En l’honneur du trois cent quatre vingtième anniversaire du voeu de Louis XIII ( ADD 12/02)

MAJ 11/02 En ce cent soixantième anniversaire de l’Apparition de la Très Sainte Vierge Marie à Lourdes, le 11 février 1858 … 

… comment ne pas y voir une réponse de la Reine du Ciel et Reine de France au voeu du Roi Louis XIII du 10 février 1638  ? 
C’est pourquoi, au milieu du désastre spirituel, politique et économique dans lequel la France est aujourd’hui plongée, nous nous unirons de tout coeur à nos amis en pèlerinage aux pieds de la Reine des Prophètes, en son sanctuaire de Pontmain les 16, 17 et 18 février prochain, pour supplier le Ciel de nous accorder la grâce du miracle de la résurrection du Royaume de France ! 

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En effet ce soixante dizième pèlerinage mensuel n’est-il pas organisé par notre ami « chouandecoeur »  par fidélité aux Lois Fondamentales du Royaume de France,  scellées jusqu’à la Fin des Temps par la mission naturelle et surnaturelle de Jeanne d’Arc ?  Voir notre débat avec la Charte de Fontevrault  [ et ce pressant appel de notre ami publié ce jour, sous le titre SUPPLIQUE A DIEU POUR LE RETOUR DU ROI ; NOTRE APPROCHE ET NOTRE DÉMARCHE . ) [ Addendum 12/02] 

source : éphéméride du Salon beige 

Comment ne pas rappeler, en ce 10 février 2018, quelle est la raison d’être de ce site dédié à la résolution de l’énigme Louis XVII ? N’est-ce pas impossible ? 

N’est-ce pas tout aussi impossible d’admettre le désastre de la France que nous avons aujourd’hui sous les yeux ? 

Et de même, il nous est tout aussi impossible de nous soumettre à l’idée que la Divine Providence aurait pu clore de manière irréversible le destin de la Royauté Capétienne avec la mort légale de  Louis XVII au Temple le 20 prairial an III ou 8 juin 1795. 

En l’absence de toute preuve irréfutable, validant de manière irrévocable la thèse officielle en vigueur, que nous considérons mensongère, nous refusons d’admettre que, le 6 octobre 1793, l’un des derniers actes de Louis XVII aurait été l’accusation, sous le nom de  » Louis Charles Capet »  d’actes incestueux, commis à plusieurs reprises, par  » sa mère la Reine Marie-Antoinette «   entre le 21 janvier 1793 et le 3 juillet 1793, en présence même de Madame Elisabeth de France, soeur du Roi Louis XVI ! 
C’est pour nous, une immense et infâme forgerie, unique dans l’histoire de l’Humanité, sur laquelle est construite l’histoire de la Révolution, qui a triomphé jusqu’à nos jours …

Et quand on sait  quel rôle a joué la Reine Anne d’Autriche,  quelle a été la diplomatie prophétique du Roi Louis XV et du roi Louis XVI par l’alliance de la France avec la Maison d’Autriche, qui a valu à la Reine Marie-Antoinette les torrents de boue qui l’ont conduite à l’échafaud, est-il déraisonnable d’espérer que la Divine Providence permette, au Bourbon-Habsbourg, fils de Louis XVI et de Louis XVII, s’il existe ***, de se présenter un jour ou l’autre, au portillon de l’Histoire de France et de l’Europe ? 

A chacun d’accomplir son devoir d’état et à la grâce de  Dieu ! 

ADDENDUM 21 h 00  *** Et s’il n’existe pas, nous aurons fait un beau rêve qui nous aura permis de traverser le cauchemar  dans lequel nous sommes plongés !  

