Glanures (40)

En attendant de connaître les réactions de nos lecteurs à nos dernières observations, pour présentation à suivre de notre nouveau modèle d’exfiltration de Louis XVII, nous vous proposerons plusieurs découvertes faites par notre ami Philippe, que nous remercions pour ses contributions qui illustrent à merveille le nom même de notre Cellule de Recherches sur Internet de Louis XVII et son acronyme CRIL17 .

Voici une première photo, inédite pour nous, et au sujet de laquelle nous ne pouvons que nous interroger sous forme d’hypothèses !

Tombeau de Louis XVII : [photographie de presse] / [Agence Rol 1911 ]

Tombeau de Louis XVII : [photographie de presse] / [Agence Rol] | Gallica

S’agirait-il : 

  • du prétendu tombeau de Louis XVII, inhumé au cimetière de Clamart , situé à l’extrémité du Jardin des Plantes et correspondant à la déclaration en 1816 de Charpentier, jardinier en chef du Luxembourg ? 
  • ou bien de celui de Naundorff à Delft ? 

Si un expert nous lit, merci par avance de bien vouloir nous aider à trouver la bonne réponse ! 

Faisons un point de situation pour vérifier si notre modèle est toujours pertinent ou doit être corrigé, voire même abandonné ! ( suite 7 )

Nous voici ramené à la question n°5 du questionnaire dit de Madame Royale à Turgy ! 

 » 5 ) Qu’est-ce que Simon vous avait chargé de me remettre et que vous me donnâtes un jour que je vous coupais les cheveux ? « 

Reprenons notre réflexion en tenant compte de ce qui a été écrit hier 10 avril sur le forum de BRH ! 

Nous sommes face aux hypothèses suivantes : 

H 0 : La fiabilité et la traçabilité historique du  document proposé par notre ami et archiviste du Roi Louis XVII, Christian Crépin, et la critique historique ne sont pas suffisantes ! On peut donc passer à un autre dossier, voire même abandonner nos recherches sur la question Louis XVII ! Exit ! …

H 1 : La fiabilité et la traçabilité historique du  document proposé par notre ami et archiviste du Roi Louis XVII, Christian Crépin, et la critique historique sont suffisantes pour que nous puissions continuer à nous y intéresser !  

  • H 1.1 Le libellé du texte correspond stricto sensu à une réalité historique et doit être accepté tel quel ! 
  • H 1.2 Le libellé du texte ne correspond pas stricto sensu à une réalité historique, et peut être corrigé et interprété, en raison des conditions dans lesquelles il a été composé ; il s’agit en effet et de toute évidence d’une transcription d’une déclaration orale reçue par un fonctionnaire de police, lors du procès de Rouen en 1817 de Mathurin Bruneau ; le manuscrit autographe original de Turgy, qui en est à l’origine,  ne nous est pas pour l’instant accessible !  

H 1.1 Le libellé du texte correspond stricto sensu à une réalité historique et doit être accepté tel quel !

Comme indiqué par François dans les échanges déjà publiés sur cette page,  la logique impose de conclure que Louis XVII et Madame Royale ont pu vivre ensemble dans le même appartement du Temple,  ne serait-ce qu’un jour ! Mais le fait que Simon ait pu charger Louis XVII de remettre quelque chose – qui aurait servi à identifier Louis XVII ou un imposteur en 1817 – nous soumet 

  • comment et pourquoi Simon aurait-il pu charger Louis XVII de remettre un objet O à Madame Royale, alors qu’il a pris ses fonctions le 3 juillet 1793, après la séparation de Louis XVII d’avec sa famille  ?  De deux choses l’une ;
    • ou bien on doit accepter que la tradition historique est incomplète ou erronée, sur le point très précis des dates pendant lesquelles Simon a été l’un des 144 commissaires du Temple, qui ont été répertoriés par le CEHQL17  !
      En effet le calendrier des tours de garde le plus complet que nous connaissons à l’heure actuelle, est celui que nous devons en particulier aux recherches d’un de ses regrettés membres, feue Mme Védrinne, qui a établi que Simon a été de garde au Temple, entre vendémiaire an II et thermidor de l’an II aux dates suivantes : les 3 et 29 ventôse ( 21 février 1794 et 19 mars 1794 ) 14 germinal ( 3 avril 1794 ) , 15 floréal (4 mai 1794 ) , 13 prairial ( 1er juin 1794 )  et 1 er  thermidor an II ( 19 juillet 1794 ) !
      Compte tenu de l’état des archives et de l’extrême difficulté de la tâche qu’a remplie Mme Védrinne, il n’est pas exclu qu’elle ait pu omettre une garde effectuée par Simon avant le 3 juillet 1793 !
      Dans ce cas le texte de la question n°5 serait parfaitement valide ! On pourrait en effet concevoir – sauf preuve contraire à apporter – que Simon, alors de garde au Temple en tant que commissaire, ait pu charger Louis XVII de remettre un objet O à Madame Royale qui l’a réceptionné alors qu’elle lui coupait les cheveux ! 
    • ou bien on doit accepter que la tradition historique selon laquelle Louis XVII a été séparé de sa famille le 3 juillet est totalement fausse, pour que le texte de la question n°5 soit juste stricto sensu !  Pour l’heure c’est une hypothèse que nous n’oserons pas envisager une seconde de plus, si ce n’est en ajoutant que dans ce cas purement théorique, l’événement dont il rendrait compte aurait dû  » logiquement  » avoir lieu après le transfert de la Reine à la Conciergerie, afin d’expliquer pourquoi Simon aurait pu charger Louis XVII de remettre un objet O à Madame Royale et non à la Reine ! …    

H 1.2 Le libellé du texte ne correspond pas stricto sensu à une réalité historique, et peut être corrigé et interprété … 

Nous renvoyons à notre précédente hypothèse, développée sur cette page,  sans pour autant rejeter a priori toute autre hypothèse qui pourrait nous être proposée et que nous examinerons avec toute l’attention requise par l’enjeu ! 

5 )  » qu’est-ce que Simon vous avait chargé  de me remettre et que vous me donnâtes un jour qu’il  vous coupait les cheveux ? « 

Parce qu’on n’est jamais assez précis dans cette affaire Louis XVII, il est évident que cette hypothèse exige que cet événement ait eu lieu grâce au concours de Turgy, avant son expulsion du Temple en septembre 1793, et donc avant la rencontre présumée du  7 ou 8 octobre 1793 entre Madame Royale et son frère, selon le Mémoire de Madame Royale !  

C’est très volontiers que nous soumettons ces observations à la critique de nos lecteurs qui auront la bienveillance de s’y intéresser ! 

ADDENDUM 17 h 15 

Et voici que nous découvrons -puissance des moteurs de recherche oblige – une information tout à fait anodine en soi que nous avions dû lire à TGV et que nous n’avions pas retenue, mais qui aujourd’hui prend pour nous une importance considérable car elle validerait à elle seule  non seulement le questionnaire Turgy – Madame Royale mais aussi le modèle sur lequel il est construit ! 

=========

MUNICIPALITÉ DE PARIS

Du 3o avril 1793 an II de la République

Extrait des registres des délibérations du Conseil Général de la Commune

Appert par le procès verbal de ce jour que les citoyens Canon et Simon sont nommés commissaires pour vérifier six paires de souliers destinées aux prisonniers du Temple et savoir si dans leur couverture il n’existe rien de suspect

PACHE maire ; DORAT CUBIERES secrétaire greffier adjoint

Revue rétrospective, ou bibliothèque historique: 1837 ( pp 255-256 ) 

Jules-Antoine Taschereau
H. Fournier et cie, 1837 

=========

Dès lors, serait-ce un fantasme d’imaginer, qu’après avoir inspecté les 6 paires de souliers, Simon en ait remis deux paires ( ou plus ) à Louis XVII en le chargeant d’en remettre une à Madame Royale, ce qu’il fit un jour de mai 1793 ? 

