezeigt worden, danach kam ein Prozess und Naundorf wurde zu drei Jahren Zuchthaus verurteilt.

            Der Direktor vom Zuchthaus in Brandenburg war der Baron  von Seckendorff. Er war ein ehemaliger Major und stammte aus Altenburg in Sachsen. Naundorf hat sich im Zuchthaus meistens gut benommen und Baron von Seckendorff hat defür gesorgt dass er 6 Monate frûher entlassen wurde. Naundorf musste mit seiner Familie nach Crossen in Schlesien ziehen. In der Nähe von Crossen hatte der Baron von Seckendorff einen grossen Besitz und hatte wohl die Absicht Naundorf noch etwas im Auge zu behalten. Herr von Seckendorf wusste wahrscheinlich woher Naundorf stammte.

            Die Stadt Altenburg hatte eine Garnison und auch eine Garnisonkirche. Am 12. April 1780 wurde Christian Heinrich HOPF in der Garnisonkirche von Altenburg getauft. Seine Mutter, Suzanne-Elisabeth HOPF, hat angegeben dass der Vater Wolf-Georges Heinrich von Naundorf wäre. Da Altenburg also eine Garnison war und das Kind in der Garnisonkirche getauft worden ist, kann man annehmen  dass die Mutter Marketenderin war und der Vater Offizier von der Garnison. Eine Quelle sagt sogar der Vater wäre ein Hussard von den Würtembergern gewesen. Das ist zwar nicht genau bewiesen aber möglich könnte es schon sein. Die Marketenderinnen bei einer Armee verkauften Essen und Trinken, konnten Wäsche waschen und kümmerten sich auch um die Verletzten. Die Toten wurden geplündert denn man brauchte dauernd Geld, manche waren mit Soldaten verheiratet, Frauen und Kinder folgten der Armee und die jüngeren Frauen verdienten auch Geld als Nutten.

           In den vierziger Jahren hat Naundorf in England gelebt und war dafür bekannt dass er mit Hilfe eines sehr alten Buches das niemand lesen konnte (wahrscheinlich auf  gothisch geschrieben) manchmal Hilsfmittel für kranke Leute selbst herstellte. Er sammelte dafür Kräuter und alle möglichen Sachen wie Holzkohle, Heilerde und noch mehr. Er machte auch Gesundbeten denn er hatte in England eine neue Religion erfunden. Kräuter und Heilerde wurden auch von den Marketenderinnen benutzt.

            Wir hätten also mit den Angaben von Suzanne-Elisabeth HOPF bei der Taufe ein logisches  Verständnis warum Naundorf sich sein ganzes Leben lang Naundorf genannt hat. Erst in Crossen hat er wirklich angefangen zu behaupten er wäre mit der königlichen Familie von Frankreich verwandt, und noch später hat er dann behauptet er wäre de Sohn von Ludwig dem 16. und von der Königin Marie-Antoinette. Diese Erfindungen, von seinen Anhängern sehr unterstützt, sind natürlich ein Zeichen für Geistesverwirrung. Der Kronprinz, später Friedrich-Wilhelm der vierte, hat ja mehrmals zu der Fürstin von Angoulême gesagt dass Naundorf verrückt wäre.

            Aber aus welchen Gründen nahm er den Vornahmen « Karl Wilhelm » an ? Ich habe oben schon gesagt dass er eine Gruppe Menschen hinter sich hatte die ihm Hilfe und auch eine Art Erziehung gaben. Er war bei dieser geheimen Gesellschaft nähmlich nicht der Erste der die Rolle des verschwundenen französischen Kronprinzen spielen sollte. Der Erste war ein gewisser Carl Werk der aus Halle stammte und 1775 geboren war. Sein Vater verkaufte Bier et manchmal auch Viehzeug, er hatte Brüder und Schwestern. Er ist Soldat geworden hatte aber bald désertiert. Da hatte er keine Personalpapiere mehr und nannte sich einfach Carl Naundorf denn in Halle gab es mehrere ganz einfache Familien mit diesem Namen. Und man muss bedenken dass es in Halle auch die geheime Gesellschaft der Illuminierten gab. Dieser Werk-Naundorf hat sich in Berlin niedergelassen als Tucharbeiter mit einer Soldatennutte. Werk hatte schwarze Haare und schwarze Augen, wollte auch niemals etwas Französisch lernen und war im ganzen ein wiederlicher Kerl. Man muss annehmen dass der neue Naundorf der ganz gut aussah einen besseren Eindruck gemacht hat. Werk ist nach ein paar Jahren aus Berlin verschwunden und man weiss nicht was aus ihm geworden ist. Was nun « Wilhelm » angeht hängt vielleicht mit der geheimen Gesellschaft zusammen.

