De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(20)

Si vous avez eu le temps de lire ce que Witkowski a écrit dans son livre  » comment moururent les rois de France  »  au sujet de la question Louis XVII, vous avez pu voir dans quel mépris réducteur il tient tous ceux qui ont osé mettre en doute la théorie officielle !

Or en cherchant les sources documentaires médicales qui nous manquent encore pour étayer le modèle sur lequel nous travaillons actuellement, nous venons de découvrir, dans la superbe BIUSANTE, ( ex-BIUM) une récente critique bibliographique d’un livre que nous avons déjà cité, lorsque nous avons étudié la question de savoir si Louis XVII ne serait pas mort au Temple durant l’hiver 1793-1794 !

En la mettant en parallèle avec celle de Witkowski, qui était avant tout un médecin obstétricien, il devient évident qu’il est absolument impératif que nous trouvions les preuves de ce que Witkowski a avancé au sujet du transfert du coeur  » L17-PP  » de Pierre Pelletan à Frohsdorf, via Eugène Pelletan, en raison de son caractère logique et historique invraisemblable, tant il existait d’oppositions radicales entre le monde royaliste et celui dans lequel vivait Eugène Pelletan ! …

En effet pour l’heure, nous ne disposons que d’une seule source documentaire certaine pour authentifier la réception d’un coeur Louis XVII à Frohsdorf avant le 24/08/1883 : c’est la lettre du Père Bole du 17 octobre 1885 !

Le témoignage du Dr Witkowski n’est en effet qu’un témoignage de seconde main pour Ernest Daudet- et sans indication de date, ce qui est tout de même curieux dans un tel dossier ! … – et de troisième main en ce qui concerne la confidence faite par le comte de Bardi au Dr Labonne  au cours de son voyage d’étude en Islande ! On aurait en effet aimé lire ce  témoignage  de la part du Dr Labonne en note de bas de page de son livre !…

Author: Labonne, Henry (1857-…)
Subject: Voyageurs français — Islande — 19e siècle;Voyageurs français — Féroé — 19e siècle
Publisher: Hachette
Year: 1888
Language: French
Collection: bibliothequesaintegenevieve

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DESCAMPS Jacques. – L’énigme du Temple. Edité par Grahi-Press (Sartrouville), mai 1995.

Passionné par cette mystérieuse affaire qui divisa les historiens, l’auteur s’est livré à  de minutieuses recherches sur les documents d’époque. En chirurgien, il s’est attaché à l’aspect médical et même médico-légal de la maladie, puis de la mort de cet enfant royal qui aurait dû devenir Louis XVII.

Des deux parties qui composent ce travail, la première est consacrée aux « éléments de démystification » concernant l’énigme du jeune prisonnier du Temple : afin de lever le voile, sont analysés ses symptômes, les soins qu’il reçut ; puis son décès et son enterrement en 1795 avec bien entendu, une analyse poussée de l’autopsie en comparaison avec l’histoire clinique.

Certains points obscurs de ces événements, ainsi que son chapitre « les témoins disparaissent » conduisent inexorablement l’auteur convaincant et son lecteur, à déduire qu’il y a bien eu substitution d’un autre adolescent au Dauphin, sans toutefois aller rejoindre le camp des « évasionnistes ».

La deuxième partie retrace la vie et la mort en 1795 de deux témoins d’importance, les célèbres professeurs Chopart et Desault, chirurgiens. Leurs biographies, la laborieuse ascension de Desault (ou pour certains Dussault), leurs travaux en collaboration sont replacés dans le contexte de leurs collègues, amis et relations où l’on voit apparaître Bichat, fils spirituel de Desault.

Pour l’auteur, ces deux chirurgiens, morts à quelques jours d’intervalle en fin 1795, ont été victimes d’un empoisonnement criminel *** à des fins politiques : Desault parce qu’il avait connu le Dauphin avant l’emprisonnement, puis visité l’enfant de la prison du Temple qui mourut d’ailleurs sept jours après Desault ; Chopart parce qu’ami intime et confident du premier. Les arguments en faveur de l’arsenic sont exposés en détail à partir des signes cliniques et des rapports d’autopsie, afin de repousser toute idée de décès par cause infectieuse, thèse pourtant admise par certains historiens et médecins.
En dernier, l’ouvrage comporte, outre la bibliographie et l’énumération des sources de renseignements, la reproduction de documents d’archives.

Cet ensemble cohérent basé sur des analyses minutieuses de l’aspect médico-légal de  l’énigme, cette enquête historique d’un praticien averti, ce plaidoyer riche en citations et en évocations de personnages contemporains de l’affaire, ne peut laisser le lecteur indifférent.

G. Pallardy

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*** On rappellera utilement ici que nous avons cité dans le passé une source documentaire, selon laquelle Louis XVII lui-même a affirmé que l’enfant du Temple mort le 8 juin 1795 avait été empoisonné !…

3 réflexions au sujet de « De la traçabilité historique du ” coeur Louis XVII – Pelletan ” …(20) »

  1. « On rappellera utilement ici que nous avons cité dans le passé une source documentaire, selon laquelle Louis XVII lui-même a affirmé que l’enfant du Temple mort le 8 juin 1795 avait été empoisonné !… »
    Je suppose que vous vouliez dire Louis XVIII. Je ne connais pas votre source documentaire, peut être est ce la même que celle que j’ai lue : « Mémoires de Louis XVII, tome 6 (1832) page 322 « Il fut empoisonné dans un plat d’épinards ». De qui Louis XVIII tenait cette information ?

  2. Pardonnez-moi de vous avoir embrouillé …
    La source documentaire à l’origine de notre information était dans l’ICC qui ne faisait donc que reprendre celle que vous donnez …

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