Et comme on peut comprendre que Madame Royale, jeune adolescente de 15 ans en 1793, se soit souvenue en 1817 de ce jour, où elle reçut une nouvelle paire de souliers !

Mais par contre n’est-il pas invraisemblable et impossible que Madame la duchesse d’Angoulême ait omis d’évoquer sa rencontre avec son frère du 7 ou 8 octobre 1793, si cet événement avait réellement existé et si cela n’avait pas été un pur fantasme, imaginé par les révolutionnaires pour faire valider  par Madame Royale en 1795,  la présence à cette date de Louis XVII au Temple , en contrepartie de sa propre libération qui interviendra le 18 décembre 1795 ? 

A chacun de conclure en son âme et conscience ! 

Faisons un point de situation pour vérifier si notre modèle est toujours pertinent ou doit être corrigé, voire même abandonné ! ( suite 6 ) [ MAJ 13 h 10 ]

Chers amis, 

Par un incroyable effet de billard, et grâce à la puissance des moteurs de recherche sur Internet nous venons de découvrir une source documentaire qui nous était totalement inconnue ! 

En recherchant si Simon, prêtre apostat et compagnon d’Hérault de Séchelles, lors de leur mission de députés de la Convention en Savoie, était venu un jour ou l’autre au Temple et avait donc pu être en contact direct avec Louis XVII, nous avons découvert ce livre qui fait effectivement état d’une visite de Simon au Temple en septembre 1792

Mémoires d’un Prêtre Régicide, Volume 1

Et dans le tome 2 on découvre que Simon a effectué une visite au Temple – [ à rapprocher de celle d’Harmand de la Meuse ] –  dans le cadre de l’enquête qui a donné lieu au rapport de Cambacérès et à son très célèbre discours du 23 janvier 1795, sur la nécessité pour la République de garder les enfants de Louis XVI, prisonniers au Temple …

Mémoires d’un prêtre régicide. Tome premier \\-second!, Volume 2

Compte tenu des divers éléments historiographiques que nous avons pu glaner en lecture TGV au sujet de cette oeuvre, qui en fait serait collective et plus ou moins anonyme et non pas l’oeuvre du seul Simon, il convient donc d’en faire une lecture attentive avant de pouvoir conclure quoi que ce soit par rapport à la pertinence de notre modèle !

Mais il est sûr et certain que cet ouvrage apporte des informations totalement inédites pour nous,  à étudier avec toute l’attention requise ! 

====

Et pendant ce temps, voyez le débat en cours depuis le 7 avril 2016, sur le forum Tribune Histoire, autour de la question n°5 du questionnaire dit de Madame Royale à Turgy !  

Archives de Michel Jaboulay

======

MAJ 13 h 10 : ERRATUM – ERRATUM – ERRATUM ! 

Après avoir découvert grâce au Querard que le titre  » Mémoires d’un prêtre régicide  » était en fait un titre d’ordre plus commercial qu’historique et grâce à la remarque de François dans son échange d’observations avec BRH, il s’avère que nous avons confondu Simon-Edme Monnel, (lui aussi prêtre apostat et l’un des auteurs du livre collectif  » Mémoires d’un prêtre régicide  » ) avec le député Philibert SIMOND (1755 – 1794) [ avec un « D » ] député de la Convention ! Après vérification dans le livre, nous avons constaté que l’item «  Savoie «  en était absent ! CQFD ! Il ne peut donc avoir été le compagnon de route d’Hérault de Séchelles, lors de sa mission en Savoie ! …

Nous prions donc nos aimables lecteurs de bien vouloir nous pardonner – une fois encore – notre défaut habituel de lecture TGV, même si, felix culpa, nous avons pu découvrir une source documentaire du plus haut intérêt à laquelle nous allons devoir nous intéresser de très près, en raison du compte-rendu qui y est rapporté sur la visite faite au Temple en janvier 1795 ! …

En attendant, nous sommes donc ramenés à l’interprétation du libellé de la question n°6 qui ne peut correspondre qu’au savetier Simon, gardien de Louis XVII au Temple !   

 » 5 ) Qu’est-ce que Simon vous avait chargé de me remettre et que vous me donnâtes un jour que je vous coupais les cheveux ? « 

Faisons un point de situation pour vérifier si notre modèle est toujours pertinent ou doit être corrigé, voire même abandonné ! ( suite 5 ) MAJ 8 / 04

MAJ 8/04 – 15 H 15 

 Et si  SIMON cité dans la question (5) n’était pas le gardien de Louis XVII mais SIMON, commissaire et député de la Convention, qui avait accompagné HERAULT DE SECHELLES en Savoie, pendant le procès du Roi Louis XVI ? 

Vers un scoop incroyable, grâce à la contribution éminente de BRH ( voir  3 Comments ») ?

Ce serait la validation définitive du document de police, objet de notre réflexion !

17 000 mercis à BRH ! Et quelle magnifique preuve de la nécessité de travailler en équipe ! 

Et quel indice extraordinaire en faveur de la théorie de l’exfiltration de Louis XVII par Hérault de Séchelles et Danton ! On peut en effet imaginer que SIMON compagnon de route d’Hérault de Séchelles ait demandé à Simon de faire la démarche décrite par la question 5 !

Il est évident que pour valider une telle hypothèse, comme pour celle correspondant à Simon, gardien au Temple, il nous faut trouver une ou plusieurs sources documentaires permettant de penser que l’un ou l’autre ont pu être en contact direct avec Louis XVII avant le 3 juillet 1793 !

A SUIVRE dès que possible …/… 

==================

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
De l’art poétique (1674) – Chant I Nicolas Boileau

Reprenons notre addendum posté ICI 

Addendum 15 h 30

Comment se fait-il que dans le questionnaire remis à Turgy en 1817 par Madame la duchesse d’Angoulême il n’y ait aucune question sur sa rencontre avec » son frère » , alors que la 5 ème question fait référence à Simon ?

N’est-ce pas là un indice majeur que cette rencontre du 8/10/1793 n’a pas eu lieu ?

——-

Grâce aux archives mises à notre disposition par notre ami et archiviste du Roi Louis XVII, Christian Crépin, nous connaissons le degré de fiabilité de la traçabilité historique du document de police, extrait des archives du procès de Rouen de 1817, cité par Xavier de Roche dans son  Louis XVII   où on peut lire pp 217-218 :

 »  Questions données par une personne qui est est placée auprès de Madame et qui pendant le séjour au Temple, dit quel était chargé de la correspondance extraire (  en marge on lit Turgy NDLR )  

1 ) Que se passa-t-il le 21 janvier, lorsqu’on entendit tirer le canon ? Que dit alors votre tante et que fit-on pour vous contre l’ordinaire ?

2 ) Où ramassiez-vous ma correspondance ? dans quelle chambre ?

3 )  Que m’avez-vous fait le jour de l’an, et comment, dans quelle pièce ?

4 ) Quel était votre moyen d’amusement ? Que faisiez-vous avec de l’eau de savon? 

5 ) Qu’est-ce que Simon vous avait chargé de me remettre et que vous me donnâtes un jour que je vous coupais les cheveux ? ( *** Voir la note à suivre *** ) 

6 ) Qu’avez-vous dit un jour à votre mère parlant de Marchand ( garçon servant ) et commençant par :  » maman, la fenêtre est ouverte  » , à quoi elle répondit : » non mon fils vous vous trompez ». Quelle figure avait ce Marchand  ?

 7) Où étaient placés les droits de l’homme ? dans quelle pièce ?

*** NOTE préalable sur la question (5) :

Il est évident que, pris dans son sens strict, le libellé de cette question est absurde et ne peut correspondre à aucune situation ayant réellement existé.

