Louis XVII Au coeur de l’imposture ( suite 1)

Chers amis lecteurs, 

Vincent Le Dix-Septième Louis de Georges PlasAprès la publication de notre page spéciale «   Louis XVII Au coeur de l’imposture de l’argumentation de Philippe Delorme, «  nous avons le plaisir de vous proposer une synthèse critique de notre ouvrage, reçue de Georges Plas, auteur de «  Vincent Le dix-septième Louis « ;  nous vous avons déjà présenté ce livre, à plusieurs  reprises, sans pouvoir partager ses conclusions, malgré la force probante, ou à tout le moins troublante, d’arguments tirés de l’étude des archives disponibles, associée à une approche probabiliste de l’énigme, en l’absence de la preuve irréfutable de l’exfiltration de  Louis XVII, toujours manquante à ce jour, … tout comme l’est celle de la mort de Louis XVII au Temple, le 20 prairial an III ou 8 juin 1795 …  
Bonne lecture de cette analyse faite avec toute la sincérité du regard, exigée par l’amitié intellectuelle, née de l’enjeu du débat et de notre position commune, défendue lors de la récente controverse sur une interprétation du cryptage de la dernière lettre de la Reine Marie-Antoinette à Fersen, objet d’un véritable tsunami médiatique, sur lequel nous allons devoir revenir prochainement. …

 » Commentaire général

Se plonger dans l’odyssée des cœurs attribués à Louis XVII, inimaginable imbroglio, relève soit de l’inconscience soit de la confiance absolue en ses capacités d’analyse et de synthèse des documents découverts et des témoignages. C’est le défi que s’est lancé Charles Barbanès. Pour parler plus abruptement de cette odyssée, je dirais que c’est une histoire de fou. Mais patiemment l’auteur dévide le fil d’Ariane et évite de se perdre sur un chemin aux innombrables méandres. Déchirer le voile qui a été tiré sur le destin de Louis XVII depuis que cet enfant a été séparé de sa famille en juillet 1793 est devenu pour lui une impérieuse nécessité, presque un sacerdoce.

Retrouver la preuve authentique parmi les preuves falsifiées ou créées de toute pièce tout en tenant compte de celles qui furent détruites par les révolutionnaires, les historiens peu scrupuleux, les écrivains en mal de reconnaissance est une tâche vraiment ardue.

En résumé :

C’est sur la seule bonne foi du docteur Philippe-Jean Pelletan que la substitution du cœur de l’enfant du Temple pendant l’autopsie dont il avait la charge est attestée. Aucun des médecins présents ni des nombreux témoins ayant participé ou assisté à l’autopsie n’a jamais témoigné en ce sens.

En 1831, Antoine de Saint-Gervais fait état de la virulente contestation de ce vol, par le docteur Dumangin ayant collaboré à l’autopsie. Ce même Saint-Gervais fait mention d’une note de Dumangin, après le décès de ce dernier, attestant la réalité du vol. Cependant, nul n’a jamais vu cette note et nul ne sait où elle est conservée. Donc en l’état actuel des choses, il n’existe aucune preuve que le cœur a bien été dérobé par Pelletan.

Pour ce qui est des cheveux prélevés lors de l’autopsie, Pelletan reconnait en 1817 avoir donné au commissaire municipal Damont une poignée de cheveux de l’enfant. Mais ce n’est qu’en 1836 que Lafont d’Aussonne, l’un de ces « faussaires historiques » (qui malheureusement sévissent encore aujourd’hui) affirmera que Pelletan avait conservé pour lui une partie des cheveux. Ce dernier est mort le 26 septembre 1829 sans n’en avoir jamais fait état.

Au regard des investigations de l’auteur, on constate que Philippe-Jean Pelletan était une authentique girouette, s’orientant au grè des vents de l’Histoire. Le cœur prélevé pouvant lui apporter reconnaissance et honneurs. Quelques historiens ont constaté que ce médecin avait un rapport très particulier avec la vérité historique, rapport qui transparaît au fil des recherches de l’auteur, nous amenant à douter de la véracité du vol du cœur. Cependant, une telle probabilité subsiste et doit donc être étudiée. Le prétendu vol du cœur par Tillos, confronté à l’objectivité des faits est révélateur de l’état d’esprit de Pelletan.