            Die preussische königliche Familie wusste wohl ganz genau was mit Naundorf los war.

           Gleich nach dem Ende der französischen Revolution wusste ganz Europa dass der französische Kronprinz nicht gestorben sondern verschwunden war. In Berlin, der berühmte Medaillenstecher Friedrich Loos hat das auf seinen Medaillen sehr gut ausgedrückt. Ubrigens stammt Loos auch aus Altenburg, wie Naundorf.

            Der vorletzte Nachkomme von Naundorf hat eine längere Zeit in einer Stadt in der Mitte von Frankreich gelebt. Er ist im Jahre 2008 gestorben und war dafür berühmt dass er sich gern mit « Hoheit » anreden liess. Seine Anhänger waren so davon überzeugt dass er wirklich von Ludwig dem 17. abstammte dass sie seinen Fall einem berühmten Professor für genetische Untersuchungen  unterlegten. Die biologischen Proben wurden dem Sohn der inzwischen verstorbenen « Hoheit » entnommen. Alle Naundorfisten waren fest überzeugt dass Naundorf und seine Nachkommen von Ludwig dem 17. abstammten und machten sich schon fertig dass Scloss von Versailles zu reklamieren.

            Das Ergebnis dieser Nachforschung war sehr interessant : Herr Professor Gérard Lucotte hat gefunden dass der letzte Naundorf der jetzt in den vierziger Jahren ist, von den älteren Bourbonen abstammt die ihrerseits von dem jüngsten Sohn, dem Grafen von Clermont, des heiligen Ludwigs abstammen. Der Heilige Ludwig hat die Heilige Kapelle in Paris errichten lassen die alle Touristen kennen.

            Diese genetischen Merkmale stammen aus dem 14. Jahrhundert und der Herr Professor hat dabei festgestellt dass die Besitzer solcher Merkmale typische Franken wie « Chlodwig » von der Ostsee stammen und bei der Völkerwanderung weiter gekommen sind über Thuringen bis an den römischen limes am Rhein. Dies ist die genaue Herkunft der französischen königlichen  Familie die mit Clovis anfängt.

            Wie aber die genetischen Merkmale der älteren Bourbonen in die sehr alte adlige Familie von Naundorf gekommen sind ist leider nicht leicht herauszubekommen denn ganz Europa war ja jahrhundertlang in ständige Kriege verwickelt. Ich weiss aber, nachdem ich Nachforschungen am Ende des 14. Jahrhunderts gemacht habe, dass die Geschichte der Familie von Naundorf etwas mit den deutschen Tempelrittern in Marienburg zu tun hat die nämlich oft zu Hilfe riefen. Im Jahre 1391 hat Ludwig der II. von Bourbon (der Onkel von dem König Karl dem VI.) mit seinen Rittern eine « Reise » unternommen um den Tempelrittern zu helfen. Er kam mit seiner kleinen Armee durch Thuringen und Sachsen auf dem Weg zur Ostsee und wurde ständig von den Besitzern der Festungen aufgenommen die alle von den Tempelrittern abhingen. Die alte Familie von Naundorf stammt aus Sachsen und ein Tempelritter, der dritte von drei Brüdern Naundorf,  beherschte sogar eine Zeitlang die Festung von Altenburg.

            Niemand kann sich das Geschrei der Naundorfisten vorstellen als ich vor ungefähr zwei Jahren meine erste Nachforschung auf Französisch veröffentlich habe. Wenn jemand über eine historische Nachforschung entteuscht ist sollte er sich lieber um etwas anderes kümmern.