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Louis XVII - Autopsie d´une fausse véritéC’est pourquoi nous croyons opportun de vous proposer quelques pages (301 à 308 )  –  extraites de la dernière édition de notre livre LOUIS XVII – AUTOPSIE D´UNE FAUSSE VÉRITÉ dont il ne reste plus que quelques exemplaires chez DPF Chiré. 
MAJ 18 h 50 Et juste après avoir terminé les corrections typographiques de notre première publication, nous découvrons ce message de Philippe de Villiers, adressé à Bvoltaire et repris sur le Salon beige  
Philippe de Villiers : « Quand la politique est morte, il reste la métapolitique » où nous lisons un appel à constituer des cellules de survie, face au constat désormais évident pour tout esprit lucide, ayant un minimum de culture historique et politique   » La France part en lambeaux, livrée aux deux mondialismes – hédoniste et islamiste – qui se nourrissent l’un l’autre. »
Lorsque nous avons commencé à rédiger ce post, nous n’imaginions pas avoir une telle introduction à l’extrait proposé ci-après ! Merci Monsieur le vicomte Philippe de Villiers ! 

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CHAPITRE VII EPILOGUE : QUEL EST L’ENJEU DE NOS RECHERCHES ?
Dans l’état de catastrophe spirituelle, politique, économique et morale, où la France est désormais plongée, et que d’aucuns assimilent à un véritable suicide collectif (304), la question posée par Philippe de Villiers, Les cloches sonneront-elles encore demain ? (Albin Michel, 12/10/2016), après la publication de son livre Le moment est venu de dire ce que j’ai vu (Albin Michel, 30/09/2015), nous oblige à considérer, avec attention, les interventions que la Divine Providence a multipliées au cours des derniers siècles, afin de discerner quel pourrait être le sens chrétien de l’histoire de France. N’est-ce pas d’ailleurs la très forte et irrésistible invitation qui nous est faite par ce livre de Camille Pascal Ainsi, Dieu choisit la France (Presses de la renaissance) publié récemment, lui aussi ?
Face à la perte de légitimité morale de tous les régimes politiques qui se sont succédés depuis la Révolution, l’actualité politique française n’inviterait-elle pas à reconnaître la pertinence et la validité des Lois Fondamentales du Royaume de France qu’elle a prétendu abolir et détruire à tout jamais ? L’hommage solennel rendu à Jeanne d’Arc, le 20 mars 2016, n’est-il pas riche de sens politique, à travers les multiples péripéties qui ont permis l’acquisition définitive de son anneau par l’incomparable Puy-du-Fou (305) , devenu un véritable sanctuaire vivant de la mémoire de notre civilisation ?
Dès lors, est-il sûr et certain que les Lois Fondamentales du Royaume de France soient devenues totalement obsolètes, alors que cet évènement évoque avec force la mission surnaturelle et naturelle de Jeanne d’Arc, qui l’a conduite à faire sacrer le Roi Charles VII à Reims le 17 juillet 1429 et à cet acte inouï de la triple donation du Royaume de France, enregistrée par quatre notaires royaux, le 21 juin 1429, à Saint-Benoît-sur-Loire ? On lit dans le livre du R.P. J.B. Ayroles, S.J. La vraie Jehanne d’Arc (Tome I : La Pucelle devant l’Eglise de son temps. Paris, Gaume, 1890) :
« En l’abbaye de Fleury, située aujourd’hui à Saint-Benoît-sur-Loire (45730) : Jehanne dit à Charles : « Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ?» Le Roi hésite, puis consent. « Sire, donnez-moi votre royaume ». …Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille : « Jehanne, lui répondit-il, je vous donne mon royaume ». Après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu’il avait fait : « Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien ». Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi. « Notaire, écrivez dit la pucelle inspirée : le 21 juin de l’an de Jésus Christ 1429, à 4 heures du soir, Charles VII donne son royaume à Jeanne. Ecrivez encore : Jeanne donne à son tour la France à Jésus-Christ – Nos Seigneurs dit-elle d’une voix forte, à présent, c’est Jésus-Christ qui parle :  » Moi, Seigneur éternel je la donne au Roi Charles » (source : Breviarium historiale consultable à la Bibliothèque Vaticane).(306)
Si on admet l’authenticité et le sens mystique de cet acte johannique, avec toute la tradition catholique et royaliste française, illustrée par le marquis André de La Franquerie, en particulier dans son livre La mission divine de la France, n’est-on pas en droit d’être troublé par la très curieuse coïncidence de l’arrestation de Louis XVI à Varennes le 21 juin 1791, avec l’anniversaire de cette date ?
Aussi n’est-il pas étonnant qu’il existe une tradition catholique et royaliste qui n’hésite pas, à la lumière des révélations liées aux apparitions et au message de Notre Dame de Fatima, autour de la dévotion au Coeur Immaculé de Marie, voulue par le Ciel mais insatisfaite, à voir la cause première de la chute de la Royauté Capétienne, dans le mépris dans lequel ont été tenues les demandes du Sacré-Coeur de Jésus au Roi Louis XIV.
Ne lit-on pas en effet en note de bas de page du livre (307) du professeur d’histoire Bernard Balayn, cette confidence d’une des voyantes de Notre Dame de Fatima : « Ils n’ont pas voulu écouter ma demande. Comme le roi de France, ils s’en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard. »
Face aux scénarios du pire qui sembleraient de plus en plus vraisemblables (308)  aux yeux de maints esprits avertis, analysant les périls auxquels les fractures de la société française exposent la France, peut-être est-il encore opportun de revenir sur l’histoire de la Royauté Capétienne, afin de voir comment elle a répondu aux attentes du Ciel, dans la logique même de la tradition historique inscrite dans la mission naturelle et surnaturelle de Jeanne d’Arc.