Compte tenu du fait que le document de police d’où est extraite cette citation est le résultat d’une transcription écrite de questions posées par Madame la duchesse d’Angoulême et transmises par Turgy en premier et ensuite par deux personnes dignes de foi ( comtesse de la Tour d’Auvergne, abbé Bonnier ) , nous pensons être en droit de rectifier l’erreur logique commise par le fonctionnaire de police, auteur du rapport ;  si on rapproche la question (5) de toutes les autres questions posées directement à celui qui, en 1817, faisait l’objet du procès de Rouen et qui prétendait alors être Louis XVII ( Mathurin Bruneau ) et afin que la question posée puisse correspondre à une situation réelle, force est d’admettre l’hypothèse vraisemblable suivante !

Si la transcription avait été correcte  on aurait dû lire – nous semble-t-il – la formulation suivante :

5 )  » qu’est-ce que Simon vous avait chargé  de me remettre et que vous me donnâtes un jour qu’il  vous coupait les cheveux ? « 

Une telle hypothèse ouvre une sous-hypothèse : celle des révolutionnaires qui voulaient montrer qu’ils avaient toujours Louis XVII en leur pouvoir, en faisant remettre une mèche de cheveux du vrai Louis XVII à sa soeur, alors qu’il se disait peu après le 3 juillet 1793, qu’on l’avait vu à l’extérieur du Temple !… 

Quoi qu’il en soit de cette hypothèse et de la sous-hypothèse qui est ainsi ouverte – que nous chercherons à valider ou à abandonner – il n’en demeure pas moins que la réponse à la  question (5)  posée par Madame Royale lui aurait permis de  dater la présence de son frère au Temple, sous la garde de  Simon, après le 3 juillet 1793  !

Mais quel aveu quand on considère que les 6 autres questions concernent la période antérieure au 3 juillet 1793 l Cela ne  signifie-t-il pas  que Madame Royale s’interrogeait sur la présence même de son frère au Temple entre le 3 juillet 1793 et le 19 janvier 1794 ?

Il ne nous reste plus qu’à confronter maintenant ce document capital avec ceux que nous avons déjà présentés ici au cours d’échanges précédents : le PV du 7 octobre 1793 et le témoignage rendu par Madame Royale elle-même lors de son déplacement à Nantes, grâce à la petite fille au manteau rouge ! 

Confrontation du Mémoire de Madame Royale rapportant  » sa rencontre avec son frère  en date du  8 octobre 1793  »  avec le PV du 7 octobre 1793 

Examinons successivement chacune des deux hypothèses qui s’offrent  à la critique historique :

H 1 : Ce jour là ( 7 ou 8 octobre 1793 ) , Madame Royale a embrassé tendrement son frère !

Mais alors n’avait-elle pas un moyen infaillible de reconnaître son frère ou tout imposteur en lui demandant simplement comment s’était déroulée cette entrevue ? Comment peut-on expliquer un tel oubli à propos d’un tel événement au cours duquel elle a vu son frère pour la dernière fois ? Et pour se convaincre du caractère absurde d’un tel oubli inexplicable, il suffirait, si nécessaire, de lire tout le roman que Beauchesne a imaginé à ce propos dans un de ses livres !

H 2 Ce jour là ( 7 ou 8 octobre 1793 ) , Madame Royale n’a été confrontée ni à son frère, ni à un substitué !

Comme nous l’avons déjà expliqué, son  témoignage n’est qu’un mensonge parfaitement compréhensible comme étant  le prix à payer pour sa libération ( qui a d’ailleurs bien tardé ) , alors qu’on l’avait persuadée que son frère était décédé au Temple  ! 

Dès lors l’absence, dans le questionnaire remis à Turgy,  de toute mention de sa rencontre du 8/10/1703 n’est-elle pas d’une logique irrésistible qui obligerait à conclure, à elle seule ?

Mais ce n’est pas tout quand on considère l’année 1817 où ce document a été élaboré ! On dispose en effet d’une autre preuve qui montre que Madame Royale devenue Madame la duchesse d’Angoulême était tourmentée dès cette époque par le destin de son frère !  

C’est la preuve apportée par l’abbé Jehan Durat, que nous devons à notre ami « chouandecoeur «  et à des fidèles lecteurs de la Charte de Fontevrault, selon laquelle : 

Lors de son séjour à Nantes les 19,20 et 21 septembre 1823, SAR Madame la duchesse d’’Angoulême savait que son frère Louis XVII n’était pas mort au temple le 8 juin 1795 !  

Voir nos archives, et en particulier : 

Le chapelet de la Reine Marie-Antoinette [ MAJ 06/12 – 17 h 40 ]

La question Louis XVII et Madame la Duchesse d’Angoulême (5)

A chacun de conclure en son âme et conscience ! 

Compte tenu de l’enjeu de ce dossier, nous serions particulièrement reconnaissant à nos lecteurs de bien vouloir nous faire partager leurs réactions, avant de passer à l’étape suivante, avec la présentation d’un nouveau modèle d’exfiltration de Louis XVII,  qui tiendra le plus grand compte des observations dont nous aurons connaissance.

Faisons un point de situation pour vérifier si notre modèle est toujours pertinent ou doit être corrigé, voire même abandonné ! ( suite 4 )

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
De l’art poétique (1674) – Chant I Nicolas Boileau

Nous avons écrit ICI :

 » …/… 

De deux choses l’une : 

  • 1.1 Ou bien ces PV ( des 6 et 7/10/1793 ) rendent  compte de 2 confrontations qui n’ont pas existé et ont été intégralement inventées ! 
  • 1.2 Ou bien ces PV rendent compte de 2 confrontations réelles qui ont eu lieu !
    Mais de même que Louis XVII a été remplacé par  un substitué, n’est-on pas obligé de faire l’hypothèse que Madame Royale et Madame Elisabeth auraient été elles aussi remplacées par deux femmes ?

Et c’est alors qu’il nous revient en mémoire une hypothèse a priori hallucinante, selon laquelle Chaumette et Hébert auraient pu introduire des prostituées au Temple ; c’est grâce au site de référence – malheureusement disparu – de recherches historiques dédiées à la mémoire de Robespierre ( NEA Royet)  que nous avions découvert la proximité habituelle de Chaumette avec des prostituées  ! D’où notre hypothèse que deux d’entre elles auraient eu à  » s’occuper de  » Louis XVII « , en vue d’établir l’acte insensé d’accusation d’inceste contre  » sa mère  » , que seul l’enfer a pu imaginer et sur lequel étaient branchés les fourneaux du père Duchesne !   

Dès lors, qu’est-ce qui interdit de faire l’hypothèse que deux prostituées auraient été substituées à Madame Royale et à Madame Elisabeth, pour assurer un simulacre de confrontation devant les révolutionnaires, qui ont ensuite signé les PV ?Nous ne doutons pas qu’une telle hypothèse puisse apparaître complètement absurde et insensée aux yeux de nos lecteurs, mais n’est-ce pas Chaumette qui a organisé un mois plus tard, le 10 novembre 1793, l’hallucinante profanation de Notre Dame de Paris, en installant des prostituées sur les autels, pour y représenter les nouvelles déesses de la Révolution ?

Si nous osons présenter une telle hypothèse, ce n’est pas sans avoir au préalable relu quelques-unes des sources documentaires qui seules peuvent nous permettre de comprendre ce qui nous semble inimaginable !

Mais après tout, en quoi est-ce plus inepte et absurde que le contenu de ce document du 6/10/1793,  unique dans toute l’histoire de l’Humanité, signé par  » Louis Charles Capet  » et par lequel il accuse  » sa mère «  d’actes incestueux commis à plusieurs reprises entre le 21 janvier 1793 et le 3 juillet 1793 ? …/…  »

Aux sources documentaires que nous avions données, nous ajouterons aujourd’hui celles-ci qui viennent étayer notre hypothèse de la substitution de Madame Royale et de Madame Elisabeth par des prostituées pour leur présumée confrontation avec  » Louis XVII  » ; et nous conclurons même par un argument tout à fait inédit !  