                                                                             Renée Lescaroux

P.S. Ich bitte einen eventuellen deutschen Leser sich nach Altenburg in Sachsen zu begeben um zu sehen ob es möglich wäre eine Abbildung (Photo oder Photocopie) von dem Geburtsschein von Christian Heinrich HOPF zu bekommen – der Pfarrer hat die Taufe in ein Buch mit der Hand geschrieben und zwar auf Gothisch – Datum : 12. April 1780 – Adresse : Stadtkirchenamt Altenburg

Friedrich-Ebertstrasse 2 – 04600 Altenburg    

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Vers la résolution de l’énigme Naundorf (33) ?

Le Moniteur Viennois du 08 septembre 1928

Quant à M. Brémond, dont les anti-survivantistes ont d’abord contesté l’existence, puis les fonctions auprès de Louis XVI, et enfin l’autorité, à l’égard de la reconnaissance qu’il fit de l’identité de Louis XVII avec Naundorff, il suffit de lire les mémoires de Gouverneur Morris, au cours de la période comprise entre le 9 avril 1791 et le 27 juillet 1792, pour se rendre compte de l’importance du rôle qu’il joua en tant qu’intermédiaire entre la Cour et le ministre de Monciel, d’une part, et la Société des Jacobins de l’autre. () Gouverneur Morris. Op. cit., pp. 223-266). Brémond est également cité dans une lettre adressée de Gléresse (Suisse), le l » r mars 1790, par Louis de Narbonne à Mallet du Pan, comme auxiliaire de Mallet, alors officiellement chargé de mission par Louis XVI.

Mallet cite également Brémond comme ayant en 1794, tracé de concert avec le chevalier de Lameth et Mathieu Dumas, le plan d’une conspiration qui avait pour but de renverser Robespierre, et de rétablir la monarchie dans la personne de Louis XVII. (Mallet du Pan. Mémoires. T. II, p. 93). Etant donné ce que l’on sait des sentiments qu’éprouvait le Comte de Provence à l’égard de Louis XVI et de Marie-Antoinette, il est facile de se rendre compte de la profondeur de la déconvenue que lui apporta la nouvelle de l’évasion et de la survie de leur fils, qu’il avait tenté de faire passer pour bâtard. S’emparer à son tour de l’enfant que îes jacobins avaient jugé bon de faire sortir du Temple, et l’enfermer dans quelques in-pace jusqu’à sa mort, telle devait être la première idée qui devait surgir dans l’esprit du Prétendant. Vers 1911, époque à laquelle M. Lenotre publia la troisième série de ses études intitulées Vieilles maisons, vieux papiers, une singulière et persistante tradition subsistait dans la région frontière comprise entre Mons et Valenciennes. On y assurait qu’au commencement d’août 1795, quelques semaines après l’évasion, deux voyageurs étrangers, accompagnés d’un domestique, avaient séjourné dans le pays ; ces personnages étaient, disait-on, des membres de la maison royale de France, ou tout au moins des princes de la plus haute lignée, et leur passage coïncida avec un drame effroyable, dont les archives judiciaires locales ont conservé le récit, sans en contenir les causes, demeurées mystérieuses. Le 7 août, les voyageurs étaient arrivés à Valenciennes, porteurs de passeports en règle, indiquant qu’ils venaient de Chaudesaigues, petite ville du Cantal située sur la route de St-Flour à Rodez, à vingt lieues de cette ville. Rodez était comme l’on sait, la patrie de Fualdès, qu’un témoignage écrit, déposé en septembre 1825 entre les mains du commissaire de police Genaudet, et transmis par celui-ci au ministre de l’intérieur, désigne comme ayant favorisé la sortie de Louis XVII du Temple.(Archives Nationales. F. 7. 6979. Dossier Mathurin Bruneau. Lettre adressée à Genaudet par l’ancien chef vendéen Selin de Sincère. On sait comment Fualdès périt assassiné à Rodez, sous la Restauration, dans des circonstances aussi mystérieuses que dramatiques.