Nous ouvrirons notre réflexion avec le Roi Louis XIII qui a consacré le Royaume de France à la Très Sainte Vierge Marie, par un édit signé à saint Germain en Laye le 10 février 1638. Il semble permis de penser que cet acte fondateur faisait suite à une demande reçue en 1636 par Mère Anne-Marie de Jésus Crucifié, religieuse stigmatisée, tenue en grande estime par le Cardinal de Richelieu qui l’a transmise au Roi.
Il est communément admis aujourd’hui que la naissance de Louis XIV, héritier attendu depuis 22 ans, a été attribuée aux démarches, prières et pèlerinages que la Reine Anne d’Autriche a multipliés, en particulier à Notre-Dame de Cotignac en Provence (309) , Notre-Dame de Paris et Notre-Dame des Victoires. On sait que Louis XIV recevra le nom de baptême de « Louis Dieudonné », après sa naissance survenue le 5 septembre 1638, neuf mois, jour pour jour, après la fin du cycle des trois neuvaines réalisées au nom de la Reine, du 8 novembre 1637 au 5 décembre 1637 par le frère Fiacre, religieux augustin qui a eu une vision de la Vierge Marie dans la nuit du 3 novembre 1637, et qui s’était adressée à lui en ces termes : « N’ayez pas peur, je suis la Mère de Dieu, et l’enfant que vous voyez est le Dauphin que Dieu veut donner à la France. Pour marquer que je veux qu’on avertisse la Reine de faire trois neuvaines en mon honneur, voilà la même image qui est à Notre-Dame de Grâces, en Provence et la façon de l’église.»
Le caractère surnaturel des faits ayant été rapidement reconnu dès que la Reine a été certaine de sa grossesse, et sans attendre la naissance pour savoir si l’enfant serait garçon ou fille, Louis XIII a donc publié le 10 février 1638 l’Edit officiel qui consacre solennellement le Royaume de France à Marie.
Et ici, nous emprunterons de très larges extraits de l’ouvrage publié par l’abbé Séguin de Pazzis Voeu de Louis XIII (Dehansy, 814)310, qui offre un aspect totalement inédit sur le sens à donner à cet acte fondateur, dont on retrouve un écho dans cet article très savant, qui en rappelle tout le contexte historique Le voeu de Louis XIII par le Général de Vaulgrenant,  que nous retrouverons un peu plus loin.
« Chaque année, le 15 Août, fête de l’Assomption de la très-sainte Vierge, une Procession, particulière à la France, a lieu dans toutes les églises et paroisses du royaume, en mémoire et pour l’accomplissement du Voeu de Louis XIII. Les Cours souveraines, Autorités administratives et Corps municipaux, y assistent en grande pompe. Les rues sont tapissées. L’air retentit du son des cloches. Le canon tonne de toute part. Dans les places de guerre les troupes bordent la haie. Les vaisseaux sont pavoisés dans les ports.
C’est véritablement une fête nationale ; expansion d’une reconnaissance toujours nouvelle envers la Reine du ciel, protectrice de la France. Il est cependant à craindre qu’une erreur presque générale, ne fasse un jour prendre le change sur la véritable origine de cette institution précieuse.
Un grand nombre de livres répètent, les uns après les autres, que l’intention de Louis XIII fut d’obtenir du ciel la fécondité de la Reine, et la naissance d’un fils. D’autres attribuent ce Voeu à la joie extrême du monarque, lorsque la première grossesse d’Anne d’Autriche en i638, après vingt-trois ans de mariage, fit espérer tout-à-coup à la France de voir naître un Dauphin. Ainsi, tantôt Louis XIII est redevable à ce Voeu, du bonheur d’avoir un fils ; tantôt ce Voeu doit être regardé comme une éclatante action de grâces de la grossesse de la Reine.312 Et on n’a point aperçu, qu’en bornant à une intention particulière, à un fait isolé, à un événement presque secondaire la gratitude et la pensée du Monarque, on ôtait réellement toute proportion entre ce bienfait individuel, et la perpétuité de la reconnaissance imposée à la nation. On n’a point fait attention à l’inconvenance de remercier le ciel de la naissance d’un prince, longtemps encore après sa mort. On n’a point senti que les générations futures concevraient toujours moins l’obligation d’acquitter, pour ainsi dire, une dette privée de Louis XIII.
Ainsi cet acte religieux ne serait bientôt plus compris ; et l’idée primitive de son institution étant altérée, l’établissement perdrait tout intérêt, manquerait son but (313).