Les urnes et les cœurs ! Philippe Boiry avait en son temps traité du sujet et relevé toutes les incohérences qui lui sont attachées. Laure de la Chapelle a étudié la question des deux cœurs et leur possible permutation. Charles Barbanès a le mérite d’avoir dévoilé l’étonnant problème de la colle scellant les deux parties de l’urne et d’avoir collationné et synthétisé la quasi-totalité des documents connus ayant trait à cette affaire.

Pour ce qui est de l’odyssée des cœurs, l’auteur parvient à suivre leurs parcours jusqu’à leur dépôt à l’archevêché de Paris. Puis confusion et incertitude semblent devenir la règle au point qu’il devient quasiment impossible de démêler les pistes.

Autres commentaires

Si à l’heure actuelle le mystère reste entier, c’est parce que depuis que Louis XVII a été retiré à sa famille en juillet 1793, tout a été mis en œuvre pour jeter un voile sur son existence. De plus, depuis le retour des Bourbons, rien n’a été fait officiellement pour lever ce voile.

Pour ce qui est du cœur déposé à Saint-Denis, les urnes ont été manipulées et remplacées depuis 1894, c’est une certitude absolue. Par conséquent les cœurs ont été manipulés et probablement permutés depuis cette date, effaçant dès lors toute traçabilité historique. Ce qui est lamentable, c’est que le prétendu historien Philippe Delorme évacue ce hiatus de façon cavalière, tout comme celui de l’accroche des cœurs, ne retenant que les évènements susceptibles d’aller dans le sens de sa thèse.

Certains passages du livre laissent supposer (§ surligné page 22) que l’ADNmt des cheveux de Marie-Antoinette a pu être extrait pour identification avec celui du cœur supposé de Louis XVII. Or, ce ne fut pas le cas suite à une trop forte contamination des échantillons de cheveux analysés. Vous écrivez également (page 161) : « …si on considère que le code générique (sans doute avez-vous voulu écrire génétique ?) de la Reine Marie-Antoinette serait extrêmement rare… », mais nous n’en savons rien pour l’heure puisqu’il n’a pas pu être déterminé.

Je joins donc à ce courrier 2 documents extraits du livre de Philippe Boiry : « le dossier Louis XVII – une affaire de cœurs ». ***PS*** Vous pourrez constater que le marqueur 16519 n’a pas été déterminé par le laboratoire de Münster, ou n’a pas été recherché pour le cœur. On peut donc en déduire qu’il n’a pas été déterminé pour Marie-Antoinette, par ce laboratoire. Par voie de conséquence le marqueur C pour M-A n’a été trouvé que par le seul laboratoire de Louvain. Les marqueurs HVR2 de M-A n’ont donné aucun résultat, quels que soient les laboratoires. Il est donc impossible de comparer les ADNmt du cœur analysé et des cheveux de M-A. Actuellement, l’ADNmt du cœur est comparé à ceux d’Anna et d’André de Bourbon-Parme (sœur et frère), lointains cousins de Louis XVII et de son frère, par leur grand-mère Marie-Thérèse, mère de Marie-Antoinette.

Je rappelle également les propos du professeur Cassiman lors de sa conférence de presse du 19 avril 2000 : « les probabilités pour que les échantillons du cœur qui lui ont été confiés soient apparentés à Marie-Antoinette, sont de nonante-neuf virgule octante pour cent (99,80%), la science ne pouvant être sûre à 100% ». Dans la foulée, l’illustre historien Phi-Del (à ses principes) portait cette estimation à 99,90%, suite sans doute à quelques difficultés de traduction de la langue Belge francophone (un peu d’humour pour se détendre).

Ceci étant, je reste sincèrement admiratif devant le travail de collecte des documents et informations liées à cette énigme, leur analyse et leur synthèse. Il n’en demeure pas moins que seule la Providence nous offrira peut-être un jour, si tel est son bon plaisir, les clés qui nous permettront de déchirer le voile de ténèbres qui enveloppe l’enfant-roi.

Je ne doute pas que ce livre figurera en bonne place dans la bibliothèque de tous ceux qui s’intéressent à cette affaire.

Georges Plas
Auteur de  »
Vincent le dix-septième Louis  »   » 

*** PS *** : Nous serions très honoré que des experts – tels les généticiens cités ici – nous fassent part de leurs observations, sur l’analyse d’ordre scientifique qui nous est proposée par notre ami Georges Plas, et qui échappe totalement à nos compétences. 

 

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