Il était donc possible à des enquêteurs venus d’Italie d’obtenir dans ce pays d’utiles indications. Les voyageurs séjournèrent quelques jours à Valenciennes, comme s’ils attendaient une personne qui ne vint pas. Puis, ils franchirent la frontière par Onnaing, Quarouble et Marchipout, et se dirigèrent vers un château voisin où ils furent conduits par un guide du pays. Quand celui-ci revint chez lui, il raconta qu’au cours du trajet, des coups de feu avaient été tirés sur les étrangers, et leur domestique, s’adressant à l’un d’eux, avait crié : « Monsieur le Duc ! nous sommes perdus !.. » Pendant le mois de septembre, les inconnus, désireux de rester en communication avec la France, d’où devait arriver celui qu’ils attendaient toujours, louèrent deux chambres à l’auberge de la Houlette, située sur la route près de la frontière. L’une de ces chambres avait été richement meublée, en vue de recevoir un personnage considérable. Cette période d’attente se prolongea jusqu’au 22 novembre. Ce jour-là ils envoyèrent leur domestique à la Houlette, pour avertir le sieur Couez, aubergiste, qu’ils ne viendraient pas, En arrivant, le domestique trouva a l’auberge deux joueurs de violon qui sortirent vers dix heures du soir. Ces derniers devaient déposer qu’après avoir quitter la Houlette, ils avaient rencontré une troupe de militaires en armes, marchant d’un bon pas, et se dirigeant vers l’auberge. Le domestique vit arriver la troupe, elle était conduite par un certain La Mouche, connu pour être le lieutenant d’un redoutable malfaiteur nommé Monneuse, qui terrorisait le pays à la tête d’une bande de chauffeurs, et qui devait être exécuté en 1798. Le domestique se réfugia sur les toits pendant que la bande entrait à l’auberge. Il réussit à s’échapper par l’extérieur, rejoignit ses maîtres, et partit avec eux pour l’Allemagne. Le lendemain de cet incident, des voisins pénétrèrent dans l’auberge, d’où nul ne sortait ; l’aubergiste et sa famille y compris les serviteurs et les enfants en bas âge, avaient été assassinés à coups de sabre. Neuf cadavres baignaient dans leur sang. Dès le début de l’information judiciaire, les magistrats se rendirent compte que les vols qui avaient accompagné le crime n’en étaient que le motif apparent. L’instruction vite abandonnée, se heurta à une succession d’intrigues qui paralysèrent l’action de la justice. Monneuse, accusé par la clameur publique, dut être relâché, aucun témoin n’ayant osé déposer contre lui, tant était grande la terreur qu’il inspirait, et l’affaire dut être classée. (Tous ces détails sont tirés de Vieilles maisons, vieux papier. 3» série de G. Lenotre, p. 343 et suiv. et de La Frontière du Hainaut, de M. Van den Busch, archiviste ). Cinq mois après le drame de la Houlette, dans la nuit du 19 au 20 avril 1796, un autre assassinat était commis dans des circonstances analogues, au château de Vitry-sur-Seine, près de Paris, chez le sieur du Petitval, banquier récemment revenu de Belgique, où il se rendait fréquemment, pour des motifs connus de lui seul. Comme à la Houlette, des malfaiteurs revêtus de l’uniforme de la légion de police, et armés de sabres, s’étaient introduits, pendant la nuit dans la propriété. M. du Petival, sa famille et ses serviteurs avaient été massacrés. Six cadavres avaient été découverts dans la maison ; aucun vol n’avait été commis en dehors des papiers personnels du banquier, qui avaient disparu. (Archives Nationales. BB. î 84 et f. i, c. VU. Seine 18. A. F. IV. 1473. Bulletins de police et extraits des journaux. Cf. Aulard. La Réaction Thermidorienne. T. III, passim (floréal anIV).  De môme qu’à la Houlette, l’instruction judiciaire commencée, n’aboutit jamais à aucun résultat. Ce dernier attentat, commis aux portes de Paris contre une personnalité connue et estimée, émut fortement l’opinion que le gouvernement terroriste avait cependant familiarisée avec les massacres collectifs. « Un document dont il est difficile de contester l’autorité, écrit M. Lenotre, et qui n’est autre que le procès-verbal d’une séance secrè- te du Directoire, au cours de laquelle on voit . les cinq Directeurs, Carnot, Rewbell, La Reveillère-Lepeaux, Letourneur et Barras, s’entretenir de l’enlèvement du Dauphin comme d’un fait avéré et approuvé par eux tous », est «venu jeter sur les faits qui précèdent une éclatante lumière.( G. Lenotre. Louis XVII, p. 243) . L’objet de la réunion des « Cinq Sires » est l’assassinat de Petitval, qui touche à la j question de l’évasion du fils de Louis XVI de la manière la plus directe. (Revue Historique. Mai-juin 1918. Tout le compte-rendu de la séance mériterait d’être reproduit in-extenso).