Heureusement on va se convaincre que les véritables motifs du Voeu de Louis XIII ne furent point ceux qu’on suppose. Au moins est-il certain qu’aucune des intentions citées jusqu’ici ne se trouvent énoncées dans la déclaration solennelle qui consacre ce Voeu.
Cette déclaration est du 10 février 1638. Anne d’Autriche était grosse, mais de deux ou trois mois seulement. Il ne s’agissait donc plus de prier pour sa fécondité, et il n’était pas encore temps de s’en réjouir.314
A la vérité Louis XIII vit peut-être, dans cette grossesse si désirée, le comble des prospérités de son règne. Peut-être cette nouvelle faveur de la providence compléta, en quelque sorte, l’enthousiasme du monarque, et détermina, s’il est possible de s’exprimer ainsi, cette belle explosion de piété chrétienne, d’honneur royal, et d’amour pour ses peuples.(312)  
Mais Louis XIII ne parle ni de la grossesse de la Reine, ni de l’espérance de posséder bientôt un fils. Sa pensée vient de plus haut ; sa reconnaissance a des motifs plus larges, plus nobles pour un roi, plus glorieux à la France. Une notice historique est ici nécessaire. Louis XIII, par sa déclaration du 10 février 1638, ayant mis sa personne, sa couronne et la France, sous la protection spéciale de la sainte Vierge, la Procession du jour de l’Assomption eut lieu, pour la première fois, le 15 août 1638. Les intentions de Louis le juste furent non-seulement respectées après sa mort, mais suivies avec le plus grand zèle.La Procession était déjà nationale, et chaque année la France s’empressait de se consacrer de nouveau à la Très Sainte Vierge, dont elle recevait sans cesse de nouvelles faveurs.
C’est ce que nous apprenons d’une déclaration de Louis XIV, en date du 25 mars 1650, et par laquelle ce jeune roi, prêt à gouverner par lui-même (315)  se plaît à reconnaître qu’il doit spécialement à la protection de la Mère de Dieu, la conservation du royaume au milieu des troubles, qui viennent de l’agiter ; renouvelle en conséquence la déclaration de son père ; prend l’engagement d’assister autant que possible, chaque année, à la Procession solennelle, et met sa personne, sa couronne et la France, aux pieds de Marie, et sous son égide salutaire.
En 1716, le Prince-régent parut, avec un cortège royal à la cérémonie du 15 Août, et fit ainsi, au nom de l’enfant-roi, hommage à la sainte Vierge du royaume dont il venait d’hériter de son glorieux bisaïeul. Enfin, l’année 1738 étant la centième depuis le Voeu de Louis XIII, le roi Louis XV écrivit, le21 juillet, une lettre remarquable aux cardinaux, archevêques et évêques ; et pareille lettre encore, le premier août, aux Cours souveraines, au Corps-de-ville et au Gouverneur de Paris, renouvelant tout ce qui avait été ordonné par Louis XIII, et voulant que la Procession de cette année, centenaire de la consécration de la France à la sainte Vierge, soit célébrée avec encore plus de splendeur, d’affection et de piété.
Les trois déclarations, dont nous venons de parler, nous ont paru essentielles à recueillir. On les lira avec plaisir ; nous osons même dire avec fruit. Elles respirent et inspirent la piété ; et cette piété noble et élevée, qui constitue le véritable esprit du Christianisme. On apprendra particulièrement, par la déclaration de Louis XIII, qu’à ce monarque est dû l’usage pieux, et absolument général en France, de dédier à la Très Sainte Vierge la principale Chapelle, dans toutes les églises qui ne sont point sous son invocation. On y verra comment Louis XIII, prenant l’engagement de faire construire et décorer à neuf le maître-autel de l’église de Notre-Dame de Paris, donne lui-même l’idée du magnifique groupe qu’on y admire, exécuté depuis par Nicolas Coustou représentant la Vierge assise entourée de quelques anges, et soutenant sur ses genoux la tête et une partie du corps du Christ, qu’on vient de descendre de la croix, laquelle surmonte l’ordonnance de cette composition.(316) La lecture de ces trois déclarations fera naître aussi une foule de pensées en harmonie parfaite avec les sentiments qui se manifestent si heureusement de toute part dans les circonstances présentes. Ces pièces sont d’ailleurs des monuments historiques que chaque Français, attaché à ses rois et à la religion de ses pères, doit être jaloux de conserver.' »