Dans un premier temps nous nous bornerons à renvoyer nos lecteurs au livre de Jean-Pascal Romain Louis XVII le Roi de Thermidor ( p 196 – 202 ) et principalement au débat ouvert avec Me Maurice Garçon, à propos du crédit à accorder aux rapports que des espions anglais ont envoyé à Lord Grenville, à partir des documents présentés par les auteurs de référence que sont Gustave Bord et Louis Hastier  !…

Dans notre livre dédié à l’énigme du cimetière Sainte-Marguerite, nous avons examiné très attentivement l’argumentation de Me Maurice Garçon sur la question précise du lieu d’inhumation de  » Louis XVII  » ! Intimement persuadé de l’avoir détruite, nous adopterons ici sans hésiter les conclusions de Jean-Pascal Romain, qui a rejeté celles du célébrissime avocat parisien du XX ème siècle, pour qui il était impossible d’accorder le moindre crédit aux rapports anglais sous prétexte d’invraisemblances criantes :  » ils cautionnent par ailleurs de si incohérentes sottises et des mensonges si flagrants  qu’on ne peut guère en tenir compte  » ( Me M. Garçon – Louis XVII ou la fausse énigme ).

 Au terme de sa controverse avec Me Maurice Garçon, Jean-Pascal Romain a écrit pp 201-202 : 

 » Certes la scène décrite par l’enfant [ de l’accusation contre sa mère ] a bien dû avoir lieu , en effet, mais ce n’étaient pas , on s’en doute, sa mère et sa tante  » qui s’étaient amusées à lui voir répéter ces pratiques devant elles  » mais plutôt ces  » jeunes filles emputinées  » qu « Hébert lui-même amenait »  à l’enfant et qui passaient avec lui  » plusieurs heures pour lui pervertir le coeur et « ajoutait Simon ( informateur de l’espion anglais  NDLR )  » lui ruiner la santé « 

Un peu plus loin Jean-Pascal Romain écrit p 202 : 

 » Si l’on n’a plus présenté de prostituées à l’enfant depuis la mort de la Reine, c’est que le rôle, tout épisodique de ces filles … était surtout de lui faire la leçon … en vue de le préparer aux interrogatoires des 6 et 7 octobre …/… « 

Lire c’est relire, selon la devise même de notre site !  Aujourd’hui, après mûre réflexion, tant ces PV des 6 et 7 octobre 1793, complétés par notre découverte de l’estampe  » David-Carteaux-X «   nous semblent être une pièce à conviction majeure, nous oserons corriger les hypothèses de Jean-Pascal Romain et la nôtre en avançant un argument inédit, suggéré par le Mémoire de Madame Royale ! 

En effet, selon ce document, ce n’est pas le 7 octobre 1793, mais le 8 octobre 1793, que les deux interrogatoires ont eu lieu sans aucune confrontation avec  » Louis XVII  » ! 

D’où notre hypothèse, par laquelle nous terminerons l’étude de ce dossier, dans l’attente de tout document ou fait nouveau significatif : 

Chaumette et Hébert ont organisé les interrogatoires du substitué à Louis XVII pour l’établissement des PV des 6 et 7 octobre 1793, grâce au concours de prostituées, qui ont joué le rôle de Madame Royale et de Madame Elisabeth lors de leur confrontation supposée du 7 octobre ! Et c’est le lendemain que Madame Royale et Madame Elisabeth ont été successivement interrogées, sans être opposées à leur frère et neveu, ainsi qu’en fait état le Mémoire de Madame Royale  !

Quant à la rencontre, le 8/10/1793, de Madame Royale avec son frère, qu’elle aurait tendrement embrassé, le compte-rendu qui en est fait nous semble tout à fait invraisemblable, tel qu’il est rapporté deux ans après, alors que Madame Royale sait qu’elle ne le reverra plus !

Nous persistons à penser que ce mensonge de Madame Royale a été le prix à payer pour sa libération, pour les raisons et dans les conditions que nous avons déjà développées, sur nos précédents forums ! 

Addendum 12 h 15 

Et nous savons aujourd’hui que, contrairement à ce qui est même admis par Jean-Pascal Romain, ce n’est pas avec l’enfant de 8 ans, qu’était alors Louis XVII, que les filles emputinées se sont amusées, mais avec ce jeune adolescent,  figuré sur cette estampe ( mise en ligne en 2010 que Gallica vient de nous faire découvrir tout récemment !  

Louis Charles de France, né le 27 mars 1785 : fils de Louis XVI, mort prisonnier en la Tour du Temple à Paris, le 8 juin 1795… : [estampe] / gravé d’après le tableau original

btv1b6950160v

Addendum 15 h 30 

Comment se fait-il que dans le questionnaire remis à Turgy en 1817 par Madame la duchesse d’Angoulême il n’y ait aucune question sur sa rencontre avec  » son frère  » , alors que la 5 ème question fait référence à Simon ?

N’est-ce pas là un indice majeur que cette rencontre du 8/10/1793 n’a pas eu lieu ? 

Faisons un point de situation pour vérifier si notre modèle est toujours pertinent ou doit être corrigé, voire même abandonné ! ( suite 3)

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
De l’art poétique (1674) – Chant I Nicolas Boileau

Allons jusqu’au terme logique de la réflexion que nous avons engagée, pour tenter d’établir la date ou la période la plus vraisemblable de l’exfiltration de Louis XVII, grâce à notre découverte de l’estampe de  » Louis XVII  » que nous appellerons estampe de  » David-Carteaux-X  » , pour résumer son processus de composition à partir d’un dessin de David, repris par Carteaux sur une peinture en émail, et gravé ensuite par un anonyme ! 

Madame Royale a écrit dans son Mémoire :  

 » Nous montions souvent sur la tour. Mon frère y montait tous les jours et le seul plaisir de ma mère était de le voir passer de loin par une petite fenêtre. Elle y restait des heures pour guetter l’instant de voir cet enfant si chéri. Ma mère n’en savait des nouvelles que très peu, par les municipaux et par Tison, qui descendait les jours de blanchissage, voyait Simon [ et par ] là en savait des nouvelles.  …/… Nous savions un peu de nouvelles de mon frère par les municipaux, mais cela ne dura pas longtemps. …/… Il était extrêmement engraissé …/…[voir Addendum 18 h 30 ]

Si nous avons accordé du crédit à ce témoignage de Madame Royale sur l’état physique de son «  frère » , que nous avons rapproché de l’estampe de  » David-Carteaux-X  » pour conclure à l’identification possible d’un substitué à  » Louis XVII  » , la logique exige que nous accordions au moins le même crédit au reste de la narration, qu’on peut lire dans le Mémoire ! 

Et nous sommes conduit à le faire d’autant plus facilement que Madame Elisabeth confirme les dires de Madame Royale pour cette période bien précise qui va se terminer le 2 août, avec le transfert de la Reine à la Conciergerie.

On lit en effet ce témoignage de Turgy rapporté p 371  dans les Mémoires de Madame Elisabeth de France, annotés et mis en forme par Barghon de Fort-Rion ( 1858) : 

 » Je vais transcrire plusieurs autres billets de Madame Elisabeth, depuis les premiers jours de juillet jusqu’à la fin de septembre …/… Donnez à Fidèle ( Toulan ) ce billet de notre part. Dites-lui, ma soeur a voulu que vous le sachiez que nous voyons tous les jours le petit ( Louis XVII ) par la fenêtre de l’escalier de la garde-robe ; mais que cela ne vous empêche pas de nous en donner de nouvelles  » 

En raison de la complexité même de la topographie du Temple, nous croyons savoir que les meilleurs historiens se divisent sur l’identification même de l’endroit très précis, d’où la Reine aurait pu voir son fils, ou simplement l’apercevoir ne serait-ce qu’un très court instant ! 