Dès le commencement de la séance, Rewbell informe ses collègues que le vol n’a pas été le motif du crime. « Ce n’est pas pour le voler, dit-il, qu’on a assassiné le malheureux Petitval, on l’a assassiné pour des motif que nous soupçonnons, et l’adage latin trouve ici son application : is fecit cui prodest… Le fait qu’on n’a rien volé, sauf les papiers est trop significatif pour qu’il puisse passer inaperçu, et naturellement il confirme les communications que nous avons reçues antérieurement au crime et nos propres conjectures. En raison du caractère particulier de cette affreuse affaire, j’estime qu’il faudra recommander la plus extrême circonspection aux agents et aux magistrats chargés des recherches et de l’instruction. »

Un peu plus loin, Rewbell reprend : « Depuis un certain temps, Petitval faisait de continuels voyages, on ne sait exactement où il se rendait, ni pour quels motifs il s’absentait aussi fréquemment. J’ai appris cependant par une lettre de Tort de ta Sonde qu’il était en Belgique il y a quelques semaines. Les assassins n’ont pas manqué de tuer les domestiques qui auraient pu fournir des renseignements sur les allées et venues de leur maître. »

P. Barras. — « On a égorgé les domestiques qui étaient particulièrement attachés à sa personne ; la femme de chambre qui soigna l’enfant que vous savez, a eu la tête coupée. »

Plus loin, la discussion se précise : La Réveillère-Lepeaux. — « Que disait au juste Tort de la Sonde dans sa lettre ? »

Rewbell. — « Il prétendait que Petitval avait remis 70.000 livres à Cambacêrès une première fois et 25.000 quelques semaines après. »

La Réveillère-Lepeaux. — « Pour quel objet, ? » Rewbell. — « Pour que Cambacêrès s’occupât du fils de Louis XVI et que l’on fit la preuve juridique de sa substitution. » Letourneur. — « Est-ce possible en droit ? » –  Rewbell. — « Oui. » Carnot. — « Tort de la Sonde a la réputation d’un financier taré et véreux. » P. Barras. — « La réputation de Tort de la Sonde ne nous regarde pas ; nous n’avons qu’à vérifier l’exactitude de ses renseignements. » La Réveillère-Lepeaux. — « Une lettre adressée à Cambacêrès à interceptée par la police, semble confirmer la révélation de Tort de la Sonde. Qui a écrit cette lettre ? » Rewbell. — « Un certain homme de loi du nom de Paris de l’Amaury. » . . .

Petitval poursuivait le recouvrement des sommes dues au fils de Louis XVI, mineur, et il voulait rendre à cet enfant son existence légale… Louis XVI avait remis à Malesherbes des procurations écrites et signées de sa main. Malesherbes, de son côté les avait données à Petitval ; ces procurations valaient ce qu’elle valaient, elles pouvaient suffire aux yeux de tout dépositaire de bonne foi ; même au point de vue strictement juridique, elles n’étaient pas sans valeur. » Ces réminiscences d’un passé récent en amènent d’autres :

La Réveillère-Lepeaux. — « Je suis, pour ma part, complètement étranger aux intrigues de ces dernières années. On s’aperçoit aujourd’hui combien la politique des anciens Comités de gouvernement a été funeste, tous nos embarras.viennent de cette politique ; il était contraire aux principes républicains d’enfermer les enfants de Louis XVI; cette mesure ne se justifiait à aucun point de vue ; on n’avait pas à faire supporter à ces enfants les fautes de leurs parents ; leur emprisonnement ne pouvait s’éterniser, on eût été dans l’obligation d’y mettre un terme; comme on a rendu la fille à la liberté, on aurait dû un peu plus tôt ou un peu plus tard ouvrir les portes au fils. » P. Barras. — On pouvait remettre la fille à une puissance étrangère, non le fils. Même en France, sur le territoire national, on ne pouvait rendre au fils la liberté complète ; je l’ai déclaré au représentant de la droite à la veille de Thermidor. » Carnot. — « Alors pourquoi ne pas le laisser au Temple ? »

Vers la résolution de l’énigme Naundorf (25) ?

