Faisons un point de situation pour vérifier si notre modèle est toujours pertinent ou doit être corrigé, voire même abandonné ! ( suite 8 )

Dernières observations avant de présenter une esquisse de notre nouveau modèle d’exfiltration de Louis XVII, construit sur des faits, documents et diverses hypothèses d’interprétation.

Un éminent contradicteur qui se reconnaîtra facilement nous a récemment soufflé dans l’oreillette que Madame Royale et  Madame Elisabeth auraient nécessairement reconnu la voix d’un enfant différent de celle de leur frère et neveu après le transfert de la Reine à la Conciergerie.

A cette objection pertinente nous répondrons que nous ignorons tout de la qualité de la sonorisation entre les étages dans la tour du Temple ; et si’il est permis de douter qu’elle n’ait pas été suffisante pour discriminer la voix de Louis XVII de celle d’un substitué, on peut raisonnablement penser que Madame Royale et Madame Elisabeth n’aient pas cherché à écouter religieusement chacune des paroles des chants ou des horreurs proférées par celui que nous pensons être le 1 er substitué à Louis XVII, dont la voix était mêlée à celle de Simon ! De plus Madame Royale a écrit  que   » son frère  » est tombé malade à la fin du mois d’août et qu’il buvait beaucoup de vin, ce qui pourrait avoir modifié quelque peu le ton de sa voix, si on en juge par l’expérience que tout un chacun peut faire à un moment ou à un autre de la vie quotidienne …

Dans l’attente de toute preuve qui nous obligerait à le faire, on voudra bien nous pardonner de ne pas retenir  cette objection pour la raison suivante : il est en effet particulièrement curieux de noter dans le Mémoire de Madame Royale que les chants révolutionnaires et autres n’ont été entendus qu’après le départ de la Reine ! Etrange coïncidence, car on peut facilement admettre qu’à la différence d’une soeur ou d’une tante, une mère aurait pu reconnaître la voix de son fils dans les circonstances évoquées ci-dessus !

En ce qui concerne la fameuse date du 8 octobre 1793, indiquée dans le Mémoire de Madame Royale, il convient de souligner que nous persistons à penser que les interrogatoires de Madame Royale et de sa tante ont bien eu lieu ce jour là, sans confrontation avec  » Louis XVII « , et qu’il n’y a pas eu d’erreur de la part de Madame Royale.

Ou alors nous prions tout lecteur incrédule de bien vouloir nous expliquer pourquoi les autres dates d’événements qui ont eu lieu, peu de temps avant ou peu de temps après, sont parfaitement exactes !

Enfin il nous semble toujours  invraisemblable que Madame Royale ait pu écrire au cours du second semestre de 1795 qu’elle se serait contentée d’embrasser tendrement son frère comme s’il partait en week-end à Saint Cloud, alors qu’elle savait en 1795 qu’elle l’avait vu pour la dernière fois ! Il suffit par exemple de rapprocher cette formulation du récit relatif au départ de sa mère à la Conciergerie !…

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