Suite à la destruction du Temple en 1808 par Napoléon en 1808, pour éviter que ce monument ne devienne un lieu de pèlerinage royaliste, nous sommes dans l’impossibilité de vérifier ou de contester, d’une manière quelconque, la pertinence des témoignages de Madame Royale et de Madame Elisabeth, tels qu’ils nous ont été rapportés par la tradition historique, alors qu’il s’agit d’une question capitale pour déterminer la date ou la période durant laquelle Louis XVII a pu être exfiltré.

Aussi ne pouvons-nous que constater l’alternative suivante après examen de ces source documentaires :

  1. soit elles n’ont aucune valeur, et nous n’avons rien à corriger dans notre modèle ;
  2. soit elles sont incontournables, et il est évident que les témoignages de Madame Royale et de Madame Elisabeth contredisent de manière radicale la théorie que nous avons empruntée à Michel Jaboulay de l’exfiltration de Louis XVII, dans la soirée du 3 juillet 1793 ou dans les jours qui ont immédiatement suivi, dans l’hypothèse où Louis XVII aurait pu rester caché un ou plusieurs jours dans l’Enclos du Temple, avant sa libération complète.  Dans ce cas il conviendrait de repousser la date de l’exfiltration de Louis XVII à une période postérieure au 2 août 1793, date du transfert de la Reine à la Conciergerie.

Et c’est ici que nous sommes invité à corriger notre modèle, si nous voulons être cohérent ! 

En effet nous avons retenu l’information donnée par Madame Royale sur l’engraissement physique de son frère, pour conclure que le portrait  » David-Carteaux-X  » pouvait être celui du substitué ! Dès lors  ne sommes-nous pas logiquement contraint et forcé d’admettre que la période pendant laquelle Louis XVII a pu être exfiltré du Temple se situe entre le 2 août et la nuit du 2 au 3 septembre 1793 et non entre le 3 juillet 1793 et la nuit du 2 au 3 septembre 1793 ?

Précisons qu’en l’absence de toute source documentaire ( autre que celle du Mémoire de Madame Royale sur sa rencontre avec «  son frère «  d’octobre 1793 ) affirmant que Madame Royale et Madame Elisabeth ont pu voir ou apercevoir  » Louis XVII  » après le 3 septembre, nous nous croyons autorisé à conserver cette date comme terminus ad quem, date de la tentative d’évasion de la Reine de la Conciergerie  !*** 

Dès lors, il convient de reprendre tout notre modèle à partir de cette nouvelle hypothèse et de rechercher tous les éléments qui peuvent l’accréditer ou au contraire l’invalider ! 

[ *** Pour mémoire, nous rappellerons que :

  • la Reine ayant toujours refusé de s’évader seule du Temple, sans ses enfants, nous considérons cet événement comme un indice majeur en faveur de l’exfiltration de Louis XVII du Temple, dont la Reine aurait eu nécessairement connaissance ;
  • la célèbre lettre de la Reine à Madame Elisabeth du 16 octobre 1793, si mystérieusement conservée et retrouvée, est selon nous un faux destiné à faire attester par la Reine que son fils était toujours prisonnier au Temple, après son hallucinant acte d’accusation d’inceste qu’il aurait signé le 6/10/1793 … ] 

=====

Addendum 18 h 30 

Il est très important de noter que l’expression utilisée par Madame Royale dans son Mémoire  » Il était extrêmement engraissé  » concerne la période où la Reine n’est plus au Temple ! Il est écrit de manière explicite «   : Le changement de vie et les mauvais traitements rendirent mon frère malade à la fin d’août. Simon le faisait manger horriblement  …/… Il était extrêmement engraissé … »   

Faisons un point de situation pour vérifier si notre modèle est toujours pertinent ou doit être corrigé, voire même abandonné ! ( suite 2)

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
De l’art poétique (1674) – Chant I Nicolas Boileau

 Après avoir observé une pause, pour cause de triduum pascal, il convient maintenant de reprendre nos réflexions et investigations sur ce dossier. Nous avions conclu notre précédent message par  un rappel d’échanges sur l’un de nos défunts forums  et par ces lignes : 

D’où notre hypothèse, selon laquelle cette estampe rend compte de la présence au Temple le 7/10/1793 d’un substitué à Louis XVII ; le dessin fait par David sera repris par Carteaux, sous la forme d’une peinture sur émail, à l’origine de cette estampe  :  

Louis Charles de France, né le 27 mars 1785 : fils de Louis XVI, mort prisonnier en la Tour du Temple à Paris, le 8 juin 1795… : [estampe] / gravé d’après le tableau original

btv1b6950160v

Nous avons conclu que ni Madame Royale, ni Madame Elisabeth n’avaient signé les 2 PV du 7/10/1793 ! Aussi reformulerons-nous la question toujours en suspens de la manière suivante :

Qu’en est-il de leur confrontation avec  » Louis XVII  » attestée par ces archives ? 

Arrivé à  ce point de notre réflexion, et si nous voulons être aussi rigoureux que possible  il existe plusieurs hypothèses : 

1 / Si on fait confiance au témoignage de Madame Royale dans son Mémoire et au silence du PV de l’interrogatoire de Madame Elisabeth par le Tribunal Révolutionnaire, cette double confrontation n’a pas eu lieu ! C’est une pure invention des révolutionnaires qui étaient maîtres du Temple le 7/10/1793 !

Mais alors comment expliquer l’existence de l’estampe ci-dessus et de la légende qui l’accompagne, qui atteste qu’il s’agit de « Louis XVII », remis à la garde de Simon depuis le 3 juillet 1793 au soir ? 

De deux choses l’une : 

  • 1.1 Ou bien ces PV rendent  compte de 2 confrontations qui n’ont pas existé et ont été intégralement inventées ! 
  • 1.2 Ou bien ces PV rendent compte de 2 confrontations réelles qui ont eu lieu !
    Mais de même que Louis XVII a été remplacé par  un substitué, n’est-on pas obligé de faire l’hypothèse que Madame Royale et Madame Elisabeth auraient été elles aussi remplacées par deux femmes ?

Et c’est alors qu’il nous revient en mémoire une hypothèse a priori hallucinante, selon laquelle Chaumette et Hébert auraient pu introduire des prostituées au Temple ; c’est grâce au site de référence – malheureusement disparu – de recherches historiques dédiées à la mémoire de Robespierre ( NEA Royet)  que nous avions découvert la proximité habituelle de Chaumette avec des prostituées  ! D’où notre hypothèse que deux d’entre elles auraient eu à  » s’occuper de  » Louis XVII « , en vue d’établir l’acte insensé d’accusation d’inceste contre  » sa mère  » , que seul l’enfer a pu imaginer et sur lequel étaient branchés les fourneaux du père Duchesne !   

Dès lors, qu’est-ce qui interdit de faire l’hypothèse que deux prostituées auraient été substituées à Madame Royale et à Madame Elisabeth, pour assurer un simulacre de confrontation devant les révolutionnaires, qui ont ensuite signé les PV ?Nous ne doutons pas qu’une telle hypothèse puisse apparaître complètement absurde et insensée aux yeux de nos lecteurs, mais n’est-ce pas Chaumette qui a organisé un mois plus tard, le 10 novembre 1793, l’hallucinante profanation de Notre Dame de Paris, en installant des prostituées sur les autels, pour y représenter les nouvelles déesses de la Révolution ?

Si nous osons présenter une telle hypothèse, ce n’est pas sans avoir au préalable relu quelques-unes des sources documentaires qui seules peuvent nous permettre de comprendre ce qui nous semble inimaginable !

Mais après tout, en quoi est-ce plus inepte et absurde que le contenu de ce document du 6/10/1793,  unique dans toute l’histoire de l’Humanité, signé par  » Louis Charles Capet  » et par lequel il accuse  » sa mère «   d’actes incestueux commis à plusieurs reprises entre le 21 janvier 1793 et le 3 juillet 1793 ?