Le Moniteur Viennois du 07 juillet 1928

Successivement, Lepitre et Lebœuf, membres de la Commune qui « ont témoigné au prisonnier un zèle menaçant pour le plan qu’il a conçu », vont être mis sous les verrous. « Le 19 novembre, paraîtront devant le Tribunal révolutionnaire les municipaux dont il est urgent de purger le Temple, Dangé, Lebeuf, Lepitre, Vincent, Bugneau, Moelle, Michonis et Jobert. Après ceux-là le déblaiement du Temple se poursuit activement. Tison, attaché au service de Madame Elisabeth est séquestré dans la petite tour, « au secret absolu, sans que Chaumette et Hébert, qui ont intérêt à l’escamoter, daignent publier quel est son crime ». Mathey, le concierge ; Danjou, le coiffeur ; Le Baron, le porte-clefs ; Rémy, le chel-d’ofiice ; Maçon, collè- gue de Rémy ; Mauduit, l’administrateur ; Turgy, l’ancien domestique de Louis XVI ; sont congédiés les uns après les autres. « On cherche, manifestement à évincer tous ceux qui, attachés au service de la prison depuis le début de la captivité, ont vu depuis plus d’un an grandir le Dauphin ». Finalement Simon et le chef de la bouche, Guagnié, qui partira le 17 septembre 1794, demeurent seuls « ( G. Lenotre. Le Roi Louis XVII, pp. 184 à 198 et 223).

Ceux qui remplacent les partants, Caron, Lermouzeau, Vandebourg, ignorent le Dauphin, et ne pourront contrarier les desseins de Chaumette. Bientôt, Simon lui-même, et Coru, l’économe, sont mis en demeure d’opter entre leurs mandats à la Commune et les emplois qu’ils exercent au Temple. Chaumette a cessé de s’intéresser à Simon qui est devenu un témoin gênant. Sûr d’être renvoyé du Temple comme l’ont été les autres employés de la prison, Simon opte pour son mandat et déménage le 19 janvier 1794. Coru l’imite et disparait aussi. On ignore comment Simon prit congé de son prisonnier. « Tout ce qu’il est possible de constater, dit M. Lenotre, c’est que le Dauphin et lui se quittèrent bons amis ». Et une chose et certaine, c’est qu’à la fin de janvier 1794, le fils de Louis XVI était bien portant. Deux documents officiels en font foi ; l’un est la décharge de la garde du prisonnier qui fut donnée à Simon par les quatre municipaux Legrand, Lasnier, Cochefer et Lorinet, d’où il résulte que les époux Simon « leur ont exhibé la personne dudit Capet en bonne santé ». ( Collection d’autographes de M. Georges Cain (Document cité par M. Lenotre) (Louis XVII, p. 200). L’autre est l’enregistrement au Moniteur du 3 pluviôse au II de la déclaration de Lasnier, d’après laquelle Simon et sa femme « ont remis cet enfant en bonne santé ». (Moniteur 3 pluviôre an II. Document cité par M. Ad. Lanne Louis XVII, p. 96). ) Simon parti, Louis XVII lut enfermé au deuxième étage de la Tour, et à défaut d’un gardien permanent, capable de répondre de son identité, il n’en eut plus d’autres désormais, que les commissaires de la Commune, qui, par groupe de quatre, se relayaient toutes les vingtquatre heures. « Les quarante-huit sections de Paris fournissant chacune six commissaires, c’était donc sur la tête de deux cent quatre-vingthuit personnes, constate Louis Blanc, la plupart de basse extraction, et n’ayant jamais vu le Dauphin que reposait cette prétendue garantie, imaginée par le Comité de Sûreté générale ». ( Louis Blanc. Histoire de la Révolution) Cette absence de garantie ne pouvait être que voulue et préméditée. L’attribution de la responsabilité du prisonnier à des gardiens temporaires, justifiait le régime cellulaire. Et le régime cellulaire facilitait la substitution d’un remplaçant au prisonnier dont on préparait le départ. La découverte de la supercherie pouvant être retardée de tout le temps nécessaire à la mise en sûreté du Dauphin, le renouvellement quotidien du personnel de garde devait rendre impossible l’établissement des responsabilités encourues. Ainsi s’explique la claustration, en apparence, inexplicable, du Dauphin, au départ de Simon.