[CONSECRATION DE LA FRANCE A LA SAINTE VIERGE par le ROI LOUIS XIII (317) .
Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.
Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l’esprit qu’il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d’effets merveilleux de sa bonté que d’accidents qui nous menaçaient.
Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d’en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l’on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l’artifice des hommes et la malice du démon ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables à notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice. La rébellion de l’hérésie ayant aussi formé un parti dans l’Etat, qui n’avait d’autre but que de partager notre autorité, il s’est servi de nous pour en abattre l’orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels, en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.
Si nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes qu’à la vue de toute l’Europe, contre l’espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats dont ils avaient été dépouillés. Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations que, comme sa Providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve, et sa puissance le défend.
Tant de grâces si évidentes font que pour n’en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous vénérons l’accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de  » nous consacrer à la grandeur de Dieu  » par son Fils rabaissé jusqu’à nous et à ce Fils par sa mère élevée jusqu’à lui ;
En la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n’étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables, et c’est chose bien raisonnable qu’ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.
A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, que, soit qu’il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre coeur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l’église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix ; nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.
Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente Déclaration à la Grande Messe qui se dira en son église cathédrale, et qu’après les Vêpres du dit jour il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines, et le corps de la ville, avec pareille cérémonie que celle qui s’observe aux processions générales plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales, que celles des monastères de ladite ville et faubourgs ; et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris.