Voici donc quelques suggestions de lecture que nous proposons à ceux qui s’interrogeraient sur notre état de santé mentale – comme un contradicteur nous l’a écrit un jour sur un forum dédié à cette affaire Louis XVII –  pour avoir osé développer l’hypothèse ci-dessus :
Galerie historique des contemporains, ou Nouvelle biographie … ,
Tome premier – Auguste Wahlen, imprimeur-libraire, 1818 – 472 pages
( voir l’article Chaumette ) 

Souvenirs de la terreur de 1788 à 1793 par M. Georges Duval, Volume 4 ( p 161 ) 
Werdet, 1842 – 384 pages

Histoire du Directoire, Volume 1 Plon, 1863 – 508 pages p 188
Adolphe Granier de Cassagnac

Face à ces hypothèses, qui peuvent faire vaciller la  raison, il n’existe, nous semble-t-il , que 3 arbitrages possibles  :
  1. soit on adopte la 1 ère hypothèse selon laquelle Madame Royale et Madame Elisabeth ont menti, l’une de manière explicite, l’autre par son silence ! Dans ce cas il y aurait bien eu une double confrontation avec  » Louis XVII  » ! Mais pour les raisons que nous avons déjà développées, il nous est impossible de l’admettre !  
  2. soit on adopte la 2 ème hypothèse pour l’un des deux motifs hypothétiques suivants : 
    1. Madame Royale n’a pas menti et a pu embrasser son frère avec qui elle n’a eu ensuite aucune confrontation 
    2. Madame Royale n’a menti que partiellement en affirmant avoir embrassé tendrement son frère, avant son interrogatoire, qui a eu lieu sans aucune confrontation avec lui ; 
  3. soit on est obligé d’admettre qu’il est impossible de faire le moindre arbitrage, car la réalité historique dont rendent compte les PV des 6 et 7 octobre 1793 nous semble inexplicable …
    Il conviendrait alors de passer à un autre dossier, non sans avoir conclu qu’il existe bel et bien une énigme Louis XVII, contrairement à ce que nous enseigne la théorie officielle de la mort légale de Louis XVII, présentée dans l’estampe à l’origine même de toute notre réflexion …

Poursuivons la jusqu’à son terme logique en considérant maintenant l’autre hypothèse : 

2 / Si on fait confiance aux PV des 6 et 7 octobre 1793 et non plus aux témoignages de Madame Royale et de Madame Elisabeth qui nient, de manière différente certes, la réalité d’une confrontation avec leur frère et leur neveu, pourquoi donc a-t-il existé une controverse historique de près de deux siècles, qui serait terminée depuis le 8 juin 2004 ?  

Et si les PV des 6 et 7 octobre 1793 rendent compte de la réalité historique, comment peut-on expliquer qu’on ait pu assister au cours de ces dernières semaines encore à une campagne médiatique inouïe, construite sur l’imposture du décryptage  » scientifique  » de la lettre du 4 janvier 1792 de la Reine Marie-Antoinette à Fersen ? Et cela, juste avant la conclusion définitive que prétend apporter la publication du livre d’Evelyne Farr, selon lequel Fersen a été non seulement l’amant de la Reine Marie-Antoinette, mais aussi le père du duc de Normandie, déniant ainsi toute légitimité royale au soi-disant Louis XVII des royalistes, et abandonné de tous, sous le nom de « Louis Charles Capet  » dans  » sa chambre « , selon le roman de Françoise Chandernagor ? 

,  Marie-Antoinette et le comte de Fersen

En tout état de cause, et dans l’attente de toute preuve contraire, rien ne nous oblige à abandonner notre modèle, selon lequel Louis XVII aurait pu être exfiltré du Temple, entre le 3 juillet et la nuit du 2 au 3 septembre 1793, par Danton et Hérault de Séchelles …
En effet les PV des 6 et 7 octobre 1793 auraient eu pour finalité d’attester que Louis XVII était non  seulement présent au Temple à cette date, mais aussi de détruire jusqu’à sa légitimité morale par son accusation contre sa mère  du 6/10/1793 !
Et on rappellera ce fait si curieux mis en valeur par Jean Raspail, dans son roman SIRE, que nous avons déjà eu l’occasion de souligner ici  

Pourquoi donc, le 16 septembre 1793, la Convention a-t-elle décrété, toutes affaires cessantes, la destruction de la Sainte Ampoule, si Louis XVII, fils du Roi Louis XVI et de la Reine Marie-Antoinette, qui s’était inclinée devant lui le matin du 21 janvier 1793, était toujours prisonnier au Temple ?

 

Au lendemain de l’anniversaire de la naissance du duc de Normandie … [ Dernière minute 20 h 20 ]

Semaine spéciale Marie-Antoinette avec Franck Ferrand

Semaine spéciale Marie-Antoinette avec Franck Ferrand

AU COEUR DE L’HISTOIRE – Franck Ferrand consacre une semaine spéciale à Marie-Antoinette à partir du 28 mars.

Marie-Antoinette ne cesse de fasciner les foules. De l’archiduchesse volage à l’Autrichienne, de la mère aimante à l’épouse délaissée, qui était réellement Marie-Antoinette ? Franck Ferrand éclaire les auditeurs d’Europe 1 en consacrant son émission Au cœur de l’histoire à cette souveraine souvent controversée, du 28 mars au 1er avril 2016.

Au programme de cette semaine exceptionnelle, chaque jour de 14h à 15h :

  • Lundi 28 mars : « Marie-Antoinette au Petit Trianon »

Pour évoquer l’histoire de ce bâtiment initialement édifié pour Mme de Pompadour, mais qui fut offert à Marie-Antoinette par Louis XVI, afin qu’elle puisse y mener une existence éloignée des obligations de la Cour, Franck Ferrand reçoit Alexandre Gady, universitaire et historien spécialiste de l’architecture française.

…/…

========

Merci à nos lecteurs de bien vouloir nous faire part de leurs réactions au fil de la semaine, dans l’attente de savoir comment Franck Ferrand va traiter l’hallucinant tsunami médiatique de ces dernières semaines autour du prétendu décryptage de la lettre de la Reine à Fersen du 4 janvier 1792 …

  •  Vendredi 1er avril : « L’énigme Fersen »

Hans-Axel de Fersen a joué un rôle prépondérant dans la vie de Marie-Antoinette, qu’il rencontre, encore dauphine, lors du bal de l’Opéra le 30 janvier 1774. Le Suédois organisera la fuite de la famille royale à Varennes, et mettra tout en œuvre pour tenter de sauver la reine de l’échafaud. Franck Ferrand revient sur cette relation passionnée, aux côtés de  Patricia Bouchenot-Déchin, biographe et chercheur associé au Centre de Recherche du château de Versailles.

=========

http://www.europe1.fr/emissions/au-coeur-de-l-histoire/marie-antoinette-au-petit-trianon-2705029

DERNIERE MINUTE  20 h 20  : On peut craindre le pire pour vendredi, puisque Franck Ferrand a fait l’éloge du Forum de Marie-Antoinette qui s’est pleinement associé ( sauf une très légère réserve momentanée … ) au tsunami médiatique qui a voulu déshonorer la Reine Marie-Antoinette, par le prétendu et scandaleux décryptage de sa lettre à Fersen du 4 janvier 1792 … 

==========

Re: Au coeur de l’histoire – Semaine spéciale Marie-Antoinette

Message par Mme de Sabran Aujourd’hui à 18:13

Vous avez été très bien, comme d’habitude, chère Marie-Antoinette [ Mme Lorin sauf erreur NDLR ]  , et Frank Ferrand a fait un magnifique éloge de notre Forum !
Vive nous !!!
Merci pour ce lien, Majesté . Very Happy

============

Et comme chacun sait, tout étant lié, peut-être est-il opportun, voire même indispensable, de ré-ouvrir le dossier dit du Journal de Louis XVI que nous avons laissé en suspens, il y a maintenant plus de quatre ans (!) ;  voir nos archives ! En effet ne lit-on pas à la date du 27 mars 1785 ces lignes qui ont provoqué les interrogations les plus diverses de la critique historique  ? … 

« Dimanche 27 [mars 1785]. Couches de la reine du duc de Normandie à 7 heures et demie. Tout s’’est passé de même qu’’à mon fils. »

Au lendemain de l'anniversaire de la naissance du duc de Normandie … [ Dernière minute 20 h 20 ]

Semaine spéciale Marie-Antoinette avec Franck Ferrand

Semaine spéciale Marie-Antoinette avec Franck Ferrand

AU COEUR DE L’HISTOIRE – Franck Ferrand consacre une semaine spéciale à Marie-Antoinette à partir du 28 mars.