Depuis quelque temps déjà, Robespierre tenait pour intolérable la Commune et l’espèce de dictature du ruisseau qu’elle exerçait dans Paris. Etait-il au courant des plans de Chaumette à l’égard du prisonnier du Temple ? Rien ne le prouve, mais il est permis de le croire. Quoiqu’il en soit, sa décision prise, en un tournemain, « Hébert, son général, Rosin, Clootz, Momoro, Vincent, et quelques jours après eux, Chaumette fut envoyé à la mort. D’hébertiste, la Commune devint robespierriste, et Payan, créature de l’Incorruptible, y remplaça Chaumette, en qualité » d’agent national, pourvu des mêmes fonctions et de la même autorité qu’exerçait précédemment le procureur général exécuté.

La troisième période de l’emprisonnement de Louis XVII au Temple qui correspond à sa mise au secret, fut marquée de graves incidents qui déjà préparent le dénouement. Dès le 25 avril 1794, c’est-à-dire douze jours seulement après l’exécution de Chaumette, l’agent de Lord Grenville, ministre des Affaires Etrangères de la Grande Bretagne, adressait à Londres l’indication, suivante, au sujet de la politique du dictateur : « Le Roi est beaucoup mieux traité depuis quelques temps. On ne doute pas que dans la position actuelle des choses, Robespierre (sic) n’ait un de ces deux projets : d’emmener le Roi dans les provinces méridionales si les armées s’ approchent de Paris (il s’agit des armées ennemies qui occupent le Nord de la France), et c’est là le projet du Comité ; ou d’emmener le Roi à Meudon et de faire son traité personnel avec la puissance qui s’approchera de Paris et c’est là le projet dont on accuse Robespierre. » (The manuscripts of T. B. Fortescue. Francis Drake to Lord Grenville. T. 2. p. 64. (Texte français). Londres 1894).

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Ici aussi, nous ne croyons pas opportun de discuter l’argumentation du Moniteur Viennois, étant impatient d’en arriver, au plus vite, au point de rupture que nous pressentons, avec la question de la date et des modalités de l’évasion de  » Louis XVII-Naundorf  » … sauf extraordinaire surprise ! 

Nous soulignerons toutefois combien nous avons été surpris de lire que pour le Moniteur Viennois les certificats révolutionnaires de janvier 1794 ne sauraient être frappés de suspicion légitime, pour reprendre une expression chère à Michel Jaboulay ! 

Autour du voeu de Louis XVI au Sacré-Coeur de Jésus

Lu sur l’éphéméride de référence du Salon Beige ; nous reviendrons dès que possible sur cette publication que nous n’avons pas la liberté de commenter comme nous le souhaiterions 

  • le 21 juillet 1792 : le vœu de Louis XVI est remis au père Hébert, supérieur général des Eudistes et confesseur du Roi.

C’est le vœu par lequel Louis XVI a dévoué sa personne, sa famille et tout son Royaume, au Sacré-Cœur de Jésus.

Texte du vœu :

« Vous voyez, ô mon Dieu, toutes les plaies qui déchirent mon cœur, et la profondeur de l’abîme dans lequel je suis tombé. Des maux sans nombre m’environnent de toutes parts. A mes malheurs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent, pour accabler mon âme, ceux qui couvrent la face du royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m’avertit encore que peut-être votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que, dans les jours de ma puissance, je n’ai pas réprimé la licence du peuple et l’irréligion, qui en sont les principales sources ; parce que j’ai fourni moi-même des armes à l’hérésie qui triomphe, en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ont donné l’audace de tout oser.

