La question Louis XVII et Charles Maurras

Suite à cet article que nous venons de poster sur CRIL17,  il nous semble opportun de reprendre ici l’information complète que nous devons à notre regretté ami, feu Xavier de Roche, et que nous avions publiée sur  le forum PASSION HISTOIRE , quelques mois après avoir ouvert notre forum MSN Louis XVII !…  

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Extrait de :« Louis XVII du passé à l’avenir » Xavier de Roche – Le Lys de France Fonsorbes 31470 St Lys ( sans date de parution ) p 87 et 88

<< On sait la fidélité, pas toujours payée de retour, de Charles Maurras et de l’Action Française envers la Maison d’Orléans.Or Maurras, s’il eût le bonheur grâce à Notre Dame, Reine de France et à ste Thérèse de Lisieux , de retrouver intégralement, avant de mourir, la Foi de son baptême, vécut une trop longue partie de sa vie dans le positivisme qu’il avait hérité d’Auguste Comte. Il combattit pour les Orléans car il ne pensait pas que matériellement la Restauration pût se faire avec d’autres Princes.
Mais dans sa jeunesse, il n’avait pas toujours raisonné de la sorte. Nous lisons sous la plume de François Juré :
<< En 1898, aux environs d’Aix en Provence, se constituait un groupement royaliste qui prenait le nom de Groupement Royaliste Provençal. Le Président en était le grand poète Fréderic Mistral et ses plus actifs collaborateurs : Jean Carrère, l’ancien correspondant du « Temps » à Rome, Hugues de Molins, Charles Maurras, Joaquim Gasquet et sa charmante femme Marie Gasquet, reine du Felibrige. Or à la même époque avait lieu à Lunel ( Hérault ) le mariage du Prince Jean III de Bourbon, descendant direct de Louis XVII.
Un mois après son mariage, le Prince fut sollicité de donner audience à une délégation de Groupement Royaliste Provençal et ce fut Joaquim Gasquet qui prit la parole devant lui, dans ces termes :
« Monseigneur, nous avons l’honneur de nous présenter à Votre Altesse Royale en qualité de représentants de l’unanimité du Groupe Royaliste Provençal. Nous avons décidé de tout faire, au besoin de tout sacrifier de nos intérêts personnels pour rendre à la France son Roi Légitime afin de la sauver du désordre dans lequel elle est tombée.
Nous connaissons à fond l’histoire des tribulations subies par votre aïeul Louis XVII. Pour tout dire, nous sommes convaincus que le soi-disant « Naundorff » était le fils de Louis XVI et que par conséquent Votre Altesse Royale, Chef de la branche aînée de la descendance du Roi-Martyr, est bien le Roi de droit. Pour mener à bien notre action royaliste, nous avons besoin, oh moralement seulement, d’être approuvés et soutenus par notre Prince. Aussi sommes-nous chargés de venir demander respectueusement à Votre Altesse Royale de consentir à encourager notre mouvement, en un mot : à être notre Etendard. Si Votre Altesse y consent, une grande sera prochainement donnée, sous sa Présidence, au domicile de notre Président le poète Mistral, à Maillane, et ce sera pour nous, non seulement un immense bonheur mais un inoubliable honneur de faire entendre à Votre Altesse Royale, de toutes nos voix unies pour le salut de la France ; la première acclamation du roi Jean III ».
Jean III accepta et la première réunion eut lieu. Au domicile de Mistral soixante couverts réunissaient les plus fervents royalistes de Provence et même d’ailleurs. La vice–présidence était donnée à Sa Grandeur Monseigneur d’Aix et Charles Maurras était du nombre.

Charles Maurras ne devait pas oublier sa position première et il pouvait écrire le 22 janvier 1923, dans l’Action Française, les lignes suivantes :
« Il nous paraît que l’accession de la branche cadette à la Légitimité est un fait destiné à rallier un jour tous les partis, toutes les familles, toute la postérité française à Celui qui unit à la plénitude du droit le souvenir de cette part douloureuse prise aux pires erreurs révolutionnaires. Un Chambord, quelle que fut la droiture et la pureté de son coeur, pouvait toujours être accusé de ne rallier que les descendants de Français fidèles. Le Duc d’Orléans peut dire, tout autant que le Martyr et ses petits fils : J’ai le droit, la tradition, le programme d’ordre, de conservation, de réforme et de rénovation. Et je suis en même temps la faute, le regret, la réparation et la réaction que cela exige. Je suis LUI et je suis VOUS. Pour mieux dire je suis NOUS TOUS. Personne ne peut se flatter d’incarner comme moi les Faits de notre histoire et la Loi bienfaisante qui les rectifiera comme elle les a rectifiés et rétablis de tout temps. »

Comment peut-on raisonner ainsi ?
Celui qui incarne la Légitimité devrait, dans un tel mode de pensée, incarner aussi l’usurpation et le régicide !
C’est là qu’on peut déplorer les mauvais maîtres, d’Auguste Comte à Renan, qui infusèrent à notre cher Maurras le virus du positivisme.
En tout cas le fait est là : dès 1898, Charles Maurras savait parfaitement à quoi s’en tenir sur la survivance.
Les documents qui sous la signature de M Juré, nous fournissent le récit de cet épisode capital de l’histoire de la pensée maurrassienne furent publiés dans l’hebdomadaire « Le réveil des Français » du 6 au 13 mars 1943.>>

Xavier de Roche

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