Marie-Antoinette ne cesse de fasciner les foules. De l’archiduchesse volage à l’Autrichienne, de la mère aimante à l’épouse délaissée, qui était réellement Marie-Antoinette ? Franck Ferrand éclaire les auditeurs d’Europe 1 en consacrant son émission Au cœur de l’histoire à cette souveraine souvent controversée, du 28 mars au 1er avril 2016.

Au programme de cette semaine exceptionnelle, chaque jour de 14h à 15h :

  • Lundi 28 mars : « Marie-Antoinette au Petit Trianon »

Pour évoquer l’histoire de ce bâtiment initialement édifié pour Mme de Pompadour, mais qui fut offert à Marie-Antoinette par Louis XVI, afin qu’elle puisse y mener une existence éloignée des obligations de la Cour, Franck Ferrand reçoit Alexandre Gady, universitaire et historien spécialiste de l’architecture française.

…/…

========

Merci à nos lecteurs de bien vouloir nous faire part de leurs réactions au fil de la semaine, dans l’attente de savoir comment Franck Ferrand va traiter l’hallucinant tsunami médiatique de ces dernières semaines autour du prétendu décryptage de la lettre de la Reine à Fersen du 4 janvier 1792 …

  •  Vendredi 1er avril : « L’énigme Fersen »

Hans-Axel de Fersen a joué un rôle prépondérant dans la vie de Marie-Antoinette, qu’il rencontre, encore dauphine, lors du bal de l’Opéra le 30 janvier 1774. Le Suédois organisera la fuite de la famille royale à Varennes, et mettra tout en œuvre pour tenter de sauver la reine de l’échafaud. Franck Ferrand revient sur cette relation passionnée, aux côtés de  Patricia Bouchenot-Déchin, biographe et chercheur associé au Centre de Recherche du château de Versailles.

=========

http://www.europe1.fr/emissions/au-coeur-de-l-histoire/marie-antoinette-au-petit-trianon-2705029

DERNIERE MINUTE  20 h 20  : On peut craindre le pire pour vendredi, puisque Franck Ferrand a fait l’éloge du Forum de Marie-Antoinette qui s’est pleinement associé ( sauf une très légère réserve momentanée … ) au tsunami médiatique qui a voulu déshonorer la Reine Marie-Antoinette, par le prétendu et scandaleux décryptage de sa lettre à Fersen du 4 janvier 1792 … 

==========

Re: Au coeur de l’histoire – Semaine spéciale Marie-Antoinette

Message par Mme de Sabran Aujourd’hui à 18:13

Vous avez été très bien, comme d’habitude, chère Marie-Antoinette [ Mme Lorin sauf erreur NDLR ]  , et Frank Ferrand a fait un magnifique éloge de notre Forum !
Vive nous !!!
Merci pour ce lien, Majesté . Very Happy

============

Et comme chacun sait, tout étant lié, peut-être est-il opportun, voire même indispensable, de ré-ouvrir le dossier dit du Journal de Louis XVI que nous avons laissé en suspens, il y a maintenant plus de quatre ans (!) ;  voir nos archives ! En effet ne lit-on pas à la date du 27 mars 1785 ces lignes qui ont provoqué les interrogations les plus diverses de la critique historique  ? … 

« Dimanche 27 [mars 1785]. Couches de la reine du duc de Normandie à 7 heures et demie. Tout s’’est passé de même qu’’à mon fils. »

Faisons un point de situation pour vérifier si notre modèle est toujours pertinent ou doit être corrigé, voire même abandonné ! ( suite 1)

 « Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
De l’art poétique (1674) – Chant I Nicolas Boileau

Après mûre réflexion, reprenons notre argumentation développée hier sur cette page  , en la complétant sur un point absolument crucial, où nous allons nous heurter de manière radicale et absolue à toute la tradition historique admise depuis Eckard et Beauchesne ! Pour cela nous nous appuirons sur la référence parmi les références de toute la tradition royaliste la plus pure, qu’est le livre  Madame Élisabeth, soeur de Louis XVI, écrit par Mme la Ctesse d’Armaillé (2e édition, Perrin 1886 ) où on peut lire l’intégralité du roman inventé par Beauchesne sur la mort légale de Louis XVII au Temple.

Parfaitement conscient du risque que nous prenons, nous allons choisir une hypothèse qui nous semble aussi cohérente que possible, parmi toutes celles qui peuvent se présenter à l’esprit,  en étant prêt à nous incliner, sans aucune difficulté, devant toute preuve contraire irréfutable, qui nous serait opposée ; c’est très volontiers que nous reconnaîtrions notre erreur si elle nous permettait de progresser dans notre recherche de la vérité sur le destin de Louis XVII !  

Face à la contradiction radicale existant entre le Mémoire de Madame Royale et les PV du 7/10/1793 au sujet de sa confrontation avec  » Louis XVII » , suivie de celle de Madame Elisabeth avec son  » neveu » , force est donc de chercher à répondre à la question :

 » Qui ment, par omission ou de toute autre manière   » ? Est-ce Madame Royale ? Est-ce le rédacteur des deux  PV authentiques du 07/10/1793  ? Ou tous les deux ?

Pour mémoire, voici un extrait des fac-similés  des  PV du 7 octobre 1793, que nous devons à notre regretté ami Michel Jaboulay ! 

      

En guise de préalable, il nous semble tout d’abord impossible que Madame Royale ait pu signer Thérèse Capet, expression typiquement révolutionnaire, alors qu’elle a conclu son Mémoire en signant par ses prénoms Marie, Thérèse, Charlotte ! On remarquera en outre la faute d’accent très significative sur le second « é ». 

Quant à l’impossibilité que Madame Elisabeth ait pu signer Elisabeth Capet nous pensons être en droit de l’étayer par plusieurs arguments sérieux, dont nous ignorons s’ils ont été déjà présentés par la critique historique. 

C’est ici que nous allons nous appuyer en particulier sur le livre de la comtesse d’Armaillé, en raison du roman de la rencontre de Madame Royale avec son frère du 7/10/1793,  qu’elle a repris de toute la tradition royaliste du XIX ème siècle construite sur Eckard et Beauchesne. 

On sait tout d’abord que Madame Elisabeth signait sa correspondance privée avec ses deux prénoms Elisabeth-Marie, mais ce qui nous semble décisif ce sont les citations suivantes extraites du livre de la comtesse d’Armaillé, cité ci-dessus et numérisé sur Gallica, qui nous autorisent à conclure que ce n’est pas Madame Elisabeth qui a signé le PV de sa prétendue confrontation avec son neveu ! Cela nous semble impossible !  

=====

<< p 482 ( dernière nuit de Madame Elisabeth )

 » Ses réponses sont nettes et fermes, et la signature apposée au bas de chacune des pages de l’interrogatoire est de son écriture ordinaire. De plus, on voit qu’elle s’est refusée à joindre à son nom celui de Capet, exigé par la Révolution  » 

p 484 ( dernier interrogatoire )

Le président Dumas à l’accusée : Quel est votre nom ?
R. — Elisabeth-Marie de France, soeur de Louis XVI, tante de Louis XVII, votre Roi (2).