Je n’aurai pas la témérité, ô mon Dieu, de me justifier devant vous ; mais vous savez que mon cœur a toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs ; mes fautes sont le fruit de ma faiblesse et semblent dignes de votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, qui avait été cause que vos ennemis avaient blasphémé contre vous ; au roi Manassès, qui avait entraîné son peuple dans l’idolâtrie. Désarmé par leur pénitence, vous les avez rétablis l’un et l’autre sur le trône de Juda ; vous les avez fait régner avec paix et gloire. Seriez-vous inexorable aujourd’hui pour un fils de saint Louis, qui prend ces rois pénitents pour modèles, et qui, à leur exemple, désire réparer ses fautes et devenir un roi selon votre Cœur ? 0 Jésus-Christ, divin Rédempteur de toutes nos iniquités, c’est dans votre Cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée. J’appelle à mon secours le tendre Cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère, et l’assistance de saint Louis, mon patron et le plus illustre de mes aïeux.

Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez avec bonté le vœu satisfactoire que la confiance m’inspire et que je vous offre comme l’expression naïve des sentiments de mon cœur.

Si, par un effet de la bonté infinie de Dieu, je recouvre ma liberté, ma couronne et ma puissance royale, je promets solennellement :

1° De révoquer le plus tôt possible toutes les lois qui me seront indiquées, soit par le pape, soit par quatre évêques choisis parmi les plus vertueux de mon royaume, comme contraires à la pureté et à l’intégrité de la foi, à la discipline et à la juridiction spirituelle de la sainte Eglise catholique, apostolique, romaine, et notamment la constitution civile du clergé ;

2° De rétablir sans délai tous les pasteurs légitimes et tous les bénéficiés institués par l’Eglise, dans les bénéfices dont ils ont été injustement dépouillés par les décrets d’une puissance incompétente, sauf à prendre les moyens canoniques pour supprimer les titres de bénéfices qui sont moins nécessaires, et pour en appliquer les biens et revenus aux besoins de l’Etat ;

3° De prendre, dans l’intervalle d’une année, tant auprès du pape qu’auprès des évêques de mon royaume, toutes les mesures nécessaires pour établir, suivant les formes canoniques, une fête solennelle en l’honneur du Sacré Cœur de Jésus, laquelle sera célébrée à perpétuité dans toute la France, le premier vendredi après l’octave du Saint-Sacrement, et toujours suivie d’une procession générale, en réparation des outrages et des profanations commis dans nos saints temples, pendant le temps des troubles, par les schismatiques, les hérétiques et les mauvais chrétiens ;

4° D’aller moi-même en personne, sous trois mois à compter du jour de ma délivrance, dans l’église Notre-Dame de Paris, ou dans toute autre église principale du lieu où je me trouverai, et de prononcer, un jour de dimanche ou de fête, au pied du maître-autel, après l’offertoire de la messe, et entre les mains du célébrant, un acte solennel de consécration de ma personne, de ma famille et de mon royaume au Sacré Cœur de Jésus, avec promesse de donner à tous mes sujets l’exemple du culte et de la dévotion qui sont dus à ce Cœur adorable ;

5° D’ériger et de décorer à mes frais, dans l’église que je choisirai pour cela, dans le cours d’une année à compter du jour de ma délivrance, une chapelle ou un autel qui sera dédié au Sacré Cœur de Jésus, et qui servira de monument éternel de ma reconnaissance et de ma confiance sans bornes dans les mérites infinis et dans les trésors inépuisables de grâces qui sont renfermés dans ce Cœur sacré ;

6° Enfin, de renouveler tous les ans, au lieu où je me trouverai, le jour qu’on célébrera la fête du Sacré-Cœur, l’acte de consécration exprimé dans l’article quatrième, et d’assister à la procession générale qui suivra la messe de ce jour.

Je ne puis aujourd’hui prononcer qu’en secret cet engagement, mais je le signerais de mon sang s’il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai le publier à haute voix dans le temple.

0 Cœur adorable de mon Sauveur ! Que j’oublie ma main droite et que je m’oublie moi-même, si jamais j’oublie vos bienfaits et mes promesses, et cesse de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et toute ma consolation. Ainsi soit-il. »

Mais à ce moment Louis XVI n’est plus Roi. Sa fonction et son pouvoir lui ont été retirée, mais sans l’aval du Peuple.