Exhortons pareillement tous les Archevêques et Evêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres églises de leurs diocèses ; entendant qu’à ladite cérémonie les cours de parlement, et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents. Et d’autant qu’il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques en ce cas, de lui dédier la principale chapelle desdites églises, pour y être faite ladite cérémonie ; et d’y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre, et d’admonester tous nos peuples d’avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d’implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu’il jouisse longuement d’une bonne paix ;
Que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ; car tel est notre bon plaisir.
Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l’an de grâce mil-six-cent-trente-huit, et de notre règne le vingt-huitième. Louis. »

Notes de bas de page 

304 : Eric Zemmour Le suicide français (Albin Michel,  1/10/2014)
305 : http://blog.puydufou.com/histoires-de-ouf/ceremonie-dhommage-a-lanneau-de-jeanne-darc.html
306 http://www.sylmpedia.fr/index.php/La_triple_donation_du_royaume_de_France_:_21_juin_1429
Dans le livre du Lieutenant-Colonel de Lancesseur Jeanne d’Arc Chef de Guerre (Debresse – 1961), on lit que la Triple Donation aurait été faite à Reims, juste après le sacre; en l’absence de toute source documentaire précise, différente de la précédente, nous laissons aux historiens le soin de faire l’arbitrage nécessaire, qui échappe totalement à nos compétences, et auquel nous nous soumettons par avance.
307 Bernard Balayn FATIMA. Message extraordinaire pour notre temps (Ed. Pierre Téqui 1991- 576 p)
308 Laurent Obertone Guerilla (Ring, 22/09/2016)
309 Voir les détails de l’histoire du frère Fiacre sur les sites des sanctuaires de Notre Dame des Grâces à Cotignac, de Notre Dame des Victoires et ce compte rendu du livre de José Dupuis. Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, « prieur des rois » (1609-1684) publié par Limouzin-Lamothe Roger (Revue d’histoire de l’Église de France Année 1939 Vol 25 N °108 pp. 364-366 – numérisé sur Persée )
310 http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32624393q
311 http://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1938_num_24_102_2849
312 En note de bas de page l’auteur écrit : « Presque tous les livres de prières et de dévotion.— Alban Butler, 7c. vol. de la Vie des Saints traduite par Godescar : édition de Versailles, page 157, note a. — Abrégé de l’histoire ecclésiastique, vol. in-Il. Paris, 1751. — Fastes de Louis XV, date du 15 juillet 1758. — Dictionnaire des Cultes. Paris, 1777, page 144 — Dictionnaire historique de la ville de Paris; 1779, tome3, p. 648. — etc. Les historiens de Louis XIII, ou ne parlent point de son voeu, ou l’attribuent au motif que nous croyons le seul véritable. »
313 En note de bas de page : « La naissance du Dauphin qui fut depuis-Louis XIV, a été sans doute un événement d’autant plus important pour la France, que la famille de nos rois, s’est ainsi accrue des branches d’Espagne, de Naples et de Parme ; mais cependant si Louis XIII n’avait point eu d’enfants, la dynastie capétienne était loin de s’éteindre : Gaston pouvait faire souche ; et au défaut des enfants d’Henri IV, le prince de Condé ne montait-il pas sur le trône? »
314 En note de bas de page « La Reine avait alors environ trente-sept ans, et était d’une complexion déli-cate. »
315 En note de bas de page : « La majorité de Louis XIV fut déclarée en 1651 »
316 « Cette partie du voeu de Louis XIII ne fut acquittée par Louis XIV qu’en 1699. Le groupe formant tableau du maître autel ne fut même fini et placé qu’en 1713. La plaque de bronze scellée sous la première pierre de l’autel, porte l’inscription suivante : LOUIS-LE-GRAND, Fils de Louis-le-Juste, et petit-Fils d’Henri-le-Grand, après avoir dompté l’hérésie, rétabli la vraie Religion dans tout son Royaume, terminé glorieusement plusieurs grandes guerres, par terre et par mer, voulant accomplir le voeu du Roi son père, et y ajouter les marques de sa piété, a fait faire dans l’Eglise cathédrale de Paris, un autel, avec ses ornements d’une magni-ficence au-dessus du premier projet, et l’a dédié au Dieu des armées, maître de la Paix et de la Victoire, sous l’invocation de la Sainte Vierge, patronne et protectrice de ses états. L’an de N. S. 1699.
317 Après avoir indiqué que le texte de cette consécration ne se trouve que dans un ouvrage où on n’irait pas sans doute le chercher, l’auteur donne successivement trois notes fort érudites qu’il serait hors de propos de reproduire ici, mais que nous signalons toutefois à l’attention des passionnés par l’historiographie du voeu de Louis XIII qui pourraient nous lire.