(2) Cette fière et noble réponse n’est pas citée au Moniteur, qui dit seulement Elisabeth-Marie. Elle fut distinctement entendue par des témoins qui la rapportèrent à Beauchesne, et on verra plus loin que le président Dumas ne l’oublia pas.
Voy. aussi Ferrand, Eloge funèbre, p. 126. Edition de 1795 (rare).

p 487

Enfin, on l’a vue, depuis le supplice mérité du » plus coupable des tyrans qui ait déshonoré la nature humaine, provoquer le rétablissement de la tyrannie en prodiguant avec Antoinette, au fils de » Capet, les hommages de la royauté, et les prétendus honneurs du trône. »

p 492

L accusée Elisabeth, dont le plan de défense est de nier tout ce qui est à sa charge, aura-t-elle la bonne foi de convenir qu’elle a bercé le petit Capet de l’espoir de succéder au trône de son père, et qu’elle a ainsi provoqué la royauté ?
R. — Je causais familièrement avec cet infortuné qui m’était cher à plus d’un titre, et je lui administrais, sans conséquence, les consolations qui me paraissaient capables de le dédommager de la perte de celui qui lui avait donné le jour.
D. — C’est convenir, en d’autres termes, que vous nourrissiez le petit Capet des projets de vengeance que vous et les vôtres n’avez cessé de former contre la liberté, et que vous vous flattiez de relever les débris d’un trône brisé, en l’inondant de tout le sang des patriotes. >>

===========

Mais alors, si ni Madame Royale, ni Madame Elisabeth n’ont signé les PV du 7/10/1793, dont l’authenticité est irréfutable, qu’en est-il de leur confrontation avec  » Louis XVII  » ? 

Comment en effet imaginer que Madame Elisabeth ait pu ne rien dire sur cet événement,  lorsqu’elle a été interrogée sur son comportement à l’égard de Louis XVII ( voir l’extrait de la p 492 ci-dessus ), lors  de sa comparution devant le Tribunal révolutionnaire et ait même  osé se présenter sous l’identité  » Elisabeth-Marie de France, soeur de Louis XVI, tante de Louis XVII, votre Roi (2) », si elle avait été confrontée au pauvre adolescent complètement dévoyé que les révolutionnaires lui auraient présenté le 7/10/1793 ! N’est-ce pas impossible, alors qu’une tradition historique révolutionnaire prétend qu’elle aurait dit «  oh le monstre ! » face aux accusations hallucinantes qu’il aurait proférées devant elle ? N’aurait-elle pas clamé son indignation devant le jouet humain que serait devenu « Louis XVII » entre les mains des révolutionnaires, alors qu’elle savait qu’elle allait mourir sur l’échafaud, en véritable martyre de la religion catholique et royale capétienne ? Ce silence de Madame Elisabeth, ajouté aux autres indices  présentés supra, ne nous oblige-t-il pas à faire l’hypothèse qu’il n’y a pas eu de confrontation avec son neveu, comme écrit dans le Mémoire de Madame Royale, qui n’en fait aucun état ? Mieux même, ne peut-on pas faire l’hypothèse que Madame Elisabeth ne savait pas ce qu’était devenu son neveu depuis la séparation du 3 juillet 1793 au soir et qu’elle n’avait plus, depuis ce jour-là, que les informations que Madame Royale a rapportées dans son Mémoire, selon ces citations ?  

 » Nous montions souvent sur la tour. Mon frère y montait tous les jours et le seul plaisir de ma mère était de le voir passer de loin par une petite fenêtre. Elle y restait des heures pour guetter l’instant de voir cet enfant si chéri. Ma mère n’en savait des nouvelles que très peu, par les municipaux et par Tison; qui descendait les jours de blanchissage, voyait Simon [ et par ] là en savait des nouvelles.  …/… [ plus loin ] Nous savions un peu de nouvelles de mon frère par les municipaux, mais cela ne dura pas longtemps. …/… [ et après la description des mauvais traitements  infligés par Simon ] …/… Il était extrêmement engraissé …/… « 

D’où notre hypothèse, selon laquelle cette estampe rend compte de la présence au Temple le 7/10/1793 d’un substitué à Louis XVII, dont le dessin fait par David sera repris par Carteaux sous forme de peinture sur émail, à l’origine de cette estampe  :  

Louis Charles de France, né le 27 mars 1785 : fils de Louis XVI, mort prisonnier en la Tour du Temple à Paris, le 8 juin 1795… : [estampe] / gravé d’après le tableau original

btv1b6950160v

…/… A suivre …/…

=======================================================

Addendum : 22 h 30

Avant de poursuivre nos réflexions, il nous semble opportun de vous proposer un extrait des archives de notre premier forum MSN de 2006, mises à notre disposition par notre archiviste du Roi Louis XVII !…

=========
 Envoyé : 29/08/2006 17:19 par Fleurdelys
J`ouvre une nouvelle discussion sur Madame Elisabeth, J`ai fait une étonnante trouvaille sur Gallica, c`est  la première fois que je lis un interrogatoire de Madame Elisabeth ; je donne un extrait :  Depuis plusieurs mois, elle n`a entendu ni chansons ni jurements retentir dans l`appartement du second étage, elle est montée maintes fois aux combles de l`escalier de la garde de robe, et jamais depuis la fin de janvier elle n`a aperçu l`enfant.
Le lecteur doit remarquer que la signature de Madame Élisabeth est ici telle qu`elle se trouve dans les actes de toute sa vie.
Je vous rappelle que le texte que je viens de citer est celui de Beauchesne dans la revue des questions historiques, cinquième volume, livraison du 1er  janvier 1868.
                                     Fleurdelys
============
Envoyé : 29/08/2006 17:56 par François-Marie
Merci beaucoup , chère FleurdeLys , de nous rappeler ces pièces capitales qui établissent la grandeur et la sainteté de Madame Elisabeth . Vous avez mentionné comment elle signe : Elisabeth-Marie , ce qui suffit à enlever son authenticité au  procès-verbal de la soi-disant confrontation du 7 octobre avec Louis XVII . Vous avez noté aussi la sublime réponse faite à Dumas qui lui demande qui elle est : » Elisabeth-Marie de France , soeur de Louis XVI , tante de Louis XVII , votre Roi « . Cette réponse , qui vaut à elle seule une condamnation à mort , est authentifiée par Dumas lui-meme qui , après avoir prononcé la condamnation , ironise en reprenant l’identité « Elisabeth de France « . Les médiocres ironisent toujours sur la grandeur …
==============
Envoyé : 30/08/2006 14:38 par   Fleurdelys
Cher François-Marie
Moi aussi, J`ai des doutes sur les signatures  des PV du 6 au 7 octobre 1793 de Madame Elisabeth et Madame Royale, pourquoi ont-elle signé le nom de Capet ? il y a des anomalies sur un des PV,  Madame Royale a signé Thérése Capet, alors que son vrai nom est Marie- Thérèse, c`est à ce demander si c`est vraiment elle qui l’a signée ?
=============
Envoyé : 13/04/2008 14:51 par François-Marie
Permettez-moi de signaler au Gaulois du 11 mai 1894 un très beau texte signé Louis de Meurville écrit à l’occasion du centenaire de la mort de Madame Elisabeth .
Ce texte présente notamment l’intérêt de retracer la genèse de la condamnation , d’abord empêchée malgré Hébert , puis finalement concédée sur les  instances de Collot d’herbois , par Robespierre.
Il décrit avec une intense émotion les derniers instants , avec la mise à mort aux côtés de la Princesse d’une vingtaine d’autres victimes , tandis que le jeune Montmorin , âgé de 18 ans , attendant son tour , ponctue chacun des chocs du couperet d’un noble et sonore :  » Vive le Roi ! » … Grandeur !
=================
Envoyé : 11/11/2008 18:32 par François-Marie1
A noter sur Gallica les Mémoires de Madame Elisabeth de France annotés et mis en forme par Barghon de Fort-Rion ( 1858)