Ingres_Louis_XIII.jpg

Ingres, Le voeu de Louis XIII, Cathédrale de Montauban  (Lafautearousseau) 

One thought on “En l’honneur du trois cent quatre vingtième anniversaire du voeu de Louis XIII ( ADD 12/02)”

  1.  » Une semaine pour rien !  »
    Peut-on lire ce matin sur Royal-Artillerie !
    https://royalartillerie.blogspot.fr/2018/02/une-semaine-pour-rien.html

    Mais est-ce bien sûr, cher piéton du roi ?
    En effet vous ouvrez votre fenêtre de tir avec la question clef de la force de plus en plus prégnante de l’islam sur la société française !
    Or il est extrêment affligeant de constater l’inexistence totale de la galaxie royaliste dans le combat qui s’est conclu par l’extinction au moins provisoire d’une voix de l’islam conquérant.
    Par contre il convient de souligner le rôle éminent joué par des sites tels que Riposte Laïque et Résistance Républicaine, parfaitement synchrones avec le site de référence qu’est l’Observatoire de l’islamisation http://islamisation.fr/ et le navire amiral de la patriosphère qu’est FDESOUCHE .
    Or dans ce combat il s’est passé un évènement qu’on pourrait qualifier d’interne à cette patriosphère, mais lourd de terribles conséquences pour l’avenir de la Patrie. C’est la controverse illustrée par cette tribune de Christine Tasin, et qui s’est ouverte samedi avec ce que vous pourrez lire sur cette page
    Alors les retraités ? Heureux comme des rats à Paris ? [ ADD 10/02 – 21 h 30 ]
    http://cril17.eu/retraites-heureux-rats-a-paris-add-1002-21-h-30

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    N’en déplaise à Caroline Artus, je persiste et signe : je suis de gauche et le dirai encore
    http://resistancerepublicaine.eu/2018/02/11/nen-deplaise-a-caroline-artus-je-persiste-et-signe-je-suis-de-gauche-et-le-dirai-encore/
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    … où on peut lire :
     » Et il faudrait aussi que je cessasse d’admirer et d’aimer 1789, Robespierre dont l’oeuvre écrite est hallucinante de beauté, de vérité, de justesse ? Tout ça parce qu’il y a des royalistes, des gens pour parler de génocide vendéen ( que je conteste, et c’est mon droit ) ? »
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    Et voici, que dans le même temps, on peut lire dans cette tribune du Conseil dans l’Espérance du Roi :
     » Ni la honte ni d’ailleurs le ridicule ne tuent plus. Pour le moment » https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/02/11/ni-la-honte-ni-dailleurs-le-ridicule-ne-tuent-plus-pour-le-moment/
     » Pas contente du tout, Hélène Carrère d’Encausse a appelé Anne Hidalgo. Cette dernière n’a pas daigné décrocher. L’académicienne a retéléphoné en demandant que la maire de Paris la rappelle. Rien non plus. Nous vivons une belle époque où une Anne Hidalgo, qui n’est pas grand-chose, peut se permettre de traiter avec dédain une femme qui fait honneur à la pensée française. Le 11 février 2018. Du Plessis  »
    avec en guise de conclusion une image de la guillotine à laquelle est accroché un drapeau de la France commençant à partir en lambeaux, au-dessus de cette légende
     » Nous réapprendrons à nous en servir » !

    Cher piéton du Roi, est-il sûr et certain que la semaine écoulée ait été une semaine pour rien ?

    Et afin que ce commentaire puisse peut-être servir à quelque chose, nous nous bornerons à nous affliger que Christine Tasin n’ait – semble-t-il – pas encore admis que les idéaux de gauche portés par la Révolution dite française et dont elle est si fère, n’ont eu le rôle historique que chacun sait dans l’histoire de l’Humanité qu’en raison de la puissance spirituelle, politique, économique et militaire du Royaume de France en 1789 …
    A contrario, imaginez, chère Dame Blanche de la République que le Royaume du Tonga ( par exemple ) invente aujourd’hui une nouvelle philosophie politique.
    Comme dirait Fernand Raynaud, combien faudrait-il de temps pour que cette nouvelle philosophie politique impacte le destin de l’Humanité ?
    Ou à l’inverse, imaginez que la Chine connaisse aujourd’hui une véritable révolution non plus à la mao-stalinienne mais à la française de style 1789-1793 ! …

    Addendum : Comme cela nous arrive parfois, Royal-Artillerie a modifé son titre par « Une semaine pour (presque) rien ! »
    https://royalartillerie.blogspot.fr/2018/02/une-semaine-pour-rien.html

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